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Cette annexe présente 33 méthodes qui pourront vous être
utiles pour exécuter les tâches se rapportant spécifiquement
au S&E. Elles ont été classées en sept catégories:
- méthodes d’échantillonnage
- méthodes de base utilisées dans le S&E
- méthodes et outils d’animation de groupe
- méthodes et outils de suivi des données spatiales
- méthodes et outils de suivi temporel
- méthodes et outils d’analyses relationnelles
- méthodes de classification.
Chaque méthode est brièvement expliquée (objectif,
étapes et conseils de mise en application). Comme il ne s’agit
que d’aperçus rapides de textes plus longs, veuillez consulter
les textes originaux pour obtenir de plus amples renseignements (voir
lectures complémentaires). Notez que chaque méthode peut
être adaptée et associée aux autres en fonction de
vos besoins. Voir le module 6
pour une réflexion plus approfondie sur la collecte et la gestion
des données.
Vous pouvez également créer votre propre méthodologie.
Par exemple, en Zambie, le personnel d’un projet d’hydraulique
villageoise a lancé un concours de rédaction dans diverses
écoles secondaires pour comprendre comment la jeunesse percevait
et évaluait le projet. Cette méthode a permis de recueillir
des renseignements qui n’avaient pas été obtenus par
d’autres moyens. Les rédactions ont révélé
que, dans bien des cas, on demandait aux enfants d’aider à
creuser les puits pour satisfaire au critère du projet exigeant
une participation des communautés en main-d’œuvre. À
cause de cela, beaucoup de jeunes ne pouvaient aller à l’école,
ce qui n’avait pas été prévu par le projet.
Grâce à ces renseignements, le personnel a pu repenser la
mise en œuvre du projet de manière à éviter
cette conséquence négative.
Toute méthode peut être utilisée de deux manières
pour comprendre les évolutions.
1ère option. Elle peut être appliquée régulièrement
pour mieux comprendre les tendances. Pour cela, il faut disposer d’un
point de départ, ou données de “référence”
(voir Module 5, point 5).
Les données issues des applications ultérieures de la méthode
peuvent être comparées aux données de référence
pour repérer les évolutions et tenter d’en comprendre
les causes.
2ème option. Elle peut être utilisée a
posteriori pour enquêter sur les évolutions dans la zone
du projet. On prend alors la situation actuelle comme point de départ
et on demande à la population de décrire comment était
la situation auparavant, par exemple, trois ans plus tôt. Même
si on n’utilise pas dans ce cas d’étude de référence
cette méthode permet cependant de comparer les changements au fil
du temps. Mais parce qu’elle s’en remet à la mémoire
des personnes interrogées, cette méthode ne conviendra que
dans les cas où il n’est pas nécessaire de recueillir
des données très précises.
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D.1 Méthodes d’échantillonnage
Un recensement, c’est-à-dire un décompte complet,
n’est pas toujours réalisable pour recueillir des données
sur l’ensemble de la population que vous entendez étudier.
Le groupe sera peut-être trop important ou le temps, les ressources
et les fonds trop limités pour effectuer un recensement. Dans de
tels cas, il vous faut choisir un échantillon aussi représentatif
que possible de la population totale, afin de pouvoir aboutir à
des conclusions sur les caractéristiques de cette dernière.
Vous aurez donc besoin de certains outils statistiques pour déterminer
la représentativité de vos données et la fiabilité
de l’information résultant de votre étude. Le choix
de l’échantillon influe sur la qualité des résultats
finaux du travail de suivi-évaluation. Si votre méthode
d’échantillonnage est biaisée ou votre échantillon
est trop restreint, vos résultats de S&E seront moins fiables
et peut-être même faux.
Si vous optez pour une collecte d’information fondée sur
l’échantillonnage, il vous faut spécifiquement prendre
en compte trois facteurs ayant une incidence à la fois sur les
méthodes que vous choisissez et sur la validité de vos conclusions.
(Vous trouverez de plus amples renseignements sur ces facteurs dans Casley
et Kumar (1988), voir lectures complémentaires.)
- Définissez votre base de sondage. Une base de sondage
est une description de l’ensemble de tous ceux que vous pourriez
éventuellement inclure dans votre échantillon. Pour la
définir, vous devez choisir une unité donnée que
vous souhaitez étudier au sein de la population (par exemple,
tous les ménages d’un village, certains ménages
d’un district ou certaines parcelles d’une forêt)
ou préciser sous forme descriptive quelle est votre unité
(par exemple, les limites de la forêt qui sera étudiée).
-
Décidez de la taille de l’échantillon. La
taille de l’échantillon que vous choisirez influera considérablement
sur la validité de vos conclusions. Contrairement à
ce que l’on croit habituellement, la taille optimale de votre
échantillon n’a pas grand chose à voir avec la
taille de la population que vous étudiez. En revanche, elle
doit être définie en fonction du budget et des ressources
disponibles, du nombre de sous-groupes qui doivent être étudiés,
du temps disponible et du temps nécessaire pour mener à
bien une étude en bonne et due forme, des fluctuations au sein
d’une population de la variable étudiée, du degré
de certitude que vous aimeriez avoir sur le fait que votre estimation
se situe dans une certaine marge de la valeur réelle pour cette
population, ainsi que de la marge d’erreur maximale que vous
vous accordez. Ce dernier point, l’erreur d’échantillonnage,
se rapporte à la certitude que votre échantillon représente
bien la population étudiée et à la probabilité
qu’il ne soit pas biaisé. Vos données ne pouvant
être sûres à 100%, il vous faut expliquer dans
la présentation de vos résultats quel en est le degré
de certitude. La taille de l’échantillon ou l’erreur
d’échantillonnage peuvent être calculés
en utilisant des formules statistiques. Pour calculer une taille d’échantillon
appropriée, reportezvous au site internet de calcul de la taille
d’un échantillon (http://ebook.stat.ucla.edu/calcula-tors/sampsize.phtml)
ou reportez-vous à Casley et Kumar (1988) dans Lectures complémentaires.
-
Choisissez votre méthode d’échantillonnage.
Tout comme il en va de la taille de votre échantillon,
vous pouvez choisir entre deux méthodes principales pour choisir
votre échantillon, l’échan-tillonnage aléatoire
et l’échantillonnage non aléatoire. Le choix dépendra
du type de renseignements recherchés. L’échantillonnage
aléatoire est habituellement associé à la collecte
et à l’analyse des données quantitatives. Il donne
à tout membre d’une population une chance égale
d’être sélectionné par des méthodes
d’échantillonnage au hasard. Il définit de manière
plus précise les procédures de sélection, utilise
des listes (ou l’équivalent) comme cadre d’échantillonnage
et permet d’estimer l’erreur d’échantillonnage.
L’échantillonnage non aléatoire est moins précis,
plus fréquemment associé à la collecte et à
l’analyse des données qualitatives et suppose un échantillonnage
plus orienté et plus délibéré d’une
population. L’une et l’autre de ces méthodes comportent
certains risques de partialité, même si les réponses
sont certainement suffisamment fiables pour l’utilisation que
vous en faites. Le risque de partialité est l’un des
aspects principaux qui différencient ces deux méthodes.
Avec l’échan-tillonnage aléatoire, le risque est
connu et peut être minimisé autant que vous le souhaitez
– dans la mesure où les ressources sont disponibles.
Mais avec l’échantillonnage non aléatoire, ce
risque est plus important et plus difficile à évaluer.
Méthode 1 Échantillonnage aléatoire
Objectif:
Obtenir, sans aucune connaissance préalable ou prise en compte
de caractéristiques particulières, un échantillon
pouvant être considéré représentatif des principaux
acteurs touchés par l’interven-tion d’un projet. Du
point de vue du suivi-évaluation, l’échantillonnage
est souvent à la base de l’utilisation des méthodes
de collecte des données.
Comment procéder:
-
Commencez par recenser, nommer ou numéroter toutes les unités
d’une population que vous souhaitez échantillonner (par
exemple, les villages, les maisons, les personnes, les familles) de
manière à ce que chaque unité ait une chance
égale d’être choisie pour faire partie de l’échantillon.
C’est ce que l’on appelle préparer la base de sondage.
- À partir de cette base de sondage, choisissez qui sera finalement
sélectionné dans votre échantillon en appliquant
l’une des deux méthodes fondamentales d’échantillonnage
aléatoire.
- L’échantillonnage aléatoire simple
est le choix au hasard d’un groupe de personnes
dans une population, comme par tirage au sort ou en utilisant un tableau
de nombres aléatoires correspondant à des articles spécifiques
d’une liste. L’échantillonnage systématique
est une variante de cette méthode, dans laquelle vous sélectionnez
un échantillon à intervalles prédéterminés
(par exemple, toutes les trois maisons) mais on ne le considère
pas comme un échantillon aléatoire pur puisqu’il
comporte un élément de prédétermination.
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Encadré D-1. Exemple
d’échantillonnage systématique
1
Les projets de développement rural sont critiqués
parce qu’ils concentrent souvent leurs activités dans
des villages aisément accessibles. L’équipe
chargée de la conception d’un projet bénéficiant
de l’appui du FIDA en Côte d’Ivoire s’est
fixé comme but de sélectionner au moins 75% des villages
de la zone du projet situés à plus de 5 km d’une
route asphaltée. Cette équipe a donc préparé
une base de sondage dont les unités incluaient les villages
se situant à une distance minimale de 5 km d’une route
asphaltée. |
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- L’échantillonnage aléatoire stratifié
diffère de la première méthode dans la mesure où
la population est d’abord divisée en divers sous-groupes
(ou “strates”), en fonction de certaines caractéristiques
arrêtées à l’avance. Ces dernières
peuvent être l’âge, le sexe, l’appartenance
ethnique pour une enquête sur les ménages ou une caractéristique
géographique donnée pour une enquête sur l’agriculture.
Un échantillon aléatoire est alors sélectionné
par strate, par exemple en utilisant un tableau de nombres aléatoires
ou en choisissant un élément ou une personne sur cinq.
Conseils pratiques d’utilisation:
L’échantillonnage aléatoire est plus fréquemment
utilisé que l’échantillonnage non aléatoire
pour les études de suivi-évaluation de grande envergure
(voir la méthode 2). Cependant, il n’est pas toujours possible
ou réalisable d’effectuer un échantillonnage aléatoire
si, par exemple, on ne dispose pas de suffisamment de temps pour dresser
une liste complète des renseignements requis. Les données
existantes issues des recensements, des listes électorales, des
bottins téléphoniques ou d’autres registres devraient
être recherchées et utilisées dans la mesure du possible
– mais sachez bien que ces données ne sont pas toujours exactes.
Casley et Kumar (1988) vous mettent néanmoins en garde contre toute
décision hâtive en faveur de l’échantillonnage
non aléatoire pour la seule raison que vous manquez de ressources,
car une méthode non aléatoire n’est pas toujours satisfaisante
étant donné la marge d’erreur importante qu’elle
suppose. Ils vous proposent de recourir à la méthode empirique:
“Si vous ne disposez d’aucune liste et s’il vous est
difficile pour des raisons financières uniquement (et non par manque
de temps) d’en établir une, il est préférable
de sacrifier entre un quart et un tiers de la taille de l’échantillon
prévu et de trouver les financements nécessaires pour établir
cette liste.”
L’échantillonnage aléatoire n’est pas adapté
dans les cas où la taille de l’échantillon est très
réduite, puisque ce dernier ne sera sans doute pas assez représentatif
et ne permettra donc pas d’aboutir à des conclusions précises
sur l’ensemble de la population. L’échantillonnage
dirigé (voir la méthode 2) peut réduire
ce risque.
Méthode 2 Échantillonnage non
aléatoire
Objectif:
Choisir expressément, en vous en remettant à votre propre
jugement, les individus qui seront inclus dans votre échantillon.
Dans les cas où l’échantillonnage aléatoire
n’est pas possible, vous devez alors choisir cette méthode
d’échantillonnage pour étudier comment les principaux
acteurs sont touchés par une intervention. Il se peut aussi que
vous souhaitiez avoir une perspective particulière et recherchez
donc délibérément certaines personnes ou groupes.
Comme pour la méthode 1, du point de vue du suivi-évaluation,
l’échantillonnage est souvent à la base de l’utilisation
des méthodes de collecte des données.
Comment procéder:
Il existe deux principales méthodes d’échantillonnage
non aléatoires: l’échantillonnage raisonné
(échantillon choisi à dessein, par commodité, ou
de manière discrétionnaire) et l’échantillonnage
selon la méthode des quotas.
i. Par échantillonnage raisonné
on entend le choix d’un échantillon sur la base d’une
ou de plusieurs caractéristiques fixées à l’avance.
L’objet en est de recueillir des renseignements sur les membres
de la population ayant ces caractéristiques. Cette méthode
est plus utile pour décrire un phénomène que pour
faire des déductions statistiques sur l’impact de celui-ci
sur la population étudiée.
Par exemple, vous souhaiterez peut-être n’avoir d’entretiens
qu’avec les personnes âgées pour obtenir un point de
vue historique sur les pratiques agricoles dans la zone, et votre échantillon
raisonné visera à établir une liste des personnes
âgées avec qui vous pourrez vous entretenir. Voir l’encadré
D-2 pour avoir les éléments nécessaires à
la sélection des principaux informateurs dans le cadre d’un
échantillon raisonné.
L’échantillonnage par grappes est une
variante de l’échantillonnage raisonné. Un nombre
restreint et facile à gérer de personnes ou d’unités
sont sélectionnées par groupes ou grappes, et non sur une
base individuelle. Par exemple, vous sélectionnerez d’abord
un certain nombre de ménages au hasard. Puis vous ajouterez d’autres
ménages à votre échantillon en incluant les maisons
les plus proches de celles que vous avez choisies, et ainsi de suite jusqu’à
ce que vous obteniez la taille d’échantillon souhaitée.
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Encadré D-2.
Recours aux principaux informateurs dans le cadre de l’échantillonnage
raisonné
Avoir des informateurs clés à interviewer
vous aide lorsque vous tentez d’obtenir des renseignements
approfondis sur un sujet donné (ceux qui ont des compétences,
des connaissances, un rôle ou des intérêts spécifiques)
dans la zone du projet. Par exemple, cela peut vous aider dans les
études de cas (méthode 10) ou les groupes de discussion
(méthode 12).
- Établissez une liste des personnes clés qui pourraient
éventuellement répondre à la question précise
que vous avez à l’esprit en matière de suivi-évaluation.
Il pourra s’agir des personnes suivantes:
- les experts qualifiés actifs dans la zone du projet (médecins,
économistes, spécialistes du crédit, agronomes,
etc.);
- les représentants des services techniques, par exemple
les vulgarisateurs ou les agents de santé;
- es dirigeants locaux, par exemple les chefs traditionnels;
- les personnes bien informées, par exemple les commerçants
ayant une boutique ou travaillant sur les marchés.
-
Sélectionnez ensuite celles de ces personnes qui sont
le plus à même de répondre à la question
posée. Ajoutez d’autres personnes à la liste
si de nouvelles idées apparaissent au cours des interviews.
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ii. L’échantillonnage par la méthode
des quotas est utile pour établir des comparaisons
et pour isoler un aspect particulier que l’on souhaite suivre ou
évaluer. Il s’agit de sélectionner un nombre fixe
et prédéterminé d’unités dotées
d’une caractéristique particulière, de les comparer
ensuite à un nombre égal d’unités similaires
mais ne présentant pas la caractéristique en question. Par
exemple, pour une étude sur les conditions de vie vous souhaiterez
peut-être comparer un groupe cible de villages dotés d’importantes
compétences d’autopromotion à d’autres villages
qui semblent manquer de ces compétences. Voir l’encadré
D-3 ci-dessous.
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Encadré D-3.
Exemple d’échantillonnage par la méthode des
quotas2
Un échantillon était requis pour évaluer
l’impact sur les conditions de vie d’un projet mis en
œuvre au Burkina Faso. Le programme concernait 14 villages
qui ont été divisés en deux groupes en fonction
de la manière dont ils percevaient leurs propres capacités
d’autopromotion:
- Les villages forts du point de vue de l’autopromotion:
autosuffisance alimentaire des ménages, esprit d’initiative
collective, cohésion sociale, accès aux innovations,
organisation locale ou fonctionnelle, etc.
- Les villages faibles du point de vue de l’autopromotion:
absence de mobilisation des ressources humaines et financières,
tendance à privilégier les intérêts
et le travail individuels, manque d’énergie et de
consensus à l’échelle de la communauté,
peu d’ouverture face à l’innova-tion et au
progrès, absence d’activités communautaires,
etc.
Sur la base de ces renseignements, tous les villages ont été
classés et un quota de 4 villages a été retenu:
– les deux villages les plus forts et les deux villages les
plus faibles. |
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Conseils pratiques d’utilisation:
L’échantillonnage non aléatoire est le plus souvent
utilisé pour le suivi ou l’évaluation d’interven-tions
de petite envergure et est donc habituellement plus rapide. Toutefois,
il peut ne pas être véritablement représentatif en
ce qui concerne la gamme des réponses recherchées puisqu’il
comporte un élément prédéterminé, et
est donc potentiellement biaisé quant à la source d’information.
Il en est ainsi parce que cette méthode ne permet pas d’estimer
l’erreur d’échantillonnage. La variante de l’échantillonnage
par grappes peut être moins onéreuse et plus facile à
mettre en œuvre avec une formation minime.
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D.2 Méthodes de base
utilisées dans le suivi-évaluation
Cet ensemble de huit méthodes regroupe les méthodes standard
le plus souvent utilisées pour mesurer les changements. Elles sont
jugées si fondamentales pour un suivi-évaluation efficace
que vous les retrouverez toutes dans le plan opérationnel de collecte
des données que vous élaborerez pour votre projet.
Méthode 3 Analyse des acteurs
Objectif:
L’analyse des acteurs vous aide à déterminer qui
devra être associé à la conception de votre système
de S&E, et de quelle manière, et vous permet de découvrir
quels sont les besoins d’information qui doivent être pris
en compte. Cette analyse peut également servir à constituer
un échantillon approprié pour la collecte des données
(voir les méthodes 1 et 2).
Cette méthode est utile à différents stades du projet:
-
Elle peut vous aider à recenser les acteurs qui devront être
associés à la conception (ou à la reformulation)
d’un projet et de son système de S&E, ainsi qu’à
évaluer leurs intérêts et à déterminer
quels sont les rapports entre ces derniers et le projet ainsi que
son système de suiviévaluation.
-
Vous souhaiterez peut-être l’appliquer à une phase
ou une composante spécifique du projet afin d’analyser
les relations entretenues par les différents acteurs, coopération
et conflits compris, et de déterminer quels sont les facteurs
extérieurs influant sur ces derniers et leurs activités.
Cette analyse peut vous aider à repérer les acteurs
les plus importants pour la tâche/question examinée.
-
Elle peut servir de base et de stratégie en matière
de participation durant tout le projet, permet à chaque acteur
de tirer plus facilement parti de l’expérience des autres.
Comment procéder:
-
Précisez l’objectif principal de l’analyse des
acteurs et fixer les critères d’évaluation. La
méthode décrite dans la présente annexe visant
à utiliser l’analyse des acteurs aux fins du suivi-évaluation,
votre objectif principal pourrait être: “s’assurer
que nous incluons tous les acteurs principaux dans l’élaboration
du système de S&E du projet”. Vous souhaitez peut-être
aussi effectuer une analyse des acteurs pour une tâche spécifique
de S&E, par exemple, la participation au processus de bilan annuel
du projet. Dans ce cas, votre objet serait: “s’assurer
que nous incluons les principaux points de vue dans notre bilan annuel”.
-
Dressez ensuite la liste des critères que vous utiliserez
pour classer ceux qui participeront par ordre de priorité (voir
l’encadré D-4). Les critères
de sélection pourraient être les suivants: “censé
bénéficier du projet”, “joue un rôle
crucial pour assurer le succès”, “doit participer
pour des raisons juridiques”, “a une connaissance particulière
des processus de suivi-évaluation”, etc.
| |
Encadré D-4. Critères
vous permettant d’inviter les différents acteurs à
participer à l’élaboration du système
de suivi-évaluation
-
en raison de leur rôle officiel dans le
cadre du projet
-
parce qu’ils représentent une communauté
donnée ou un sous-groupe important de la population visée
-
parce qu’ils fournissent des compétences
et/ou des renseignements essentiels au processus
-
parce qu’ils financent le processus
-
pour assurer la cohérence des grandes
orientations
-
pour assurer la mise en œuvre des grandes
orientations
-
parce qu’ils ont des droits juridiques
dans la zone du projet
-
parce qu’ils ont le pouvoir et/ou l’argent
-
parce qu’ils ont un rôle fondamental
pour assurer le succès de l’intervention
-
parce qu’ils investissent dans le développement
local
-
parce qu’ils sont les principaux habitants
de la zone du projet
|
|
- Dressez la liste de toutes les personnes et organisations auxquelles
vous pouvez penser et qui pourraient satisfaire aux critères
énumérés. Les groupes d’acteurs à
même d’être associés à un projet bénéficiant
de l’appui du FIDA sont notamment les suivants: les personnalités
et sous-groupes clés des populations visées, les dirigeants
locaux et les responsables des partenaires de mise en œuvre, notamment
des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations communautaires,
les fonctionnaires de divers organismes, y compris de l’administration
locale, les consultants locaux, les entreprises locales et les instituts
d’enseignement et de recherche. Cette liste doit être remise
à jour plusieurs fois, au fur et à mesure de l’élaboration
du système de S&E, pour garantir que les groupes et personnes
jouant un rôle crucial y figurent bien.
