|
|
|

6.1 Collecter, gérer et
communiquer l’information – présentation générale
6.1.1 Le cheminement des données
Les données se déplacent et se transforment. Elles passent
progressivement de différents lieux sur le terrain, de différentes
unités de gestion ou de différents partenaires aux instances
centrales. À chaque étape, elles sont regroupées
et analysées. Ce cheminement comporte une transformation des données
en informations puis en connaissances sur lesquelles se basent les décisions
que prennent les instances centrales. Les données sont de la matière
brute, qui n’a pas encore de signification. Leur synthèse
et leur analyse ajoutent du sens et produit de l’information. La
connaissance apparaît lorsque l’information renvoie à
une situation concrète qu’elle explique et dont elle tire
des enseignements utiles à la décision.
De nombreux projets de développement rural disposent de beaucoup
de données dispersées, mais les valorisent très peu
en information et en connaissance (voir encadré
6-1). Pour éviter ce problème, prévoyez non seulement
comment vous allez rassembler les données mais aussi comment vous
allez les transformer en connaissances utiles.
| |
Encadré 6-1. Abondance de
données et manque d’informations en Ouganda
Dans un projet exécuté en Ouganda, le personnel de
vulgarisation a tenu pendant sept ans le relevé mensuel de
son travail auprès des agriculteurs avec qui il devait créer
des activités susceptibles de leur fournir des moyens d’existence
durables, par exemple plantation de parcelles boisées, apiculture,
utilisation de poêles économes en combustible et application
de mesures de conservation des sols. Ces archives mensuelles remplissaient
littéralement une pièce entière. Cependant,
aucun système n’avait été mis au point
pour regrouper les données et les transformer en information
sur les taux d’adoption, les raisons des différences
entre villages ou entre les taux de réussite des différents
agents de vulgarisation. Lorsqu’on a voulu analyser les données,
cela s’est révélé impossible parce qu’elles
n’étaient pas fiables et que la comparaison et le regroupement
entre différentes zones du projet étaient très
difficiles. Il s’agit là d’un problème
courant lorsqu’on se concentre sur la collecte de données
plutôt que sur l’acquisition de connaissances. |
|
Le cheminement des données est indiqué dans la figure
6-1. Le tableau 6-1 énumère les
questions à poser à chaque étape. Le parcours sera
différent pour chacune des données, selon les méthodes
choisies, la fréquence des relevés et l’attribution
des responsabilités. Quel que soit le chemin suivi, assurez-vous
que les informations que vous rassemblez vous aident à répondre
aux questions relatives à la performance (voir module
5).
Figure 6-1. Cheminement des données
Tableau 6-1. Préparez le cheminement de
vos données
| Étapes |
Questions essentielles
|
| Échantillonnage |
Un échantillon sera-t-il nécessaire?
Dans l'affirmative, comment sera-t-il choisi afin d'être représentatif
des principaux acteurs impliqués dans le projet? Dans la
négative, où pouvez-vous vour procurer les informations?
|
| collecte des données |
Comment allez-vous trouver les informations
dont vous avez besoin? Par des mesures, entrevues individuelles,
discussions de groupe, observations? |
| Enregistrement des données |
Qui utilisera quels supports pour écrire,
visualiser, photographier ou filmer les données our impressions?
|
| Stockage des données |
Où les données (brutes
et analysées) sront-elles stockées, comment et par
qui? Qui y aura accès? |
| Regroupement des données |
Qui utilisera quelles méthodes
pour regrouper les données et aboutir à une vue d'ensemble
logique et ordonnée? |
| Analyse des données |
Qui examinera les données et
en utilisant quelle méthode pour leur donner un sens et en
faire la sythèse afin d'obtenir une explication cohérente
de ce qui s'est passé et définir ce qu'il faudra faire
ensuite? |
| Diffusion et retour de l'information |
À quel stade et en utilisant
quels moyens les informations seront-elles partagées avec
le personnel du projet et des partenaires, les principaux acteurs
concernés, les comités directeurs et les organismes
de financement? |
6.1.2 Éléments à prendre
en considération dans le choix de votre méthode
Avant de choisir votre méthode, réfléchissez bien
aux trois aspects méthodologiques suivants:
- les différences et les recoupements entre méthodes
concernant les informations qualitatives et quantitatives;
- les conséquences de l’emploi de méthodes basées
sur des individus ou des groupes;
- ce qui entraîne qu’une méthode est ou non participative.
La sélection des méthodes qui conviennent le mieux à
vos besoins comporte plusieurs étapes:
- Vérifiez que vous savez clairement quelles informations vous
devez recueillir, regrouper, analyser ou restituer.
- Vérifiez que ces données ne sont pas déjà
collectées par d’autres personnes ou institutions. Vérifiez,
si possible, la fiabilité de ces données pour être
sûr qu’elles répondent à vos exigences dans
ce domaine.
- Identifiez clairement le degré de précision dont vous
avez besoin.
- Les informations portent-elles sur un domaine spécialisé?
Dans l’affirmative, recherchez l’avis d’un spécialiste
ou documentez-vous avant de procéder au choix de la méthode.
- Déterminez clairement les tâches que vous devez accomplir
et si les informations nécessaires sont qualitatives et/ou quantitatives.
Déterminez s’il vous faut une méthode pour recueillir,
regrouper, analyser, faire la synthèse ou diffuser les informations.
- Décidez dans quelle mesure le processus de collecte ou d’analyse
des données doit être participatif et si le travail doit
être réalisé avec des individus, des groupes ou
les deux.
- Décidez si vous allez recueillir les données par échantillonnage
ou non. Si vous travaillez sur un échantillon, décidez
de la taille de l’échantillon, définissez la “base
de sondage” et sélectionnez votre échantillon.
- Disposez-vous de plusieurs options méthodologiques ou d’une
seule? Établissez une liste des options disponibles et faites
une première sélection. Si vous utilisez une série
de méthodes, vérifiez qu’elles sont complémentaires.
- Dressez la liste de vos méthodes et faites une première
sélection.
- Lorsque vous pensez avoir trouvé la bonne méthode pour
accomplir une tâche donnée, deman-dez-vous si elle est:
applicable, appropriée, valable, fiable, pertinente, sensible,
économique et opportune.
- Testez préalablement votre méthode sur un petit nombre
d’acteurs analogues à ceux auprès desquels vous
allez recueillir les informations. Adaptez votre méthode en fonction
des résultats de ce test.
- Déterminez la fréquence d’utilisation.
6.1.3 Collecte, regroupement et stockage
de l’information
Lorsque vous préparez la collecte des données, n’oubliez
pas:
- d’examiner soigneusement la façon dont vous allez sélectionner
les personnes chargées de cette collecte;
- de réfléchir à la répartition des tâches
de collecte et d’analyse entre différentes personnes et
aux moyens de limiter les erreurs;
- de vous assurer que ceux qui utilisent les méthodes choisies
les maîtrisent bien;
- de prendre en compte les détails pratiques, par exemple les
fournitures nécessaires.
Évitez le risque d’erreurs en envisageant les causes possibles
d’erreur d’échantillonnage et autres. Les erreurs autres
que celles d’échantillonnage peuvent être dues à
un biais de la part de l’enquê-teur, à l’insuffisance
des méthodes, ou à des erreurs de traitement.
Vérifiez vos données de temps en temps. Les contrôles
aléatoires sont importants au début de tout projet, si vous
utilisez un ensemble de données existant, afin de déterminer
d’où proviennent les données, qui les a recueillies
et quelles méthodes et normes ont été utilisées.
Vérifiez aussi la collecte des données lorsque vous utilisez
une nouvelle méthode ou lorsque vous travaillez avec de nouveaux
agents de terrain, de nouveaux partenaires de mise en œuvre, de nouveaux
fonctionnaires, etc. Certaines données peuvent être suspectes,
par exemple celles qui sont trop précises, (comme lorsqu’il
y a correspondance parfaite entre les objectifs et les réalisations
effectives) ou qui changent de valeur de manière importante et
soudaine.
Définissez la façon dont sera enregistré chaque
élément d’information. Exercez-vous avec les personnes
qui seront chargées de l’enregistrement avant le début
de la collecte des données.
Le regroupement des informations, opération intermédiaire
entre la collecte et l’analyse des données, est souvent oublié.
Il exige une certaine attention car il peut grandement faciliter l’analyse
s’il est exécuté de façon satisfaisante ou
au contraire être source d’erreurs s’il est mal fait.
Le regroupement est nécessaire lorsque vous passez d’une
unité d’analyse à une unité supérieure
ou lorsque les données ont été recueillies à
des sources différentes et à l’aide de méthodes
différentes. Le regroupement de données qualitatives exige
un soin particulier et des compétences en analyse.
Les processus mis en œuvre pour l’analyse des données
qualitatives et quantitatives issues du S&E sont très différents.
Le présent guide est axé sur l’analyse des données
qualitatives, les méthodes statistiques n’y sont pas traitées.
On trouvera dans le module 8
de nombreuses idées sur la façon d’encourager les
réunions de réflexion et les rapports d’analyse en
plus de celles qui sont exposées au point 6.4.2.
Pour décider comment organiser le stockage des informations du
S&E, posez-vous les quatre questions suivantes (voir aussi 7.5):
- Quelles informations faut-il stocker?
- Qui doit avoir accès à ces informations et quand?
- Quelles formes doivent prendre les informations: documents imprimés
ou fichiers électroniques avec accès central?
- Quelles sont, au cours du temps et des évolutions du projet,
les informations qu’il faut conserver et celles qui peuvent être
éliminées?
6.1.4 Communication des résultats
du S&E
Les résultats du S&E peuvent intéresser de nombreux
publics: les organismes de financement, les comités de pilotage,
les institutions coopérantes, le personnel du projet et les partenaires
de mise en œuvre et enfin les bénéficiaires. La communication
de ces résultats a pour principaux buts de satisfaire à
l’obligation de rendre compte et de motiver les acteurs concernés
à agir. Les résultats du S&E doivent être examinés
sous une forme préliminaire avec les partenaires de mise en œuvre
et les principaux acteurs impliqués afin de s’assurer de
leur exactitude, d’aboutir à des conclusions communes et
de se mettre d’accord sur les mesures à prendre. Les résultats
définitifs peuvent être alors transmis aux organisations
intéressées aux fins de rendre compte et de prendre des
mesures d’ajustement.
Étudiez soigneusement la façon dont vous communiquerez
les résultats de votre S&E. Mettez-vous d’accord avec
les principaux acteurs impliqués sur la liste des destinataires
des informations, sur les catégories d’information à
communiquer et sur leur forme en fonction des différents besoins:
rendre compte, négocier, faire du lobbying, agir.
Intégrez dès le départ la communication dans votre
système de S&E. N’espérez pas que quelqu’un
d’autre se chargera de communiquer les résultats du S&E.
Investissez donc dans une bonne communication, non seulement en réalisant
des produits efficaces mais aussi en renforçant les moyens de communication
du projet.
L’une des fonctions essentielles de la communication est d’assurer
que vos conclusions sont correctes. Les ateliers et autres réunions
au cours desquels sont restitués les résultats du S&E
fournissent de précieuses occasions de débattre et de réfléchir
et de planifier l’action.
Lorsque vous envisagez de restituer les informations issues du S&E,
prenez en considération les aspects pratiques suivants:
- Veillez à ce que le message soit clair pour les différents
publics auxquels il est destiné.
- Mettez-vous d’accord sur la fréquence de communication
des informations.
- Veillez à ce qu’elles soient communiquées en temps
utile. Quand devez-vous avoir connaissance des réactions pour
qu’elles soient encore utiles à la prise de décision?
- N’oubliez pas les considérations de lieu: choisissez
un lieu où les participants se sentiront à l’aise.
Utilisez différents supports pour communiquer vos conclusions.
Les rapports écrits sont les plus courants et vont des rapports
d’activité formels aux notes informelles portant sur des
problèmes d’actualité en passant par les études
spéciales. Il est souvent plus efficace de communiquer les résultats
du S&E verbalement que par tout autre moyen. Parler directement aux
intéressés est le moyen le plus rapide et le plus souple
pour faire passer votre message. Utilisez aussi les moyens visuels, par
exemple les graphiques indiquant les tendances générales
ou les cartes, qui permettent de montrer l’évolution des
situations de manière synthétique.
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6.2 Choix des méthodes
à employer
6.2.1. Qu’est-ce qu’une méthode?
Une méthode est un processus formalisé et systématique
servant à accomplir une tâche donnée. Les agronomes
ont des méthodes pour mesurer le rendement des cultures. Les économistes
ont des méthodes pour calculer la rentabilité d’un
investissement. Les anthropologues ont des méthodes pour analyser
les processus de prise de décision des ménages. Les comptables
ont des méthodes pour établir des budgets et rendre compte
de l’emploi des fonds. Les cadres et les animateurs ont des méthodes
pour aider les groupes à prendre des décisions.
