Office of Evaluation and Studies    
  International Fund for Agricultural Development

Dans la majorité des projets financés par le FIDA en Afrique de l'ouest, et notamment au Sahel, le crédit a été considéré comme un simple moyen d'atteindre rapidement des objectifs d'augmentation de la production agricole, au même titre que la vulgarisation ou l'approvisionnement en intrants. En vue de garantir une utilisation des crédits conforme au scénario de développement imaginé par les concepteurs du projet, les crédits sont accordés en nature. Bien que la ligne de crédit soit généralement rétrocédée à une banque, l'opération revient le plus souvent à une vente à crédit d'intrants ou d'équipements par les services de vulgarisation du projet. Ces derniers sont rarement préparés à asssurer une fonction bancaire. Un manque de professionnalisme certain caractérise la mise en oeuvre du programme de crédit. Pour placer les quantités d'intrants et de matériel prévues lors de la conception du projet, les agents de vulgarisation "démarchent" les agriculteurs.

- L'évaluation des demandes de crédit et des capacités de remboursement des emprunteurs, l'instruction et le suivi des dossiers de prêts sont largement insuffisants. En zone lacustre, au Mali (SRS-004 ML), l'instruction du crédit a été ramenée dans un premier temps à la simple signature d'un formulaire. Par la suite, cette procédure a disparu. A Ségou (103 ML), le projet n'a fait au départ preuve d'aucune prudence en matière de crédit d'équipement et a négligé l'évaluation des capacités de remboursement. Ceci a abouti à un surendettement des exploitations. Au Niger, dans le cadre du Programme spécial national FIDA-Niger (PSN) (SRS-009 NG, SRS-023 NG), la préparation des dossiers techniques et financiers nécessaires à l'établissement de la viabilité opérationnelle des motopompes et de la justification de la demande de crédit était inexistante.

- Les agriculteurs sont peu informés des conditions du crédit (taux d'intérêt, montant et date des échéances). Ces données de base ne sont parfois fournies aux emprunteurs qu'après livraison du matériel. Sur le PSN, au Niger (SRS-009 NG, SRS-023 NG), le montant de l'échéance individuelle n'a bien souvent été connu qu'après livraison de la motopompe. Pour les bénéficiaires, la notion de crédit engagé se réduit donc à une redevance due au projet, sans reconnaissance de la nature financière du prêt ni du niveau réel d'endettement. Le crédit est assimilé par les agriculteurs aux autres activités du projet.

A farmer buying fertilizer at the storehouse in Cinzana with the help of a loanGlobalement, les taux de remboursement obtenus par les projets ayant développé cette approche conduisent à une érosion rapide de la ligne de crédit et sont incompatibles avec la pérennité du système (26-SE: 77% ; 37-NG: inf. à 60%; 65-UV: 46%; 103-ML: 46%; 189-IC: 48%; SRS-009 NG, SRS-023 NG: 44%). A contrario, lorsque les décisions d'octroi des crédits relèvent d'opérateurs financiers compétents et indépendants, les taux de remboursement sont en général satisfaisants (289 BE: 89,4%; SRS-011 BF: 93-518; Kafo Jiginew: 99%; Crédit rural Guinée: 98%).

Lorsque le programme de crédit est mis en oeuvre par les services de vulgarisation du projet, lobjectif premier est le placement de quantités prédéterminées d'intrants et de matériel, au détriment de l'évaluation des capacités de remboursement et de l'instruction et du suivi des dossiers de prêt. Le crédit est rapidement considéré par les bénéficiaires comme une "manne" du projet. Cette approche - bien peu professionnelle - aboutit dans la majorité des cas à des taux de remboursement très insuffisants, incapables de garantir la pérennité du système.

- Le programme de crédit doit au moins constituer une entité autonome au sein du projet, avec sa logique propre. Les agents de crédit et les vulgarisateurs doivent être des personnes différentes, relevant d'institutions ou tout du moins de services distincts. L'objectif de recouvrement des crédits à 518 - et donc la préparation rigoureuse de dossiers techniques et financiers - doit précéder celui du placement d'intrants ou de matériel.

- La nécessaire distinction, par les bénéficiaires, entre le prestataire de services financiers et le projet, ainsi que le professionnalisme dans l'instruction des dossiers seront facilités par la sollicitation d'un opérateur extérieur pour la mise en oeuvre du programme crédit (dans le cas du Crédit mutuel en Guinée et du réseau Fédération des caisses dépargne et de crédit agricole (FECECAM) au Bénin, qui mettent en oeuvre les composantes crédit de projets FIDA, les taux de remboursement sont supérieurs à 95%).

- Lorsqu'un tel opérateur n'est pas présent dans la zone et que l'on considère que l'accès au crédit est une condition du développement, l'installation ou la création d'un système financier local doit devenir un objectif prioritaire du projet.

Select any of the following related project profiles for background information: 056 GU, 101 BE, 103 ML, 187 CG, 198 GH, SRS-011 BF, SRS-012 GU.

 


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