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  International Fund for Agricultural Development

L'équilibre financier est une condition essentielle de la pérennité des Systèmes financiers décentralisés (SFD).

La condition de cet équilibre est:

Intérêts encaissés sur les prêts Rémunération payée sur l'argent

+ Intérêts encaissés sur les placements < + Charges de fonctionnement

+ Commissions ou frais encaissés sur clients + Provisions pour risques d'impayés

Les variables concernées sont donc en nombre limité: volume d'activité, taux de réemploi de l'épargne, taux d'intérêt sur les crédits, rémunération des placements des excédents, taux de rémunération de l'épargne des déposants, charges de fonctionnement et provisions pour impayés. Sur certaines variables, comme les intérêts sur placements, les SFD n'ont aucune prise. D'autres sont déterminées plus ou moins librement par les réseaux. La maîtrise des charges (importance et rémunération du personnel, moyens de déplacement), la maîtrise des impayés et des détournements ainsi que la liberté de fixation des taux d'intérêt sur l'épargne et les crédits constituent les conditions d'une gestion équilibrée.

Les SFD se sont créés et développés en marge du secteur bancaire et de sa législation. L'importance croissante de ces systèmes entraîne la nécessité de leur fournir un cadre juridique adapté. Les législations en cours d'application dans les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) font référence à des ratios prudentiels et à une loi sur l'usure qui fixe le "taux d'usure" au double du taux d'escompte de la Banque centrale (soit 17%/an en 1995). Rares sont les SFD en mesure de s'y soumettre. La plupart d'entre eux doivent prêter à plus de 2% par mois (en zone Franc) pour couvrir les charges d'un service de proximité à une clientèle rurale pauvre et dispersée, tout en offrant une rémunération de l'épargne attractive. Les taux actuellement pratiqués sont très inférieurs à ceux des usuriers et ne sont pas prohibitifs pour les petits prêts à court terme intéressant la majorité des ruraux.

Youngsters arranging a stone `diguette', a technique to combat soil erosionL'expérience montre que l'obtention de l'équilibre financier d'un SFD est un processus long, qui demande 4 à 5 ans au niveau d'une caisse locale et 10 à 15 ans à l'échelon régional. Ce délai dépasse l'horizon des projets d'investissement classiques (6 à 7 ans) mais pas la durée effective de présence du FIDA dans la plupart de ses zones d'intervention. En effet, la conjugaison des reports de cloture de prêts et des "secondes phases" fait que cette présence effective dans une région donnée atteint fréquemment 15 ans (Ségou/Mali, Atacora/Bénin, Siguiri/Guinée, Ombella M'poko/RCA, etc.). Pleinement reconnue, cette réalité autoriserait une programmation à moyen terme permettant d'accompagner des SFD régionaux jusqu'à leur régime de croisière.

- Quel que soit le modèle de SFD, une dynamique conjointe de l'épargne et du crédit doit être recherchée. Le besoin de crédit incite à l'épargne et celle-ci stagne si la distribution du crédit est trop prudente. Le crédit doit donc rapidement commencer, mais d'abord à court terme et à petite échelle.

- Servir des ruraux pauvres, nombreux et dispersés, coûte plus cher que financer des urbains riches et concentrés. Les taux d'intérêt de l'épargne et du crédit doivent pouvoir être fixés librement par les SFD avec un différentiel suffisant (10 à 15%). La référence à l'actuelle loi sur l'usure en vigueur dans l'UEMOA doit être évitée; sinon, ce taux de référence doit être fixé de façon plus réaliste.

- Les frais de fonctionnement doivent être limités. Cependant, le bénévolat, souvent retenu dans cette optique, présente des limites certaines, y compris au niveau villageois. La rémunération des gérants de caisse pourra être divisée entre un minimum fixe et une commission variable en fonction des résultats (augmentation de l'épargne, taux de récupération du crédit).

- Rigueur absolue et transparence doivent régir la distribution des crédits. Le remboursement à 518 à échéance normale doit être activement recherché par l'examen prudent des demandes de prêts et le blocage de tout nouveau crédit lorsque ce résultat n'est pas atteint.

- Les unions régionales et nationales de caisses doivent se limiter aux fonctions indispensables (principe de subsidiarité) et rester sous le contrôle des représentants des caisses locales.

L'appui à un SFD demande une continuité sur une durée dépassant celle d'un projet normal. Il doit relever d'un programme à moyen terme (10 à 15 ans pour un SFD régional en démarrage). Outre le financement des investissements nécessaires au développement du réseau, cet appui doit comporter une subvention dégressive au fonctionnement pendant la phase de croissance jusqu'au "régime de croisière". Cette subvention doit s'établir sur un suivi rigoureux des comptes d'exploitation afin d'éviter toute dérive des charges.

Pour toute information générale, sélectionner lune des fiches de projet suivantes: 056 GU, 101 BE, 103 ML, 187 CG, 198 GH, SRS-011 BRm SRS-012 GU.

 


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