Dans le cadre du processus de S&E, on recourt à des méthodes
très diverses pour recueillir, analyser, stocker et présenter
l’information. On emploie souvent des méthodes issues des
sciences de la nature et des sciences sociales, ainsi qu’un éventail
de plus en plus large de méthodes participatives. Parfois, pour
obtenir l’information recherchée, il faudra adapter une méthode
existante ou en mettre au point une totalement inédite.
Il est souvent nécessaire d’utiliser plusieurs types de
méthodes pour le S&E (voir encadré 6-2).
Par exemple, un processus d’évaluation rurale participative,
qui vise à déterminer dans quelle mesure les acteurs à
la base retirent des bénéfices d’un projet, peut combiner
plus d’une quinzaine de méthodes allant de l’enquête
par transect à l’établissement de matrices, en passant
par des discussions de groupe. De même, pour faire une enquête
sur les ménages ou organiser une réunion annuelle de bilan,
différentes méthodes d’entretien, de débat
et de facilitation peuvent être conjuguées. Une méthode
comporte généralement l’utilisation d’une série
d’outils (tableaux, cartes, diagrammes, graphiques, fiches etc.).
La combinaison de plusieurs méthodes dans un ensemble structuré
est appelée méthodologie. On peut avoir par exemple une
méthodologie pour l’anima-tion d’ateliers ou pour la
réalisation d’enquêtes de base.
| |
Encadré
6-2. Adapter les méthodes aux besoins
Dans le cadre d’un projet de développement
agricole appuyé par le FIDA en Chine, on a employé
des modèles pour prévoir l’évolution
de 14 cultures et les effets de l’évolution des cultures
vivrières de base et des cultures particulières (par
exemple le sorgho perlé et le gingembre) sur la production
des exploitations et les revenus des paysans. Ces modèles
ont été créés au moyen du logiciel FARMOD
mis au point par la FAO et la Banque mondiale. On pouvait ensuite
comparer les résultats effectifs, établis au moyen
de méthodes de collecte de données, avec les prévisions
du modèle.
En Inde, on a mis au point une méthode pour
l’auto-évaluation des groupes d’entraide de femmes
afin de suivre périodiquement l’évolution de
certains indicateurs. Comme une grande partie des femmes concernées
est analphabète, on a employé une série d’images
pour représenter les indicateurs et différentes couleurs
correspondant chacune à un degré de réalisation.
Cette méthode employée en groupe a permis à
tous les membres de participer pleinement au processus. |
|
6.2.2. Les types de méthodes
On trouvera à l’annexe
D une description de 33 méthodes (et de leurs outils) couramment
employées pour le S&E et en particulier le S&E participatif.
Elles ont été regroupées comme suit:
- méthodes d’échantillonnage;
- méthodes de base (analyse des acteurs concernés et questionnaires
par exemple);
- méthodes et outils d’animation de groupes (“brainstorming”,
jeux de rôle, etc.);
- méthodes et outils de suivi des données spatiales (cartes
et transects);
- méthodes et outils de suivi temporel (journaux et photographies
par exemple);
- méthodes et outils d’analyses relationnelles (diagramme
de flux des impacts et schémas d’arbo-rescence par exemple);
- méthodes de classification (matrices).
Il faudra aussi probablement employer d’autres méthodes
spécialisées concernant des domaines techniques particuliers
qui sont regroupées dans les rubriques mesures biophysiques (méthode
5) et analyse coût-avantages (méthode 7) à l’annexe
D. Le recours à des experts techniques lors de l’éla-boration
du plan opérationnel ou du manuel de S&E détaillé
permet d’employer des méthodes spécialisées
adaptées.
Avant de choisir les méthodes, il faut examiner trois aspects importants:
- choix entre méthodes quantitatives et méthodes qualitatives
(voir tableau 6-2);
- choix entre méthodes individuelles et méthodes de groupe
(voir tableau 6-2);
- degré auquel une méthode peut être participative.
Tableau 6-2. Exemples de méthodes de S&E
polyvalentes
|
|
Données
qualitatives |
Données
quantitatives |
| Méthodes de groupe
|
Études de cas, “brainstorming”,
discussions thématiques, FFPM, jeux de rôle, cartes,
transects, SIG, tendances historiques, calendriers saisonniers,
images riches en information, diagrammes, évaluation du bien-être,
etc. |
Technique de groupe nominal,
cartes, transects, tendances historiques, calendriers saisonniers,
diagrammes de flux, matrices et classement |
| Méthodes individuelles |
Entretien semi-structuré, études
de cas, cartes, transects, journaux, tendances historiques, calendriers
saisonniers, diagrammes de flux |
Mesure directe, questionnaires structurés,
cartes, transects, SIG, journaux, diagrammes de flux |
Méthodes quantitatives et méthodes
qualitatives
Les méthodes quantitatives mesurent directement l’état
ou la variation d’une variable, par exemple le rendement d’une
culture, le nombre de kilomètres de routes construits ou le nombre
d’heures que les femmes consacrent à la corvée d’eau.
Elles donnent des résultats numériques directs.
Les méthodes qualitatives sont employées pour recueillir
des renseignements en demandant aux gens d’expliquer ce qu’ils
ont observé, ce qu’ils font, ce qu’ils pensent ou ce
qu’ils ressentent. Elles donnent des descriptions sous forme de
texte.
Une grande partie de l’information qui figure dans les rapports
de suivi-évaluation se fonde sur des chiffres. Les données
quantitatives sont claires et précises et on considère souvent
qu’elles sont plus vérifiables et donc plus scientifiques.
Il sera toujours nécessaire de fournir ce genre d’information,
mais pour certains aspects il faudra la compléter en demandant
aux gens leur avis sur les résultats obtenus.
Le choix entre une méthode qualitative et une méthode quantitative
(voir encadré 6-3) dépend non seulement
de la nature de l’information recherchée, mais aussi des
capacités et ressources disponibles, de l’utilisation prévue
de l’information et du degré de précision requis (voir
encadré 6-4).
Il n’y a pas d’opposition absolue entre les méthodes
quantitatives et les méthodes qualitatives. Une grande partie des
renseignements qualitatifs peuvent être quantifiés. Par exemple,
on peut classer les opinions en différents groupes puis les compter
et on obtient ainsi une information quantitative. En revanche, on ne peut
jamais transformer l’information quantitative en information qualitative.
On ne peut pas extraire une opinion d’un chiffre.
| |
Encadré 6-3. Emploi de
méthodes pour obtenir des données qualitatives ou
quantitatives
Données quantitatives. Il faut employer
des méthodes qui permettent d’obtenir des données
facilement exprimées en chiffres, en réponse à
des questions telles que “combien…?” “A
quelle fréquence?” Pour obtenir des données
quantitatives, il faut généralement mesurer des variables
telles que le revenu, la production ou la densité démographique.
Données qualitatives. Les méthodes
employées fournissent des données qui ne peuvent pas
être facilement exprimées sous forme numérique.
Elles permettent d’expliquer le pourquoi et le comment. Les
données qualitatives sont plus utiles pour comprendre les
attitudes ou les comportements, les croyances, les opinions, les
expériences et les priorités. On les obtient en posant
des questions telles que “pourquoi pensez-vous que cela s’est
produit?” et “comment pensez-vous que cela vous affectera?”.
|
|
| |
Encadré 6-4. Les avantages
et les inconvénients des études qualitatives et quantitatives
1
En Somalie, les mères ne voulant apparemment
pas que leurs enfants soient vaccinés, une étude sur
l’acceptabilité de la vaccination dans les communautés
a été menée.
Une enquête quantitative aurait permis de répondre
aux questions suivantes: combien de mères acceptent la vaccination,
combien la refusent et dans quelle mesure cela est-il statistiquement
lié à leur statut socioéconomique, à
leur niveau d’instruction, à leur âge, au nombre
de leurs enfants, à l’éloignement du dispensaire,
au revenu, au clan, etc. Cette information peut être utile
pour la planification des interventions si l’on peut modifier
des facteurs sociaux ou physiques qui influencent les mères.
Toutefois, on a préféré faire
une enquête qualitative. Cette enquête a permis d’expliquer
pourquoi certaines mères faisaient vacciner leurs enfants
et d’autres refusaient de le faire. On a analysé ce
qui se passait lors de la vaccination et comment cela les influençait.
L’étude a montré que la façon dont elles
étaient traitées dans les dispensaires expliquait
en partie leur refus de la vaccination. Par exemple, elles ne recevaient
pas suffisamment de renseignements sur les effets secondaires des
vaccins d’où une grande inquiétude si leurs
enfants devenaient fiévreux suite à la vaccination.
De plus, comme on ne leur expliquait pas l’origine des maladies,
elles étaient persuadées que les maladies étaient
causées par des esprits malins, et que les vaccins étaient
donc inutiles.
À partir de cette étude, on a pu modifier
les modalités de gestion des dispensaires et la formation
du personnel, et il a été moins difficile de faire
comprendre aux mères l’importance de la vaccination.
|
|
Choix entre des méthodes de travail en groupe et des méthodes
d’enquête individualisées
Tout au long du processus de S&E, depuis sa conception jusqu’à
l’analyse des données, on peut opter entre des méthodes
de consultation de groupe ou de consultation d’individus (tableau
6-3). En travaillant avec des individus, on aura des renseignements
plus détaillés, mais pour avoir une vue d’ensemble
il faudra analyser les données issues de nombreuses personnes.
Des méthodes de consultation de groupe donneront un point de vue
plus collectif, et mettront en évidence les points de convergence
et de divergence, mais il est probable qu’on obtiendra peu de renseignements
sur les points de vue personnels. Le travail en groupe est plus exigeant
pour le facilitateur, et la qualité de la discussion dépend
de la taille du groupe, de l’harmonie entre ses membres et du thème
traité. On trouvera à l’annexe
D un ensemble de méthodes assez bien adaptées aux travaux
de groupe (voir tableau 6-3).
Plus grand est le nombre de personnes associées à une
étape du S&E, plus importante est la qualité de l’animation
et de la planification. Les compétences du facilitateur déterminent
en grande partie le succès de l’emploi d’une méthode.
Les bons facilitateurs feront des suggestions, poseront des questions
pour approfondir certains points, donneront des encouragements, réorienteront
le débat et prendront des notes. De plus, ils peuvent aider à
gérer les conflits en encourageant les participants à écouter
et à comprendre le point de vue de chacun.
Tableau 6-3. Avantages et inconvénients
des travaux en groupe et des travaux individuels
|
Avantages
|
Inconvénients
|
| Travaux individuels |
- Il est plus facile de gérer
la discussion
- On peut obtenir des renseignements plus détaillés
- On obtient des données qui peuvent généralement
être structurées de façon à permettre
une analyse statistique |
- Cela demande plus de temps si l’on
veut consulter de nombreuses personnes
- Le travail en tête-à-tête ne peut pas servir
à forger un consensus
- La restitution de l’information est coûteuse |
| Travaux de groupe |
- Le travail en groupe permet de partager
des informations qui normalement ne sont pas communiquées
- Si le travail est bien planifié, la discussion en groupe
permet d’entendre ceux qui sont marginalisés
- Le travail en groupe peut montrer les points de divergence et
de convergence de vues |
- La validité des données
peut être problématique car les membres du groupe peuvent
être influencés par la dynamique ou la composition
du groupe
- Il n’est généralement pas possible de traiter
des questions délicates
- Il faut un facilitateur capable de gérer la dynamique
de groupe
- Il faut réfléchir soigneusement à la composition
du groupe pour que les intéressés soient suffisamment
représentés |
En quoi consiste une méthode participative?
Dans le cadre de nombreux projets, on souhaite associer davantage les
bénéficiaires au S&E. On considère souvent qu’il
suffit pour cela de recueillir des données auprès de la
population locale au moyen de méthodes dites participatives.
On entend trop souvent par participation le simple fait d’utiliser
les bénéficiaires comme source d’information, au lieu
de les considérer comme des co-utilisateurs de l’information
et donc comme des participants éventuels à l’analyse
et à la conception des méthodes. Si c’est l’évaluateur
qui choisit la méthode et l’emploie pour obtenir des renseignements
de la population concernée, le processus n’est pas participatif,
puisqu’il s’agit uniquement d’extraire de l’information.
Cela n’est pas nécessairement un mal, mais si l’objectif
est de réaliser une évaluation participative, les bénéficiaires
doivent être associés au choix et à l’utilisation
des méthodes.
