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De nombreux projets FIDA ont systématiquement cherché à constituer des groupes, groupements ou associations (Groupement villageois (GV), Groupement dintérêt économique (GIE), Association villageoise (AV)) afin de jouer le rôle d'intermédiaires entre l'organisme prêteur - présent ou non sur le terrain - et les individus demandeurs de crédit; mais aussi afin de servir de relais à la vulgarisation ou dentreprendre des actions de développement. L'appartenance à un groupe dûment constitué est lune des condition de l'accès au crédit. En assurant le recensement des besoins en crédit de ses membres, la distribution desdits crédits ainsi que la collecte des remboursements, le groupe permet de limiter l'intervention du prêteur, réalisant ainsi des "économies d'échelle". De plus, l'organisation en groupe ou groupement doit constituer une garantie au titre de la caution solidaire de ses membres. En pratique: - les groupements évalués ne tiennent pas - ou insuffisamment - à jour les documents de gestion nécessaires au suivi des prêts individuels. La transparence est loin d'être assurée et le savoir est concentré entre les mains des présidents et secrétaires de groupements. Ceci renforce le pouvoir des leaders et peut entraîner des abus. Les cas de détournement ne sont pas rares. De plus, la banque ou le projet ne tenant de comptabilité qu'au niveau du groupe, le cas échéant, l'origine des problèmes de remboursement est difficile à identifier; - la garantie ne fonctionne pas. La caution solidaire n'est pas effective et, compte tenu de linexistence fréquente de statut légal, les poursuite judiciaires sont souvent impossibles. Ce type de garantie est pourtant efficace dans les systèmes de crédit décentralisés inspirés de la Grameen Bank (Projet crédit rural en Guinée et Projet de promotion du petit crédit rural au Burkina Faso). La comparaison des expériences permet davancer lexplication suivante face au mauvais fonctionnement de la caution solidaire dans les groupements: la taille et la composition du groupe (3 à 6 personnes se connaissant bien pour le Crédit solidaire contre 10 à 100 personnes qui n'ont souvent en commun que le désir d'accéder au crédit dans la plupart des projets FIDA); le mode de constitution des groupes (précédée d'une phase importante d'information, dexpérimentation et danimation pour le Crédit solidaire ou les Caisses villageoises autogérées; rapide et artificiel dans la plupart des projets FIDA évalués); |
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Cette approche (qui se traduit par un nombre important de groupes présentant des impayés) a souvent provoqué l'exclusion d'un nombre important de groupes des systèmes de crédit en place ou à venir (26-SE, 103 ML). L'organisation des emprunteurs en groupes comme condition d'accès au crédit ne constitue pas en soi une garantie de succès dans la mesure où les groupes "du projet" se révèlent souvent artificiels (la caution solidaire est alors illusoire) et insufisammant formés pour assurer une bonne tenue des documents de gestion (abus de pouvoir et détournement sont alors facilités). La perspective d'émergence d'une nouvelle forme de système financier à partir de ces groupements multiformes (AV, GV, GIE) semble donc illusoire. Dans le cas où le système financier sollicité par le FIDA est présent sur le terrain: - le rôle du groupe doit être limité. L'organisme prêteur doit suivre les prêts non seulement au niveau du groupe mais au niveau des individus. Avec la réhabilitation, les Caisses locales de crédit agricole mutuel (CLCAM) ont réduit le groupe à un rôle de caution afin de limiter les problèmes de détournement (distribution des crédits individuels et suivi des prêts sont assurés par les CLCAM); - la phase d'information et d'animation préalable à la constitution dun groupe de solidarité requiert une grande attention. La collaboration avec des ONG pour la formation des groupes peut être fructueuse à condition que la coordination avec l'organisme prêteur soit assurée; - la dimension des groupes emprunteurs doit être limitée à un maximum de 10 personnes, choisis par cooptation libre, afin de garantir la confiance réciproque entre les membres et dassurer une pression efficace en cas de problème de remboursement. Sil n'existe pas de système financier actif dans la zone d'intervention, l'approche groupement ou association à vocation multiple devrait néanmoins être évitée au profit de l'appui au développement d'un système financier local spécialisé. Cette approche nécessite des investissements importants en matière de recherche, formation et animation et peut facilement constituer un projet à part entière. La collaboration dopérateurs ayant donné les preuves de leurs compétences dans la promotion de systèmes financiers décentralisés devrait être systématiquement recherchée. Pour toute information générale, sélectionner lune des fiches de projet suivantes: 056 GU, 101 BE, 103 ML, 187 CG, 198 GH, SRS-011 BF, SRS-012 GU.
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