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Dans la majorité des projets agricoles du FIDA évalués en Afrique de l'ouest, la composante crédit s'est soldée par un échec en termes de viabilité du service financier mis en place. Les taux de remboursement, souvent assez bons en début de projet, se détériorent, parvenant à des niveaux inférieurs à 80%, voire souvent 50%. A Ségou, au Mali (103 ML), les taux de remboursement des crédits court terme et moyen terme, de 518 les trois premières années, sont tombés à 46% pour le court terme et 36% pour le moyen terme la cinquième année. Les évolutions constatées sont presque toujours négatives et rares sont les projets ayant réussi à redresser une situation difficile. Au contraire, la détérioration du système de crédit mis en place conduit parfois à l'arrêt du crédit ou à l'exclusion du système d'un grand nombre d'emprunteurs. Au Sénégal, à la suite du Projet M'Bour Louga (26-SE), 800 groupements se sont endettés auprès de la Société de développement et de vulgarisation agricole (SODEVA) et ne sont donc plus éligibles au crédit de la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS). A Siguiri, en Guinée, après quatre ans et des taux de remboursement de 26% pour les engrais et 69% pour les semences, le programme de crédit a été stoppé. Dans d'autres cas, on constate - au stade de l'évaluation - que les bénéficiaires ne font pas partie du groupe cible visé. Au Fouta Djallon, en Guinée (SRS-012 GU), les bénéficiaires du crédit interne réalisé par les Associations villageoises (AV) sont en grande majorité les commerçants ou les notables du village. Ainsi, la mise en oeuvre des composantes crédit est caractérisée par la timidité ou l'absence de réaction face à des évolutions non conformes aux résultats recherchés. - Les indicateurs financiers de base (volumes de crédit, d'épargne, taux de remboursement) sont souvent incomplets ou peu fiables. - Le suivi individuel des prêts n'est pas réalisé; il est laissé à la charge des groupements, lesquels sont le plus souvent incapables de le mener à bien. A Ségou, les crédits culture attelée étaient enregistrés au niveau de l'AV seulement; le montant des prêts individuels n'étant pas connu du projet. Des cas de surendettement évident sont ainsi passés inaperçus. |
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- L'appartenance ou non des bénéficiaires au groupe cible est mal connue, voire totalement inconnue. Les données relatives à la répartition des crédits entre hommes et femmes, par exemple, ne sont pas systématiquement disponibles. En l'absence d'un outil d'information et de réflexion pour la gestion et l'orientation du système de crédit, les résultats se détériorent tout au long de la vie du projet, sans explication des difficultés rencontrées, et donc sans possibilité de réorientation et d'amélioration. - Le suivi-évaluation des systèmes financiers doit permettre, grâce à des informations disponibles rapidement, de connaître la situation, entraînant ainsi une réorientation rapide en cas de résultats peu satisfaisants: i) un bon système comptable fournira tous les élements permettant d'apprécier la viabilité financière du système et de réaliser un compte d'exploitation (produits et charges bancaires, charges de fonctionnement et risques). Les taux de remboursement (à l'échéance, à un mois, à trois mois, à un an) constituent les principaux indicateurs permettant de réagir vite et de disposer de comparaisons fiables; ii) un suivi individuel des emprunteurs permettra d'apprécier s'il y a ou non adéquation entre le type d'emprunteur, les activités économiques financées et les modalités de crédit, et donc de préciser les causes des difficultés éventuelles se traduisant par de bas taux de remboursement. L'appartenance des bénéficiaires au groupe cible sera donc connue, ainsi que le rentabilité des activités financées. Ce suivi se fera grâce à une analyse systématique des dossiers de prêts et par des enquêtes approfondies auprès de certains bénéficiaires. - L'efficacité du suivi évaluation sera facilitée par une répartition claire des responsabilités. L'autonomie de la fonction crédit doit être encouragée car elle permet d'éviter les partages de responsabilités entre le projet, la banque, les groupements, ce qui aboutit finalement à l'absence ou à l'insuffisance de suivi. - Seule une démarche progressive de mise en place des crédits permettra au système de suivi-évaluation d'être pleinement opérationnel. A Ségou, l'attribution massive des crédits moyen terme en début de projet rendait caduque toute réadaptation. En revanche, dans l'Atacora, la mise en place des crédits moyen terme par les Caisses locales de crédit agricole mutuel (CLCAM) se fait d'abord à petite échelle; les résultats seront analysés grâce au suivi-évaluation et les modalités réorientées en conséquence. Pour toute information générale, sélectionner lune des fiches de projet suivantes: 056 GU, 101 BE, 103 ML, 187 CG, 198 GH, SRS-011 BF, SRS-012 GU.
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