On pense souvent qu’il y aurait un ensemble de méthodes
“participatives” de S&E. Ce n’est pas le cas. Une
méthode n’est pas en soi participative ou non participative.
Tout dépend de la façon dont elle est employée et
des personnes qui ont participé à son choix. Par exemple,
une méthode technique employée pour évaluer la qualité
de l’eau peut devenir participative si la communauté est
associée au choix des critères définissant la qualité
de l’eau, à la collecte des données et à l’analyse
des résultats. En revanche, si une équipe d’évaluateurs
demande à des groupes de paysans d’établir des cartes
de leurs terroirs sans que ne soient débattus avec eux les éléments
importants à mentionner sur cette carte et que cette équipe
retourne ensuite dans les bureaux du projet faire la synthèse des
différents schémas, les cartes finiront par disparaître
à jamais dans les bureaux du projet sans qu’elles aient pu
servir aux paysans à une quelconque analyse de leur situation.
Même si ce sont les paysans qui ont établi les cartes, on
ne peut pas parler dans ce cas de cartographie participative. On trouvera
au point 2.6 des considérations
générales sur les méthodes participatives de S&E.
Pour faire en sorte que le choix et l’utilisation des méthodes
soient participatifs, il faut se poser les questions suivantes:
- Pour quels aspects des méthodes de S&E la participation
est-elle importante? Pour le choix ou la conception de la méthode,
la collecte des données ou l’analyse?
- Qui, dans l’idéal, devrait être associé
au processus? Quelles sont les personnes qui ont besoin de participer
à la sélection, à la conception ou à l’utilisation
de la méthode? Dans l’idéal, ceux qui réalisent
la collecte ou l’analyse des données devraient aussi être
associés à la sélection et à la conception
des méthodes. Cela peut concerner le personnel des partenaires
de mise en œuvre, le personnel des projets, les bénéficiaires
et les consultants.
- Qui veut être associé à quoi? Certaines
personnes n’ont pas le temps de participer au processus ou n’en
ont pas envie. Cela n’est pas en soi un problème, car la
participation de tous les intéressés n’est de toute
façon pas possible. En revanche, il faut demander à ceux
que vous aimeriez associer au processus s’ils s’en sentent
capables et s’ils sont intéressés.
- Quelles sont les conditions d’une participation réelle?
Il ne peut pas y avoir de participation réelle si les gens n’ont
pas confiance en eux-mêmes. Il faut donc que les intéressés
se sentent libres de participer à la définition des méthodes,
à leur expérimentation et à leur adaptation, à
la collecte des données, etc. Pour cela, il peut être nécessaire
d’assurer une formation ou un encadrement, de bien choisir le
lieu et le moment, de libérer les participants d’un certain
nombre de contraintes (prise en charge des enfants par exemple), etc.
6.2.3. Le choix des méthodes
Les étapes décrites ci-après peuvent donner des
indications utiles pour le choix des méthodes les plus appropriées.
-
Définir clairement ce qu’on
cherche à savoir. Le processus de décision de ce
que l’on va suivre et évaluer est décrit dans
le module 5. Avant de choisir
une méthode, il faut s’accorder avec tous les intéressés
sur la nature de l’information à rechercher.
- Vérifier s’il n’y a pas d’autre groupe,
personne ou organisation qui collecte déjà les données.
Avant d’in-vestir dans la sélection d’une méthode
de collecte et d’analyse des données, il faut se demander
si l’information recherchée n’est pas déjà
disponible et où elle se trouverait éventuellement (voir
tableau 6-4). Les administrations publiques, les
universités et les établissements de recherche ont souvent
des données qui peuvent répondre à une partie des
besoins d’information d’un projet. Il faut commencer par
demander s’il existe des données dont vous pourriez avoir
besoin concernant les villages, les bourgs, les chefs-lieux de district,
etc., telles que la taille de la population, la morbidité, le
produit de l’impôt, etc. Les méthodes employées
seront nombreuses et variées, allant du recensement à
l’échelle nationale à des méthodes de recherche
très spécifiques. Il pourrait être utile de faire
un inventaire des processus de collecte d’information existants,
comme on l’a fait en Zambie dans le cadre d’un projet appuyé
par le FIDA (voir tableau 6-4).
Dans la mesure du possible, il faut contrôler les méthodes
de collecte de l’information pour s’assurer qu’elles
sont assez fiables. Il est parfois possible de modifier les méthodes
de collecte de données d’autres organismes de façon
qu’elles puissent mieux contribuer au suivi-évaluation
du projet. Toutefois, s’il apparaît impossible d’améliorer
la qualité des données, ou s’il est trop difficile
d’y accéder, il faudra envisager de collecter les données
soi-même.
-
Bien déterminer le degré de précision nécessaire.
Il est toujours souhaitable d’avoir la plus grande précision
possible. Toutefois, dans certains cas, les chiffres précis
ou les opinions détaillées obtenus à partir d’un
échantillon représentatif ne sont pas nécessaires,
une impression générale suffit. Par exemple, on peut
choisir de faire 50 mesures dans les champs des paysans pour déterminer
le rendement exact. Mais il se peut qu’on ait seulement besoin
de savoir si la plupart des agriculteurs sont satisfaits des rendements
obtenus et, pour cela, il peut être suffisant d’avoir
des entretiens avec plusieurs chefs d’exploitations.
-
L’information cherchée est-elle une information
spécialisée? Si c’est le cas, il faut demander
conseil à un spécialiste ou se procurer une documentation
détaillée avant de choisir la méthode. Cela vaut
par exemple pour les analyses coût-avantages et l’établissement
de cartes sur la base d’un système d’information
géographique (voir méthodes 7 et 19 à l’annexe
D). Il faut avoir l’avis d’un expert pour déterminer
si pour le projet concerné il est utile d’employer ces
méthodes relativement complexes et coûteuses.
- Définir clairement les tâches à accomplir.
Il faut par exemple identifier les méthodes adaptées
pour recueillir, structurer, analyser, synthétiser ou diffuser
l’information. Il faut également déterminer si les
informations nécessaires sont quantitatives, qualitatives ou
les deux. Il faut aussi se demander si l’on doit interroger des
individus ou des groupes. Enfin, il faut se demander quelles sont les
préférences et les capacités de communication des
intéressés, car cela détermine le choix du moyen:
rapport écrit, communication orale, communication visuelle et/ou
mise en scène.
Tableau 6-4. Extraits d’un inventaire des
données utiles pour un projet en Zambie déjà recueillies
par d’autres acteurs2
| Type d’information
|
Enquêteurs
|
Objectif de
la collecte des données |
Destinataires
des données |
| Point d’eau |
D-WASHE, administration de l’eau,
éducation, Ministère de la santé |
- Planification de la création
et
de l’entretien de nouveaux
points d’eau |
Collectivités locales, ONG,
Ministère de l’eau, UNICEF, Ministère de la
santé |
| Infrastructure routière |
Département des routes, collectivités
locales, Ministère de l’agriculture, de l’alimentation
et des pêches |
- Planification de l’accès
et de
l’entretien |
Ministère des collectivités
locales et du logement, Ministère de l’agriculture,
de l’alimentation et des pêches, Ministère du
tourisme |
| Services (hôpitaux, écoles
industries, centres commerciaux, banques, services postaux) |
Office central de statistique, collectivités
locales, administrations sectorielles |
- • Planification de l’offre
de services
- Planification des investissements |
Ministère des collectivités
locales et du logement, administrations sectorielles, donateurs,
Ministère des finances et du développement économique
|
| Production végétale |
Ministère de l’agriculture,
de l’alimentation et des pêches, Office central de statistique
|
- Sécurité alimentaire
- Besoin d’intrants
- Formulation de politiques
- Commercialisation
- Évaluation du potentiel de
production
- Estimation du revenu des
ménages |
Ministère de l’agriculture,
Ministère des finances, Office de statistique, Agence des
réserves alimentaires et collectivités locales |
| Scolarisation |
Maîtres d’école,
Office de statistique, inspections de district, coordinateurs de
zone |
- Planification, c’est-à-dire
modernisation, extension, achat des matériaux |
Ministre de l’enseignement, Centre
d’élaboration des programmes scolaires, Ministre de
la santé, collectivités locales |
| Naissances et décès |
Collectivités locales, hôpitaux,
Office de statistique |
- Taux de mortalité et de natalité,
taux de croissance démographique, planification des services
sociaux |
Archives générales, Ministère
des finances, Office de statistique, Ministère de la santé,
Ministère des collectivités locales et du logement
|
-
Décider dans quelle mesure le processus de collecte et
d’analyse des données doit être participatif et,
par conséquent, s’il faudra travailler avec des individus,
des groupes ou les deux. Différents acteurs peuvent être
associés à la collecte des données et à
l’analyse des informations à des degrés variables.
Il faut bien définir pourquoi on recherche une plus grande
participation. La participation doitelle assurer la cohérence
du traitement ou le partage de l’analyse? La réponse
à ces questions aura une incidence sur le choix de la méthode.
Par exemple, une analyse coût-avantages n’a d’intérêt
que pour qui a une formation économique. Si l’on élabore
un système de S&E qui devra être mis en œuvre
et géré par des groupes de microcrédit, les questionnaires
devront être élaborés par ces groupes eux-mêmes,
et il faudra qu’ils possèdent les capacités nécessaires
pour en analyser les résultats.
- Il faut décider si l’on travaillera sur un échantillon
ou si l’on recherchera des données exhaustives. Si
l’on travaille sur un échantillon, il faut fixer la taille
de l’échantillon et choisir une méthode d’échantillonnage
appropriée. Il est souvent impossible d’obtenir des données
de l’ensemble de la population concernée. Il faudra travailler
sur un échantillon si la population est trop importante, si le
temps disponible est très limité ou si l’on manque
de ressources. Du bon choix de l’échantillon dépendra
la validité des constatations qui seront faites et la possibilité
de les employer utilement dans le cadre du projet.
- Déterminer la taille de l’échantillon. La taille
optimale d’un échantillon ne dépend pas seulement
de l’importance de la population étudiée. D’autres
facteurs, tels que les ressources disponibles, le nombre de sous-groupes
à analyser et le temps disponible, sont au moins aussi importants.
On trouvera plus de précisions au point
D.1.
- Définir la base de sondage, c’est-à-dire identifier
les caractéristiques de la population que vous voulez étudier
(par exemple tous les ménages d’un village, certains villages
dans un canton, certaines parcelles dans une forêt). Le
point D.1 dans l’annexe D vous donnera plus de précisions.
- Choisir le type d’échantillon. Il y a deux options (voir
méthodes 1 et 2 à l’annexe
D). Les méthodes d’échantillonnage aléatoires
donnent à chaque individu d’une population une chance égale
d’être sélectionné. Les méthodes non
aléatoires impliquent une sélection plus délibérée,
et s’emploient en particulier lorsqu’on a besoin de connaître
certaines opinions ou de faire des comparaisons. On peut combiner ces
deux options (voir encadré 6-5).
| |
Encadré
6-5. Échantillonnage aléatoire dans un échantillon
non aléatoire3
Dans neuf villages, neuf à dix ménages
ont été choisis dans quatre catégories de revenus.
Il y avait trois villages de trois zones géographiques différentes.
Dans chacune de ces zones, les villages ont été sélectionnés
en fonction de la durée de mise en œuvre du projet dans
la zone (un, trois ou cinq ans). Cette méthode a permis de
faire des comparaisons en fonction de la durée de la mise
en œuvre du projet dans le village et des comparaisons entre
les groupes de villages (différant par leurs conditions géographiques
et topographiques). |
|
-
Peut-on opter entre plusieurs méthodes ou n’en existe-t-il
qu’une seule? Dans certains cas, le genre d’in-formation
recherchée ne peut manifestement être obtenu que d’une
seule manière. Par exemple, pour savoir combien de tortues
ont pondu sur une plage, il faut se rendre sur place et compter. Cependant,
en général, il existe plusieurs options.
-
Établir une liste des options et faire un premier choix.
Une fois déterminés les objectifs que la méthode
doit permettre d’atteindre, il faut faire une liste de toutes
les options et choisir celle qui paraît le mieux correspondre
aux objectifs et aux différentes contraintes de ressources,
de temps, de compétences disponibles etc.
Le choix de la méthode dépendra beaucoup de la nature
de l’information requise, des compétences de ceux qui
la collecteront et du degré de précision souhaité.