Diverses méthodes peuvent être utilisées pour
dresser la liste des différents acteurs concernés, notamment
les “brainstormings” (méthode 11),
les interviews des informateurs clés (voir l’encadré
D-2 et la méthode 9), ou les groupes
de discussion (méthode 12). Vérifiez
la liste par recoupements en demandant à des personnes ressources
d’examiner de manière critique la liste d’acteurs
que vous avez établie à l’origine.
-
Classez maintenant les différents acteurs selon les critères
fixés. Pour ce faire, vous devrez établir un tableau
dans lequel les acteurs seront en abscisse et les critères
en ordonnée. Classez par ordre de priorité les acteurs
qui participeront à l’élaboration du système
de suivi-évaluation.
-
Enfin, décidez quel est le meilleur moyen de faire
participer la population. Vous y parviendrez en demandant aux différentes
personnes/groupes comment ils pensent eux-mêmes participer le
plus efficacement possible. N’oubliez pas que participation
ne signifie pas associer tout le monde à toutes les décisions
à tout moment, mais veut plutôt dire réfléchir
soigneusement à la manière dont on pourra assurer la
représentation des intérêts divers durant les
différentes phases et réunions du processus de suivi-évaluation.
Conseils pratiques d’utilisation:
L’analyse des acteurs est une méthode essentielle pour
décider à bon escient qui doit participer à chaque
étape du processus de S&E. Ce choix doit être fait en
association avec diverses personnes pour diminuer les risques de partialité.
C’est un processus évolutif qui doit être répété
durant toute la durée du projet pour être bien certain de
ne pas oublier de nouveaux partenaires potentiellement importants.
Méthode 4 Analyse documentaire
Objectif:
Comprendre l’évolution historique et les résultats
d’un projet/d’une organisation en se référant
à sa documentation, qu’elle soit présentée
sous forme écrite, électronique, photographique ou vidéo.
Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode peut
fournir des renseignements de référence sur une zone ou
un indicateur donné. Elle peut également vous donner une
bonne perspective historique des activités mises en œuvre
aujourd’hui pour savoir si des changements ont eu lieu ou non, et
pourquoi.
Comment procéder:
-
Définissez clairement les questions auxquelles vous souhaitez
obtenir des réponses et les renseignements (ou type d’information)
qu’il vous faut obtenir à cette fin. Par exemple, “Quels
types d’activités génératrices de revenus
ont été mises en place?”
-
Énumérez toutes les sources possibles d’information
existantes (documentation du projet, registres de l’État,
rapports d’organisations ou archives, études universitaires,
etc.).
-
Classez par ordre de priorité celles qui sont à même
de vous fournir des renseignements utiles le plus rapidement et au
moindre coût. C’est là un point important, en particulier
lorsque la documentation disponible est volumineuse. Dans de tels
cas, n’essayez pas de tout lire – concentrezvous sur les
points principaux.
-
Rassemblez cette documentation et vérifiez en la fiabilité.
Notez les renseignements contradictoires. Analysez-les par rapport
à la question à laquelle vous tentez d’obtenir
une réponse.
-
Recensez les lacunes dans l’information recueillie ou les points
sur lesquels des renseignements contradictoires appellent une clarification.
Sélectionnez une autre méthode de collecte de l’infor-mation,
par exemple les questionnaires (méthode 8)
ou les interviews (méthode 9), pour combler
ces lacunes.
Conseils pratiques d’utilisation:
Cette méthode peut être un bon point de départ pour
le suivi-évaluation et peut même remplacer l’étude
de référence (voir
5.5). Examiner la littérature existante au départ peut
également vous aider à recenser les principales questions
qui doivent être abordées dans une analyse de S&E ultérieure.
Toutefois, vous serez limité par la disponibilité et l’accessibilité
de la documentation, par la manière dont elle est présentée,
par sa source (possibilité de subjectivité, etc.), par la
façon dont elle a été entreposée et par toutes
les questions se rapportant à la qualité qui découlent
de ces restrictions. Cette méthode peut permettre d’évaluer
le système interne de collecte et de stockage de l’information
sur les projets d’une organisation ou d’un ministère.
Méthode 5 Mesures biophysiques
Objectif:
Mesurer l’évolution physique au fil du temps d’un
indicateur donné (par exemple taux de malnutrition infantile, rendement
à l’hectare des cultures) en recourant à toute unité
ou procédure d’usage courant. Du point de vue du suivi-évaluation,
on pourra ainsi obtenir des données fiables, statistiquement vérifiables,
qui constitueront un point de référence important pour mesurer
l’évo-lution et l’impact.
Comment procéder:
-
Soyez d’abord complètement sûr de l’indicateur
ou de l’information dont vous souhaitez assurer le suivi.
-
Décidez du degré de précision souhaité.
Si un degré élevé de précision scientifique
est requis, il vous faudra faire appel aux compétences nécessaires
et trouver une méthode appropriée. Le comptage ou pesage
ou d’autres mesures dépendront des compétences
et du type de matériel disponible (par exemple, cadre en bois,
centimètres, règles, balances).
-
La méthode suggérée et la manière de
l’utiliser seront ensuite adaptées aux conditions, compétences
et ressources locales. L’autre option est de mettre au point,
avec les acteurs à la base, une méthode qui sera un
compromis mutuellement acceptable, puisqu’elle sera davantage
adaptée aux conditions locales mais perdra en précision
scientifique.
-
Les données doivent être enregistrées sous forme
de tableaux ou de schémas, assortis de mots ou de chiffres,
qui pourront alors être utilisés comme éléments
de comparaison au fil du temps.
- Les mesures directes peuvent être un élément
important des diverses méthodes décrites dans la présente
annexe. Par exemple, définir le détail de l’impact
escompté d’un projet à l’aide d’un diagramme
de l’impact (méthode 26), et choisir
ensuite une méthode de mesure plus précise pour assurer
le suivi de l’impact en question.
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Encadré D-5. Exemples
de méthodes spécifiques de mesures directes
Malnutrition infantile: mesure du tour de
bras des enfants de moins de cinq ans, degré du retard de
croissance chez les garçons et les filles de moins de cinq
ans, fréquentation des dispensaires locaux, etc.
Rendement agricole: rendement/production annuels, quantité
de clôtures/terrasses construites, dépenses au titre
des semences ou des
engrais, nombre de têtes de bétail, nombre de forages
creusés, etc.
Gestion des ressources naturelles: kilomètres de
banquettes en courbes de niveaux, présence d’espèces
rares par unité de superficie, taux de
reprise des plants mis en terre, etc.
Crédit: nombre de prêts remboursés,
nombre croissant de groupes d’épargne et de crédit/de
groupes d’auto-assistance, etc.
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Conseils pratiques d’utilisation:
Une méthode de mesure simple vous fournissant de bonnes estimations
peut être préférable à une méthode plus
complexe mais plus précise appliquée de manière incorrecte
et aboutissant à des résultats faux. Comme on l’a
indiqué plus haut, le degré de précision dépend
dans une très grande mesure de la méthode utilisée.
Certaines méthodes sont plus coûteuses que d’autres
et prennent plus de temps. Étant donné que la mesure directe
prend du temps, il est absolument essentiel de savoir très précisément
comment vous allez utiliser l’information recueillie avant de vous
lancer dans un programme de mesure.
Méthode 6 Observation directe
Objectif:
Obtenir des renseignements utiles et dans les meilleurs délais
en observant ce que font les gens, pour vous aider à prendre les
décisions sur la manière d’améliorer les résultats
d’un projet ou d’aboutir à des données et constatations
pouvant servir d’hypothèses pour des études plus approfondies.
Dans une perspective de suivi-évaluation, cette méthode
est cruciale pour compléter les données recueillies, et
peut servir à comprendre le contexte, et donc à expliquer
les résultats.
Comment procéder:
-
Arrêtez un cadre conceptuel précis, ainsi que des consignes
sur ce qui doit être observé et sur les renseignements
requis.
-
Choisissez un observateur ou un groupe d’observateurs appropriés.
- Les membres de la communauté et du personnel du projet qui
vivent et travaillent à temps plein dans la zone du projet (par
exemple, les “informateurs principaux”, voir encadré
D-2). Ces observateurs doivent être formés pour apprendre
à observer.
- Les personnes extérieures à la communauté ayant
la possibilité d’observer la situation d’une manière
structurée au cours de visites de terrain. Notez que les observateurs
extérieurs peuvent avoir besoin de plus de temps pour déterminer
ce qui est important. En revanche, ils remarquent parfois des points
importants que la population locale ne voit plus ou juge banals.
- Collectez et enregistrez les données comme cela a été
décidé. Organisez des occasions où les observations
enregistrées pourront être discutées, non seulement
avec le personnel du projet et les partenaires d’exécution,
mais peut-être aussi avec les bénéficiaires.
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Encadré D-6.
Exemple de l’utilisation de l’observation directe
L’observation directe a été utilisée
pour évaluer un projet d’hydraulique villageoise en
Zambie. Des sessions de formation sur l’hygiène organisées
par le personnel du projet et fréquentées par les
femmes et les enfants des villages ont été observées.
Cette étude a révélé que le personnel
du projet utilisait des termes et un langage trop abstrait pour
cette formation, ce qui la rendait inutile étant donné
que les villageois ne la comprenaient pas. Une fois cette information
recueillie, les séances de formation ont été
modifiées pour être adaptées à la situation
locale. |
|
Conseils pratiques d’utilisation:
On oublie trop souvent une méthode qui est la plus simple de
toutes:
l’observation. Tout le monde observe automatiquement. Mais il est
possible de rendre l’observation plus efficace en la considérant
comme une méthode véritable, et en l’utilisant de
manière structurée. On peut apprendre beaucoup simplement
en regardant ce que font les gens. Des informations utiles et des idées
nouvelles que vous n’auriez pas obtenues autrement peuvent souvent
apparaître ainsi. Si elle est efficace, l’observation directe
peut permettre de comprendre les relations au sein des communautés,
mais également entre une communauté et d’autres entités,
et peut aider à instaurer la confiance et de bons rapports entre
la population locale et le personnel du projet. Cette méthode est
également connue sous le nom d’ “observation des participants”;
c’est une méthode de recherche courante sur les questions
et processus sociaux.
L’observation directe est utile pour valider les renseignements
recueillis durant le suivi puisqu’elle peut être utilisée
pour vérifier les réponses obtenues par d’autres méthodes.
Le risque d’introduire des renseignements biaisés est toujours
présent car il faut tenir compte de la subjectivité de l’observateur,
de la manière dont l’observateur influence l’observé
ou du fait que la situation observée empêche l’observateur
d’être objectif. Ces problèmes ne pourront jamais être
entièrement éliminés. En conséquence, l’observation
directe, en tant que méthode de suiviévaluation, ne doit
être que le complément d’autres méthodes. Demander
à plusieurs personnes d’effectuer des observations similaires
peut aider à confirmer les résultats des observations ou
à en recenser les différences et donc à améliorer
la qualité des données.
Méthode 7 Analyse coûts-avantages3
Objectif:
Fournir un cadre général (ou cadre explicatif des résultats)
pour énumérer tous les avantages et coûts se rapportant
à une décision afin de pouvoir supprimer les activités
trop onéreuses n’ayant que de maigres avantages. Du point
de vue du suivi-évaluation, une utilisation habituelle de cette
méthode est d’évaluer un projet en comparant les coûts
et les avantages effectifs par rapport à ce qui était proposé
au stade de la conception du projet. Parfois, les comparaisons peuvent
être établies avec d’autres projets offrant des biens
et services similaires. Cette méthode est également utilisée
pour évaluer les coûts et les avantages des composantes d’un
projet, par exemple d’activités ou d’indicateurs particuliers.
Comment procéder:
- Recrutez un économiste qualifié ou un expert en analyse
coûts-avantages, car cette méthode fait appel à
diverses formules de calcul des coûts et des avantages, ainsi
qu’à l’actualisation, à l’analyse du
rendement marginal et à l’agrégation des chiffres.
- Dressez la liste de toutes les activités du projet (potentielles
et en cours).
- Calculez tous les coûts possibles du projet pour toute sa durée
(par exemple, travail, utilisation des matières premières,
transport). L’analyse coûts-avantages ne portera que sur
les coûts et avantages que vous préciserez. Donc sachez
clairement si vous souhaitez inclure les coûts et avantages sociaux
et environnementaux. Ces derniers demanderont plus de travail mais l’analyse
n’en sera que plus complète.
- Pour chaque activité du projet, estimez les avantages qui
pourraient continuer à en découler bien au-delà
de la période de mise en œuvre (par exemple 10 ou 30 ans
plus tard). Cette étape est plus difficile à réaliser
que l’étape 3 et nécessitera des recherches, faisant
davantage appel à des formules statistiques particulières.
Option 1. Vous incluez l’agrégation dans votre
analyse coûts-avantages
- Faites la somme des coûts et avantages du projet, en utilisant
la formule d’actualisation, selon le point d’intérêt.
Ce travail est plus facile à réaliser avec un tableur
informatique.
- Calculez les avantages nets annuels en soustrayant des avantages les
coûts pour chaque année.
- Calculez le taux de rentabilité interne (TRI) – le rendement
d’un investissement consistant en coûts (valeurs négatives)
et avantages (valeurs positives) – à intervalles réguliers
(dans le cas présent, chaque année) de la série
d’avantages nets annuels. Si vous utilisez un tableur, le TRI
sera calculé automatiquement.
- Effectuez une analyse de sensibilité en augmentant les coûts
et/ou les avantages d’un certain pourcentage (par exemple de 10%
ou de 20%) et vérifiez quel en est l’effet sur le TRI.
Si ce dernier est supérieur au taux de rentabilité du
marché, même dans les cas où vous augmentez les
coûts et diminuez les avantages, le projet est habituellement
considéré comme étant économiquement sain.
Option 2. Vous n’incluez pas l’agrégation
dans votre analyse coûts-avantages
- Décidez si vous souhaitez estimer les coûts et les avantages
pour chaque activité du projet, afin de pouvoir faire des comparaisons
et de choisir entre diverses formules.
- Calculez le taux marginal de rendement (potentiel) pour chaque option
d’activité, en estimant les coûts et avantages potentiels
associés aux autres options de la même activité.
- Ajoutez les calculs de l’étape précédente
aux caractéristiques sociales, institutionnelles et techniques
de l’option d’activité, afin de pouvoir faire un
choix en toute connaissance de cause.
- Présentez ces conclusions aux principaux acteurs pour analyse
et examen, afin qu’ils vous aident à prendre les décisions.
Conseils pratiques d’utilisation:
Une analyse coûts-avantages peut être effectuée au
stade de la conception d’un projet pour aider à prendre les
décisions sur la teneur globale du projet et ses diverses activités.
Le suivi des divers avantages et coûts peut être effectué
sur une certaine période de temps pour mesurer les changements.
L’analyse coûts-avantages est utile à plusieurs égards
– mais uniquement si elle est effectuée correctement. Elle
fournit un cadre complet permettant de relier les coûts et les avantages
du projet d’une façon systématique. Elle aide les
différents acteurs concernés à réfléchir
aux détails et donne une idée claire des flux financiers
d’un projet.
Toutefois, cette analyse est beaucoup critiquée car elle rend
difficile la comptabilisation de tous les coûts et avantages potentiels
d’une manière juste et équitable. Certains coûts
et avantages sont très difficiles à mesurer, notamment les
coûts sociaux et environnementaux, qui sont intangibles et d’ordre
non financier (c’est-à-dire les coûts d’opportunité).
Par exemple, comment pouvez-vous mesurer de manière adéquate
les effets potentiels à long terme sur la santé et l’environnement
de l’utilisation de variétés de semences génétiquement
modifiées dans un système agricole, ou le prix futur des
tomates sur le marché mondial? Par ailleurs, les points inclus
dans une analyse coûtsavantages étant à la discrétion
de celui qui effectue le calcul, la qualité et le contenu de l’analyse
en seront donc très variables. En outre, dans le cas où
les effets futurs sont inconnus ou dans celui des projets pour lesquels
les avantages se feront sentir à très long terme, l’estimation
des avantages s’avère donc très subjective.
En raison de sa complexité, cette analyse n’est habituellement
effectuée que par les concepteurs du projet et les économistes,
sans faire appel aux autres acteurs concernés par le projet. Elle
peut être rendue plus participative en les associant à l’analyse
des conclusions. Différentes options peuvent être présentées
pour permettre une discussion plus large sur leurs coûts et avantages
potentiels. La participation est de toute évidence plus réelle
dans l’option 1 ci-dessus4.
La complexité mathématique de la méthode demande
qu’une telle analyse soit effectuée par des économistes
qualifiés, et à l’aide de programmes informatiques
adéquats.
Méthode 8 Questionnaires et enquêtes
Objectif:
Obtenir des données auprès d’un grand nombre de
personnes, d’une manière structurée, en se référant
à des questions spécifiques. Les données font souvent
l’objet d’une analyse statistique. Du point de vue du suivi-évaluation,
les questionnaires et les enquêtes constituent l’essentiel
de nombreuses études car ils permettent de collecter des données
axées sur les résultats ou les indicateurs de performance.
Comment procéder:
-
Définissez quel est l’objet des questions et quels renseignements
vous souhaitez obtenir en les posant.
-
Décidez si les renseignements recherchés doivent être
présentés sous forme de questionnaire ou d’enquête.
Les termes questionnaire et enquête sont souvent utilisés
de manière interchangeable mais peuvent se distinguer de la
manière suivante:
- Un questionnaire est un formulaire comportant des questions utilisé
pour recueillir des renseignements auprès des personnes interviewées.
- Une enquête est un terme plus général. Elle peut
consister en un long questionnaire ou en une ou deux questions simples
auxquelles on veut trouver réponse. Elle peut être réalisée
en face à face par des enquêteurs, ou par entretiens téléphoniques
et même par courriers.
Les questionnaires et enquêtes vont du plus simple au plus
complexe. Ils peuvent comporter une série très précise
et structurée de questions fermées (questions auxquelles
on répond par “oui” ou “non”, ou bien
questions à choix multiples) ou peuvent également inclure
des questions ouvertes, notamment dans le cas d’entretiens structurés
(voir méthode 9). Les questions fermées
sont utiles pour recueillir des données qui doivent être
analysées statistiquement. Les questions ouvertes peuvent être
très utiles pour déterminer quels sont les avis ou comportements
de la population.
-
Assurez-vous que les questions soient bien orientées et correctement
formulées (voir le tableau D-1 ci-après).
Si nécessaire, faites appel à des experts pour vous
aider. Les questions peuvent être formulées de manière
à confirmer ou à infirmer une hypothèse (par
exemple, “le niveau d’instruc-tion d’une femme se
répercute-t-il sur la santé de ses enfants?”)
ou pour découvrir quelle est l’ampleur d’un problème
particulier.
-
Décidez à qui devraient être posées les
questions et combien de personnes devront être comprises dans
l’échantillon (voir les méthodes
1 et 2). Décidez également quelle
est la manière la plus adaptée de poser les questions
(un formulaire envoyé par courrier ou déposé
et qui sera rempli de manière indépendante, des entretiens
individuels en face à face, etc.). Si vous optez pour les entretiens
en direct, formez les enquêteurs pour être sûr qu’ils
comprennent bien l’objet de ce travail et qu’ils sauront
poser les questions de manière à limiter les erreurs.
-
Testez au préalable les questions qui seront posées
pour être sûr qu’elles seront appropriées,
suffisamment précises et qu’elles vous permettront d’obtenir
le type de renseignement souhaité.
- Rassemblez et analysez l’information.
Tableau D-1. Exemples de formulation
de questions5
| Questions
fermées
(on ne peut y répondre
que par “oui” ou “non”, ce qui n’apporte
que peu de enseignements utiles). |
Série
de questions ouvertes
(utiliser une série
de questions permet d’obtenir des renseignements plus utiles
et plus précis) |
| Votre production agricole
est-elle suffisante pour satisfaire les besoins de votre famille?
|
Quels aliments de base
produisez-vous?
Avez-vous suffisamment d’aliments pour nourrir
votre famille aujourd’hui/cette semaine?
Durant combien de mois de l’année manquez-vous
de produits alimentaires à la maison?
Comment compensez-vous l’insuffisance de votre
production familiale?
|
| Avez-vous l’habitude
de fréquenter le centre de santé de votre village?
|
Avez-vous des enfants
de moins de cinq ans?
Quelle est la fréquence de la consultation
dans votre village?
Quand êtes-vous venu au centre de santé
pour la dernière fois? Quel était le but de votre
visite?
Avez-vous amené vos enfants de moins de cinq
ans à ce centre de santé et pour quelles raisons?
Si vous ne l’avez pas fait, pourquoi?
