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  International Fund for Agricultural Development

En vue dassurer la pérennité de ses programmes de crédit, le FIDA a fréquement cherché à impliquer des institutions bancaires locales (banques de développement agricole ou banques classiques) dans la gestion des crédits. Dans de nombreux pays (Mali, Niger, Sénégal, Burkina Faso, Centrafrique, etc.), les banques de développement agricole - et a fortiori les banques classiques - sont peu présentes sur le terrain et ne financent que faiblement l'agriculture (ou alors presque uniquement les cultures de rente type coton). Le schéma retenu a généralement été le suivant: la gestion des crédits est théoriquement à la charge de la banque considérée; l'organisation des producteurs en groupements ou en Associations villageoises (AV) doit permettre de pallier la difficulté pour la banque d'assurer un service de proximité; le projet doit collaborer avec la banque en ce qui concerne le suivi des prêts. Une ligne de crédit est mise à la disposition de la banque et un appui institutionnel prend en charge l'installation d'agences sur le terrain. La banque, tout au moins dans un premier temps, n'assure pas les risques de non remboursement (en général à la charge du gouvernement).

En pratique, l'implication de la banque au niveau de la gestion des crédits du projet se révèle très artificielle. Le projet assure en fait l'essentiel des fonctions d'instruction, de distribution, de suivi et de recouvrement des prêts au niveau des groupements. Ces derniers se révèlent incapables de jouer un rôle d'intermédiaire financier. La banque se contente souvent d'assurer la comptabilité des opérations, ce qui est totalement positif pour la banque: elle ne prend aucun risque; le projet assure l'essentiel des opérations et le différentiel de taux entre la ligne de crédit rétrocédée et les crédits accordés lui procure des bénéfices confortables. Dans certains cas, l'installation dagences locales ou la visite régulière d'un agent de crédit n'a pas été effective (S04-ML, SRS-011 BF, SRS-009 NG, SRS-023 NG, 245 CA). Il arrive même que la banque se retire de la zone du projet (SRS-004 ML, SRS-011 BF). Le projet, tout à son objectif de fourniture d'intrants et d'équipements, assure alors totalement la gestion du programme de crédit et néglige la pérennité institutionnelle. A Ségou (103 ML et 278 ML), l'implication de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) est en partie réussie. L'agence qui a été ouverte diversifie ses activités (opérations non liées au projet). Pour la deuxième phase, les risques de non remboursement sont à la charge de la BNDA. Mais les bureaux périodiques capables d'assurer un service de proximité n'ont pas encore été ouverts et le projet continue de jouer les intermédiaires obligés entre la BNDA et les bénéficiaires. Aussi, jusqu'à présent, la pérennité institutionnelle des systèmes de crédit n'a été atteinte par aucun des projets ayant adopté cette approche. Ceci est valable même lorsque les taux de remboursement sont bons. Le taux de remboursement des crédits motopompes dans la vallée de la Komadougou est de 518, mais la Banque internationale pour lAfrique de louest (BIAO) ne s'implique pas sur le terrain.

Literacy corse for adults in the community center of CinzanaLorsqu'une institution bancaire n'est pas présente et active sur le terrain, l'appui institutionnel et la fourniture de lignes de crédit ne suffisent pas à assurer son implication et la pérennité institutionnelle d'un service de crédit de proximité. La constitution de groupements ou AV à vocation multiple afin dassurer l'intermédiation financière entre une banque et des individus s'est généralement révélée illusoire.

Lorsque les banques ne sont pas impliquées sur le terrain, la mise en oeuvre des composantes crédit des projets doit passer par un appui à des systèmes financiers locaux spécialisés (ou à leur constitution), capables d'assurer un service de proximité à des bénéficiaires individuels. Deux grands types de systèmes financiers décentralisés sont envisageables:

- des systèmes qui peuvent s'articuler avec le système bancaire, et donc jouer un rôle d'intermédiaire entre bénéficiaires et banques. Les Caisses villageoises autogérées promues par le Centre international de développement et de recherche (CIDR, France), après constitution d'un capital propre provenant de l'épargne des sociétaires, négocient des refinancements auprès des banques. Le Projet de promotion du petit crédit rural au Burkina Faso est refinancé par la Caisse nationale de crédit agricole (CNCA). Appui institutionnel à ces systèmes décentralisés et ligne de crédit peuvent alors être fournis par le bailleur. C'est d'ailleurs l'approche développée dans le rapport de préévaluation du Projet de diversification des revenus à Mali-sud;

- des systèmes qui, par définition, sont autonomes par rapport au système bancaire, tels que les réseaux de caisses d'épargne et de crédit (Caisses régionales/locales de crédit agricole mutuel (CRCAM/CLCAM) au Bénin; Crédit mutuel en Guinée, au Sénégal). Les ressources proviennent de l'épargne des sociétaire. L'action du FIDA passe par un appui institutionnel, éventuellement, dans des cas bien précis, par une ligne de crédit (pour le crédit moyen terme par exemple) ou par la mise en place de Fonds de garantie. C'est l'approche développée par certains projets, notamment au Bénin et en Guinée.

Pour toute information générale, sélectionner lune des fiches de projet suivantes: 056 GU, 101 BE, 103 ML, 187 CG, 198 GH, SRS-011 BF, SRS-012 GU.

 


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