Il faut aussi veiller à ce que les méthodes soient complémentaires
pour obtenir toutes les informations recherchées et pour pouvoir
faire des contrôles. Par exemple, un plan de gestion des ressources
forestières peut néces siter des cartes SIG (méthode
19), une cartographie des ressources (méthode 17) et des transects
(méthode 18) pour recueillir des informations sur les ressources
forestières, une analyse des tendances historiques pour comprendre
l’évolution de l’utilisation et de la propriété
des forêts, un diagramme d’analyse institutionnelle (méthode
27) pour l’analyse des acteurs concernés, et différentes
méthodes de discussion (méthodes 11 à 16) pour
comprendre les priorités et la dynamique locales.
Il est essentiel de choisir des méthodes appropriées
aux spécificités de leurs utilisateurs. Le tableau
6-5 indique dans quelle mesure différentes méthodes
d’évaluation de l’érosion du sol sont appropriées
pour différents utilisateurs. En particulier dans le cas du
suivi participatif, il faut choisir des méthodes pouvant être
intégrées dans les activités quotidiennes des
participants, car il est peu probable que ceux-ci seront rémunérés
pour ces tâches. La négociation avec les participants
peut mettre en évidence la nécessité d’élaborer
des méthodes spécifiques (voir encadré
6-6). Dans la mesure du possible, il faut que la collecte, l’analyse
et l’utilisation de l’information soient confiées
aux mêmes personnes, qui doivent comprendre la ou les méthodes
employées et y adhérer.
Tableau 6-5. Degré auquel différentes
méthodes d’évaluation de l’érosion du
sol sont appropriées pour différentes parties prenantes4
| Méthode d’évaluation
|
Agriculteurs
|
Chercheurs
|
Responsables
politiques |
Organisme
de financement |
| Observation visuelle (turbidité
des eaux de ruissellement, etc.) |
Excellent |
Bon |
Médiocre |
Médiocre |
| Placettes |
Bon |
Passable |
|
|
| Matières solides en suspension
|
Passable |
Excellent |
|
|
| Parcelles de ruissellement |
Passable |
Excellent à Bon
|
|
|
| Horizon pédologique |
Médiocre |
|
|
|
| Type de végétation |
Bon |
|
|
|
| Simulation/modélisation |
Bon |
Excellent |
Bon à excellent
|
Bon à excellent
|
| Télédétection
|
Médiocre |
Bon à excellent
|
Excellent |
Excellent |
| Sédimentation |
Passable |
|
|
|
| |
Encadré 6-6. La négociation
de méthodes appropriées au Brésil 5
Au Brésil, les paysans, le personnel des ONG,
les représentants syndicaux et des chercheurs universitaires
ont voulu déterminer quelle méthode il fallait employer
pour évaluer le pourcentage de couvert végétal
(qui était un des indicateurs choisis pour le suivi des activités
d’agroforesterie). Les universitaires ont commencé
par suggérer qu’on emploie un cadre en bois (divisé
en quatre rectangles d’environ 1 m2 au total), qui serait
posé sur le sol en plusieurs endroits des terrains sur lesquels
on travaillait, ce qui permettrait d’estimer à l’œil
la superficie couverte par la végétation. Ils ont
aussi suggéré un formulaire pour l’inscription
des pourcentages. L’idée du cadre en bois était
acceptable pour les paysans, mais ils pensaient que l’emploi
du formulaire serait trop complexe. Les universitaires ont alors
proposé un formulaire sur lequel les cadres seraient déjà
représentés et que le paysan pourrait employer pour
dessiner la superficie couverte de végétation. Les
paysans ont aussi rejeté cette suggestion car ils n’étaient
pas habitués à écrire. Enfin, tous les participants
se sont mis d’accord sur l’utilisation de règles
graduées, sur lesquelles le paysan pourrait faire une marque
pour estimer le pourcentage de couvert végétal. Chaque
paysan emploierait une nouvelle règle pour chaque mesure.
Lorsque les paysans ont une réunion avec le personnel du
projet, ils apportent leurs règles, on transcrit les mesures
sur papier, et l’on examine les résultats et ce qu’ils
signifient pour leurs parcelles.
Des savants pourraient contester la précision
d’une marque faite sur une règle de bois, par comparaison
avec un pourcentage écrit sur un morceau de papier. Toutefois,
si l’on avait imposé la méthode du formulaire,
l’information aura probablement été peu fiable
en raison de la réticence des paysans. Dans ce cas, la concertation
a permis d’adopter une méthode plus réaliste
de collecte de données “rigoureuse”. |
|
- Pour s’assurer qu’on a choisi la bonne méthode
pour la tâche à accomplir, on peut employer la liste de
contrôle suivante6:
- Faisabilité. Disposez-vous des compétences
et des équipements nécessaires pour appliquer la méthode?
La méthode peut-elle vraiment aider à répondre
aux questions ou à mesurer les indicateurs souhaités?
Disposez-vous de suffisamment de temps? Pouvez-vous couvrir la zone
géographique concernée? Quelle est la distance qui sépare
les personnes impliquées et quelles sont les connaissances linguistiques
requises? L’appui technique et la formation fournis sont-ils suffisants?
- Adéquation. La méthode est-elle adaptée
à la situation du projet? Tous les intéressés sont-ils
d’ac-cord sur l’adéquation de la méthode et
la comprennent-ils bien? L’unité d’analyse est-elle
adaptée à la méthode?
- Validité. Les personnes qui emploieront l’information
considèrent-elles que la méthode est valide, c’est-à-dire
qu’elle permet de mesurer l’indicateur souhaité avec
assez de précision?
- Fiabilité. La méthode fonctionnera-t-elle au
moment où on en aura besoin? Différentes méthodes
seront-elles utilisées pour vérifier les données
recueillies, si le fait de n’en employer qu’une seule risque
de fausser l’information?
- Pertinence. La méthode donne-t-elle les renseignements
requis? Complète-t-elle l’approche fondamentale du projet?
- Sensibilité. La méthode permet-elle de détecter
des variations minimes des données? Peut-elle être adaptée
à l’évolution de la situation sans trop perdre de
sa fiabilité?
- Rapport coût-efficacité. Les ressources financières
disponibles sont-elles suffisantes? La méthode permettra-t-elle
d’obtenir des informations utiles pour un coût modique ou
existe-t-il une autre méthode moins chère qui fournirait
une information de qualité suffisante?
- Délai. Le délai entre la collecte des données,
l’analyse et l’utilisation de l’information est-il
acceptable? Les méthodes sont-elles compatibles avec l’ampleur
du travail quotidien? Y a-t-il possibilité d’intégrer
la mise en œuvre des méthodes à d’autres tâches
quotidiennes?
-
Valider la méthode. Il faut tester toutes les méthodes
de S&E, avant de les appliquer, pour s’assurer qu’elles
sont réalistes et qu’elles fourniront le genre d’information
qu’on recherche. La validation est particulièrement nécessaire
avant des opérations importantes de collecte de données.
Elle consiste à faire un essai avec un petit nombre d’acteurs
similaires à ceux auxquels on s’adressera pour obtenir
les données. Il faut vérifier que les questions sont
claires et mesurer le temps nécessaire pour interroger une
personne ou un groupe. Il faut adapter la méthode en fonction
des résultats de l’essai. Il peut être nécessaire
de prévoir une formation supplémentaire si la méthode
semble requérir des compétences que les personnes appelées
à l’employer ne possèdent pas.
- Déterminer la fréquence. Le suivi exige l’application
réitérée d’une méthode, ce qui permet
de faire des comparaisons, par exemple en actualisant une carte (méthode
17) tous les six mois ou en organisant une réunion de groupe
(méthode 12) pour voir si les opinions ont évolué.
Pour que les constats soient fiables et les comparaisons éclairantes,
il est indispensable d’appliquer les méthodes de manière
identique à chaque fois.
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6.3. La collecte
des données sur le terrain
6.3.1. Préparation et planification
de la collecte des données
Après avoir choisi et validé la méthode, certains
préparatifs sont encore nécessaires avant de commencer la
collecte des données.
Examiner soigneusement les modalités de sélection
des enquêteurs et des animateurs. Deux types d’agents
de terrain sont nécessaires: des enquêteurs pour recueillir
les données et des facilitateurs pour conduire les discussions
en groupe et l’analyse. L’enquête et l’animation
de groupe exigent deux grands types de compétences complémentaires.
Il faut se demander si les facteurs suivants peuvent avoir une incidence
sur la compréhension de certains thèmes par les facilitateurs
ou enquêteurs ou leur acceptation par les personnes qu’ils
ou elles sont appelés à rencontrer: âge, sexe, statut
dans la communauté, origine, niveau d’éducation, niveau
socioéconomique, personnalité et attitude, langue, religion
et coutumes. Il faut sélectionner les personnes les mieux adaptées
aux tâches à accomplir et aux interlocuteurs avec lesquels
elles auront à s’entretenir.
Répartition des tâches de collecte et d’analyse
entre différentes personnes et mesures nécessaires pour
limiter les erreurs. Le nombre de personnes associées à
chacune des étapes du cheminement des données aura une influence
sur leur cohérence et leur exactitude. Plus grand est le nombre
de personnes qui interviennent, plus il faut une organisation solide,
et plus on augmente le risque d’inexactitude et d’incohérence
des données. Il faut prévoir les mesures nécessaires
pour faire en sorte que les agents qui interviennent sur le terrain opèrent
de façon cohérente dans la collecte des données ou
l’ani-mation des groupes, et des méthodes de vérification
des données (voir 6.3.2).
Vérifier que ceux qui appliqueront les méthodes les
comprennent bien. Il faut que chaque méthode soit validée
et que les personnes qui seront appelées à les appliquer
s’entraînent. Un stage de formation méthodologique
doit être organisé pour expliquer les objectifs de la collecte
et de l’analyse des données, décrire chaque méthode,
apporter les compétences nécessaires au travail en groupe
et aux entretiens, et expliquer les outils d’enregistrement des
informations.
Compétences linguistiques. Dans l’idéal,
il faudrait que les agents de terrain parlent la langue du groupe cible
ou soient accompagnés d’un interprète fiable. Il faut
prévoir du temps pour vérifier les éventuelles traductions
et, si possible, pour former les traducteurs à l’utilisation
de certaines méthodes de S&E. Il faut traduire clairement tous
les documents avant de commencer le travail de terrain. Pour s’assurer
qu’une méthode inhabituelle, comme l’emploi d’une
matrice de notation (méthode 32, annexe
D), est correctement traduite, on peut demander à un locuteur
de la traduire puis demander à une autre personne de la retraduire
dans la langue de départ. On peut ensuite examiner les deux versions
avec les personnes chargées de la collecte des données pour
s’assurer qu’elles les comprennent et leur demander de commenter
les nuances qui sont apparues entre les deux versions.
Préparer l’application de chaque méthode.
Chaque méthode exigera des préparatifs spécifiques
(voir encadré 6-7). Il faut bien veiller à
organiser le matériel, et notamment à prévoir une
réserve suffisante de fournitures pour la mesure et l’enregistrement
des informations (stylos ou crayons pour remplir les formulaires ou répondre
aux questionnaires, carnets, stylos feutres pour écrire sur des
tableaux à feuilles mobiles, accumulateurs pour les ordinateurs
portables ou les magnétophones, etc.).
| |
Encadré 6-7. Exemples
de méthodes et de préparatifs
- Enquête avec questionnaire: Faire vérifier les
formulaires par un professionnel pour s’assurer que les
questions ne sont pas tendancieuses et sont bien formulées,
former les enquêteurs pour s’assurer qu’ils
comprennent les questions et enregistrent les réponses
avec précision, produire suffisamment d’exemplaires
du questionnaire, prévoir un stock de crayons ou de stylos
et de magnétophones si nécessaire.
- Mesures biophysiques: Formulaire d’enregistrement des
données, formation à l’utilisation de l’instrument
de mesure, achat d’instruments et de pièces de réserve
si le budget le permet.
- Jeux de rôle: Former les animateurs à la concertation,
en vue de formuler des conclusions avec les participants, acheter
des caméras vidéo, des carnets, des tableaux à
feuilles mobiles, des enregistreurs, des stylos, etc.
- Établissement de cartes schématiques, de diagrammes
de flux ou de matrices: Formation à l’animation et
à l’explication de l’objectif des graphiques
et des matrices, prévoir suffisamment de papier, de stylos
de différentes couleurs et de carnets.
- Méthodes d’animation des débats: Formation
aux techniques d’animation, tableaux à feuilles mobiles
et stylos feutres de couleur, carnets.
|
|
6.3.2. Obtenir une information fiable
Pour être fiable, l’information doit être cohérente.
Il faut donc se demander quelles pourraient être les causes d’incohérence.
Des erreurs s’introduisent dans le système lorsque, par exemple,
les agents de terrain n’enregistrent pas fidèlement les réponses,
que les personnes qu’on a choisies d’inter-roger ne sont pas
les meilleures sources d’information, ou que le personnel de terrain
ne comprend pas bien l’objectif de la collecte de données.