Qu’avez-vous pensé de votre visite au
centre? |
| Avez-vous compris et adopté
les recommandations données par le vulgarisateur agricole
de votre zone? |
Avez-vous rencontré
le vulgarisateur agricole?
Qu’est-ce qu’il ou elle vous a expliqué
sur la façon de planter le riz?
Qu’avez-vous pensé de ses explications?
Étaient-elles claires, utiles et pertinentes?
Avez-vous essayé de faire ce qu’il ou
elle a dit? Si oui, qu’en avez-vous pensé? Si non,
pourquoi pas?
Comment envisagez-vous de planter votre riz pour les
prochaines saisons? |
Conseils pratiques d’utilisation:
Les questionnaires et les enquêtes peuvent fournir des réponses
précises aux questions soigneusement posées. La facilité
d’analyse des réponses aux questionnaires et aux enquêtes
variera en fonction du nombre de questions et de la taille de l’échantillon.
Souvent les projets choisissent des échantillons trop importants
et posent trop de questions. De ce fait, l’analyse devient lassante,
prend beaucoup de temps et perd de son utilité si elle n’est
pas faite dans les délais requis pour pouvoir prendre les décisions.
De bonnes compétences sont importantes pour mener à bien
les entretiens; elles peuvent s’acquérir par le biais d’une
formation. Si le style est très structuré et manque de souplesse,
il peut nuire à la franchise des réponses. Attention à
ce que les questionnaires ne soient pas trop longs; répondre à
une longue série de questions est contraignant et ennuyeux pour
la personne qui doit y répondre.
Les questionnaires et les enquêtes peuvent être utilisés
individuellement ou en groupe. Toutefois, les questions posées
à des groupes devront être moins orientées sur des
sujets privés (par exemple, ne pas aborder les techniques de contraception
ou les prêts financiers) mais davantage axées sur les opinions
collectives (par exemple, “quels sont les avantages et les inconvénients
de divers types de puits?”). Les questionnaires et enquêtes
destinés à des groupes donnent de meilleurs résultats
dans les cas où les membres du groupe sont habitués à
travailler ensemble et peuvent se faire confiance, et où ils connaissent
l’enquêteur.
Tableau D-2. Exemple d’une mini-enquête6
| |
A
adopté un système de faible charge des pâturages
|
Est
venu au dispensaire durant l’année écoulée
|
Tous
les enfants sont scolarisés |
| Ménage A1 |
X |
|
X |
| Ménage A2 |
X |
X |
|
| Ménage A3 |
X |
X |
|
| Ménage B1 |
|
X |
|
| Ménage B2 |
|
X |
|
| Ménage B3 |
X |
|
X |
| Ménage B4 |
|
X |
X |
| Ménage C1 |
X |
|
|
| Ménage C2 |
|
|
X |
| Ménage D1 |
X |
|
X |
| Ménage D2 |
|
X |
|
| Ménage D3 |
|
X |
|
Méthode 9 Entretiens semi-structurés
Objectif:
Obtenir des renseignements en face à face, individuellement ou
en petits groupes, en recourant à une série de questions
générales pour guider les conversations mais en laissant
la possibilité d’ajouter d’autres questions qui pourraient
surgir de la discussion. Du point de vue du suivi-évalua-tion,
les entretiens semi-structurés sont importants pour parvenir à
une compréhension approfondie des questions qualitatives en particulier.
La parole étant libre (bien que guidée par une série
de questions) ces entretiens sont utiles pour évaluer, par exemple,
les répercussions qui n’avaient pas été prévues
(positives ou négatives), les opinions concernant la pertinence
et la qualité des réalisations, etc.
Comment procéder:
-
Définissez l’objet de l’enquête et les informations
que vous souhaitez en tirer et élaborez une liste de questions
ouvertes pour l’entretien. Les questions doivent être
formulées de manière à ce que les personnes interrogées
puissent exprimer leurs opinions au cours de la discussion. La présentation
des questions en séquence logique permettra le bon déroulement
de la discussion. Voir le tableau D-1, méthode
8, pour avoir des idées sur la manière de libeller
utilement les questions.
-
Décidez qui devra être interviewé, combien de
personnes doivent être comprises dans l’échan-tillon
et si les entretiens doivent être menés individuellement
ou en groupe.
-
Constituez une équipe et assurez la formation de ses membres
pour que ces derniers comprennent bien l’objet de ce travail
et acquièrent les compétences appropriées (comment
favoriser la discussion, prendre des notes précises et utiles,
etc.). Dans la mesure du possible, il vaut mieux que les entretiens
semi-structurés soient effectués par deux personnes,
dont l’une mènera la discussion et l’autre prendra
des notes détaillées. Vous pouvez enregistrer les entretiens,
mais cela peut être très inhibiteur pour les personnes
interrogées et la transcription ultérieure est très
exigeante en temps.
-
Testez au préalable les questions pour vous assurer qu’elles
sont appropriées et suffisamment précises, et que les
réponses permettent d’effectuer une analyse utile.
-
Si vous effectuez des entretiens de groupe avec plus d’un enquêteur,
il pourrait être utile d’orga-niser à la suite
de l’entretien une brève discussion interne sur la dynamique
de l’entretien, pour évaluer la validité des réponses
et décider si les questions ou leur enchaînement doivent
être revus.
- Analyser les renseignements issus des entretiens. Voir l’encadré
D-7 pour des conseils pratiques sur la manière de structurer
les renseignements issus des questions ouvertes pour faciliter l’analyse.
| |
Encadré D-7. Entretiens
semi-structurés (ou d’autres méthodes)7
- Comment synthétiser et analyser les renseignements issus
des questions ouvertes
- Faites un bref résumé de ce que dit chaque personne.
- Examinez les réponses. Lorsque vous en avez examiné
à peu près 25%, notez les points les plus fréquemment
mentionnés. Lisez ensuite toutes les réponses et
enregistrez combien de personnes ont parlé de chacun de
ces points principaux. Ou bien, par exemple, répartissez
les réponses entre les “pour” et les “contre”
ou répartissez-les de manière à montrer les
divers degrés d’enthousiasme sur un sujet.
- Relevez toute citation importante pour souligner certains points.
- Demandez à quelqu’un d’autre de regarder
également les réponses pour éviter que votre
subjectivité ne prenne le dessus lors de l’inter-prétation
des réponses.
- Numérotez chaque personne ayant répondu.
- En suivant la liste des points que vous avez dressée
à l’étape b) ci-dessus, numérotez les
points principaux. Grâce à ce système de codage,
classez par ordre de priorité, résumez puis analysez
les renseignements.
|
|
Conseils pratiques d’utilisation:
Les entretiens semi-structurés peuvent aisément être
utilisés parallèlement à une autre méthode.
Par exemple, vous pouvez suivre un transect (voir méthode
18) en compagnie de producteurs avec lesquels vous effectuez un entretien
semi-structuré. L’entretien semi-structuré peut être
une façon plus détendue d’obtenir des renseignements
que par questionnaires. De plus des sujets non prévus peuvent surgir
et s’avérer très intéressants. Toutefois, ces
renseignements peuvent ne pas être suffisamment précis pour
permettre une analyse statistique.
Outre que cela demande du temps, il est également plus difficile
de faire une synthèse des renseignements issus des questions ouvertes
pour en tirer des résultats précis. Il peut aussi être
difficile de bien garder le cap durant l’entretien, ce qui rend
difficile la comparaison entre différents entretiens. Une bonne
prise de notes est particulièrement importante pour rendre l’interprétation
possible.
Investissez du temps et de l’argent dans la formation de ceux
qui conduiront les entretiens semistructurés. La formation devra
porter sur la préparation de l’équipe, le contexte
de l’entretien, le fait de savoir écouter, de savoir poser
les questions, de savoir apprécier les réponses, de prendre
des notes et d’effectuer un examen autocritique8.
Les équipes en charge des entretiens de groupe doivent être
attentives à certains détails, par exemple il faut utiliser
un langage simple et évitez le jargon ou les expressions techniques
pour être certain que tous les membres du groupe comprennent bien
les questions. Il faut se renseigner à l’avance sur ce qui
pourrait être politiquement ou culturellement sensible car ce type
de sujets peut susciter de vives émotions et entraîner des
conflits au sein du groupe.
Méthode 10 Études de cas
Objectif:
Documenter la durée de vie ou la séquence des événements
concernant une personne, un lieu, un ménage ou une organisation
au fil du temps afin de mieux comprendre l’impact d’un projet
– par exemple, comment la population fait face au changement et
pourquoi ce changement se déroule d’une manière spécifique
– et pour se renseigner sur l’expérience de la population,
ses rêves et les obstacles pouvant empêcher la planification
future. Du point de vue du suivi-évaluation, les études
de cas ajoutent un élément humain à des données
qui resteraient sans cela très impersonnelles et permettent une
compréhension en profondeur du contexte et des facteurs humains
associés aux données générales ou résumées
qui peuvent être recueillies par d’autres moyens.
Comment procéder:
-
Définissez l’objet de l’étude
de cas et précisez les renseignements recherchés.
-
Décidez comment vous allez sélectionner les
personnes, les ménages ou les organisations que vous allez
étudier. D’autres méthodes peuvent vous aider
à cet égard, par exemple la cartographie sociale (voir
la méthode 31 ci-après) pour sélectionner
de manière appropriée les ménages à étudier.
-
Décidez comment vous allez obtenir l’information.
Si vous réalisez une étude de cas sur les ménages,
vous souhaiterez sans doute interviewer plusieurs de leurs membres
et analyser leurs réponses, dont vous soulignerez les similitudes
et les divergences. Si vous faites une étude de cas sur une
organisation, pensez aux personnes qu’il vous faudra interviewer
pour obtenir les informations que vous recherchez. Si vous faites
une étude de cas sur un lieu, il vous faudra alors non seulement
interviewer des personnes mais également rassembler des données
biophysiques.
-
Élaborez la liste de questions qui vous guidera dans
la collecte de l’information. Les études de cas supposent
un compte rendu écrit (ou filmé, voir la méthode
20 ci-dessous) des observations et des réponses à
vos questions. Il faut veiller à choisir un bon enquêteur,
qu’il s’agisse d’une personne appartenant ou non
à la communauté. Dans le cas où le processus
serait davantage participatif, l’étude sera menée
par des personnes (un groupe) qui s’interrogeront les unes les
autres. Il sera peutêtre alors nécessaire de réaliser
des entretiens avec un groupe témoin qui servira de comparaison.
- Répétez suffisamment régulièrement
les entretiens pour pouvoir suivre l’évolution de la situation.
La fréquence dépendra du rythme d’évolution
des thèmes qui vous intéressent. Les aspects qui évoluent
rapidement devront être suivis plus fréquemment que ceux
à évolution lente.
Conseils pratiques d’utilisation:
Le point fort de cette méthode est la quantité de détails
que vous pouvez obtenir sur un sujet donné. La nécessité
de réaliser une étude de cas spécifique peut découler
d’une enquête générale que vous avez effectuée
et au cours de laquelle vous vous êtes aperçu qu’une
question particulière devait être davantage approfondie.
Les études de cas peuvent ouvrir des perspectives intéressantes
qu’il ne vous sera possible d’obtenir qu’en étudiant
de près la situation globale (ou les antécédents)
d’une personne, d’un ménage, etc.
Les études de cas peuvent éclairer l’arrière-plan
et le contexte humain des données obtenues par d’autres méthodes.
Une analyse transversale de l’étude de cas peut être
très utile, particulièrement si elle concerne les questions
plus larges de politique générale revêtant un intérêt
majeur. Une étude de cas est particulièrement utile dans
les situations complexes où de nombreuses variables entrent en
jeu et où les résultats et l’impact risquent de varier
d’une population à l’autre.
Toutefois, les études de cas ne sont généralement
pas considérées comme représentatives. Pour cette
raison, il est bon de les associer à des méthodes reposant
sur des échantillons plus larges, par exemple les enquêtes
ou questionnaires.
Une variante de cette méthode est d’utiliser les contes
traditionnels. Ce moyen permet de comprendre comment la population fait
face aux problèmes ou aux crises. C’est souvent un aspect
important de la vie du village qui permet de communiquer des idées
et des valeurs communautaires. Toutefois, comme un conte est souvent une
métaphore et que la parole y est libre, cette méthode doit
être bien réfléchie pour qu’elles puissent donner
des informations utiles. Comme pour les autres méthodes, l’information
doit être soigneusement enregistrée.
L’encadré D-8 présente un exemple,
extrait d’un manuel d’études de cas concernant les
bénéficiaires d’un projet au Ghana. Accompagnées
de photographies en couleur, ces études de cas ont permis d’enrichir
un rapport d’évaluation intermédiaire par des éléments
humains intéressants.
| |
Encadré D-8. Exemple
d’une brève étude de cas utilisée pour
établir le profil des bénéficiaires du projet
d’appui aux entre-prises rurales au Ghana dans le cadre de
l’évaluation intérimaire du projet (2000)
Profil de Hilda Ayensu – Une femme
qui a bénéficié de l’appui du projet
et a pu créer une deuxième entreprise
Hilda est née en 1966 dans la région
de la Volta au Ghana. Elle était la septième de huit
enfants. Son père était fonctionnaire de la police
ghanéenne, ce qui signifie qu’ils ont déménagé
plusieurs fois, Hilda ayant ainsi pu apprendre plusieurs langues
locales.
Lorsqu’elle s’est mariée, son
mari l’a encouragé à suivre un cours de formation
professionnelle, et elle a décidé d’étudier
la couture. Après trois ans d’étude, elle a
créé un atelier, sa sœur aînée lui
ayant donné le capital initial pour lancer son entreprise.
Elle a déjà formé cinq apprentis.
Entre avril et août, cependant, la couture
n’est pas une entreprise profitable et Hilda a trouvé
difficile de subvenir aux besoins de sa famille. Elle a décidé
de participer au projet d’entreprise rurale qui proposait
des cours d’une semaine sur la fabrication du savon et de
la pommade. Avec l’aide financière de son mari, ainsi
que ses propres économies, elle a démarré une
entreprise de fabrication de savon.
Hilda enregistre une marge bénéficiaire
de 200 000 GHC (1 USD = 7 100 GHC en septembre 2001) par semaine
et, avec son bénéfice, a pu construire un grand hangar
où elle fabrique le savon. Son mari, un négociant
qui vend des produits alimentaires et des articles ménagers,
a décidé d’arrêter son activité
commerciale et de se concentrer sur la production de savon. Hilda
est convaincue que le projet devrait organiser un stage d’approfondissement
de leur formation pour améliorer leurs compétences,
au lieu de former de nouveaux membres qui ne feront que saturer
le marché.
|
|
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D.3 Méthodes et outils
d’animation de groupe
Une bonne partie du travail de suivi-évaluation, en particulier
dans le cadre des projets mis en œuvre sur un mode participatif,
peut être réalisée par le biais d’animation
de groupe. Six méthodes fondamentales servant à stimuler
la discussion au sein de ces groupes sont présentées ci-après,
mais il en existe beaucoup d’autres. Par exemple, bon nombre des
méthodes décrites dans les chapitres D.4
à D.7 donnent également d’excellents
résultats avec des groupes.
N’oubliez pas les techniques d’animation évidentes.
L’une des façons les plus courantes de stimuler la discussion
et de structurer les idées est d’utiliser des cartes. Vous
pouvez utiliser les cartes au cours d’un “brainstorming”
(voir la méthode 11) ou dans un groupe de discussion
(méthode 12), ou lorsque vous appliquez une
autre méthode, par exemple l’analyse FFPM (méthode
14). Une fois la question ou le sujet clairement défini, demandez
aux participants, individuellement ou en petits groupes de trois ou quatre
personnes, d’écrire chaque idée ou information sur
une carte (“une idée par carte”). Les cartes sont ensuite
épinglées au tableau ou étalées sur le sol.
La première étape est de supprimer les doubles. Le groupe
devra ensuite associer les cartes restantes par thème principal.
La discussion pourra alors démarrer par ensemble thématique.
Méthode 11 “Brainstorming”
Objectif:
Faire émerger rapidement des idées d’un groupe sans
aborder un débat détaillé. Un tel exercice permet
de réfléchir de manière critique et créative,
et de ne pas se contenter de produire une liste d’options, de réponses
ou d’intérêts. Du point de vue du suivi-évaluation,
cette méthode est souvent une première étape dans
une animation et sera suivie par l’application d’autres méthodes.
Par exemple, l’exercice de réflexion est utile au début
d’un travail de notation sous forme de matrice (voir la méthode
32), de la réalisation d’un diagramme de l’impact
(méthode 26) ou d’une analyse des acteurs
(méthode 3).
Comment procéder:
-
Demandez d’abord au groupe de réfléchir et de
trouver autant d’idées que possible sur le sujet traité.
Vous pouvez pour cela leur accorder plusieurs minutes.
-
Demandez à chaque membre du groupe d’énoncer
brièvement son idée. Les idées peuvent être
représentées au moyen d’arbres conceptuels (méthode
25) ou par la technique du groupe nominal (méthode
13) en utilisant des symboles ou des mots. À ce stade,
toutes les idées doivent être traitées sur un
pied d’égalité. Ne laissez pas les participants
entamer un débat.
-
Lorsque toutes les idées ont été notées
sur un support visible pour tous (par exemple sur un tableau de papier
ou sur un tableau noir), on peut alors commencer l’analyse.
-
Tous les points, sujets et questions qui ont été soulevés
peuvent ensuite être regroupés, triés et classés
par ordre de priorité.
Conseils pratiques d’utilisation:
Notez bien que cette méthode ne peut, à elle seule, suffire
pour collecter ou analyser des données.
Cette méthode peut donner des résultats avec les groupes
restreints ou importants et peut ne prendre que cinq minutes selon le
sujet, les détails nécessaires et le nombre de personnes.
Un “brainstorming” ne doit pas prendre trop de temps, car
son objectif est de lancer des idées qui pourront être discutées
ultérieurement de manière approfondie.
Les participants trouvent généralement très difficile
de ne pas formuler d’observation ou d’appré-ciation
sur les idées issues d’un “brainstorming”. Établissez
dès le départ pour règle que tous les jugements énoncés
au cours de la séance ne pourront être discutés que
plus tard. Comme toujours lorsque vous utiliserez les méthodes
d’animation de groupes, certains participants seront dominants par
rapports aux autres. Pour éviter ce problème, vous pouvez
distribuer des cartes à tous les participants pour qu’ils
y inscrivent leurs idées ou leur demander de se réunir en
petits sous-groupes (voir également la technique du groupe nominal,
méthode 13).
Méthode 12 Groupe de discussion
Objectif:
Utiliser la discussion en groupe pour recueillir des renseignements
de nature générale, préciser des détails ou
recueillir les opinions sur un point précis auprès d’un
petit groupe de personnes sélectionnées représentant
différents points de vue. Cette méthode peut également
servir à dégager un consensus. Aux fins du suivi-évaluation,
les groupes de discussion sont utiles pour évaluer les opinions
sur le changement, la qualité des services des projets ou des prestataires
et pour recenser les domaines dans lesquels une amélioration a
été notée.
Comment procéder:
-
Choisissez les participants (dans l’idéal, de quatre
à huit personnes). En fonction de l’objectif que vous
avez défini, vous pouvez travailler avec un groupe homogène
ou avec un groupe hétérogène. Il vous est également
possible de recourir à plusieurs groupes de discussion, dont
chacun sera assez homogène, mais qui seront très différents
les uns des autres. Vous obtiendrez ainsi des comparaisons intéressantes.
-
Posez au groupe une question d’ordre assez général
(par exemple, “Quel impact pensez-vous qu’une intervention
particulière a eu sur l’utilisation durable des sols?”).
-
Discutez de cette question durant la période de temps que
vous vous êtes fixée à l’avance, soit une
ou deux heures au maximum. Le facilitateur n’interviendra que
très peu, uniquement pour s’assurer que toutes les personnes
qui veulent s’exprimer peuvent le faire. Il vous sera peut-être
nécessaire de répéter de temps en temps la question
en utilisant des mots différents ou de vérifier que
tout soit bien clair.
-
Prenez des notes détaillées du débat. Il est
plus facile d’animer un groupe de discussion à deux –
l’un pour animer la discussion et l’autre pour prendre
les notes. Vous pouvez également enregistrer la discussion
mais vous vous heurterez alors au problème habituel de transcription,
qui prend du temps et a un effet inhibiteur sur le groupe.
-
Un moyen de vous assurer que l’information recueillie est fiable
est de continuer à organiser des séances de groupe différentes
jusqu’à ce que les données recueillies deviennent
répétitives.
Conseils pratiques d’utilisation:
Si l’animation du groupe est bonne, cette méthode peut
permettre d’obtenir des informations détaillées. Elle
favorise en général la richesse des réponses et vous
offre également une précieuse occasion d’observer
les discussions et de mieux comprendre les comportements, les attitudes,
le langage et les sentiments.
Toutefois, animer un groupe de discussion demande un savoir-faire considérable
– à la fois pour animer le groupe et pour produire un compte
rendu fidèle des réponses. La dynamique de groupe, notamment
l’impact qu’auront les timides, les dominateurs, les perturbateurs,
etc. peut faire obstacle au bon déroulement de la discussion.
