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A la suite des résultats décevants des opérations classiques de crédit agricole en Afrique de l'ouest, des projets visant la promotion de la fonction épargne ont fait leur apparition. Dans la perspective du développement de systèmes financiers ruraux durables, la mobilisation de l'épargne est considérée comme un gage de pérennité du système. L'approche "Epargne préalable au crédit" développée par les systèmes de type Coopératives dépargne et de crédit (COOPEC)/Caisses mutuelles doit, contrairement aux expériences précédentes où l'"argent froid" des projets était mal remboursé, susciter une volonté de remboursement et une appropriation du service financier par les emprunteurs-épargnants ("argent chaud"). Dans certains projets, l'accès au crédit devient même secondaire et la mobilisation, la sécurisation de l'épargne ainsi que la promotion d'une "culture de l'épargne" sont considérées comme des objectifs prioritaires. Cette approche aboutit à des taux de remboursement satisfaisants et ouvre des perspectives de pérennité intéressantes (sinon garanties comme le montrent les difficultés actuelles du Crédit mutuel de Guinée). Elle comporte néanmoins un certain nombre de limites: - en milieu rural, et ce d'autant plus que la zone est difficile et la population démunie, la capacité de mobilisation de l'épargne monétaire est limitée. Ceci se traduit par des problèmes de rentabilité des caisses dans certaines zones (Caisses locales de crédit agricole mutuel (CLCAM) de l'Atacora non cotonnier, Caisses mutuelles de Siguiri en Guinée) ou par une capacité de prêt limitée; - lorsque la liaison épargne préalable et crédit se fait au niveau des individus (lorsquun individu, pour emprunter, doit avoir préalablement constitué une épargne de 10 à 50% du montant du prêt), une partie de la population cible du FIDA (les femmes et les petits agriculteurs) se trouve de fait exclue du crédit. Dans d'autres cas, le blocage d'un fonds de roulement sur quelques mois, pour remplir cette condition, peut affecter négativement la rentabilité de l'activité envisagée (cas de femmes commerçantes de l'Atacora au Bénin); |
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- dans les systèmes mutualistes nationaux où les coûts de fonctionnement des échelons supérieurs (ou les placements des surplus d'épargne) sont parfois mal maîtrisés, les pertes peuvent se révéler considérables pour les épargnants de base. De manière générale, tout placement de l'épargne d'une Caisse locale à un échelon supérieur (généralement urbain) constitue une perte de ressources financières pour le développement local; - le coût de gestion de l'épargne est souvent important (permanence du personnel, imprimés épargne improductive dans le coffre-fort, etc.) et les possibilités de détournement sont accrues du fait de la multiplication du nombre de manipulations nécessaires pour la sécurisation de l'épargne. Les modèles mutualistes ou coopératifs classiques ne devraient pas être considérés comme l'unique alternative à l'échec du "crédit-projet". Il existe d'autre types de systèmes financiers décentralisés (Crédit solidaire, Caisses villageoises autogérées) dont les résultats montrent que la problématique "argent chaud/argent froid" peut être dépassée et que la caution solidaire au niveau d'un petit groupe d'emprunteurs assure des taux de remboursement satisfaisants; que la constitution d'épargne, effectivement nécessaire à la pérennité du système, peut être abordée après le crédit (épargne forcée). La constitution du capital propre du système est alors plus lente, mais le ciblage sur les populations les plus défavorisées est effectif (98% de femmes parmi les bénéficiaires des crédits du Projet de promotion du petit crédit rural au Burkina Faso). Ainsi, au-delà des différences de philosophie et des caractéristiques de chaque système, il apparaît que: - pour toucher certains groupes cibles très pauvres, de petits crédits devraient pouvoir être accessibles sans épargne préalable. Au Bénin, pour diversifier leur clientèle en faveur des femmes, les CLCAM développent depuis peu une nouvelle forme de crédit: le "tout petit crédit aux femmes" qui est un crédit de faible montant mais accessible sans épargne préalable; - pour constituer les ressources propres du système, la mobilisation de l'épargne peut s'effectuer de plusieurs façons: dépôts libres, épargne comme condition d'accès au crédit, épargne forcée (une partie du prêt consenti est bloquée). La combinaison de ces types d'épargne à l'intérieur d'un même système, en fonction de la clientèle et du type de crédit proposé, est recommandée. Dans tous les cas, la mobilisation de l'épargne ne doit pas manquer de s'accompagner de mécanismes de contrôle et d'audit; - le système financier mis en place peut jouer un rôle d'intermédiation entre les populations et les institutions financières formelles en négociant des refinancements (les Caisses villageoises autogérées du pays Dogon sont refinancées par la Banque nationale de développement agricole (BNDA)). Ceci lui permettra d'augmenter sa capacité de prêt même si la capacité de mobilisation de l'épargne locale est limitée, ou encore de mettre en place des crédits moyen terme même si ses ressources propres proviennent de dépôts court terme.
Pour toute information générale, sélectionner lune des fiches de projet suivantes: 056 GU, 101 BE, 103 ML, 187 CG, 198 GH, SRS-011 BF, SRS-012 GU.
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