On peut distinguer deux types fondamentaux d’erreurs dans les données,
les erreurs d’échantillonnage et les erreurs non liées
à l’échantillonnage.
L’erreur d’échantillonnage se produit lorsque l’échantillon
a été mal choisi (voir point 6.2.3
et point D.1 de l’annexe
D). Elle correspond à la différence qu’il y a
entre l’estimation fondée sur le sondage et la valeur qu’on
aurait obtenue en faisant un recensement complet. Par exemple, si le taux
de réponse d’un échantillon est de 30%, l’erreur
d’échantillonnage permet d’estimer avec quelle précision
l’échantillon représente les 30% de la population
qu’il est censé représenter. Il y a des erreurs d’échantillonnage
lorsque les données recueillies ne sont pas représentatives
de la population cible. Casley et Kumar (1988) donnent une liste des types
de ménages qu’il est courant d’omettre lorsqu’on
établit un échantillon, ce qui entraîne des erreurs
systématiques: les ménages isolés ou inaccessibles,
ceux dont certains membres sont fréquemment absents (travailleurs
migrants), les familles monoparentales et les membres des minorités
ethniques (qui sont souvent marginalisés dans un village). Voir
le point D.1 au sujet des méthodes d’établissement
d’un échantillon. Il n’y a pas d’erreur d’échantillonnage
en cas de recensement, par exemple lorsque tous les groupes de microcrédit
appuyés par un projet sont enquêtés. Comme tous les
intéressés ont été interrogés, s’il
y a des erreurs, elles ne peuvent être que non liées à
l’échantillonnage.
Les erreurs non liées à l’échantillonnage
sont les plus courantes et les plus diverses. En connaître les causes
les plus fréquentes permet de les limiter.
-
Partialité de l’enquêteur. Un enquêteur
peut avoir une influence sur la façon dont la personne interrogée
répond à ses questions. Cela peut se produire par exemple
si l’enquêteur est trop ami-cal ou trop distant, ou encore
s’il oriente la réponse. Les erreurs de ce genre peuvent
aussi être dues à une culture institutionnelle qui décourage
le signalement des problèmes tels qu’un degré
de mise en œuvre insuffisant par exemple. Il faut que les agents
de terrain aient non seulement les capacités nécessaires,
mais aussi qu’ils soient incités à mener leur
travail avec rigueur et précision (voir le module 7 pour plus
de détails sur les incitations).
-
Des méthodes inadaptées. Les erreurs peuvent
être dues à la complexité des méthodes
de collecte des données, à l’ambiguïté
des questions, au fait que les questions ne sont pas adaptées
aux méthodes, etc.
-
Les erreurs de traitement. Il peut y avoir des erreurs de
codage, de saisie des données ou de programmation informatique,
et des erreurs dues à l’insuffisance de la vérification.
- Biais de non-réponse. Certaines questions sont parfois
difficiles à comprendre pour certaines personnes. Si une proportion
importante de la population ne répond pas à une question
donnée, les résultats peuvent être biaisés
du fait que les caractéristiques de ceux qui n’ont pas
répondu peuvent être différentes de celles de ceux
qui ont répondu.
Les erreurs non liées à l’échantillonnage
peuvent se produire à toutes les étapes d’une enquête
ou d’un recensement et, contrairement aux erreurs d’échantillonnage,
il est en général difficile de les mesurer, en raison de
la diversité de leurs sources (enquêteurs, personnes interrogées,
opérateurs de saisie, etc.).
L’inexactitude des données peut être attribuée
à plusieurs causes d’erreur. Par exemple, dans le cadre d’un
projet de microcrédit en Inde, les partenaires d’exécution
avaient l’impression que les données recueillies étaient
inexactes en partie à cause de la lourdeur et de la complexité
du processus. En outre, les ONG doutaient que les groupes locaux aient
les capacités nécessaires pour compléter avec précision
les formulaires de suivi qui étaient très longs. Enfin,
il y avait une forte rotation des agents de terrain, ce qui était
dû essentiellement à l’insuffisance des salaires versés,
et se répercutait inévitablement sur la cohérence
de la collecte des données. Les ONG craignaient que si les données
brutes étaient erronées, les erreurs se multiplieraient
lorsqu’on rassemblerait l’infor-mation provenant des différents
groupes et des différents membres du personnel pour faire des synthèses,
ce qui donnerait une idée fausse des progrès accomplis et
de l’impact obtenu.
Comment éviter les erreurs non liées à
l’échantillonnage dans la collecte des données?
Il est possible d’éviter ou de limiter de nombreuses causes
d’erreurs. Le tableau 6-6 donne une liste de
mesures qu’on peut prendre pour limiter les erreurs les plus courantes.
Tableau 6-6. Erreurs couramment commises dans
la collecte des données et moyens de les limiter
| Erreurs |
Moyens de les éviter
|
| Biais de l’enquêteur |
- S’assurer que chacun comprenne
l’objectif de chaque méthode
- S’assurer que chacun sache exactement quel genre de données
il doit recueillir, préciser les unités à employer,
les personnes à interroger ou les endroits à observer
pour obtenir des données, et fixer la fréquence de
la collecte
- Faire faire des exercices pour l’acquisition des techniques
d’enquête et d’animation
- Échanger des idées au sujet des problèmes
qui pourraient se produire et se mettre d’accord sur les différents
moyens de les éviter ou d’y remédier |
| Erreurs de traitement dues à
des erreurs d’enregistrement des données |
- Normaliser les formulaires d’enregistrement
- Tester les formulaires avec les utilisateurs et les adapter si
nécessaire
- Informatiser les données le plus vite possible et vérifier
la saisie
- Prévoir suffisamment de matériel pour enregistrer
toutes les réponses et éviter de perdre des données
|
| Biais de non-réponse |
- Valider au préalable les questions
et les méthodes
- Présenter clairement les méthodes et les questions
(et en particulier leur objectif) et s’assurer que les intéressés
les ont bien comprises
- Utiliser les termes locaux |
Vérification de la validité des données
obtenues
La validité des données doit être vérifiée
de temps à autre pour s’assurer qu’elles sont utiles
et fiables et qu’elles permettent vraiment d’évaluer
les progrès de l’intervention et les processus en cours.
Les étapes essentielles auxquelles des contrôles aléatoires
doivent être effectués sont les suivantes:
- au début de tout projet, si des données déjà
recueillies par d’autres sont utilisées. Il faut s’infor-mer
sur leur provenance et les personnes ou institutions qui les ont recueillies
ainsi que sur les méthodes et normes qu’elles ont employées;
- lorsqu’on emploie une nouvelle méthode;
- lorsqu’il y a une concordance parfaite entre les objectifs chiffrés
et les données recueillies;
- lorsque de nouveaux personnels ou de nouveaux partenaires de mise
en œuvre sont intégrés au projet.
Lorsque la collecte de données paraît se dérouler
sans aucune difficulté, il faut creuser sous la surface pour vérifier
s’il n’y a vraiment pas de problème. Les problèmes
sont inévitables et leur absence peut être un indice de leur
camouflage. Il faut être attentif aux données suspectes et
faire des investigations lorsqu’on soupçonne un problème.
-
Données trop exactes. La concordance entre les données
et les objectifs, si elle est trop parfaite, est suspecte. Dans le
cadre d’un projet appuyé par le FIDA en Asie, on a observé
d’importants écarts entre les rapports établis
par les différents pays concernés. La plupart des pays
considèrent les objectifs inscrits dans les rapports d’évaluation
comme obligatoires et font tout leur possible pour les atteindre.
Ils ne présentent un rapport que lorsque les réalisations
sont proches de 100% des objectifs. Par exemple, dans deux pays, les
rapports d’évaluation 1996 indiquaient que presque toutes
les activités avaient été réalisées
à 100%. Dans un autre projet, une analyse faite en 2001 des
données relatives aux paramètres physiques a montré
qu’elles concordaient exactement avec les objectifs chiffrés,
pour chaque mois et chaque paramètre. À l’évidence,
ces données ne sont pas fiables.
-
Variation subite et importante des données. Dans le Nord-Est
du Brésil, une ONG qui contrôlait le taux d’adoption
du labour suivant les courbes de niveau a constaté une énorme
augmentation de ce taux. Comme l’ONG n’avait pas beaucoup
formé les paysans à cette technique, elle a pensé
que ces données étaient suspectes. Elle a entrepris
des recherches ciblées dans plusieurs communautés pour
vérifier leur exactitude. Il s’est révélé
que les données étaient bien exactes, mais que l’adoption
de cette technique avait été due au développement
de la traction animale. Les animaux ne peuvent pas tirer une charrue
selon les lignes de pente, et par conséquent le labour selon
les lignes de niveau a été un des effets secondaires
du développement de la traction ani-male7.
-
Lacunes dans les données. Lorsqu’il y a un fort taux
de non-réponse à une question, cela peut-être
dû à des erreurs de réponse ou au choix d’une
méthode inadaptée.
Moyens de vérification des données
Dans chaque projet, il faut trouver des moyens d’intégrer
la vérification dans le processus de collecte des données.
Certains projets vérifient les données eux-mêmes,
d’autres sous-traitent la vérification à une administration
compétente ou à des consultants spécialisés
sur les thèmes concernés.
Si l’on veut vérifier les données soi-même,
il importe de recueillir les mêmes genres de données à
partir de sources différentes et au moyen de méthodes différentes.
Par exemple, on peut tout simplement poser les mêmes questions à
différents groupes ou comparer les résultats donnés
par une carte et par un transect de la même zone.
Il faut reconnaître que la vérification des données
quantitatives est plus simple que celle des données qualitatives.
Ainsi, de nombreuses méthodes de mesure biophysique indiquent comment
calculer le degré de représentativité des données.
Ce n’est pas le cas pour les données qualitatives. Une des
solutions est de bien utiliser la restitution des résultats auprès
des acteurs à la base en leur demandant de les commenter et de
faire des suggestions.
6.3.3. L’enregistrement des données
Les agents de terrain doivent non seulement savoir comment conduire
des entretiens et animer des débats mais aussi comment enregistrer
les réponses. Il existe de nombreuses méthodes d’enregistre-ment
des données qui dépendent en grande partie de la méthode
de collecte. Dans certains cas, des formulaires ou des tableaux sont remplis,
dans d’autres un magnétophone ou un magnétoscope est
employé, des fiches ou des tableaux à feuilles mobiles sont
utilisés pour noter les réponses à moins que ce ne
soit un cahier pour la prise de notes détaillées.
Quelle que soit la méthode d’enregistrement retenue, il
faut veiller à enregistrer les données de façon cohérente,
faute de quoi il sera difficile de les comparer et de les analyser. Il
faut aussi étudier les incidences que la méthode aura sur
le stockage de l’information (voir point 6.4.4
pour plus de précisions). Il faut se demander où et comment
seront stockées les données de façon à ce
qu’elles soient en sécurité et accessibles. Cela aura
une incidence sur la méthode d’enregistrement. L’encadré
6-8 décrit un exemple d’enregistrement quotidien de données
qui peuvent ensuite être employées pour établir des
rapports sur l’avancement du projet.
| |
Encadré
6-8. Les agriculteurs du Zimbabwe enregistrent leurs observations
quotidiennes
Dans le cadre d’un projet appuyé par
le FIDA au Zimbabwe, les paysans sont invités à tenir
un journal. Ils enregistrent des données sur l’évo-lution
de la production, la marge brute projetée, le programme de
rotation des cultures, l’évolution de la consommation
et des prix, la quantité d’eau et d’engrais employée
par pré ou par culture, les programmes d’épandage
de pesticides, la détection des ravageurs et maladies, le
rendement de la récolte, le coût de la main-d’œuvre
et la pluviométrie. Ces données sont ensuite rassemblées
par le vulgarisateur et présentées au bureau agricole
du district pour analyse. Cela permet de suivre l’avancement
du projet et d’établir des états trimestriels
et des programmes de travail annuels au niveau du réseau
d’irrigation. Lorsqu’on emploie un système de
ce genre, il est essentiel d’aider les paysans à tenir
des registres précis et de vérifier régulièrement
les données. Les paysans ne fourniront une telle information
que si elle a un sens pour eux et si elle leur est utile. |
|
L’emploi de formulaires bien conçus aide à assurer
la cohérence de l’enregistrement des données. Il faut
que les formulaires décrivent clairement les indicateurs de S&E
choisis (par des mots, des graphiques ou des symboles, ou sous la forme
d’une question) et laissent suffisamment de place pour l’inscription
des données. Il faut prévoir des espaces pour inscrire au
minimum:
- la date, le lieu, l’heure et la durée de l’entretien
ou du débat;
- le nom de l’enquêteur ou de l’animateur;
- le nom des participants;
- les thèmes examinés et les méthodes employées;
- les constats essentiels, soit selon un format prédéterminé
(voir encadré 6-9), soit au moyen de mots
clés et de descriptions si la méthode de collecte des
données est moins structurée.
| |
Encadré
6-9. Différentes options pour les formulaires d’enquête8
- Liste: lorsque pour répondre il faut cocher une ou plusieurs
options dans une liste (par exemple quels sont les services de
santé auxquels vous avez recours?).