Cette méthode peut être utilisée pour dégager
un consensus. Toutefois, un petit groupe ne peut être représentatif
de toutes les opinions, par exemple d’une organisation ou d’une
communauté. Par ailleurs, si le groupe n’est pas assez homogène,
les désaccords peuvent être très importants. Réfléchissez
donc bien à sa composition.
Cette méthode peut vous fournir des informations bien ciblées
plus rapidement et généralement à moindre coût
qu’en faisant appel à une série d’informateurs
clés ou d’enquêtes sociales plus structurées.
Méthode 13 Technique du groupe nominal
(classement simple)
Objectif:
Trouver des idées et permettre à un groupe de se mettre
d’accord en élaborant une liste de problèmes, questions
ou actions classés par ordre de priorité. Une variante de
cette méthode est d’encourager les participants à
proposer des solutions possibles à un problème donné.
Du point de vue du suivi-évaluation, tout comme il en va du “brainstorming”
(méthode 11), il s’agit d’une méthode
que l’on associe à d’autres. Elle peut vous aider par
exemple à établir une liste de questions ou d’indicateurs
de performance prioritaires, à classer les divers acteurs par ordre
de priorité dans le cadre d’une analyse des acteurs (méthode
3) et à assurer le suivi sous forme de diagramme de l’impact
(méthode 26) pour hiérarchiser les différents
effets.
Comment procéder:
-
Établissez une liste des problèmes, questions ou actions
qui doivent être hiérarchisés. Énoncezles
aussi clairement que possible pour éviter toute confusion.
-
Chaque participant classe, de manière indépendante,
les divers énoncés sur une série de cartes en
fonction de ses priorités. Le numéro le plus élevé
(s’il y a six énoncés, le numéro le plus
élevé sera six) sera donné à l’énoncé
classé en premier, le numéro suivant étant assigné
à la priorité suivante et ainsi de suite jusqu’à
la fin de la liste.
-
Les cartes sur lesquelles figurent les classements sont ensuite ramassées
et le pointage est fait sur la feuille de référence.
-
Le score total obtenu pour chaque énoncé permettra
d’effectuer le classement par ordre d’impor-tance.
Variantes
V1. Chaque membre du groupe écrit ses idées
sous forme d’un mot ou d’une phrase, puis les soumet, les
un(e)s après les autres, au groupe.
V2. Un symbole ou une lettre est apposé devant
chaque idée pour faciliter le classement. Tentez de décourager
la discussion jusqu’à ce stade pour que les membres les plus
timides puissent également contribuer.
V3. Lorsque toutes les idées sont affichées
au tableau noir ou sur le tableau de papier, discutez-les et classez-les
en suivant les étapes 1 à 4 ci-dessus.
Conseils pratiques d’utilisation:
Cette méthode peut être utilisée avec des groupes
restreints ou plus importants et peut prendre de quinze minutes à
une heure, en fonction de la taille du groupe et du temps nécessaire
au départ pour se mettre d’accord sur les énoncés.
Le résultat final est un ensemble d’avis indépendants
énoncés de manière individuelle, sans pression, ce
qui permet au groupe d’émettre une opinion collective sans
être soumis à la pression sociale.
Les groupes “nominaux” rassemblent des participants d’une
manière qui peut les aider à trouver des idées plus
efficacement et avec plus de créativité que lorsque l’interaction
a lieu pour discuter, procéder à un “brainstorming”
ou échanger des renseignements.
Méthode 14 Analyse FFPM9
(forces, faiblesses, possibilités et menaces)
Objectif:
Recenser les points forts, les points faibles, les possibilités
et les menaces concernant un projet ou un groupe, et voir comment ces
différents éléments évoluent au fil du temps.
Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode est utile
pour effectuer une évaluation qualitative, par exemple, des services
fournis par le projet, des liens existant entre les bénéficiaires
et les partenaires de mise en œuvre, les groupes locaux et l’équipe
en charge du projet.
Comment procéder:
- En se référant à l’encadré
D-9, le groupe définit, discute et note autant de facteurs
que possible sous chaque rubrique. Précisez bien que les points
forts et les points faibles se rapportent aux aspects internes du groupe,
de la zone du projet ou de l’activité. Les possibilités
et les menaces peuvent être considérées comme les
facteurs internes ou externes qui ont une influence.
| |
Encadré D-9. Quelles
sont les forces, les faiblesses, les possibilités et les
menaces?
Forces: Les choses qui fonctionnent bien
dans un projet ou une situation. Les aspects dont les participants
sont fiers de parler.
Faiblesses: Ce qui n’a
pas marché si bien que ça
Possibilités: Les idées
sur la manière de surmonter les points faibles et de tirer
parti des points forts.
Menaces: Les choses qui limitent ou mettent en danger
les diverses possibilités d’évolution |
|
-
Il est également possible que divers sous-groupes, par exemple
durant un atelier ou au sein d’une communauté, entreprennent
une analyse FFPM par eux-mêmes. La comparaison des différentes
matrices FFPM peut entraîner une bonne discussion sur les différences
et les similitudes entre les expériences.
-
Sur la base de ce schéma général, discutez les
mesures qu’il convient de prendre (voir encadré
D-10).
Encadré D-10. Matrice FFPM de l'analyse
d'un projet de reboisement des zones de mangrove et les mesures à
prendre10
| Forces
- Nous avons un groupe de jeunes qui souhaitent s'impliquer dans
le reboisement.
- Rico a beaucoup de chutes de coupe de bambou qui peuvent être
utilisées comme tuteurs.
|
Faiblesses
- Nous ne savons pas comment faire les transplatations d'arbres.
- Nous n'avons par d'argent pour le projet.
- La plupart des membres de la communauté s'intéressent
davantage à leurs propres activités
|
| Possibilités
- Nous n'avons pas besuoin d'acheter les propagules parce que
nous pouvons les ramasser gratuitement.
- L'étang de pisciculture abandonné pourrait être
utilisé pour le projet.
- Le nouveau maire est faborable aux projets environnementaux.
- À l'université, il y a des spécialistes
qui s'y connaissent en reboisement des mangroves.
- Une ONG fournit une aide au renforcement des moyens de subsistance
dans la zone.
|
Menaces
- Les opérateurs des étangs de pisciculture veulent
défricher plus de mangrove.
- Certains membres de la communauté coupent les mangroves
pour le bois de feu.
|
| Mesures à prendre
- Contacter l'université pour demander une assistance en
matière de formation et d'éducation environnementales.
- Discuter le problème posé par le propriétaire
de l'étang de pisciculture avec le maire.
- Organiser une réunion avec le groupe de jeunes et d'autres
membres de la communauté.
- Concevoir un programme de mesures d'incitation pour ceux qui
planteront et assureont l'entretien de la plantation.
- Contacter les ONG pour obtenir une aide éventuelle sous
forme de programme de soutien aux moyens de subsistance.
Conseils pratiques d’utilisation:
La matrice FFPM est une méthode adaptable et flexible, qui permet
d’enregistrer les divers points de vue et qui oriente les participants
vers une action conjointe.
Cette méthode est utile pour susciter la contribution de nombreuses
personnes, les aider à réfléchir aux solutions et
aux difficultés éventuelles, par exemple dans le cadre d’un
processus de planification stratégique. Elle permet de passer en
revue les erreurs ou les points faibles du passé et de les transformer
en processus de réflexion constructif. Elle peut aider à
appréhender plus facilement des problèmes complexes pour
les résoudre le plus rapidement possible. C’est un point
de départ utile pour une auto-évaluation collective.
Une analyse FFPM peut être effectuée en groupe restreint
ou dans le cadre d’un atelier; elle peut aussi servir à faire
la synthèse d’autres informations.
Méthode 15 Visualisation des aspirations
Objectif:
Avoir une discussion bien ciblée sur les aspirations ou l’idéal
commun des participants concernant l’avenir d’un projet ou
d’une autre activité. Du point de vue du suivi-évaluation,
c’est une bonne méthode pour définir des indicateurs,
comprendre si les acteurs à la base jugent que leurs conditions
de vie s’améliorent ou non, et aider les différents
acteurs concernés à réfléchir à la
pertinence des activités d’un projet en se fondant sur leur
manière de concevoir le développement.
Comment procéder:
- Commencez par demander aux participants de décrire comment
ils aimeraient voir les choses à l’avenir. Les réunions
peuvent être organisées au niveau individuel ou au niveau
des ménages, des groupes d’intérêt, de la
communauté ou des organisations. Il faudra préciser à
l’avance à quelle échéance on situe l’avenir
qui sera discuté, mais une période de deux à cinq
ans est assez longue pour que les aspirations ne portent pas seulement
sur la survie immédiate, et cependant assez courte pour rester
réaliste.
Sur le plan pratique, cette méthode comporte deux étapes
fondamentales: 1) une réflexion personnelle (15 minutes); et
2) le partage en sous-groupes et/ou directement en séance plénière
jusqu’à ce qu’un consensus sur un avenir commun
se dégage des réflexions individuelles (durant une période
pouvant aller jusqu’à 90 minutes, si des sous-groupes
se sont réunis préalablement). Il y a généralement
une question qui guide efficacement à la fois les personnes
et les groupes, par exemple:
“Quelles sont les caractéristiques de la situation
idéale que nous aimerions voir ici dans 20 ans?”
Vous pouvez aussi demander aux participants de compléter
la phrase ci-après:
“Je sais que ma vision de cette situation s’est
réalisée quand je vois ...”
Il est également possible de lancer une discussion en demandant
aux participants d’imaginer qu’ils présentent un
exposé à une conférence ou à leur communauté,
à un moment donné de l’avenir (par exemple, dans
deux ans), en décrivant pourquoi leur projet a donné
des résultats satisfaisants. Que citeraient-ils à l’avenir
au nombre des acquis? Demandez-leur d’abord d’énumérer
les acteurs qui devraient donner leurs avis à une telle réunion.
Divisezles en petits groupes, dont chacun représentera un acteur
différent de la zone où le projet a été
mis en œuvre, par exemple le service de l’État,
les usagers des ressources locales, les enfants du village et le bailleur
de fonds. Cela permettra de dégager une vision plus globale
de l’avenir que s’ils ne réfléchissent qu’en
se plaçant du point de vue des membres du personnel du projet
ou des prestataires de services.
Figure D-1. Les progrès d’une
femme vers la réalisation de son avenir idéal, Inde11

-
Les aspirations peuvent être couchées sur le papier
ou représentées sous forme de symboles. Au cours de
la discussion, elles pourront être précisées,
en situant leur réalisation dans le temps.
-
Une fois clairement exposées et discutées, les aspirations
peuvent devenir des indicateurs de suivi, au fur et à mesure
qu’elles se réalisent, changent ou deviennent de plus
en plus difficile à réaliser.
-
La discussion est répétée à intervalles
de six à douze mois, ou aussi souvent que les participants
pensent que des changements risquent de se produire. La progression
ou la régression dans l’évolu-tion des indicateurs/aspirations
doit être correctement enregistrée sous forme de symboles
ou de mots au cours de ces discussions (par exemple, voir la figure
D-1 ci-dessus). Les discussions peuvent également porter
sur une comparaison entre les aspirations actuelles et celles qui
ont été présentées lors d’une séance
antérieure. Il est également essentiel de discuter pourquoi
ces changements ont eu lieu, et dans quelle mesure ils ont été
causés par les activités du projet ou d’autres
facteurs externes.
Conseils pratiques d’utilisation:
Cette méthode aide les participants à réfléchir
sur le long terme, au-delà de l’immédiateté
de leurs problèmes quotidiens. Elle est un bon point de départ
pour la planification puisqu’elle s’appuie sur les aspirations
des participants. Travailler à partir d’une vision globale
aide les participants à entrevoir d’autres moyens de surmonter
leurs problèmes. En effet, en ne parlant que de résolution
des problèmes, on limite souvent la réflexion des participants,
qui ne cherchent alors pas au-delà des méthodes habituelles
de résolution d’un problème immédiat, et ne
tentent pas d’imaginer des moyens nouveaux pour que l’avenir
souhaité se réalise.
Cette méthode demande de bons facilitateurs pour trouver les points
de convergence entre les diverses aspirations que peuvent avoir des personnes/groupes
différents.
Notez que plus le cadre temporel que vous choisirez pour cet exercice
de visualisation sera long, plus ce dernier relèvera du rêve
ou ne produira qu’une liste de vœux. Si une échéance
de cinq ans est fixée pour l’exercice, la vision qui en ressortira
se rapprochera probablement davantage d’un résultat réalisable.
Il convient de trouver le juste milieu – il est important d’avoir
une vision à long terme tout en restant assez réaliste.
Méthode 16 Jeux de rôles
Objectif:
Encourager les groupes à jouer des scènes de leur vie
pour comprendre leurs points de vue, leurs problèmes et leurs questions
sur une intervention du projet, dont on pourra ensuite discuter. La dramatisation
aide également un groupe à définir les indicateurs
qui lui seraient utiles pour assurer le suivi-évaluation et à
repérer les changements découlant d’une intervention
du projet.
Comment procéder:
-
Choisissez le thème central, qu’il s’agisse d’un
indicateur de suivi-évaluation, d’une question ou d’un
scénario qui devra être joué.
-
Décidez quelles sont les personnes qui vont travailler ensemble.
Si vous souhaitez comparer différents points de vue, discutez
alors avec le groupe du meilleur moyen de constituer des sousgroupes
pour y parvenir. Par exemple, les femmes âgées, les femmes
jeunes, les hommes âgés, les filles et les garçons
pourraient présenter chacun leurs points de vue sur les changements
au sein de la communauté résultant de la réhabilitation
de l’école du village.
-
Les participants préparent leur saynète, dans laquelle
ils présentent leurs opinions et leurs réflexions sur
le thème choisi.
-
Les animateurs peuvent enregistrer les saynètes en prenant
des notes, des photos et/ou en les enregistrant sur vidéo.
-
Le groupe discute alors des points qui ont été présentés
dans la saynète et des conclusions peuvent en être tirées.
Conseils pratiques d’utilisation:
Parfois, des renseignements peuvent être tirés de la mise
en scène ou des jeux de rôles sur un mode caustique ou satirique,
révélant des aspects qui n’apparaîtraient pas
en utilisant des méthodes plus formalistes. Cette méthode
est un moyen intéressant pour assurer le suivi de l’interaction
entre les groupes et de leur perception des problèmes principaux.
Elle peut également servir à assurer un suivi très
qualitatif des changements concernant l’utilisation des ressources
naturelles, par exemple, en demandant aux participants d’aborder
l’utilisation des ressources, la qualité et la facilité
d’accès, dans la scène qu’ils se préparent
à jouer. La mise en scène peut être un outil utile
pour commencer à repérer les changements dont il sera probablement
très important d’assurer le suivi par d’autres méthodes.
Dans certaines cultures, la théâtralisation comme forme
de communication est tout à fait courante, mais dans d’autres
elle mettra mal à l’aise. Voyez si cette méthode est
culturellement adaptée. Par ailleurs, c’est une méthode
essentiellement qualitative qui ne saurait convenir pour satisfaire des
besoins en information précises.
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D.4 Méthodes et outils
de suivi des données spatiales
Les méthodes décrites dans la présente section
concernent l’information relative à toute question supposant
une certaine répartition géographique. Il pourrait s’agir
de questions se rapportant au foncier et à l’utilisation
des sols mais également à la santé, à l’éducation
ou aux problèmes économiques. Les cartes présentent
une zone géographique et peuvent donc aider à situer des
indicateurs biophysiques, économiques et sociaux répartis
dans l’espace. Elles peuvent être utilisées à
tous les niveaux – une exploitation agricole, les familles d’une
communauté ou une région tout entière. Les cartes
peuvent être dessinées avec les matériaux les plus
rudimentaires, par exemple dans le sable avec un bâtonnet, ou avec
les images les plus précises issues de la technologie de pointe
(système mondial de localisation (GPS), voir l’encadré
D-11). Les cartes peuvent représenter les perceptions, reposer
sur la mémoire ou être produites à l’aide de
caméras ou de logiciels informatiques tels que les systèmes
d’information géographique (SIG). Les photographies aériennes
et les cartes officielles existantes peuvent également être
utilisées si elles existent à l’échelle souhaitée.
| |
Encadré D-11. Systèmes
mondiaux de localisation
Un système mondial de localisation (GPS) est
désormais de plus en plus abordable et n’est pas difficile
à utiliser pour produire des cartes très précises.
Les GPS sont des appareils à commande manuelle qui utilisent
les signaux d’un réseau de satellites pour calculer
automatiquement des coordonnées géographiques précises.
Le récepteur note sa position par rapport aux satellites,
et donne donc une mesure très précise des coordonnées
géographiques exactes. Les chercheurs mais aussi les acteurs
à la base peuvent les uns et les autres utiliser les récepteurs
GPS pour déterminer ces coordonnées. Il est possible
à quiconque de produire des cartes simples en utilisant le
GPS, mais pour produire des cartes extrêmement détaillées
telles que celles au format SIG (méthode
19), une formation et du matériel informatique relativement
sophistiqué sont nécessaires. |
|
Méthode 17 Cartographie (croquis)
Objectif:
Fournir une représentation visuelle de l’information dans
un contexte géographique donné à partir des points
de vue des différents acteurs sur une question ou un indicateur
ciblé dont on assure le suivi-évaluation:
- physique, par exemple les ressources disponibles et leur
utilisation, les principales problématiques, les innovations
(proposées), la localisation des sols dégradés
et de ceux qui s’améliorent, ou un thème spécifique,
par exemple des essais sur le maïs;
- sociale, l’utilisation des ressources naturelles en
fonction du régime de propriété ou du sexe, etc.
Comment procéder:
- Demandez à la personne ou au groupe de dessiner les frontières
de l’unité géographique dont on parle. Les participants
peuvent décider comment ils souhaitent le faire – sur le
papier, en écrivant, ou en utilisant des matériaux locaux,
notamment des bâtonnets, des pierres ou des graines. N’oubliez
pas que, quel que soit le matériau choisi, vous devrez toujours
garder une copie sur papier pour vous permettre de procéder à
une analyse comparative.
Si cela peut enrichir la discussion, des éléments peuvent
être ajoutés pour transformer la carte en maquette en
trois dimensions qui souligne les problèmes affectant la zone.
-
Quel que soit le moyen choisi, demandez aux participants de dessiner
les caractéristiques principales de la zone, par exemple, les
routes, les villes, les rivières et les limites des propriétés.
Une façon de le faire, si vous en avez les moyens, est de projeter
un transparent de la carte sur une grande feuille de papier puis d’effectuer
les tracés nécessaires.
-
Après avoir préparé la carte, qui peut être
de la taille d’un mur, les participants peuvent alors ajouter
leurs informations, directement ou en utilisant des autocollants.
Laissez-les indiquer ce qui est le plus important pour eux, puis demandez
de plus amples détails si ce qui vous intéresse n’a
pas été mentionné. La cartographie sociale du
niveau des conditions de vie des ménages peut être l’une
des utilisations de ce croquis (voir la méthode
31).
-
Il pourra être nécessaire d’apporter plusieurs
modifications à la carte avant que les participants ne soient
satisfaits du résultat final. Ajoutez des commentaires écrits,
par exemple des éléments quantitatifs présentant
un intérêt.
-
Lorsqu’une carte “de référence” a
été produite, les réunions ultérieures
pourront servir à effectuer des comparaisons. La figure
D-2 ci-dessous montre une comparaison entre une carte de référence
et une carte réalisée lors d’une séance
ultérieure, enregistrant l’état des champs avant
et après l’appli-cation de mesures de conservation de
l’eau et des sols dans le cadre d’un projet mis en œuvre
en Inde. Pour plus d’efficacité, certaines au moins des
personnes ayant participé à la production de la carte
devraient également participer à sa mise à jour.
Il est également possible d’utiliser la même carte
en ajoutant des codes de couleur pour chaque nouvelle année
ou élément suivi. Cette option rend beaucoup plus facile
la comparaison et l’analyse directe (car toutes les données
sont enregistrées sur la même carte), mais peut également
créer la confusion si de trop nombreux éléments
et plusieurs années sont présentés sur un même
support.
Conseils pratiques d’utilisation:
N’oubliez pas que seules les questions qui supposent une répartition
géographique peuvent utilement être analysées à
l’aide d’une carte. Les cartes sont utiles pour mieux comprendre
une région étudiée, et pour donner des renseignements
et des idées sur les points de vue locaux concernant, par exemple,
les ressources ou l’accès aux services/équipements.
Plus la carte inclut de thèmes, plus elle sera complexe. Il vaudra
donc peut-être mieux produire plusieurs cartes, en se concentrant
sur une question ou un indicateur par carte. Toutefois, c’est un
travail qui prend beaucoup de temps et le stockage des cartes peut causer
des difficultés.
Ces croquis représentent la manière dont les participants
voient une zone physique ou une question particulière, et leur
importance, et ne sont donc pas aussi précis que les cartes officielles.