- Questions auxquelles il peut être répondu par
“oui“ ou “non“ ou par “d’accord“
ou “pas d’accord“.
- Questions à choix multiples: lorsqu’il y a plusieurs
réponses possibles et qu’on souhaite que la personne
interrogée envisage toutes les possibilités avant
de répondre.
- Échelles: lorsqu’on demande à des gens de
donner une opinion ou une note. Il existe des échelles
sur lesquelles les personnes interrogées cochent la déclaration
avec laquelle elles sont d’accord. Il existe aussi des échelles
sur lesquelles la personne interrogée doit indiquer dans
quelle mesure elle est d’accord avec une déclaration,
avec différentes gradations allant par exemple de “complètement
d’accord” à “pas du tout d’accord”.
|
|
Lorsqu’on emploie des graphiques comme base de discussion (voir
D.4, D.5,
D.6 et D.7),
il faut bien veiller à prendre des notes supplémentaires
car le graphique lui-même ne permettra jamais de saisir toutes les
opinions et conclusions importantes.
Si le suivi est confié à des groupes locaux, il faut prendre
en compte leurs capacités lors de l’élabo-ration des
formulaires d’enregistrement des données. Par exemple, dans
le cadre d’un projet de crédit, les groupes d’entraide
ont élaboré un système de codage pour faire en sorte
que tous leurs membres puissent participer au processus périodique
d’auto-évaluation. Comme de nombreux membres sont analphabètes,
les questions sont illustrées par des symboles et les trois niveaux
d’évaluation correspondent chacun à une couleur différente.
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6.4. Structuration, analyse
et stockage de l’information
Une fois que les données sont recueillies, il faut les structurer
de façon à pouvoir les analyser efficacement. Pour cela,
il faut les transcrire sous une forme systématique, saisir les
renseignements obtenus de chaque personne ou groupe interrogé et
les organiser dans une structure globale, par exemple une base de données
informatisée.
6.4.1. Comment structurer l’information
Il faut structurer l’information dans les cas suivants:
-
Lorsque des données sont rassemblées à un échelon
supérieur à celui auquel elles ont été
recueillies, par exemple pour faire une synthèse des différents
entretiens afin de donner un aperçu des progrès d’un
groupe de microcrédit, ou pour rassembler toutes les informations
recueillies au niveau des villages afin de réaliser une analyse
au niveau du département;
-
Lorsque l’information a été recueillie auprès
de différentes sources avec des méthodes différentes,
afin de pouvoir faire des comparaisons et déceler des similarités.
La structuration de l’information nécessite un format adapté.
Avec certaines méthodes, le processus est très simple. Par
exemple, il peut suffire de saisir dans un programme statistique les données
chiffrées en suivant le formulaire ou le questionnaire employé
lors de la collecte. Dans le cas de données statistiques, la structuration
permet de faire une synthèse des nombreuses données recueillies
sous forme de tableaux clairement libellés. Ces tableaux doivent
récapituler les constatations faites en réponse à
la question relative aux résultats obtenus. Par exemple, ils doivent
faire apparaître les tendances locales si l’on cherche à
savoir comment l’impact varie selon la communauté ou le canton.
La structuration de données qualitatives nécessite un
soin particulier et des compétences analytiques spéciales
(voir encadré 6-10). L’encadré
6-11 décrit les étapes essentielles à suivre
pour structurer des réponses à des questions non structurées.
Nous examinerons ce processus plus en détail au point
6.4.2.
| |
Encadré
6-10. Comment accroître la fiabilité de rapports qualitatifs?
Dans le cadre d’un projet appuyé par le FIDA en Indonésie,
le personnel se sentait à l’aise lorsqu’il devait
employer des indicateurs physiques, quantifiables, pour suivre les
progrès accomplis. Il était aussi convaincu que les
ONG partenaires qui exécutaient le projet étaient
capables d’employer des méthodes qualitatives de façon
satisfaisante aux fins du suivi. Toutefois, il ne savait pas très
bien comment établir des rapports sur la base de données
qualitatives et comment intégrer l’information qualitative
et le suivi quantitatif. Cela est très compréhensible.
Il est souvent plus facile de remplir des formulaires qui exigent
une information prédéterminée. On peut compléter
ces formulaires en demandant au personnel de suivi-évaluation
et au personnel de terrain de rédiger régulièrement
des rapports décrivant l’impression qu’ils ont
retirée de leurs visites sur le terrain. Au début,
on peut demander aux intéressés de résumer
leurs impressions sur une ou deux pages. Lorsque le personnel est
familiarisé avec cette méthode, on peut lui demander
de rédiger des rapports sur des aspects particuliers, comme
la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire
ou la condition de la femme. |
|
| |
Encadré 6-11. Comment
faire la synthèse de réponses à des questionnaires
non structurés?
- Rédiger un bref résumé de ce que chaque
personne a dit en soulignant les points essentiels.
- Lire les réponses et, lorsqu’on en a lu environ
un quart, prendre note des points les plus fréquemment
mentionnés. Il faut ensuite lire toutes les réponses
et noter combien de personnes interrogées ont mentionné
chacun de ces points essentiels. On peut aussi répartir
les réponses en deux catégories, c’est-à-dire
celles des personnes qui sont opposées à une idée
et celles des personnes qui sont favorables, ou encore les classer
en fonction du degré d’adhésion à une
idée.
- Citer les passages importants pour souligner certains points.
- Demander à d’autres personnes d’étudier
les réponses pour éviter qu’un parti pris
influence l’interprétation.
- Attribuer un numéro à chaque personne interrogée.
Ensuite, après l’étape 2, numéroter
tous les points essentiels de façon à pouvoir coder
les réponses (c’est-à-dire qui a mentionné
tel ou tel point essentiel) et faire une analyse statistique de
l’information au besoin.
|
|
6.4.2. Pourquoi analyser les données
de suivi-évaluation?
L’analyse des données du S&E répond à
plusieurs objectifs:
- Mieux comprendre – examiner les données brutes avec
les acteurs concernés permet d’affiner la compréhension;
- Limiter les biais – si l’analyse de l’information
est approfondie avec les différents acteurs, ceuxci pourront
faire des observations lorsqu’ils ont l’impression qu’une
question a été mal traitée;
- Donner une image claire d’une situation, d’un événement
ou d’un processus et forger un consensus – lorsque les données
sont examinées collectivement, les contradictions et les lacunes
peuvent être décelées et par la suite résolues
ou comblées;
- Renforcer l’appropriation collective des conclusions et inciter
les intéressés à s’investir davantage dans
le projet – dans le cadre du S&E participatif.
L’analyse des données du S&E est étroitement
liée à réflexion critique. Le module
8 donne de nombreuses suggestions sur les moyens de stimuler la réflexion
critique et de rédiger des rapports analytiques.
Se demander qui doit être associé à l’analyse.
Savoir qui interprétera les données est essentiel dans
l’analyse participative. Souvent, une collecte très participative
cède la place à une analyse faite exclusivement par le personnel
du projet. Cela se justifie parfois, car certains aspects de l’analyse
et de la synthèse peuvent être très contraignants
pour les différents acteurs impliqués, les bénéficiaires
en particulier. Il y a cependant d’énormes différences
entre un rapport descriptif superficiel, et une analyse fondée
sur une compréhension commune des motivations des acteurs concernés,
qu’il s’agisse des villageois, des responsables politiques
ou du personnel technique.
Le choix d’une méthode d’analyse. Le choix
d’une méthode d’analyse dépend de différents
facteurs, notamment du caractère plus ou moins participatif du
processus, de l’outil employé pour structurer et analyser
les données (par exemple un ordinateur) et du genre de données
recueillies. S’il s’agit de données qualitatives, l’analyse
consistera à rechercher des similitudes dans les descriptions et
à les expliquer (6.4.3). Dans le cas des données
quantitatives, l’analyse sera fondée sur les méthodes
statistiques et servira à dégager des tendances, exprimées
en pourcentages ou en ratios. Dans les deux cas, il faudra comparer les
objectifs et les résultats atteints pour comprendre les écarts,
faire des comparaisons entre différentes zones géographiques
ou entre différents groupes, ou simplement suivre l’évolution
dans le temps.
Bon nombre des méthodes décrites à l’annexe
D peuvent être employées pour l’analyse des données.
Par exemple, si l’on opte pour un processus plutôt participatif,
il est utile de consulter la section D.3 qui décrit des méthodes
de discussion, la section D.6 consacrée à l’analyse
des relations et des liens et la section D.7 consacrée à
la hiérarchisation et à la définition des priorités.
6.4.3. Analyse des données quantitatives
et qualitatives9
Le personnel des projets est souvent plus familier avec l’analyse
des données quantitatives qu’avec celle des données
qualitatives. L’analyse des données quantitatives implique
des calculs, par exemple le calcul d’un total ou d’une moyenne,
ou encore d’un taux de réalisation, mais elle ne se limite
pas à cela. Une analyse statistique plus élaborée
peut être nécessaire, par exemple lorsqu’on fait une
analyse coût-avantages (voir annexe
D). Un examen des différentes méthodes d’analyse
statistique sortirait du cadre du présent guide et nous mettrons
l’accent sur le traitement des données qualitatives.
L’analyse de données qualitatives est très différente
de l’analyse de données quantitatives et peut être
plus difficile lorsqu’on n’est pas habitué à
analyser des opinions et des réponses à des questions non
structurées. Le processus consiste à définir des
catégories de réponses dans les données brutes.
Associer les enquêteurs à l’analyse. Il faut
que tous les enquêteurs et animateurs qui recueillent des données
de S&E, qu’ils fassent partie du personnel du projet, de celui
d’un opérateur, ou qu’ils soient bénéficiaires,
participent aux séances d’analyse des données qualitatives.
En raison de la nature de ces données, il est essentiel que les
personnes présentes au moment où elles ont été
recueillies participent à leur analyse. Les discussions non structurées
révèlent de nombreux éléments que les facilitateurs
peuvent repérer et qui aident à l’interprétation
des données.
Recueillir et analyser simultanément les données qualitatives.
La collecte de données qualitatives doit déclencher un processus
de réflexion itératif. Les informations tirées d’une
discussion ou d’un entretien indiquent quels sont les aspects qu’il
faut approfondir. Par conséquent, l’analyse d’une série
d’entretiens peut indiquer qu’il faudra apporter à
la méthode et au contenu des entretiens ultérieurs. Il faut
analyser immédiatement les données qualitatives car il est
impossible de prendre note de tout ce qui est dit dans un débat
non structuré. D’autres renseignements, par exemple concernant
la dynamique du groupe et son influence sur le débat, ne seront
pas consignés, mais ils sont essentiels pour l’interprétation
des données. Par conséquent, plus vite on procède
à l’analyse, plus il est facile de ne pas oublier les aspects
qui n’ont pas été consignés.
Structurer l’analyse autour des différents indicateurs
de résultat et des différentes catégories de personnes
interrogées. Par exemple, si le personnel de S&E a conduit
des entretiens individuels avec deux chefs paysans et avec le conseil
villageois le même jour, il faudra analyser les deux séries
de données séparément. Durant l’analyse, les
évaluateurs devront peut-être revenir sur les indicateurs
de résultats afin de préciser les objectifs des discussions.
Les cinq étapes de l’analyse des données
- Il faut relire les questions aux membres du groupe, afin de rappeler
à chacun l’objectif du travail de S&E.
- La personne qui a pris les notes doit lire à haute voix les
réponses données à chaque question. S’il
y a plusieurs séries de notes, il faut donner lecture de chacune.
- Il faut examiner les réponses et faire part des éventuelles
observations qui n’ont pas été enregistrées
par écrit, afin de préciser ce que les personnes interrogées
voulaient dire.
- Regrouper les réponses et résumer les conclusions. Il
faut collectivement définir des catégories de réponses
parmi les données recueillies et rédiger des conclusions
concises. Le résumé doit indiquer dans quelle mesure les
attitudes ou les idées exprimées étaient partagées
par les personnes interrogées (toutes, la majorité, la
moitié, une minorité ou seulement quelques-unes). Même
si l’on ne peut pas quantifier les différentes réponses,
il faut donner des ordres de grandeur et indiquer les évolutions.
- Repérer les données confuses ou les lacunes. Il faut
déterminer si elles doivent faire l’objet d’une étude
plus approfondie par la suite.
6.4.4. Stockage des informations relatives
au suivi-évaluation
Pour garantir la communication, la transparence, le consensus et la
continuité des processus participatifs, il est essentiel que les
informations soient conservées. Les archives sont une source de
mémoire institutionnelle à laquelle les nouveaux venus peuvent
avoir recours. Par ailleurs, beaucoup d’informations issues d’un
projet peuvent également intéresser un ou plusieurs autres
projets. Il faut donc des systèmes pour stocker les données
et les rendre accessibles à autrui.
En vue du stockage de l’information, il faut se poser quatre questions
(voir aussi point 7.5).
1. Quelles informations faut-il archiver?
Conserver des informations est nécessaire pour orienter la stratégie
du projet et pour suivre les activités. En principe, toutes les
informations du S&E doivent être archivées sous une forme
ou une autre. Analyse des acteurs, bilans annuels, bases de données
sur les bénéficiaires, évolution du contexte, effets
inattendus, procès verbaux de réunions, etc., la liste devient
très vite longue. Étant donné l’ampleur des
informations et les contraintes du stockage, il est obligatoire de s’interroger
sur ce qu’il est véritablement intéressant de conserver.
Pour cela, il faut se demander quelles sont les informations qui doivent
être transmises, et à qui, pour la prise de décision
et l’établissement de rapports.
| |
Encadré
6-12. Le contenu des archives est tout aussi important que la méthode
d’archivage
À première vue, le système de
gestion de l’information d’un projet de développement
de l’élevage parmi les petits paysans en Asie, appuyé
par le FIDA, paraissait très satisfaisant à la fin
des deux étapes. Il contenait d’abondantes données
relatives au projet, qui avaient été informatisées
et mises à jour. Toutefois, il avait aussi plusieurs carences
qui ont rendu difficile l’évaluation de l’impact.
Par exemple, en dépit d’une solide formation, il s’est
révélé très difficile de saisir plus
de dix années de données relatives à toutes
les activités du projet. Les données mettaient trop
l’accent sur les paramètres physiques et le taux de
remboursement des crédits, alors que les opinions des paysans
au sujet des bénéfices qu’ils avaient retirés
du projet étaient négligées. Les indicateurs
socioéconomiques présentaient de nombreuses lacunes.
Il y avait eu des erreurs techniques dans l’échantillonnage
et les questionnaires étaient trop longs. Il n’y avait
pas d’archives concernant le remboursement des prêts.
De plus, la plupart des données d’enquête n’avaient
pas été analysées. En conséquence, ni
analyse de séries chronologiques ni mesure d’impact
n’ont pu être effectuées. |
|
2. Qui doit avoir accès à l’information et quand?
La méthode d’archivage dépend aussi de la nature
des personnes qui doivent avoir accès à l’infor-mation
et de la fréquence de cet accès. Les chefs de projet et
les cadres des partenaires de mise en œuvre, les membres des comités
directeurs, les représentants des bénéficiaires et
les organismes de financement doivent absolument disposer des informations
pour orienter la stratégie du projet. Les agents de terrain, les
responsables des différentes composantes du projet et les principales
parties prenantes ont besoin de renseignements opérationnels.
Il faut examiner quelles sont les compétences des utilisateurs
et les modes de communication avec lesquels ils se sentent à l’aise.
Les documents ne doivent être archivés qu’aux endroits
où ils auront des utilisateurs. Ce principe est particulièrement
important dans le cas des données brutes sur papier, telles que
les graphiques. Les schémas et croquis ne doivent pas être
copiés, distribués et stockés à tous les échelons.
Seules les personnes qui seront amenées à s’en servir
doivent les avoir à leur disposition. De manière générale,
il est toujours préférable de laisser les originaux à
ceux qui les ont produits.
3. Sous quelle forme l’information doit-elle être stockée
– documents sur papier ou fichiers informatiques centralisés?
Plus grand est le nombre de personnes qui ont besoin d’une information,
plus il est préférable de l’informatiser. Toutefois,
il n’est pas toujours possible de saisir toutes les données
recueillies au niveau local, soit parce que les partenaires de mise en
œuvre et les bénéficiaires n’ont pas accès
à un ordinateur ou à un réseau électronique,
ou n’ont pas les compétences nécessaires.
4. Réévaluer régulièrement les informations
qu’il faut conserver et ce dont on peut se débarrasser
Un système de stockage de données sera rapidement saturé
s’il n’est pas régulièrement mis à jour.
Cela vaut aussi bien pour les archives sur papier que pour les données
informatisées. Il est plus facile d’archiver des données
informatisées de façon peu encombrante mais accessible.
Il suffit de faire des copies de sauvegarde et de les stocker dans un
lieu sûr, en dehors du disque dur.
Dans le cas des documents sur papier, il est plus difficile de décider
ce qu’il faut conserver ou non. Il faut veiller à conserver
tous les documents dont l’archivage est requis par la loi, tels
que les documents fiscaux et des documents financiers nécessaires
pour les audits, pendant la période prescrite, variable selon le
pays. Il faut aussi conserver un exemplaire de tous les documents nécessaires
au suivi de l’évolution du projet, tels que les données
de base, les résumés sur l’avancement de la mise en
œuvre et les données intérimaires sur l’impact.
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6.5. Comment communiquer les
conclusions du suivi-évaluation en vue de l’action et de
l’obligation de rendre compte
6.5.1. Pourquoi communiquer les conclusions
du suivi-évaluation?
Les conclusions du suivi-évaluation peuvent intéresser
de nombreux publics. Les rapports d’avance-ment du programme de
travail et budget s’adressent aux organismes de financement, aux
comités de pilotage, aux institutions coopérantes et aux
partenaires de mise en œuvre. Les bénéficiaires doivent
savoir globalement comment le projet avance et il faut leur donner la
possibilité de réagir aux premières constatations.
Les organismes de financement et les cadres ont besoin de renseignements
sur l’impact des projets, et tous les partenaires de mise en œuvre
doivent avoir les moyens de comprendre les problèmes de façon
à y trouver des solutions.
Il faudra communiquer deux catégories de conclusions du S&E.
Premièrement, il est bon d’exa-miner les grands axes des
conclusions avec les partenaires de mise en œuvre et les bénéficiaires
afin de valider les données, de formuler des conclusions communes
et de s’accorder sur les étapes suivantes. Une fois les conclusions
approuvées, elles peuvent être transmises aux organismes
de financement, aux institutions coopérantes, aux administrations
nationales compétentes et aux responsables d’autres projets.
Ces conclusions finales doivent répondre aux obligations de rendre
compte, mais elles peuvent aussi être employées à
des fins de négociation.
6.5.2. Planification de la communication
des conclusions
Connaître les destinataires
Déterminer qui aura besoin de recevoir quel genre d’informations
relatives au suivi-évaluation doit se faire avec les différents
acteurs concernés. Le tableau 6-7 indique les
besoins d’information des différents destinataires en ce
qui concerne un projet PAM mené en Chine. Il indique quelles sont
les données et les conclusions que le système de S&E
doit produire et à qui elles sont destinées. Il convient
de noter que ce tableau concerne la communication nécessaire pour
que le projet respecte son devoir de redevabilité et non la communication
à des fins d’action et de prise de décision.
Dans l’analyse des destinataires des éléments du
S&E du projet, il ne faut pas oublier de:
- tenir compte de la nature des destinataires, selon qu’il s’agit
de remplir les obligations de rendre compte, de négocier ou d’agir;
- définir ce qu’on attend du destinataire à qui
l’on communique une information (aide financière, engagement
dans l’action, etc.);
- s’accorder sur la nature et la forme de l’information
qu’il faut communiquer pour atteindre les objectifs spécifiques
du projet.
Tableau 6-7. Destinataires de l’information
de S&E concernant un projet PAM en Chine10
(degré de priorité élevé, moyen ou faible)
|
Types de destinataires |
Types de renseignements |
|
Avancement par rapport aux objectifs |
Réalisations |
Impact économique
|
Leçons tirées de l’évaluation
|
|
Positives |
Négatives |
| Gouvernement du pays bénéficiaire
|
Élevé |
Moyen |
Élevé |
Faible |
Faible |
| Cadres et personnel de l’agence
d’exécution |
Moyen |
Élevé |
Faible |
Élevé |
Élevé |
| Membres de la communauté
|
Moyen |
Élevé |
Faible |
Selon la nature |
Selon la nature |
| Hauts fonctionnaires |
Élevé |
Faible |
Élevé |
Faible |
Faible |
| Organismes de financement
|
Élevé |
Moyen |
Élevé |
Moyen |
Moyen |
| Autres groupes nationaux
|
Moyen |
Moyen |
Moyen |
Élevé |
Élevé |
Intégrer la communication dans le système de
S&E
La communication des résultats du S&E doit être prévue
dès la conception du système. Au Ghana, un atelier réunissant
les différentes personnes intéressées par le S&E
a été organisé afin de mettre au point un diagramme
de circulation de l’information depuis la base jusqu’à
la direction du projet. Ce diagramme a permis de déceler les goulots
d’étranglement et d’y remédier, ainsi que de
désigner les responsables des différents flux d’information
et de fixer la fréquence et les délais de présentation
des rapports. Le fait d’examiner et de planifier ces aspects de
la communication devrait permettre au système de S&E de fonctionner
plus efficacement.
Investir dans la communication
Une bonne stratégie de communication peut être un investissement
rentable. Claire et efficace, la communication des résultats du
S&E peut entraîner un appui plus large au projet de la part
de ses partenaires ou d’autres acteurs jusqu’ici peu intéressés.
L’encadré 6-13 indique quelques-uns des éléments
qui ont assuré le succès de la stratégie de communication
du projet de crédit rural du Maharashtra en Inde. Au-delà
de la production de rapports et d’exposés argumentés,
il faut également investir dans le renforcement des capacités
au niveau du projet en matière de communication (voir encadré
6-14).
| |
Encadré
6-13. Des documents de suivi-évaluation intégrés
et complémentaires
Dans le cadre du projet de crédit rural du
Maharashtra (Inde), on a employé plusieurs moyens complémentaires
pour communiquer les résultats de l’évaluation
des groupes d’entraide.
- Un système d’auto-évaluation, fondé
sur des symboles visuels, a aidé les groupes d’entraide
à faire le suivi mensuel et annuel. Ce système se
composait d’une grille de notation de trois catégories
d’indicateurs (16 indicateurs au total), allant de la qualité
de la préparation des réunions au taux de remboursement,
en passant par les processus de prise de décisions collectives.
- Les rapports de district rendaient compte des différents
aspects de la formation des comités de développement
villageois et des groupes d’entraide.
- La Banque nationale pour l’agriculture et le développement
rural a publié un bulletin d’information sur l’évolution
des groupes d’entraide au niveau du district et au niveau
de l’ensemble du projet.
- L’analyse de l’avancement du projet a été
présentée à des réunions de haut niveau,
avec des graphiques clairs indiquant les tendances.
|
|
| |
Encadré
6-14. Désignation d’un chargé de communication
appropriée en Zambie
La stratégie de communication recommandait
la désignation d’un chargé de communication
au sein du projet de développement de district en Zambie,
qui serait chargé des tâches suivantes:
- Faire traduire des messages dans des langues et sous des formes
adaptées à leurs destinataires, dans les meilleurs
délais.
- Transformer les idées de communication (textes, images,
concepts, etc.) en produits, les tester sur le terrain et les
diffuser rapidement.
- Assurer une communication interactive et transparente.
Pour cela, il fallait une personne:
- Ayant l’expérience de la mise au point d’outils
et de méthodes de communication participative;
- Comprenant les avantages et les faiblesses de ces outils et
méthodes;
- Ayant une grande expérience des différents fournisseurs,
tels qu’imprimeurs, graphistes ou photographes;
- Capable de coordonner la production des documents depuis le
stade des données brutes jusqu’au produit fini.
|
|
Planifier des ateliers pour débattre des résultats
et organiser les prochaines étapes
Un des objectifs essentiels de la communication est de contrôler
la validité des conclusions. Pour cela, il faut organiser des séances
de travail avec les acteurs capables d’effectuer cette validation.
Ces ateliers sont aussi des moments favorables pour analyser les incidences
des conclusions et se mettre d’accord sur les prochaines étapes.
Voir le module 8 qui suggère des modalités de communication
des résultats du S&E pour susciter la réflexion, et
inciter à l’action.