Par ailleurs, les participants n’indiqueront sur une carte que ce
qui est important pour eux. Ainsi la carte d’une compagnie minière
montrera l’emplacement des gisements de minerais et des fleuves
navigables, mais la carte de la même zone dessinée par les
villageois pourra n’indiquer que les villages, les lieux sacrés,
les pâturages, les cimetières et les terres agricoles.
Figure D-2. État des champs avant et après
l'application des mesures de conservation de l'eau et des sols, Inde12




Méthode 18 Transects
Objectif:
Parcourir une zone donnée selon un itinéraire précis
pour observer des indicateurs particuliers (par exemple, la fréquence
des mauvaises herbes ou de l’érosion des sols), les fluctuations
en qualité et en quantité des ressources naturelles ou l’utilisation
des innovations.
Comment procéder:
-
En fonction des sujets ou indicateurs à observer, décidez
qui pourra vous fournir les renseignements pertinents et variés
en participant au transect, ou qui pourrait souhaiter y participer.
Divers partenaires doivent être associés à ce
travail, notamment les bénéficiaires, les chefs communautaires,
les agriculteurs ainsi que ceux qui ont des compétences pertinentes,
les vulgarisateurs, etc. Si la taille du groupe est trop importante,
pensez à la manière dont vous pourrez le subdiviser
en sous-groupes qui parcourront chacun le transect.
-
S’il existe une carte de la zone, utilisez-la pour décider
ensemble de l’itinéraire. Le même itinéraire
devra être suivi chaque fois pour que la base d’observation
reste la même. Le temps nécessaire pour parcourir un
transect peut varier considérablement – d’une heure
à une journée entière, en fonction de la taille
de la zone, du mode de transport et des détails recherchés.
-
Les indicateurs que l’on souhaite observer, mesurer, enregistrer
et analyser auront déjà été recensés
et seront donc observés et mesurés au cours du parcours.
-
Au fur et à mesure de leur progression, les participants peuvent
s’en remettre à leur curiosité pour explorer d’autres
points et inclure d’autres observations non prévues.
Les indicateurs ne doivent pas nécessairement être visuels
mais peuvent également inclure des questions telles que le
régime de propriété foncière ou les solutions
qui ont été essayées pour tel ou tel problème
particulier. Notez bien tout ce qui ressort des discussions.
-
Dessinez ce qui a été observé et discuté
de manière schématique et utilisez ce schéma
comme base des parcours ultérieurs.
-
La fréquence des parcours variera considérablement
en fonction de l’indicateur ou des indicateurs dont on assure
le suivi et du rythme probable des évolutions. Si vous faites
un suivi des ravageurs, il vous faudra peut-être prévoir
un parcours quotidien, alors que le suivi de l’érosion
des sols ne nécessitera peut-être qu’un parcours
tous les quatre à six mois.
-
La comparaison des différentes observations pour chaque zone
sert de point de départ pour discuter du pourquoi des changements
constatés. Vous pouvez emporter avec vous vos notes ou schémas
du dernier suivi pour vous remettre les faits en mémoire et
établir des comparaisons immédiates.
Conseils pratiques d’utilisation:
Il s’agit là d’une méthode relativement peu
onéreuse qui donne de bons résultats en matière de
production d’informations à la fois quantitatives et qualitatives.
Le schéma d’un parcours de transect est habituellement
une vue en coupe transversale de l’itiné-raire suivi, les
conclusions apparaissant en dessous sous forme de tableau. Mais si cette
présentation est trop abstraite, il vous sera peut-être plus
utile de dessiner simplement le parcours réalisé sur une
carte de manière linéaire, vue d’avion, les renseignements
s’y rapportant étant écrits à côté.
Méthode 19 Système d’information
géographique (SIG)
Objectif:
Utiliser un système d’information géographique (SIG)
informatisé qui représente les coordonnées géographiques
très précises sur une carte, en incluant des informations
sur l’évolution des indicateurs géographiques, sociaux
ou agricoles. Du point du vue du suivi-évaluation, un SIG peut
vous aider à analyser des informations complexes recueillies par
d’autres méthodes, car les diverses couches thématiques
de données spatiales (par exemple répartition des forêts,
densité démographique ou même activités de
planification communautaires) peuvent être superposées en
vue d’examiner plus facilement les rapports entre les divers thèmes.
Le SIG peut présenter des données de suivi-évaluation
d’une grande précision.
Comment procéder:
-
Décidez si vous souhaitez un degré de précision
élevé. Cela pourra ne vous être nécessaire
que pour certains aspects. La production des cartes à partir
d’un SIG peut coûter très cher et pour la plupart
des projets il ne sera généralement pas nécessaire
d’investir dans un tel système.
-
Trouvez des images de la zone à étudier pour avoir
une carte de base. Ces cartes au format SIG sont de plus en plus fréquemment
disponibles auprès du gouvernement et d’autres institutions.
Si vous ne trouvez pas de carte à ce format, vous devez soigneusement
réfléchir au temps et aux ressources qu’il vous
faudra investir dans la conversion des cartes au format SIG ou la
production de votre propre carte de base.
-
Après avoir décidé des indicateurs dont vous
souhaitez assurer le suivi par d’autres méthodes, recueillez
des données sur ces indicateurs. Créez un système
de codage numérique vous permettant de représenter les
données qualitatives car le format SIG ne reconnaît que
les données numérisées.
-
Organisez l’information en utilisant les logiciels SIG (par
exemple MAPINFO, ARCVIEW, IDRISI, etc.). Un GPS (voir l’encadré
D-11) peut être utilisé pour vous aider à
produire une carte très précise.
-
Présentez l’image obtenue à la communauté
pour obtenir de sa part des corrections et des informations complémentaires
et ajouter ses contributions.
-
Répétez le processus périodiquement et assemblez
les cartes pour effectuer des comparaisons. Discutez des changements
qui apparaissent, de leurs causes et de ce qui pourrait subvenir si
l’on ne prend aucune mesure, ou de ce qui arrivera si l’on
prend les mesures appropriées. Chaque nouvelle série
d’images fait l’objet d’une nouvelle discussion.
Conseils pratiques d’utilisation:
Un SIG peut vous aider à rassembler, analyser et présenter
des informations. Le recours à la technologie SIG peut produire
des cartes représentant une diversité de thèmes,
associant des données quantitatives et qualitatives. Ce peut être
un puissant outil de communication et de promotion. Il peut également
servir à simuler la conception éventuelle des projets.
Toutefois, la technologie SIG a été critiquée pour
son approche quantitative, systématique, nécessitant des
experts et une technologie de pointe, qui établit une distance
entre les acteurs locaux et l’ensemble du processus de recherche
et de prise des décisions. Cependant, l’utilisation du SIG,
si elle est bien organisée, peut devenir plus participative en
incluant les acteurs à la base dans le processus de collecte des
données, en leur présentant les images pour en discuter
avec eux et les aider à prendre leurs décisions quant à
la gestion de leurs activités. Diverses méthodes participatives
(par exemple les méthodes d’animation de groupes ou de cartographie
participatives) peuvent être utilisées pour recueillir ces
données.
Même dans le cas où un SIG est utilisé sur un mode
participatif, il peut y avoir une perte de détails lorsqu’on
tente d’introduire des renseignements de nature descriptive dans
un programme SIG. Un SIG ne peut pas toujours représenter adéquatement
l’information qualitative, telle que les explications sociales,
économiques et environnementales d’un problème obtenues
à l’échelle du village.
Il s’agit d’une méthode basée sur une technologie
onéreuse qui nécessite une formation. Elle ne doit être
choisie que si le projet peut en justifier le coût et dispose des
compétences requises pour utiliser la technologie nécessaire.
Méthode 20 Photographies et vidéo
Objectif:
Aider à suivre l’évolution d’une situation
à partir d’une série de photographies ou de séquences
vidéo prises à des niveaux différents (en utilisant
une caméra normale au sol et des photographies aériennes
ou satellitaires). Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode
peut être orientée sur des indicateurs de performance ou
problèmes spécifiques ou peut être de nature plus
large si vous donnez la caméra aux acteurs locaux et leur demandez
d’évaluer les changements qu’ils jugent cruciaux.
Comment procéder:
- Obtenez une série d’images sur plusieurs années,
y compris de la situation actuelle. De nombreuses institutions gouvernementales
disposent dans leurs archives de photographies qui peuvent être
une bonne source de données historiques sur l’utilisation
des sols par exemple.
| |
Encadré D-12. Quelques
idées pour prendre une série de photos en vue d’évaluer
le changement13 (certains points
sont également pertinents pour une série de séquences
vidéo)
-
Choisissez le même point de repère
en toile de fond pour la photo, année après année.
Un rocher, une croix peinte, un poteau téléphonique
ou tout autre objet qui ne bouge pas au fil des ans.
-
Il n’est pas nécessaire de disposer
d’un équipement compliqué. Vous pouvez utiliser
une caméra 35 mm, mais même un petit appareil jetable
bon marché fera l’affaire.
-
Écrivez la date à laquelle vous
prenez la photo et l’emplacement où vous vous positionnez
pour la prendre à chaque fois du même endroit.
-
Prenez-la au même moment de l’année
à chaque fois, pour rendre les comparaisons plus faciles.
-
Limitez la zone visée – n’essayez
pas de photographier une zone trop grande.
-
Servez-vous de photos anciennes pour comparer
la situation (photos historiques, si disponibles)
|
|
-
Après avoir décidé des indicateurs à
suivre, la personne ou le groupe prend des photos ou enregistre des
séquences vidéo en insistant sur les images qui montreront
l’indicateur ou les indicateurs sélectionné(s).
-
Après avoir obtenu les images souhaitées, discutez-les
avec la population dont il est important de comprendre les points
de vue. Le type de question à aborder pourrait être notamment:
Quels sont les principaux changements? Quelle en est l’ampleur?
Quelles sont les divers avis sur l’évolution des choses?
Quelles sont les causes des changements qui ont été
filmés ou photographiés?
-
Retournez sur le même emplacement et prenez une nouvelle série
de photos ou enregistrez de nouvelles séquences vidéo
à des moments clés, par exemple au moment de l’établissement
des rapports, lors des fluctuations saisonnières, juste après
la germination ou avant la récolte.
-
Placez les différentes séries d’images côte
à côte (ou montez les vidéos pour montrer les
changements par séquence) et lancez une discussion sur toute
différence pouvant être observée, sur les raisons
éventuelles, sur ce qui pourrait subvenir en conséquence,
sur les mesures qui devront être prises, etc. Ces discussions
analytiques sont répétées pour chaque nouvelle
séquence.
-
Assurez-vous d’étiqueter et de stocker correctement
les photographies/films vidéo d’une manière sûre
et dans un lieu accessible, afin de pouvoir les comparer facilement
à la prochaine séquence d’image.
Conseils pratiques d’utilisation:
Les photographies et les séquences vidéo peuvent être
associées à toute une gamme d’autres méthodes,
par exemple les journaux (méthode 21) ou la
méthode “du changement le plus significatif” (méthode
24). Elles peuvent également compléter utilement les
jeux de rôles (méthode 16). Ces images
peuvent également servir à étudier les différences
entre “l’avant” et “l’après”
d’une intervention, ce qui est particulièrement utile pour
préparer des exposés ou communiquer sur les résultats
de cette intervention auprès de différents acteurs.
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D.5 Méthodes et outils
de suivi temporel
Les méthodes de suivi temporel sont celles qui aident à
comprendre l’évolution entre des périodes de temps
données, par exemple, comment le mois de septembre est comparable
d’une année à l’autre, comment le mois de mars
est comparable au mois d’août, comment une journée
caractéristique d’aujourd’hui est comparable à
une journée caractéristique d’il y a deux ans ou simplement
quels sont les événements cruciaux qui ont eu lieu au cours
des 20 dernières années. Il ne faut pas les confondre avec
le fait que l’application de toute méthode peut être
répétée pour suivre l’évolu-tion des
situations en faisant des comparaisons par rapport à un point de
départ ou à un point de référence donné.
Méthode 21 Journal de bord
Objectif:
Consigner les événements, les faits, les réactions
et/ou les opinions au fil du temps, tels qu’enregis-trés
par les différents acteurs concernés, individuellement ou
en groupe. Du point de vue du suiviévaluation, cette méthode
permet d’obtenir des détails pouvant expliquer le contexte
dans lequel une évolution a lieu et de mieux comprendre comment
elle s’est mise en place. Elle peut être utile pour cibler
des questions ou indicateurs de performance spécifiques.
Comment procéder:
-
Introduisez le journal de bord très tôt durant la vie
du projet, pour que le processus d’apprentis-sage et de réflexion
qu’il va entraîner soit le plus long possible.
-
Décidez quelles en seront la forme et la teneur et choisissez
celui qui consignera les faits. Les journaux peuvent être plus
ou moins structurés, ne reposent pas nécessairement
sur des indicateurs fixés au préalable mais peuvent
aborder des thèmes généraux. Ils peuvent être
très ciblés, par exemple ne porter que sur une variété
de culture particulière, ou décrire au contraire des
faits nouveaux d’ordre plus général.
-
Les faits enregistrés peuvent l’être sous forme
de documents écrits, de séquences vidéo, de photographies
ou d’enregistrements audio. Les diagrammes ne sont pas exclus
mais demandent beaucoup de temps. Les journaux de bord peuvent être
rédigés à partir de discussions de groupe et
figurer, par exemple, en annexe au compte rendu d’une réunion.
Ils peuvent également être rédigés individuellement
par les acteurs concernés.
-
Ces journaux peuvent ensuite être utilisés au cours
de discussions organisées entre personnes ou groupes pour comparer
leurs notes et décider quelles sont les évolutions particulièrement
importantes qui appellent la mise en œuvre d’une intervention.
-
La collecte et l’analyse des données et la mise en commun
des conclusions peuvent nécessiter le recours à d’autres
méthodes, par exemple des mesures biophysiques, des discussions
en groupe et la compilation des enregistrements/photographies/séquences
vidéo. Un journal de bord sera conservé par ceux qui
l’ont rédigé pour qu’ils puissent comparer
les résultats au fil du temps et discuter des raisons des évolutions
constatées.
Conseils pratiques d’utilisation:
Il existe un type de journal de bord dit “documentation du processus”,
dans lequel les faits sont consignés durant toute la durée
d’un projet, avec une description détaillée des processus,
des raisons pour lesquelles les événements sont survenus,
des problèmes et des réactions de la population, etc. Une
autre variante du journal de bord est utilisée par les individus
ou les groupes dans leur système d’évaluation interne
pour faire le point sur ce qu’ils sont en train d’apprendre,
comment ils parviennent à des conclusions, et si ce travail est
utile.
Le journal de bord est à la portée de tous, la population/les
groupes pouvant décider eux-mêmes quand et comment ils assureront
le suivi. C’est un bon outil d’auto-évaluation. Il
peut fournir une information qualitative détaillée mais,
à cette fin, le niveau d’alphabétisation est crucial
tout comme la discipline requise pour écrire régulièrement
ce qui se passe. L’analyse de la teneur des journaux nécessite
une lecture ciblée et sélective de ses divers passages.
Il est donc utile de décider à l’avance quels types
de mentions y seront faites.
Méthode 22 Profils historiques et analyse
chronologique
Objectif:
Obtenir un point de vue historique sur la séquence des changements
ayant eu lieu sur des points revêtant un intérêt particulier.
Du point de vue du suivi-évaluation, on pourra privilégier
des indicateurs spécifiques, s’en servir pour déclencher
un débat afin d’évaluer si certains changements peuvent
être attribués aux activités du projet, et établir
la liste des changements de conjoncture pouvant expliquer les effets éventuels
du projet.
Comment procéder:
Il existe trois moyens de rendre compte de discussions axées
sur les données historiques – par écrit, sous forme
de tableau ou sous forme de graphique. Pour élaborer un tableau
résumant les tendances historiques:
-
Décidez quels sont les indicateurs/événements
qui ont une importance pour la situation étudiée.
-
Sur une grande feuille de papier, dessinez des lignes et des colonnes
pour former un tableau. Indiquez des dates en tête des colonnes,
en haut, par exemple, écrivez en tête des trois colonnes:
“aujourd’hui”, “il y a 10 ans”, “il
y a 20 ans” (voir encadré D-13 ci-après).
-
Inscrivez les sujets d’intérêt dans la colonne
de gauche – par exemple, principaux événements
locaux, principaux événements extérieurs, influence
des personnalités/groupes locaux, principaux changements (sociaux,
environnementaux, économiques) et principales tendances –
qu’ils soient liés aux questions ou indicateurs de performance
choisis ou simplement qu’ils permettent de comprendre certains
aspects du contexte.
-
Travaillez avec un groupe représentatif de la population ou
avec divers groupes plus homogènes pour remplir le tableau,
en utilisant des graines, des cailloux, des numéros, etc. La
discussion est centrée sur la manière dont la population
voit les changements par rapport aux questions énumérées.
Les quantités indiquées ne sont pas des chiffres absolus
mais servent de comparaison relative sur la manière dont certains
aspects ont évolué d’une période à
l’autre.
-
Vous pouvez ajouter une quatrième colonne – “l’avenir”
– dans laquelle les participants indiqueront ce qu’ils
aimeraient voir changer et quels sont les objectifs au regard des
aspects discutés. Les changements enregistrés peuvent
alors être classés en événements positifs,
neutres ou négatifs, en fonction de l’impact sur l’organisation
ou la communauté.
| |
Encadré
D-13. Profil historique des ressources naturelles renouvelables14
Demandez aux participants d’énumérer toutes
les ressources naturelles utilisées par leurs communautés
pour assurer leur vie quotidienne. Une fois ces dernières
inscrites dans la colonne de gauche du tableau, demandez-leur d’utiliser
dix graines ou dix cailloux et de dire durant quelle période
la base des ressources naturelles était le moins dégradé
(en termes d’abondance et/ou de qualité). Il faudra
procéder ainsi pour chaque période (en utilisant jusqu’à
dix graines chaque fois). Voir le tableau ci-après pour un
exemple hypothétique.
| Ressources
|
aujourd’hui
|
il y a 10
ans |
il y a 20
ans |
| Pluies |
XXX |
XXXXXX |
XXXXXXXXXX |
| Production végétale
|
XXX |
XXXXXXX |
XXXXXXXXXX |
| Fertilité
des sols |
XX XXXXXXXX |
XXXXXXXXXX |
|
| Eau pour les
animaux |
XX XXXXXXX |
XXXXXXXXXXX |
|
| Eau de boisson
|
XXX |
XXXXXXXXX |
XXXXXXXXXX |
| Pâturages
|
X XXXXXXX |
XXXXXXXXXXX |
|
| Chaume
pour les toitures |
XX |
XXXXXXX |
XXXXXXXXXX |
| Bétail
|
XXXXXXXXXX |
XXXXXXX |
XXXXX |
| Arbres fruitiers
|
XX XXXX |
XXXXXXXXXX |
|
| Bois de feu |
XX |
XXXXXX |
XXXXXXXXXX |
| Arbres pour les
clôtures |
XXXXXXXX |
XXXXXXXXXX |
XXXXXX |
|
|
Conseils pratiques d’utilisation:
Les lignes des profils historiques montrent l’évolution
d’une année à l’autre et, par conséquent,
sont un bon moyen d’évaluer les changements à plus
long terme. Cette méthode peut stimuler une discussion utile sur
la vitesse et l’ampleur des changements positifs et négatifs,
sur les raisons pour lesquelles une situation est ce qu’elle est,
et sur celles pour lesquelles divers groupes et individus ont des avis
différents. Cette méthode apporte une dimension humaine
aux données recueillies. Toutefois, elle ne donne qu’une
vue générale et les détails nécessiteront
d’être validés.
Les tendances historiques/analyses chronologiques diffèrent des
calendriers saisonniers (méthode 23) dans la
mesure où elles montrent une séquence d’activités
ou une évolution progressive alors que les calendriers saisonniers
mettent en évidence les évolutions cycliques.
Méthode 23 Calendriers
Objectif:
Explorer et enregistrer les données relatives à diverses
périodes (par saison, année, mois ou même semaine)
pour mettre en évidence les évolutions cycliques au fil
du temps. Du point de vue du suivi-évaluation, ces calendriers
peuvent aider, par exemple, à évaluer si les goulets d’étranglement
réguliers disparaissent ou non, s’ils sont imputables au
projet et à quel moment il conviendra de suivre ou d’évaluer
certaines questions ou indicateurs de performance.
Comment procéder:
-
Il est important de préciser aux participants si les calendriers
assureront le suivi des changements d’une semaine, d’un
mois, d’une saison ou d’une année à l’autre.
Cela dépendra des indicateurs sélectionnés et
du rythme de leur évolution.
-
Construisez le calendrier de manière à montrer une
ou plusieurs années, ou le nombre de mois ou de saisons minimales
au cours desquels le suivi doit être effectué. Le calendrier
peut être représenté horizontalement ou en forme
de cercle, bien que ce dernier format puisse être difficile
à lire si de nombreux indicateurs y figurent. Les calendriers
circulaires ne conviennent pas pour effectuer une analyse des tendances
sur plusieurs années.
-
Le calendrier lui-même peut servir, dans certains cas, à
recueillir les données. Par exemple, aux réunions hebdomadaires
ou mensuelles du personnel, lors de la discussion des tâches
réalisées au cours du mois écoulé, on
pourra inscrire immédiatement les données sur le calendrier.
Il sera également possible, si les données ont été
collectées par d’autres moyens, de les inscrire directement
sur le calendrier aux périodes lors desquelles elles ont été
recueillies, le calendrier servant alors de support d’enregistrement
des données.
La variante de cette méthode faisant appel à l’animation
de groupe consiste à diviser les participants en groupes. Chaque
groupe choisit un ou deux “informateurs clés”,
qui peuvent avoir des compétences appropriées, pour
être interviewés par le reste du groupe. Sur la base
de cette information, chaque groupe établit alors un schéma
illustrant les tendances et les changements enregistrés pour
les activités et/ou événements durant la période
concernée. Ces schémas sont ensuite présentés
à l’ensemble du groupe pour discussion.
- Après plusieurs saisies successives des données, le
calendrier montrera les variations au fil du temps et permettra de stimuler
la discussion pour comprendre quels changements ont eu lieu et pourquoi.
En présentant les divers types de changements simultanément
sur un calendrier saisonnier ou une courbe de tendances unique, certaines
évolutions apparaîtront, par exemple le fait que les périodes
de travail peuvent être plus longues durant les phases d’endettement,
de maladie et de moindre fréquentation des réunions de
groupe. Les données peuvent également être différenciées
en fonction de l’âge et du sexe. Toutefois, la pertinence
de ces variations dépendra entièrement de l’information
dont vous souhaitez assurer le suivi.
Variante de l’emploi du temps quotidien
Une variante de cette méthode est de décrire l’emploi
du temps quotidien (à savoir “De quelle façon se répartissent
les 24 heures de ma journée?”), pour dégager l’évolution
de jour en jour. Cela est utile pour évaluer où se situent
les principaux goulets d’étranglement dans les tâches
quotidiennes et déterminer la façon de les résoudre,
ou pour effectuer des évaluations quantitatives de la main-d’œuvre
et des intrants nécessaires pour effectuer les tâches quotidiennes.
Des comparaisons sont faites entre la situation actuelle et les schémas
antérieurs pour apprécier comment les changements introduits
se répercutent sur les activités quotidiennes.
Conseils pratiques d’utilisation:
La méthode du calendrier est idéale pour assurer le suivi
sur des périodes de temps spécifiques, par exemple durant
une saison. Les calendriers saisonniers incluant une série d’indicateurs
peuvent révéler de quelle manière différentes
évolutions sont liées et permettre de s’interroger
sur les causes de certains changements. Les fluctuations saisonnières
sont particulièrement importantes en milieu rural. Elles peuvent
avoir des effets importants sur la main-d’œuvre, l’approvisionnement
en eau, les maladies, les produits alimentaires et les revenus.
Toutefois, comme il en va des tendances historiques/analyses chronologiques
(voir la méthode 22), les calendriers saisonniers
ne présentent pas nécessairement des données précises.
Il sera peutêtre nécessaire, par exemple, de vérifier
par des mesures directes, le temps nécessaire pour aller chercher
l’eau ou l’incidence des maladies, en fonction de la précision
souhaitée.
Lorsque vous utiliserez cette méthode avec un groupe, il pourra
être difficile de tomber d’accord sur un calendrier “typique”
ou “moyen” (surtout en ce qui concerne l’emploi du temps
quotidien). Il vaudra mieux demander à chaque personne d’établir
son propre calendrier, puis d’analyser ensemble les différents
emplois du temps, ou bien choisir une ou deux personnes du groupe, comme
indiqué dans la deuxième partie de l’étape
3. Il faudra veiller à limiter les risques de parti pris dans l’échantillonnage.
Méthode 24 Le changement significatif
Objectif:
Repérer les cas de changement significatif/capital – à
la fois positif et négatif – en liens avec les objectifs
clés du projet au lieu d’examiner les tendances d’un
phénomène donné. Du point de vue du suivi-évaluation,
cette méthode peut aider à retracer l’historique d’un
changement concernant des aspects difficilement quantifiables (par exemple
“le renforcement des capacités” ou “l’équité
entre les sexes”).
Comment procéder:
- Demandez aux participants de recenser les aspects et types de changements
qui, d’après eux, doivent faire l’objet d’un
suivi. Ce seront les “domaines” dans lesquels les changements
cruciaux seront suivis. Cette première étape est utile
en elle-même, car il est demandé au groupe de recenser
les points sur lesquels il est d’après lui d’une
importance cruciale d’obtenir les résultats – ce
qui requiert clarté et consensus. Ces changements peuvent être
en rapport direct avec l’objectif général et l’objectif
spécifique du projet mais peuvent également se rapporter
à des questions transversales, par exemple “l’équité
entre les sexes”, que les partenaires de mise en œuvre et
le personnel du pro-jet souhaitent surveiller de près. Des exemples
de domaines sont les suivants:
- évolution de la participation de la population aux groupements
de crédit;
- évolution de la durabilité des associations locales
et de leurs activités;
- évolution de l’utilisation des méthodes participatives
par le personnel du projet avec les bénéficiaires;
- évolution de la contribution du projet aux grandes orientations
de l’État.
-
La fréquence de discussion doit également être
décidée et dépendra du temps probable que prendront
les évolutions. Certains changements demanderont plus de temps
pour pouvoir être observés, alors que d’autres
peuvent avoir lieu sur une base hebdomadaire. Une question simple
sera alors préparée, par exemple: “Depuis notre
dernière réunion, quel a été le changement
le plus significatif se rapportant à... [INSÉREZ LE
DOMAINE]?” ou “Au cours des trois derniers mois, quel
est d’après nous le changement le plus significatif concernant...
[INSÉREZ LE DOMAINE]?”
-
Si les discussions ont lieu en groupe, comme cela sera généralement
le cas, la nécessité de se mettre d’accord sur
le changement ou l’événement provoquera un examen
approfondi et enrichissant de l’expérience des membres
du groupe au cours de la période considérée,
et suscitera un débat sur la raison pour laquelle tel ou tel
changement est plus significatif que tel ou tel autre.
-
La réponse doit être vérifiable et doit donc
être documentée en deux parties: 1) une description de
ce qui s’est passé, avec suffisamment de détails
pour permettre à une autre personne de la vérifier si
nécessaire (ce qui s’est passé, avec qui, où,
qui était là, quand l’événement
a-t-il eu lieu, etc.), et 2) une explication de la raison pour laquelle
ce changement spécifique a été choisi parmi tous
ceux qui ont été mentionnés.
-
Les conclusions se rapporteront aux changements ou faits positifs
ou négatifs découlant des activités du projet.
Il est possible d’inclure expressément deux types de
changements – négatifs et positifs – par domaine.
Lorsque des changements négatifs ont été recensés,
des mesures peuvent être décidées pour prévenir
ou corriger le problème. Si une évolution positive est
indiquée, des mesures peuvent alors être convenues pour
la renforcer ou la diffuser.
Conseils pratiques d’utilisation:
Tester le libellé des domaines de changement avant d’en
arrêter la liste finale est une bonne idée, pour s’assurer
qu’il est clair pour tout le monde.
Cette méthode n’entend pas expressément trouver une
moyenne. Les changements sélectionnés ne sont pas représentatifs
mais sont les plus significatifs. Si quelqu’un, par exemple un membre
d’un comité de pilotage, souhaite connaître l’ampleur
d’un changement donné, ce changement devient alors un indicateur
dont le suivi sera assuré durant une période de temps définie
par tout le monde.
La version originale de cette méthode a été utilisée
dans une structure organisationnelle hiérarchisée, dans
laquelle les groupements de microcrédit ont repéré
quatre types de changements. Le personnel de terrain a quant à
lui sélectionné les changements clés – par
domaine – à l’échelle du bureau local du projet
et les a communiqués au Siège. Au Siège, une sélection
a également été faite parmi les comptes rendus concernant
les changements provenant des divers bureaux locaux et a ensuite été
soumise aux réunions semestrielles des bailleurs de fonds. Tous
les comptes rendus relatifs aux changements (24 au total, 4 domaines x
6 mois) ont été réunis pour former quatre chapitres
d’un rapport. Cette méthode permet donc de faire la synthèse
de toute une série d’expé-riences et d’arriver
à une structure de rapport et à une documentation facile
à gérer.
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D.6 Méthodes et outils
d’analyses relationnelles
Quel que soit le projet, il est fondamental de comprendre l’évolution
des relations entre les groupes, par exemple entre les acteurs à
la base et leurs organisations, ainsi qu’entre les problèmes,
les activités, les causes et les effets (prévus ou non),
les entrées-sorties de divers systèmes, les flux relatifs
aux ressources ou aux nutriments, et ainsi de suite. Cette série
de méthodes donne des idées sur la manière d’analyser
les questions de ce type en recourant à diverses techniques de
visualisation.
Méthode 25 Diagramme systémique
Objectif:
Représenter de manière illustrée les éléments
qui doivent être pris en compte ou sont importants dans une situation
donnée (d’un projet), y compris les acteurs et les problèmes,
ainsi que les interactions et les rapports entre eux. Du point de vue
du suivi-évaluation, ce type de représentation imagée
peut aider à repérer quels aspects d’une situation
doivent être suivis, quels indicateurs doivent être surveillés
et/ou quels acteurs doivent être inclus dans les activités
de suivi-évaluation.
Comment procéder:
-
Sur une grande feuille de papier, utilisez des symboles, des images
et des mots pour dessiner un diagramme systémique de la situation
(projet/groupe) que vous souhaitez évaluer. Pour être
le plus efficace, travaillez avec environ quatre à huit personnes
durant une période allant d’une demiheure à deux
heures.
-
Commencez par leur demander de noter toutes les entités et
tous les aspects physiques concernés, par exemple les personnes
clés, les organisations ou les caractéristiques du paysage.
-
Demandez-leur de présenter leur diagramme en décrivant
les principaux éléments qui le composent et les rapports
les plus importants existant entre eux.
-
Si vous travaillez avec plus d’un groupe, comparez les diagrammes
et regroupez les idées similaires ou divergentes. Vous parviendrez
ainsi à repérer les questions les plus importantes qu’il
faudra discuter, notamment les sujets cruciaux qu’il vous faudra
évaluer, les indicateurs possibles ou les partenaires qu’il
vous faudra inclure dans un travail de suivi-évaluation.
Conseils pratiques d’utilisation:
Un diagramme systémique aide à lancer la discussion et
à parvenir à une compréhension commune d’une
situation. Il ne montre pas ce qui a changé, bien que les changements
puissent apparaître au cours de la discussion; il vaut donc mieux
l’utiliser comme exercice de départ dans un bilan annuel
de projet ou lorsque vous concevez le système de suivi-évaluation
en collaboration avec divers acteurs.
Réfléchissez soigneusement à la composition du
groupe. Si vous voulez obtenir un diagramme représentatif, la composition
du groupe différera de celle que vous choisirez si vous souhaitez
obtenir des points de vue ciblés à comparer.
Méthode 26 Diagramme de l’impact
(ou diagramme causes-effets)
Objectif:
Comprendre les causes et les raisons contribuant à un problème
ou à une question donnée ou recenser les effets ou impacts
d’un changement en particulier (voir la figure D-3).
Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode peut
permettre de mieux faire comprendre l’impact car elle fait apparaître
les effets négatifs et positifs, prévus ou non, directs
ou indirects. Elle peut également contribuer à repérer
les effets généraux qui constituent la base des indicateurs
dont le suivi sera assuré de manière plus systématique
ou quantitative avec d’autres méthodes.
Comment procéder:
-
Commencez par inscrire le sujet – à l’aide d’un
symbole, d’une photo ou de mots – au centre du groupe
(sur le sol ou sur un grand tableau à feuillets mobiles). Pour
obtenir de bons résultats, le sujet doit être libellé
de façon très précise – ne pas inscrire
“dégradation de l’environnement” en général
mais, par exemple, “utilisation des cordons pierreux”.
Plus le sujet sera général, plus la discussion sera
longue. Le sujet peut être une activité du projet, un
événement, une tendance ou un phénomène
tel que “l’utilisation des fonds locaux d’investissement”.
-
Demandez ce qui s’est passé à la suite de cette
activité (ou tendance/événement). Les réponses,
qu’elles soient positives ou négatives, sont les conséquences
de cette activité (ou tendance/événement) et
sont inscrites sous forme de symboles ou avec des mots. Elles sont
placées sur le diagramme pour montrer comment les causes et
les effets sont liés les uns aux autres, à l’aide
de flèches ou de lignes. Essayez également d’enquêter
sur les conséquences indirectes ou, si quelqu’un mentionne
quelque chose qui est une conséquence indirecte, demandez alors
au groupe d’expliquer quelle en a été la cause
plus directe. Cela vous aide à construire votre diagramme sous
forme de toute une série d’enchaînements causes-effets.
-
Si vous avez besoin de données quantitatives, vous pouvez
alors poser des questions sur les quantités relatives à
chaque impact mentionné. Par exemple, si les agriculteurs disent
“nous avons remarqué que la production augmente”,
ils doivent être en mesure d’estimer ou de mesurer la
valeur de cet accroissement ou le nombre d’agriculteurs participant
aux essais l’ayant remarqué.
-
Vous pouvez également demander si l’impact a été
le même pour tout le monde et l’inscrire sous forme de
symbole sur la carte, les différents groupes utilisant leurs
propres symboles. Par exemple, si la lutte contre les nématodes
du bananier à l’aide d’une méthode non chimique
nécessite plus de main-d’œuvre, indiquez qui a fourni
cette dernière – les femmes ou les hommes – et
quelle en a été l’impact pour les femmes, les
hommes ou les enfants participant.
-
Répétez l’exercice à intervalles convenus.
Vous pouvez utiliser les diagrammes antérieurs à titre
de comparaison pour lancer une discussion sur les raisons qui expliquent
les changements relevés et sur le rythme de ces derniers.
-
Si plusieurs diagrammes de ce type sont produits avec des groupes
différents et qu’un regroupement est nécessaire,
il est possible de compiler toutes les données sur un diagramme
unique, qui sert alors de point de départ à la discussion.
Faites néanmoins bien attention dans les cas où un changement
est attribué à des personnes différentes. En
regroupant les effets sur un diagramme unique, vous pouvez perdre
en précision et ne plus savoir quel groupe a recensé
quel effet. Vous pourrez éviter ce problème en associant
différents codes-couleur.
Conseils pratiques d’utilisation:
Dans ces diagrammes, les liens sont représentés sous forme
de lignes ou de flèches. Si vous utilisez des flèches, soyez
bien sûr que tout le monde comprend clairement ce que signifie la
flèche, qui n’est pas un symbole universel.
Les diagrammes causes-effets permettent d’obtenir une vue générale
de l’évolution des choses, du point de vue de ceux qui participent
à la discussion. Il vous sera donc nécessaire de recouper
cette information avec d’autres groupes et par d’autres méthodes.
Ces diagrammes de l’impact peuvent être utilisés
pour repérer les domaines dans lesquels des améliorations
éventuelles sont espérées. Évitez d’inclure
trop de détails dans un diagramme qui pourrait aisément
devenir trop touffu pour permettre une analyse satisfaisante.
Comment procéder:
-
Commencez par inscrire le sujet – à l’aide d’un
symbole, d’une photo ou de mots – au centre du groupe
(sur le sol ou sur un grand tableau à feuillets mobiles). Pour
obtenir de bons résultats, le sujet doit être libellé
de façon très précise – ne pas inscrire
“dégradation de l’environnement” en général
mais, par exemple, “utilisation des cordons pierreux”.
Plus le sujet sera général, plus la discussion sera
longue. Le sujet peut être une activité du projet, un
événement, une tendance ou un phénomène
tel que “l’utilisation des fonds locaux d’investissement”.
-
Demandez ce qui s’est passé à la suite de cette
activité (ou tendance/événement). Les réponses,
qu’elles soient positives ou négatives, sont les conséquences
de cette activité (ou tendance/événement) et
sont inscrites sous forme de symboles ou avec des mots. Elles sont
placées sur le diagramme pour montrer comment les causes et
les effets sont liés les uns aux autres, à l’aide
de flèches ou de lignes. Essayez également d’enquêter
sur les conséquences indirectes ou, si quelqu’un mentionne
quelque chose qui est une conséquence indirecte, demandez alors
au groupe d’expliquer quelle en a été la cause
plus directe. Cela vous aide à construire votre diagramme sous
forme de toute une série d’enchaînements causes-effets.
-
Si vous avez besoin de données quantitatives, vous pouvez
alors poser des questions sur les quantités relatives à
chaque impact mentionné. Par exemple, si les agriculteurs disent
“nous avons remarqué que la production augmente”,
ils doivent être en mesure d’estimer ou de mesurer la
valeur de cet accroissement ou le nombre d’agriculteurs participant
aux essais l’ayant remarqué.
-
Vous pouvez également demander si l’impact a été
le même pour tout le monde et l’inscrire sous forme de
symbole sur la carte, les différents groupes utilisant leurs
propres symboles. Par exemple, si la lutte contre les nématodes
du bananier à l’aide d’une méthode non chimique
nécessite plus de main-d’œuvre, indiquez qui a fourni
cette dernière – les femmes ou les hommes – et
quelle en a été l’impact pour les femmes, les
hommes ou les enfants participant.
-
Répétez l’exercice à intervalles convenus.
Vous pouvez utiliser les diagrammes antérieurs à titre
de comparaison pour lancer une discussion sur les raisons qui expliquent
les changements relevés et sur le rythme de ces derniers.
-
Si plusieurs diagrammes de ce type sont produits avec des groupes
différents et qu’un regroupement est nécessaire,
il est possible de compiler toutes les données sur un diagramme
unique, qui sert alors de point de départ à la discussion.
Faites néanmoins bien attention dans les cas où un changement
est attribué à des personnes différentes. En
regroupant les effets sur un diagramme unique, vous pouvez perdre
en précision et ne plus savoir quel groupe a recensé
quel effet. Vous pourrez éviter ce problème en associant
différents codes-couleur.
Conseils pratiques d’utilisation:
Dans ces diagrammes, les liens sont représentés sous forme
de lignes ou de flèches. Si vous utilisez des flèches, soyez
bien sûr que tout le monde comprend clairement ce que signifie la
flèche, qui n’est pas un symbole universel.
Les diagrammes causes-effets permettent d’obtenir une vue générale
de l’évolution des choses, du point de vue de ceux qui participent
à la discussion. Il vous sera donc nécessaire de recouper
cette information avec d’autres groupes et par d’autres méthodes.
Ces diagrammes de l’impact peuvent être utilisés
pour repérer les domaines dans lesquels des améliorations
éventuelles sont espérées. Évitez d’inclure
trop de détails dans un diagramme qui pourrait aisément
devenir trop touffu pour permettre une analyse satisfaisante.
Figure D-3. Diagramme causes-effets des conséquences
pour chaque sexe de la diminution de l’accès à l’eau
au Burkina Faso15
Méthode 27 Diagramme des liaisons institutionnelles
(ou diagramme de Venn/Chapati)
Objectif:
Illustrer la mesure dans laquelle les personnes, organisations, projets
ou services s’influencent mutuellement et l’importance relative
(à savoir dynamique du pouvoir) de chacun des aspects évalués.
Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode peut
servir à assurer le suivi de la qualité des relations et
de leur évolution, et à recenser les problèmes appelant
des mesures de correction.
Comment procéder:
-
Commencez par vous assurer que tout le monde a bien compris le sujet
– qu’il s’agit d’examiner l’importance
relative des groupes/ personnes/ organisations et leur interaction.
Le mot “importance” peut être interprété
de diverses manières. Il peut se référer à
la nature et à la qualité des relations, à la
diversité des liens, aux raisons des contacts et à leur
fréquence. Et au lieu de parler des organisations, vous pouvez
mettre l’accent sur les services et les programmes. Mettez-vous
donc bien d’accord à l’avance sur ce que vous entendez
par “importance”.
-
Passez ensuite à une discussion générale au
cours de laquelle seront recensés les divers groupes, personnes
et organisations se rapportant au sujet. Si les participants incluent
de nombreuses organisations (plus de 15 à 20), il pourra être
nécessaire d’en restreindre le nombre pour avoir suffisamment
de temps pour terminer l’exercice. Vous y parviendrez en établissant
un ordre de priorité entre les groupes/ personnes/ organisations
les plus pertinents et en centrant la discussion sur ces derniers.
-
Représentez chacune des entités recensées par
un cercle distinct. Représentez d’abord l’élément
central avec lequel les autres sont en rapport (par exemple, une communauté,
l’unité de gestion du projet ou un groupe de micro-crédit).
Vous pouvez utiliser des cercles en papier de tailles différentes
ou demander aux participants de les dessiner. La taille des cercles
est capitale: plus le cercle sera grand, plus le groupe a de l’importance
pour le sujet étudié. Et plus les cercles sont proches
les uns des autres, plus l’interaction est grande. Les cercles
qui se chevauchent représentent les groupes/personnes ayant
des fonctions communes et un petit cercle situé à l’intérieur
d’un cercle plus grand représente un service d’un
groupe/organisation.