6.5.3. Quelques aspects pratiques de la
communication qui favorisent la réflexion et l’action
-
Veiller à ce que le message soit clair pour son destinataire.
Les intérêts et préoccupations des différents
destinataires ne sont pas les mêmes et il faudra donc que les
rapports soient adaptés, tant dans leur teneur que dans leur
langage. Les rapports doivent être plus ou moins détaillés
selon l’audience. Au responsable de la stratégie, il
faut donner un aperçu global de l’avancement des projets
et des problèmes rencontrés. Aux responsables de la
mise en œuvre, il faut fournir plus de détails pour faciliter
la coordination et l’exécution des tâches quotidiennes.
-
Se mettre d’accord sur la fréquence de la communication.
Les réunions de prise de décision durant lesquelles
sont, la plupart du temps, communiquées les informations doivent
être programmées à l’avance afin que tous
les intéressés puissent les inscrire dans leur emploi
du temps.
-
Ne pas attendre pour communiquer l’information. Il
faut restituer rapidement les résultats après l’analyse
pour que les réactions que susciteront les conclusions puissent
être utilement valorisées pour conduire l’action.
Si pour une raison ou pour une autre, les délais s’avèrent
plus longs que prévu, il faut en informer les intéressés
et leur dire clairement quelles en sont les causes. Cela est important
non seulement pour obtenir des réactions constructives, mais
aussi pour préserver la crédibilité du projet.
- Bien choisir le lieu. L’encadré
6-15 indique pourquoi il importe de réfléchir aux
différents moyens de communiquer pour choisir le lieu et le moment
adéquats afin d’atteindre les intéressés
et de leur donner l’occasion de réagir.
| |
Encadré
6-15. Ne pas oublier les circuits d’information informels
Le projet d’appui au développement local
de Gao au Mali utilise différents moyens de consultation
et d’information. Outre les ateliers et les rencontres formels,
les circuits informels de diffusion de l’information sont
valorisés. Les questions qui intéressent les communautés
peuvent être très rapidement communiquées via
les marchés, les cérémonies religieuses, les
fêtes. Ce sont d’excellentes occasions de discussions,
car les gens se sentent à l’aise pour poser des questions,
parler, et émettre des opinions individuelles et collectives.
|
|
Employer efficacement l’information graphique pour faciliter l’analyse.
Il est souvent plus facile de comprendre une information présentée
sous forme graphique. Plus l’information est facile à comprendre,
plus il y a de chances d’obtenir des réactions directes et
constructives. Il existe de nombreuses formes de présentation de
l’information: graphiques, diagrammes, cartes, croquis, photographies
ou bandes vidéo. Certaines de ces formes seront imposées
par le choix de la méthode de collecte des données. Par
exemple, des séries chronologiques de cartes ou de photographies
permettent de montrer immédiatement ce qui a été
mesuré, comment la mesure a été faite et quelle sont
les évolutions. D’autres représentations graphiques
doivent être élaborées à partir d’une
analyse statistique des données.
Ne pas se laisser détourner de la tâche. Une séance
de restitution peut facilement dégénérer en bavardage.
Il faut s’y préparer soigneusement en définissant
les résultats attendus (éclaircissements, nouveaux points
de vue, conclusions, étapes suivantes, etc.). Attention à
ne pas abuser de l’impro-visation ! Elle est toujours nécessaire,
mais elle peut semer la confusion. Il faut éviter d’imposer
des idées et animer la séance de manière à
ce que les intéressés se sentent assez en confiance pour
donner librement leur avis.
6.5.4. Les différents outils de communication
Rapports écrits
Il existe toute sortes de rapports de S&E: rapports d’avancement,
études spéciales, mémorandums informels mettant l’accent
sur une question importante, etc. La plupart des projets appuyés
par le FIDA produisent des programmes de travail et des budgets annuels
et des rapports d’activités trimestriels et semestriels (voir
encadré 6-16), ainsi qu’un rapport d’examen
à mi-parcours et un rapport d’achèvement. Certains
produisent des rapports annuels et beaucoup produisent des bulletins d’information
(voir encadré 6-17).
| |
Encadré
6-16. Utilisation du cadre logique pour l'élaboration des
rapports en Colombie
Dans le cadre du PADEMER, on a harmonisé les
rapports produits par les partenaires d'exécution autour
de la structure du cadre logique. Cela permet d'avoir une idée
claire des effets et des impacts escomptés (sur la base des
indicateurs retenus) et des interventions nécessaires pour
les obtenir. Les partenaires ont été formés
à l'utilisation de ce cadre. On a aussi défini un
canevas pour la présentation de rapports techniques et financiers
trimestriels. Il s'agit de rapports simples qui donnent une idée
claire de ce qui se passe dans le cadre de chaque projet. Le décaissement
des tranches ultérieures dépend de la présentation
de bons rapports. Les rapports doivent: 1) être succincts
et objectifs, et ne donner que les renseignements indispensables;
2) indiquer l'état actuel de l'intervention sur la base de
la programmation et des données du cadre logique approuvées;
et 3) être communiqués sur papier et sur disquette
ou par courrier électronique, selon le modèle ci-dessous. |
|
|
Code |
Activité |
Durée |
Période
d'exécution (date de début et de fin) |
Pourcentage
de réalisation |
Nombre de bénéficiaires |
| H |
F |
| |
|
|
|
|
|
|
| Description de l'activité: |
| Lieu: |
|
| Nombre de participants: |
Hommes: |
Femmes: |
| Réalisations et moyens
employés: |
| Résultats de l'activité:
|
| Leçons tirées
de l'expérience: |
| Difficultés rencontrées
et solutions: |
| |
Encadré
6-17. Des bulletins d’information communiquent les conclusions
du suivi-évaluation aux agriculteurs (Zimbabwe)
Dans le cadre d’un projet appuyé par le FIDA au Zimbabwe,
chaque agriculteur recueille différentes données relatives
à sa production, à l’évolution de la
production et des ventes, à l’utilisation d’eau
et autres intrants, etc. Cette information est généralement
structurée par le vulgarisateur et communiquée au
bureau de vulgarisation du district pour l’analyse de la production.
En outre, on publie régulièrement un bulletin qui
donne des renseignements sur les tendances, les idées et
l’avancement du projet et reproduit des entretiens avec des
agriculteurs. Ce bulletin d’information est axé sur
l’évolution récente du projet, sur la façon
dont les agriculteurs emploient l’information produite et
sur les décisions prises à l’échelon
national. |
|
Exposés oraux
Il est plus efficace de communiquer les conclusions du S&E oralement
que par d’autres moyens. Une grande partie des décisions
est prise sur la foi d’informations obtenues par contacts personnels
ou lors d’exposés oraux. Le fait de parler directement aux
intéressés permet de transmettre le message plus rapidement
et de façon plus souple. On peut modifier la présentation
en fonction des réactions de l’audience. Le contact direct,
s’il est bien géré, facilite la compréhension
et permet de discuter plus ouvertement des constatations du S&E. Pour
certaines informations, le contact individuel est parfois préférable
à des réunions.
La radio peut aussi être un outil efficace. Dans le cadre d’un
projet mené au Pérou, 20 stations de radio fournissent des
renseignements quotidiens sur les activités en cours, sur les décisions
liées aux projets, sur les ressources qui seront transférées
aux communautés, sur les réunions, les visites et les entretiens
avec des agriculteurs et des vulgarisateurs. La radio joue un rôle
important dans le S&E en diffusant l’information, en communiquant
les décisions et en motivant les parties prenantes.
Représentations graphiques
Les représentations graphiques, telles que les diagrammes ou
les graphiques qui indiquent des tendances, ou encore les cartes, illustrent
et complètent les renseignements communiqués dans des rapports
écrits ou des exposés oraux. On peut aussi employer la photographie
ou des films vidéo mettant en évidence les évolutions
(voir méthode 20, annexe
D). Les jeux de rôle, qu’ils soient filmés ou en
direct, peuvent aussi être un bon moyen de communiquer les enseignements
tirés de l’évaluation souvent plus efficacement que
par l’écrit.
Toutefois, si l’on veut une communication plus créative
il faut avoir assez de temps et d’argent pour pouvoir développer
les idées et acquérir les compétences nécessaires
ou engager des personnes qui les possèdent. Il faut tenir compte
de cet aspect lorsqu’on envisage différentes options.
On trouvera dans le module 8
des renseignements supplémentaires concernant la réflexion
critique qui est indispensable dans la communication de l’information
relative au suivi-évaluation. Les modules 3,
4, 5
et 8 contiennent également
des éléments sur ce sujet.
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Lectures complémentaires
Aubel, J. 2000. Participatory Program Evaluation
Manual: Involving Program Stakeholders in the Evaluation Process.
Calverton, Maryland: Child Survival Technical Support Project (with Catholic
Relief Services). Télécharger en anglais, espagnol et français
à l’adresse: http://www.childsurvival.com/documents/csts.cfm.
Cameron, E. 2001. Facilitation Made Easy: Practical
Tips to Improve Facilitation in Workshops. Londres: Kogan Page. Commander
sur: http://www.kogan-page.co.uk/
Casley, D. J. et Kumar, K. 1988. The Collection,
Analysis and Use of Monitoring and Evaluation Data. Washington, D.C.:
Banque mondiale. Commander via: www.amazon.co.uk.
Casley, D. J. et Kumar, K. 1990. Project Monitoring
and Evaluation in Agriculture. Washington, D.C.: Banque mondiale.
Commander via: www.amazon.co.uk.
Feuerstein, M. T. 1986. Partners in Evaluation:
Evaluating Development and Community Programmes with Partners. Londres:
Macmillan. Commander via: http://www.talcuk.org/.
Guijt, I. 1998. “Participatory Monitoring and
Impact Assessment of Sustainable Agriculture Initiatives: an Introduction
to the Key Elements”. SARL Discussion Paper No. 1. Londres:
IIED. Commander via: bookshop@iied.org
ou http://www.iied.org/infopubs/index.html.
FIDA, ANGOC et IIRR. 2001. Enhancing Ownership
and Sustainability: A Resource Book on Participation. Fonds international
de développement agricole, Coalition des ONG d’Asie pour
la réforme agraire et le développement rural et Institut
international pour la reconstruction rurale. Contact: info@ifad.org.
Margoluis, R. et Salafsky, N. 1998. Measures of
Success: Designing, Managing, and Monitoring Conservation and Development
Projects. Washington, DC: Island Press. Commander via: http://www.islandpress.org/books/
1/
Gosling, L. et Edwards, M. 1995. “Toolkits: A Practical
Guide to Assessment, Monitoring, Review and Evaluation”. Save
the Children Development Manual 5. Londres: Save the Children.
2/
Johnson, D. avec Kanyinji, M.W., Lupenga, R., Nkhata, G.L.E., Siantumbu,
B.K. et Sithole, S.M.H. 1998. Communication Strategy and
Monitoring and Evaluation Framework: Main Report. Zambie: Projet
de développement de district, Gouvernement de la République
de Zambie et Fonds d’équipement des Nations Unies.
3/
FIDA, ANGOC et IIRR. 2001, 240. Voir Lectures complémentaires.
4/
Soulignons que le terme "approprié" n’est pas défini
dans cet exemple. Herweg, K., Steiner, K. et Slaats, J. (éds.).
1998. Sustainable Land Management Guidelines for Impact Monitoring:
Workbook and Toolkit. Page 65. Berne: Centre for Development and
Environment.
5/
Abbot, J. et Guijt, I. 1998. “Changing Views on
Change: Participatory Approaches to Monitoring the Environment”.
SARL Discussion Paper 2. Londres: IIED. Accessible à l'adresse:
http://www.eldis.org/.
6/
D’après Mikkelsen, B. 1995. Methods
for Development Work and Research: A Guide for Practitioners. New
Delhi, Londres et Thousand Oaks: Sage Publications; et Rugh, J. 1986.
Self Evaluation - Ideas for Participatory Evaluation of Rural Community
Development Projects. Oklahoma City: World Neighbors.
7/
Sidersky, P. et Guijt, I. 2000. “Experimenting with Participatory
Monitoring in Northeast Brazil: The case of AS-PTA’s Projeto Paraíba”.
In: M. Estrella et al. (éds). 2000. Learning from Change: Issues
and Experiences in Participatory Monitoring and Evaluation. Londres:
Intermediate Technology Publications.
8/
Feuerstein, M. T. 1986, 95-102, voir Lectures complémentaires.
9/ D’après Aubel, J. 2000.
Voir Lectures complémentaires.
10/
Hereward, M. et Siping, W. 2000. "Bringing results
to the people". Présentation à l'occasion de l'atelier
S&E, Wuhan, 9–12 octobre, 2000. UNICEF Bureau pour la Chine.
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