-
Si vous travaillez avec plus d’un groupe, comparez les diagrammes
et discutez des différences. Vous pourrez ultérieurement
discuter des domaines dans lesquels les problèmes doivent être
résolus, par exemple celui de la résolution des conflits
ou du renforcement des capacités organisationnelles.
- Le suivi ultérieur peut être assuré de l’une
ou l’autre des manières ci-après:
- Faites un nouveau diagramme à chaque réunion de
suivi afin de pouvoir le comparer aux diagrammes précédents
pour analyser les changements et leurs causes.
- Utilisez les premiers diagrammes pour discuter de quelle manière
la situation diffère et pourquoi il en est ainsi. Ces changements
peuvent être illustrés sous forme de symboles, par
exemple avec des flèches ascendantes pour montrer une augmentation,
ou descendantes pour illustrer une baisse, en éliminant un
cercle, en ajoutant d’autres, etc.
Quelle que soit l’approche utilisée, les discussions devraient
porter sur la qualité, la fréquence, l’ap-parition
ou la disparition des liens entre les groupes.
Conseils pratiques d’utilisation:
Avec de bons animateurs, cette méthode permet d’obtenir
des informations intéressantes sur les structures de pouvoir et
les processus de prise des décisions. Elle peut aider à
mettre en lumière des points de vue opposés sur les différents
rôles, responsabilités et relations, souligner les domaines
dans lesquels il y a conflit ou litige ainsi que laisser entrevoir les
manières de les résoudre. Elle peut contribuer à
trouver des moyens d’améliorer les relations de travail avec
d’autres organisations ou groupes.
Cette méthode donne de bons résultats lorsqu’elle
est appliquée très tôt dans un processus d’auto-évaluation,
puisqu’elle aide les personnes à se situer par rapport aux
autres groupes ou institutions en ce qui concerne un problème particulier.
Un diagramme des liens institutionnels peut être suivi par un
exercice de hiérarchisation en demandant aux participants de classer
les relations et de les comparer à la situation qui prévalait
dans un passé récent.
- Demandez aux participants d’énumérer tous les
groupes ou organisations avec lesquels ils ont eu ou ont des relations
de travail importantes. Inscrivez-les sur une carte.
- Ils doivent ensuite classer ces relations par ordre d’importance
(en fonction de leurs résultats et de leur viabilité).
Inscrivez ces classements sur les cartes et placez-les par ordre d’importance
décroissant le long de l’axe vertical d’un tableau.
- Définissez les relations des organisations (financement, appui
à l’organisation communautaire, appui technique, etc.)
et inscrivez-les le long de l’axe horizontal du tableau. Remplissez
le tableau en plaçant un “X” dans chaque case pour
mettre en relation l’organisation avec le type de relation correspondante.
- Décidez d’un système de notation (par exemple
de 1 à 5, 1 signifiant “médiocre, amélioration
importante nécessaire” et 5 “excellent, quasiment
pas d’amélioration nécessaire”). Demandez
à chaque groupe ou à chaque personne de noter la qualité
de la relation qu’il/elle a avec chaque organisation. Écrivez
le score à droite de chaque X.
- Notez ensuite chaque relation telle qu’elle existait dans un
passé récent. Inscrivez les scores à gauche de
chaque “X” sur le tableau, en utilisant une autre couleur.
Vous verrez alors comment la physionomie des relations a évolué
avec le temps. Voir le tableau D-3 pour un exemple
de tableau des rapports institutionnels.
Tableau D-3. Exemple d’un tableau des rapports
institutionnels (Note: les scores inscrits à gauche sont ceux d’il
y a trois ans, les scores inscrits à droite ceux de maintenant)16
| |
Donateurs
(finance-ment sous forme de don unique-ment) |
Appui
à l’organisa-tion communau-taire |
Appui
technique |
Travail
en réseau |
Concur-rence/
Rivalité |
| Organisation 1 |
3 X 5 |
|
|
|
|
| Organisation 2 |
|
3 X 4 |
|
|
|
| Organisation 3 |
|
|
|
4 X 3 |
|
| Organisation 4 |
|
|
3 X 3 |
|
|
| Organisation 5 |
|
|
|
|
3 X 1 |
| Organisation 6 |
|
2 X 3 |
|
|
|
Méthode 28 Arbre à problèmes
et arbre des objectifs
Objectif:
L’arbre à problèmes vise à identifier un
problème central, ses effets et causes premières. L’arbre
des objectifs vise à clarifier les objectifs essentiels d’une
intervention voulant s’attaquer à ce problème central
et à parvenir à un accord sur les activités requises
pour les atteindre. Cette méthode contribue à lancer le
processus d’élaboration ou de révision d’un
cadre logique sur un mode participatif et compréhensible par tous.
Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode est cruciale
au démarrage du projet pour réviser le cadre logique existant
et être très clair sur les objectifs précis et sur
les réalisations dont il faudra assurer le suivi.
Comment procéder:
Arbre à problèmes
-
Commencez par procéder à une séance de réflexion
sur tous les problèmes majeurs identifiés lors du diagnostic
de la situation. Avec le groupe, décidez quel va être
le premier problème examiné. Cela ne signifie pas abandonner
les autres mais simplement sélectionner un problème
central. Ce dernier sera souvent formulé en termes très
généraux, par exemple “déforestation”
ou “diminution de la sécurité alimentaire”.
-
Dessinez un arbre et écrivez le problème central sur
le tronc. Si vous souhaitez examiner plus d’un problème,
il vous faudra dessiner un arbre par problème. Attention! Chaque
arbre demande beaucoup de temps.
-
Encouragez les participants à rechercher ensemble des idées
sur les causes du problème avec lequel vous commencez –
ils peuvent se servir des résultats du premier “brainstorming”
comme point de départ (voir la méthode
11). Demandez quelles sont les principales causes (qui sont ellesmêmes
des problèmes) du problème central étudié.
Pour éviter que quelques personnes ne dominent la discussion,
vous pourrez également distribuer de trois à cinq cartes
blanches par personne et demander à tout le monde d’écrire
une idée par carte. Présentez les cartes et utilisez-les
comme point de départ pour la discussion sur la hiérarchisation
des problèmes.
-
Pour axer la discussion sur les causes premières du problème,
discutez des facteurs qui peuvent y avoir contribué. Examinez
chaque facteur par rapport à chacun des autres et posez la
question suivante: “Est-il causé par l’autre facteur
ou en est-il une cause?”. S’il est causé par l’autre
facteur, tracez une ligne entre les deux, avec une flèche provenant
de ce dernier. S’il est la cause de l’autre facteur, dessinez
entre les deux une flèche dirigée vers ce dernier. Ne
dessinez la flèche que dans la direction de l’effet le
plus fort. N’utilisez pas de flèches bidirectionnelles.
S’il n’y a pas d’interaction entre les deux, ne
tracez aucune ligne entre eux. Lorsque vous aurez terminé,
les facteurs à partir desquels partent le plus de flèches
seront généralement ceux qui entraînent le changement
– les causes premières.
-
Concentrez-vous sur ces causes premières et inscrivez-les
sur les racines de l’arbre.
-
Inscrivez les causes de chacune de ces causes premières sur
les racines inférieures.
-
En suivant la même procédure qu’aux étapes
2 et 3, examinez quels sont les effets/impacts du problème
et inscrivez les effets primaires sur les branches de l’arbre.
-
Pour chaque effet, inscrivez les effets secondaires sur les branches
secondaires, de plus en plus haut, pour obtenir l’enchaînement
causes-effets.
- Faites suivre cet exercice par la réalisation d’un “arbre
des objectifs” pour trouver quelles sont les mesures nécessaires
pour résoudre les problèmes (et leurs causes) présentés
sur l’arbre à problèmes.
Arbre des objectifs
En prenant comme base l’arbre des problèmes ci-dessus,
inverser tous les problèmes pour qu’ils prennent la place
des objectifs. Vous produirez ainsi un arbre des objectifs, l’objectif
central étant simplement l’inverse du problème central.
Demandez aux participants d’examiner ces objectifs et de discuter
pour savoir quels sont ceux qui peuvent être atteints par le biais
du projet.
Les arbres des problèmes et des objectifs sont une première
étape vers la production d’un cadre logique (voir module
3). La figure D-4 donne un exemple des arbres
à problèmes correspondant et des objectifs en Zambie.
Conseils pratiques d’utilisation:
Les deux “arbres” donnent une vue globale bien que simplifiée
des rapports entre causes et effets. Par ce biais, la préparation
d’un cadre logique peut devenir plus accessible pour les principales
parties prenantes (et les autres), en rendant plus facile leur participation
à la révision de la conception du projet ou à l’élaboration
de leurs propres activités.
Cette méthode est davantage orientée sur la conception
d’un projet que sur le suivi-évaluation. Elle est cependant
cruciale pour les activités ultérieures de S&E, car
elle requiert une grande précision sur l’objectif général,
l’objectif spécifique, les produits et les activités.
Les liens sont représentés par des lignes ou des flèches.
Si vous utilisez des flèches, assurez-vous que tout le monde comprend
bien ce que signifie une flèche, qui n’est pas un symbole
universel.
Figure D-4. Un arbre des problèmes, et
son inverse, l'arbre des objectifs, en Zambie

Méthode 29 Roue de suivi-évaluation
(ou “toile d’araignée”)
Objectif:
Fournir un indice visuel permettant de comparer la question dont on
assure le suivi ou l’évaluation par rapport à son
idéal, ou de comparer plusieurs sites de suivi entre eux, et de
déterminer quelle est leur évolution au cours du temps.
Cette méthode peut également être utilisée
pour mesurer comment un projet atteint son public cible, comment évoluent
les capacités d’une organisation au fil du temps. Du point
de vue du suivi-évaluation, la toile d’araignée fournit
un moyen visuel de mesurer l’évolution des résultats
d’indicateurs choisis.
Comment procéder:
-
Soyez sûr que le sujet de l’évaluation est bien
clair pour tous. Par exemple, l’idée de “capacité
d’une organisation” (voir la figure D-5)
doit être très claire et comprise par tous les participants.
Les participants doivent se mettre d’accord sur les indicateurs
à utiliser pour évaluer la qualité du sujet.
Pour cela, vous pouvez procéder à un “brainstorming”
(méthode 11).
-
L’ensemble des indicateurs sélectionnés est positionné
sous forme de roue, dont chaque indicateur est un “rayon”,
comme sur une roue de bicyclette. Les rayons sont équidistants
les uns des autres. Les indicateurs peuvent être représentés
par des mots ou par des symboles.
-
Les participants doivent ensuite se mettre d’accord sur la
manière de classer les indicateurs – de 0, c’est-à-dire
du niveau le plus bas, à 100 (ou à 25, 10, etc.), c’est-à-dire
le niveau le plus élevé. Il importe peu que le 0 soit
situé sur la circonférence extérieure de la roue
et que le 100 se situe au centre, ou l’inverse, du moment que
tous les rayons de la roue sont les mêmes.
-
Lorsque la roue est complète, évaluez chaque indicateur.
Si vous travaillez avec un groupe, il faudra alors se mettre d’accord
sur le score final (ou sur un chiffre moyen). Indiquez le point du
rayon correspondant au score final donné. Puis reliez tous
les scores, qui sont marqués sous forme de points sur les rayons,
pour obtenir ce qui finit par ressembler à une toile d’araignée.
Un coup d’œil à votre toile d’araignée
vous donne un aperçu rapide des points faibles et des points
forts principaux. Les aspects les plus faibles de la question examinée
sont ceux qui ont obtenu les scores les plus proches de 0.
-
Les roues produites auparavant peuvent être réexaminées
aux sessions de suivi ultérieures afin de comparer l’évolution
de la situation au fil du temps.
Conseils pratiques d’utilisation:
La “toile d’araignée” peut être utilisée
pour vous aider à représenter les capacités des différentes
organisations en regroupant les organisations par secteur, par exemple
pour évaluer leur situation d’ensemble ou les besoins d’information
dans ce secteur. Toutefois, vous n’obtiendrez par là qu’une
idée générale des points de vue et de l’orientation
du changement, et non pas des mesures précises.
Si les roues sont produites sur des transparents en utilisant une taille
standard, les évaluations de plusieurs organisations/zones de projet/etc.
ou de la même situation au fil du temps doivent être superposées
pour visualiser très clairement comment elles diffèrent
ou ont évolué.
L’évolution de l’opinion moyenne ou des points par
indicateur sert de point de départ à la discussion sur les
raisons pour lesquelles le changement a eu lieu. Plus les points seront
nombreux, plus le système sera complexe et plus la discussion sera
vaine, car les participants ne seront sans doute pas capables d’indiquer
des différences numériques exactes, par exemple de décider
entre 28 ou 29 points dans une gamme de 0 à 50. Par contre, si
les participants notent sur une échelle de 1 à 3, il leur
sera alors plus aisé de parvenir à un consensus général,
mais la réponse ne pourra alors servir que d’indication extrêmement
générale.
Figure D-5. Comparaison de deux toiles d'araignée
représentant les capacités de deux organisations au Népal
à un moment donné17

Méthode 30 Diagramme des flux
Objectif:
Permettre une analyse détaillée des flux entrants et sortants
d’un système (par exemple une exploitation agricole, une
forêt, une organisation ou même une région géographique
plus vaste). Les diagrammes des flux peuvent aider à analyser les
apports (ou intrants) nécessaires pour qu’un système
fonctionne, ainsi que ses produits. Du point de vue du suivi-évaluation,
cette méthode peut aider à évaluer, par exemple,
si les difficultés sont atténuées ou si de nouveaux
problèmes apparaissent, si des avantages quantitatifs sont enregistrés,
si des apports empêchent de faire avancer les choses, etc.
Comment procéder:
-
Commencez par représenter le sujet choisi comme système
au centre du tableau noir, du tableau de papier, de la feuille, etc.
-
Demandez au(x) participant(s) quelles sont les activités principales
au sein de ce système. Ces dernières sont alors représentées
par des symboles autour du sujet central sur le diagramme et reliées
avec des flèches. Si les activités sont représentées
par des symboles ou inscrites sur des cartes séparées,
il sera alors plus facile d’adapter le diagramme au fil de la
discussion.
-
Demandez quels sont les apports nécessaires pour rendre possible
chaque activité et quel produit en découle. Ces apports
(intrants) et ces produits doivent être placés sur le
diagramme pour montrer les rapports entre eux.
-
Au fur et à mesure du déroulement de la discussion
sur les intrants et les produits de chaque activité, chaque
activité devient un sous-système et des liaisons apparaissent
entre ces derniers. Ainsi, un produit de l’activité “production
végétale”, par exemple le fourrage, sera un intrant
de l’activité “élevage”. Si cela est
utile, les caractéristiques numériques des flux peuvent
être également inscrites, par exemple, combien de jours
de travail sont passés à travailler dans les potagers
familiaux ou quelle quantité d’engrais organique est
appliquée sur les différentes parcelles.
-
Lors de chaque activité de suivi, les évolutions des
intrants et des produits sont notées, soit sur le diagramme
lui-même, soit sur un tableau de papier en parallèle.
La comparaison des changements de nature et de quantité des
apports et des produits est le point de départ de la discussion
sur les raisons pour lesquelles les changements sont survenus.
-
Si plusieurs diagrammes des flux sont produits avec des acteurs/groupes
différents et qu’il est nécessaire de les fusionner
pour l’ensemble d’une communauté ou d’une
zone géographique, il est possible d’en faire par compilation
un diagramme unique. Toutefois, ce faisant, vous perdrez en précision.
Conseils pratiques d’utilisation:
Des apports (intrants) et produits particuliers peuvent être privilégiés
pour obtenir de plus amples détails, par exemple un diagramme des
flux des produits, qui permet de visualiser le mouvement des produits
entre des zones données.
Les analyses différenciées par sexe/âge/niveau de
vie des diagrammes des flux permettent de comprendre en profondeur comment
divers membres d’un ménage ou divers types de ménage
voient l’évolution et les goulets d’étranglement
du système.
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D.7 Méthodes de classification
La classification est cruciale lorsqu’on compare des éléments
ou des données du point de vue de leur force, de leur importance,
ou d’autres critères définis au préalable.
Un exemple simple de classification est de demander aux participants d’une
réunion de suivi-évaluation d’attribuer chacun un
numéro, de 1 à 10, à une activité du projet
en fonction de leur opinion sur son efficacité. Ce travail peut
stimuler la discussion au sein du groupe sur l’état d’avancement
du projet. En allant plus loin et en assignant à chaque élément
une valeur par rapport aux autres, vous établissez alors un ordre
de priorité en établissant le poids, la force ou la valeur
relatifs de chacun.
Méthode 31 Cartographie sociale ou
classification selon le niveau de vie
Objectif:
Recenser les ménages en fonction d’indicateurs définis
au préalable se rapportant aux conditions socioéconomiques.
Cette méthode est centrée sur un classement relatif de la
situation socioéconomique de la population (par exemple, relativement
mieux lotis ou moins bien lotis), et non pas sur un classement absolu.
Du point de vue du suivi-évaluation, cette méthode peut
aider à évaluer quels ménages bénéficient
du projet et s’ils appartiennent au groupe cible visé.
Comment procéder:
- Tout d’abord, précisez ce que “ménage”
signifie localement, car les définitions locales de termes tels
que “ménage”, “concession”, ou “famille
élargie” varient considérablement. Discutez ensuite
ce que l’on entend localement par un bon niveau de vie. Demandez
s’il existe des différences entre les ménages et
quelles sont ces différences. Cela entraîne habituellement
un débat sur les grandes catégories ou niveaux de vie
au sein de la communauté.
Option 1. Cartographie sociale
-
Préparez une carte de référence sur laquelle
figurent tous les ménages de la zone étudiée
(par exemple, un village, un quartier, une zone rurale, etc.).
-
Demandez aux participants de donner un code à chaque ménage
en fonction de son niveau de vie par rapport à celui des autres.
Un symbole ou un code-couleur pourra être associé à
chaque niveau. Vérifiez bien par recoupement le codage de chaque
ménage en vous assurant qu’il y a consensus sur les codes.
De cette manière, une carte de référence peut
être produite sur laquelle les ménages sont regroupés
en fonction des différentes catégories de niveau de
richesse dans lesquelles ils ont été classés.
Ajoutez une légende sur la carte pour expliquer les symboles
et les codes.
-
Concentrez-vous maintenant sur les indicateurs qui vous intéressent
(par exemple, “fréquentation scolaire des enfants”,
“participation à une activité du projet”,
“membre d’un groupement de microcrédit”).
Assignez un code à chaque ménage en fonction de sa situation.
-
La carte de référence peut alors être utilisée
pour assurer le suivi du niveau de vie d’une année à
l’autre et pour le comparer en fonction des changements introduits
par un projet. Cela permet d’examiner s’il y a des impacts
sur le niveau de vie ou sur d’autres indicateurs socioéconomiques
étudiés et, si tel est le cas, comment ces effets peuvent
se répercuter sur les différents groupes sociaux.
Option 2. Classement du niveau de vie à l’aide
de cartes18
-
Le nom de chaque ménage est inscrit sur une carte.
-
Les cartes sont ensuite classées par piles de catégories
de ménages similaires. Commencez avec deux ménages,
en demandant aux participants de les comparer en disant lequel des
deux est mieux loti que l’autre. S’ils ont des niveaux
de vie différents, ils sont alors placés dans des piles
différentes. S’ils sont plus ou moins du même niveau,
ils forment une seule pile.
-
Les uns après les autres, tous les autres ménages sont
comparés aux deux premiers. Ce processus peut vous conduire
à ajouter de nouveaux niveaux si la situation de tel ou tel
ménage est jugée pire ou meilleure que celle des ménages
déjà classés. Si le niveau de vie d’un
ménage est similaire à celui d’un groupe existant
de ménages, ce dernier sera alors ajouté à une
pile existante. Numérotez chaque pile en fonction de celui
qui répond, afin de savoir dans quelle pile chaque ménage
a été placé.
-
Cet exercice devra être répété trois fois
avant de calculer un score moyen, pour éviter les partis pris
éventuels des personnes interrogées. Les calculs sont
effectués comme indiqué ci-après. Inscrivez le
score donné à chaque ménage par chaque participant
de la manière suivante (la pile 1 correspondant aux ménages
dont la situation est la meilleure):
Numéro de la pile des ménages x 100
Nombre total de piles
Calculez les scores moyens pour chaque ménage en effectuant le
total des notes obtenues et en le divisant par le nombre de notes. Pour
être inclus dans ce calcul, les ménages doivent avoir obtenu
deux scores, de sorte que si une personne seulement sait comment classer
un ménage particulier, cette information est insuffisante pour
que ce ménage soit inclus. Inscrivez le score moyen obtenu par
chaque ménage en grand chiffre sur des fiches. Mettez les fiches
en ordre, du score moyen le plus faible jusqu’au plus élevé
(du mieux loti au plus mal loti). Divisez les cartes classées en
groupes lorsque les scores obtenus forment clairement une catégorie.
Ce sont ces groupes que vous pouvez ensuite utiliser comme échantillon.
Conseils pratiques d’utilisation:
La cartographie sociale peut fournir un aperçu général
sur bien des aspects socioéconomiques, notamment les leaders, les
professions, les compétences et l’expérience au sein
d’une communauté, ainsi que son niveau de vie. Toutefois,
le classement en fonction du niveau de vie repose sur la perception qu’en
a la communauté, par exemple en se référant au statut
social, à la superficie des terres et à la taille de la
famille, aux revenus, etc. Dans les deux cas, à l’aide de
votre carte de référence et de vos catégories de
ménage, vous pouvez étudier des questions telles que “l’accès
des ménages à un revenu faible/ intermédiaire/ élevé,
aux équipements d’approvisionnement en eau et d’assainissement”.
Les deux méthodes sont également utiles dans la procédure
de l’échantillonnage raisonné ou de l’échantillonnage
par la méthode des quotas, puisqu’elles permettent de faire
un choix à partir de différentes classes de niveau de vie.
En discutant ce que l’on entend par bon niveau de vie (certains
disent “richesse”) à chaque réunion de suivi,
il est également possible d’évaluer l’évolution
des critères définissant un bon niveau de vie pour voir
si les aspirations de la population changent.
Cette méthode est extrêmement utile pour classer des groupes
d’une taille limitée. Vous pouvez l’appliquer dans
des communautés plus importantes, en mettant l’accent sur
les classements se rapportant au quartier, mais il sera difficile de comparer
les résultats entre les divers quartiers.
Tableau D-4. . Exemple d’un
exercice de classement par catégorie de niveau de vie dans un projet
bénéficiant de l’appui du FIDA mis en œuvre dans
un village au Laos
| RICHE
= 2 personnes |
MOYEN
= 33 |
PAUVRE
= 18 |
TRÈS
PAUVRE = 7 |
| A suffisamment de riz
durant 12 mois. |
A assez de riz pour une
période de 8 à 12 mois |
A suffisamment de riz
pour une période de 3 à 6 mois |
A suffisamment de riz
pour une période de 3 mois |
| A de grandes rizières
dans la vallée (allant jusqu’à 5 ha) |
N’a guère
de rizière (jusqu’à 0,5 ha avec 2 à 3
ha de cultures d’altitude) |
A une petite superficie
de terre pour cultiver en altitude (0,5 à 1,5 ha) |
N’a que peu de terre
de culture en altitude (moins de 0,5 ha) |
| A plus de 10 à
15 vaches et buffles et de 50 à 60 volailles
A un éléphant ou un tracteur manuel
A suffisamment de bêtes de trait |
De 5 à 10 vaches
et buffles, 5 cochons et de 20 à 30 volailles
A parfois un éléphant
A des bêtes de trait pour préparer les
terres |
Possède moins de
2 vaches et buffles, 1 ou 2 cochons et 15 poulets
A parfois un éléphant (hérité)
N’a généralement pas de bête
de trait pour préparer les terres |
A quelques poulets, à
l’occasion des porcs
Pas de charrue ni de bête de trait pour préparer
les terres |
| A une maison en brique
avec un toit de chaume |
Possède une maison
en bois avec un toit en tôle ondulée ou en feuille
d’aluminium |
A une maison en bambou
avec un toit de chaume |
A une maison en bambou
avec un toit de chaume en mauvais état |
| Possède un véhicule
à deux ou quatre roues |
Possède un véhicule
à deux roues |
Possède parfois
une bicyclette |
Ne possède aucun
bien |
| Possède parfois
une décortiqueuse |
Possède rarement
une décortiqueuse
|
Pas de décortiqueuse
|
Pas de décortiqueuse
|
| A les moyens de recruter
de la main-d’œuvre |
Ne travaille pas en tant
que travailleur agricole et recrute à l’occasion de
la main-d’œuvre |
Ne peut pas recruter de
main- d’œuvre |
Vend essentiellement sa
main-d’œuvre |
| N’a pas de déficit
|
Comble son déficit
en vendant du bétail et en exerçant une activité
commerciale
Va à l’occasion en forêt |
Est toujours en déficit
Est tributaire de la forêt et de la vente de
sa main-d’œuvre |
Toujours tributaire de
la vente de sa main-d’œuvre et de la forêt |
| En bonne santé
|
A des problèmes
de santé occasionnels |
Souvent malade |
Mauvaise santé
|
Méthode 32 Notation matricielle
Objectif:
Établir une comparaison relative entre diverses options d’une
question spécifique ou diverses solutions à un problème,
et effectuer une analyse détaillée des préférences
de la population, et des raisons de ces préférences. La
notation sous forme de matrice montre comment les options satisfont à
des critères définis au préalable. Du point de vue
du suivi-évaluation, cette méthode peut être utilisée
pour comprendre les opinions de la population sur, par exemple, divers
prestataires de services, différents types d’activités
du projet visant à résoudre un problème, sur diverses
technologies (par exemple, des variétés de semence, des
aménagements hydrauliques).
Comment procéder:
-
Soyez bien sûr des options/questions que vous souhaitez comparer
et inscrivez-les sur un même axe horizontal. Plus il y en aura,
plus la notation prendra du temps; il convient donc, si nécessaire,
de classer les questions par ordre de priorité.
-
Le groupe discute ensuite des avantages et des inconvénients
de chaque question/solution/point pour définir les critères
qui serviront à comparer chacune des options. Chaque critère
est inscrit le long de l’axe vertical pour créer une
matrice. Si vous estimez que le nombre de critères est très
important, assurez-vous d’avoir suffisamment de temps pour terminer
la discussion ou demandez au groupe de sélectionner les critères
à prendre en compte en priorité. Assurez-vous que les
critères
sont tous libellés de la même manière, soit de
manière positive, soit de manière négative. Mélanger
deux types de critères entraînerait la confusion pour
l’étape suivante.
- Commencez alors la notation. Les différents points sont comparés
pour chaque critère. Décidez quel sera le score le plus
élevé. Il existe plusieurs méthodes pour décider
du nombre de points à utiliser pour la notation. Vous pouvez
affecter un nombre maximal de points par case – par exemple, 15
qui sera alors “le mieux” – ou spécifier un
nombre total de points à répartir par critère entre
toutes les cases, par exemple 25. Les participants peuvent utiliser
des cailloux, des graines ou des numéros pour effectuer leur
notation, l’utilisation d’un nombre plus élevé
de cailloux indiquant un score supérieur et donc sa meilleure
aptitude à satisfaire au critère concerné. Habituellement,
on parvient au consensus en discutant. Évitez le vote individuel
dans un exercice de notation matricielle car cela empêche de stimuler
la discussion et de parvenir à un consensus sur les options préférées
et de comprendre les raisons de ces préférences.
Tableau D-5. Matrice relative au transfert des
tâches et des responsabilités19
| Tâches
|
Autrefois
(1995) |
Maintenant
(2001) |
À
l’avenir (2005) |
| |
Groupe
villageois
|
ONG
locale
|
Collecti-
vités
locales
|
Groupe
villageois |
ONG
locale |
Collecti-
vités
locales |
Groupe
villageois |
ONG
locale |
Collecti-
vités
locales |
| Mobilisation
des fonds
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
| Choix
des formateurs |
|
XXXXX
X
|
XXXX
|
|
XXXXX
X
|
XXXX
|
XXXXX
|
XXX
|
XX
|
| Décisions
sur le calendrier des formations |
|
XXXXX
XXXXX
|
|
XXX
|
XXXXX
XX
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
|
| Suivi
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
XXXXX
|
XXXXX
|
|
| Organisation
des participants |
XXXXX
XXX
|
XX
|
|
XXXXX
XXX
|
XX
|
|
XXXXX
XXXXX
|
|
|
| Conception
des outils de formation |
|
XXXXX
X
|
XXXX
|
|
XXXXX
XXX
|
XX
|
XXX
|
XXXXX
|
XX
|
| Évaluation
|
XXXXX
|
|
XXXXX
|
XXXXX
|
|
XXXXX
|
XXXXX
|
XXX
|
XX
|
| Total |
13
|
44
|
13
|
16
|
43
|
11
|
38
|
26
|
6
|
| Pourcentage
|
18.5%
|
63%
|
18.5%
|
23%
|
61%
|
16%
|
54%
|
37%
|
9%
|
| Évolution
depuis 1995, en pourcentage |
0
|
0
|
0
|
+4.5%
|
-2%
|
-2.5%
|
+35%
|
-26%
|
-9.5%
|
Conseils pratiques d’utilisation:
Outre la réalisation de la matrice, l’un des intérêts
principaux de cette méthode tient aux discussions suscitées
par le fait que les participants doivent décider ensemble du score
final de chaque option (et des critères de notation). Au cours
du débat, les raisons du choix ou du rejet de chaque option apparaissent.
La notation sous forme de matrice peut également être utile
pour définir les indicateurs principaux dont le suivi pourra être
assuré régulièrement en appliquant d’autres
méthodes. Les indicateurs sont choisis parmi les critères
(à savoir les avantages et inconvénients de chaque option)
qui ont été définis.
Variantes de cette méthode:
Variante A. Matrice du transfert des tâches et des responsabilités
(voir le tableau D-5 ci-dessus à titre d’exemple)
Cette variante aide à identifier le degré de transfert
des tâches et responsabilités d’un projet au(x) groupe(s)
communautaire(s). Elle permet de définir les indicateurs d’un
tel transfert (à savoir, le renforcement des capacités)
et est essentielle pour préciser clairement la stratégie
de retrait.
Comment procéder:
-
Pour chaque secteur d’activité du projet, demandez
aux participants d’énumérer toutes les tâches
et responsabilités principales requises pour exécuter
un programme de manière efficace et viable.
-
Inscrivez chaque réponse (sur des cartes si vous le souhaitez)
sur l’axe vertical d’une matrice.
-
Demandez aux participants d’énumérer tous les
principaux acteurs ou groupes d’intérêts directement
liés à l’exécution du projet (donateurs,
groupes villageois, agents de vulgarisation de l’État,
auxiliaires techniques, etc.). Inscrivez ces acteurs le long de l’axe
horizontal, en haut de la matrice.
-
Pour chaque tâche, demandez aux participants de répartir
10 haricots (ou cailloux) entre les divers acteurs en fonction de
la responsabilité qu’ils assument pour chaque tâche,
10 représentant la responsabilité totale.
-
Répétez le processus pour montrer la situation qui
prévalait dans un passé récent. Décidez
ensemble de la fréquence avec laquelle vous souhaitez évaluer
le changement (par exemple, tous les cinq ans). Déplacez les
cartes vers la gauche de manière à faire de l’espace
pour ajouter une autre section à la matrice.
-
Faites un double des cartes sur lesquelles sont inscrits les acteurs
et placez-les dans le même ordre en haut de la deuxième
section de la matrice (voir l’exemple).
-
Demandez aux participants de placer les haricots au-dessous de chaque
acteur pour montrer comment était la situation dans le passé.
-
Si le temps le permet, répétez le processus pour permettre
aux participants d’envisager ce que la situation sera à
l’avenir. Ajoutez une troisième section à la matrice
et répétez le processus décrit cidessus, les
haricots devant être répartis en fonction des espoirs
des participants concernant la répartition future des responsabilités.
Variante B. Matrice de l’appui communautaire/de l’autopromotion
Cette méthode aide à réfléchir sur l’autopromotion
de la communauté au moment du retrait de l’aide. Elle permet
d’évaluer l’efficacité de la stratégie
adoptée par le projet pour appuyer l’auto-promotion et renforcer
les capacités des groupes communautaires avec lequel il travaille.
Elle permet de mieux comprendre le lien existant entre développement
de l’autopromotion et possibilité d’élargir
le rayon d’action du projet.
Comment procéder:
-
Inscrivez sur des cartes les noms des divers groupes d’acteurs
à un projet et la date à laquelle ils ont commencé
à collaborer avec ce dernier.
-
Sur chaque carte, à l’aide de symboles ou de lettres,
représentez les activités du projet qu’ils assument
(par exemple, formation des responsables, décaissement des
prêts dans le cas du crédit, etc.).
-
Triez les cartes en trois catégories indiquant le niveau d’appui
reçu par chacun d’entre eux (important, moyen, faible).
Mais soyez certain de ce que vous voulez dire par “appui”
(par exemple, nombre de visites d’appui, formation ou financement
fourni, etc.).
-
Présentez le concept de l’autopromotion et demandez
aux participants d’énumérer les caractéristiques
de “l’autopromotion” d’un groupe. Par exemple:
capable de financer les principaux coûts de fonctionnement,
capable de planifier, de suivre et d’évaluer les programmes,
capable d’accéder aux ressources extérieures,
capable de créer des partenariats, capable de mobiliser les
membres du groupe en vue d’une action collective, capable d’exécuter
des programmes de développement, capable d’élire
des dirigeants représentatifs, etc.
-
Inscrivez ces caractéristiques sur une autre série
de cartes (d’une couleur différente, une caractéristique
par carte).
-
Recensez ensuite les critères permettant de distinguer entre
le degré d’autopromotion au moment où vous leur
parlez (important, moyen, faible). Demandez aux participants de classer
les cartes dans ces trois catégories.
-
Sur l’axe vertical d’une matrice, inscrivez en tête
de trois lignes: appui “important”, “moyen”,
et “faible”; sur l’axe horizontal, inscrivez en
haut de trois colonnes, autosuffisance “importante”, “moyenne”
et “faible”.
-
Placez les cartes dans les cases appropriées de la matrice.
-
Lancez une discussion sur les questions ci-après: pourquoi
les groupes entrent-ils dans telle ou telle catégorie? Le projet
peut-il appuyer le développement de l’autopromotion et
comment? Que se passera-t-il lorsque le projet sera achevé?
etc.
Méthode 33 Échelles relatives
Objectif spécifique:
Établir une comparaison qualitative relative entre “l’avant”
et “l’après” de situations se rapportant à
des indicateurs spécifiques. Cette méthode peut aboutir
à la production d’un schéma en forme d’échelle
(dessinée avec les indicateurs, qui sont représentés
par des symboles) ou à l’élaboration de questions/indicateurs
par écrit si la représentation visuelle est difficile. Du
point de vue du suiviévaluation, cette méthode peut servir
à évaluer les aspects qualitatifs se rapportant, par exemple,
à l’image positive que les femmes ont d’elles-mêmes,
à la participation des groupes marginalisés ou au renforcement
des capacités, qui sont difficiles à évoluer par
d’autres moyens.
Comment procéder:
-
Tout d’abord, le groupe doit choisir ses indicateurs. Ces
derniers peuvent être formulés sous forme d’affirmations
ou de questions.
-
Il existe deux façons de comparer l’évolution
de ces indicateurs au fil du temps.
a. La manière visuelle, en utilisant une échelle
pour chaque indicateur, chaque échelon – de haut en bas
– représentant une amélioration:
- Le chiffre ou la position sur l’échelle obtenus ne sont
pas le résultat principal de cette méthode. Le plus important
est le débat qui a lieu entre les membres du groupe pour parvenir
à un accord sur la nature positive ou négative de l’orientation
générale des choses, et bien évidemment, l’analyse
des raisons pour lesquelles les chiffres/positions peuvent changer.
Figure D-6. Un exemple d’échelle
construite par des femmes pour évaluer l’impact d’un
programme de formation21

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Lectures complémentaires
Ardilly, P. 1994. Les techniques de sondage. Technip
Blanchet, A. et al. 1985. L’entretien dans les
sciences sociales, l’écoute, la parole et le sens. Paris.
Dunod
Blanchet A., Gotman A. L’enquête et ses
méthodes: l’entretien. Paris. Nathan
Estrella, M. (directeur de publication), en collaboration
avec J. Blauert, D. Campilan, J. Gaventa, J. Gonsalves, I. Guijt, D. Johnson,
R. Ricafort. 2000. Learning from Change: Issues and Experiences in
Participatory Monitoring and Evaluation. Londres: Intermediate Technology
Publications, Ltd.
Geilfus, F. 1997. 80 herramientas para el desarrollo
participativo: diagnóstico, planificación, monitoreo, evaluación.
San Salvador: IICA-GTZ.
Grange, D. Lebart, L. 1993. Traitement statistiques
des enquêtes. Paris. Dunod.
Graugnard, G. et Heeren, N. 1999. Définition et mise en place d’indicateurs
d’impact. Lyon. Ciedel.
Gubbels, P. et Koss, C. 2000. From the Roots Up:
Strengthening Organizational Capacity through Guided Self-Assessment.
Oklahoma City: World Neighbors.
Guijt, I. 1998. Participatory Monitoring and Impact
Assessment of Sustainable Agriculture Initiatives: an Introduction to
the Key Elements. SARL Discussion Paper No. 1. Londres: IIED.
Herweg, K. et Steiner, K. 2002. Instruments for
Use in Rural Development Projects with a Focus on Sustainable Land Management.
Volume 1: Procedure and Volume 2: Toolbox. Berne: Centre pour le
développement et l’environnement. Téléchargez
ce document à l’adresse suivante: http://www.cde.unibe.ch/programmes/mandates/man21_1.html
(en anglais et espagnol).
IIED. PLA Notes (Participatory Learning and
Action Notes sur l’apprentissage et l’action participatifs,
anciennement publié en tant que RRA Notes). Revue trimestrielle.
Londres. Email: sustag@iied.org ou
internet: http:/www.iied.org. Gratuit
pour l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.
IFAD, ANGOC et IIRR. 2001. Enhancing Ownership
and Sustainability: A Resource Book on Participation. Fonds international
de développement agricole, Coalition des ONG d’Asie pour
la réforme et le développement rural, et Institut international
pour la reconstruction rurale.
Pretty, J.N., I. Guijt, J. Thompson et I. Scoones. 1995.
Participatory Learning and Action: A Trainer’s Guide. Londres:
IIED.
Schmitz JL., Willot P. 1997. Méthodes et outils
de l’évaluation participative. Manuel d’orientation.
Paris. Fondation de France.

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1/
FIDA, ANGOC et IIRR 2001, voir Lectures complémentaires.
2/
Gosling, L. et Edwards, M. 1995. Toolkits: A Practical
Guide to Assessment, Monitoring, Review and Evaluation. Save the
Children Development Manual 5. Londres: Save the Children-Royaume-Uni.
3/
Le présent guide n’aborde pas les détails mathématiques
de l’analyse coûts-avantages. Pour de plus amples renseignements,
voir les textes ci-après: Gittinger, J.P. 1982.
Economic Analysis of Agricultural Projects. Baltimore et Londres:
Johns Hopkins University Press; Kuyvenhoven, A. et Mennes, L.B.M.
1985. Guidelines for Project Appraisal: An introduction to
the principles of financial, economic and social cost-benefit analysis
for developing countries. La Haye: Presse de l’État.
Pour une méthodologie plus participative et axée sur le
projet, voir James, A.J. 2001. “Building Participation
into Benefit-Cost Analysis” Pages 255-262. In: FIDA, ANGOC
et IIRR. 2001(voir Lectures complémentaires.).
4/
Voir également Lectures complémentaires: FIDA, ANGOC
et IIRR. 2001, 255-262.
5/
Adapté de Broughton, B. et Hampshire, J. 1997.
Bridging the Gap: A guide to monitoring and evaluating development
projects. Canberra: Conseil australien de l’aide internationale.
6/
Gubbels et Koss. 2000, 26, voir Lectures complémentaires.
7/
Tiré de Feuerstein 1986, voir Lectures complémentaires.
8/ Pretty et al. 1995, voir Lectures
complémentaires.
9/
En anglais SWOT: Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats
10/
IIRR. 1998. Participatory methods in community-based coastal
resource management. Volume 2, page 31. Cavite: Institut international
pour la reconstruction rurale.
11/ Noponen, H.
1997. “Participatory Monitoring and Evaluation. A Prototype
Internal Learning System for Livelihood and Micro-credit Programs”.
Community Development Journal 32 (1): 30-48.
12/
Shah, P., Bharadwaj, G. et Ambastha, R. 1991. “Participatory
Impact Monitoring of a Soil and Water Conservation Programme by Farmers,
Extension Volunteers and ADRSP in Gujarat.” RRA Notes 13: 86-88.
13/
Freking, B. 1999. “Tips for Photo Monitoring”.
Close to the Ground 1(1): 3.
14/
Gubbels et Koss. 2000, 161, voir Lectures complémentaires.
15/ Guijt, I. 1996.
“Questions of Difference: PRA, Gender and Environment” (vidéo
de formation). Londres: IIED.
16/
Gubbels et Koss. 2000, 141, voir Lectures complémentaires.
17/
Pederson, L.M. 1997. Monitoring Community Group’s
Capacities: A Pilot Project in Syangja and Mahottari Districts. Katmandou:
CARE Népal. p. 9.
18/
Grandin, B.E. 1988. Wealth Ranking in Smallholder
Communities: A field manual. Londres: Intermediate Technology Publications,
Ltd.
19/
Gubbels et Koss. 2000, 155, voir Lectures complémentaires.
20/
Basé sur Uphoff, N. 1991. “A Field Methodology
for Participatory Self-Evaluation”. Community Development Journal
26 (4).
21/
DANIDA. 1994. Impact Assessment – Women and
Youth Training/Extension Program (WYTEP) India. Copenhague: Ministère
danois des affaires étrangères. p. 90.
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