Office of Evaluation and Studies    
  International Fund for Agricultural Development

Appui à l'Équipement Agricole et Promotion des Petites Entreprises Locales - Afrique de l'Ouest

En Afrique de l'ouest, la promotion des petits industries locales de matériel agricole a connu un certain succès dans les zones cotonnières de Mali Sud ("action forgerons") ou du Borgou au Bénin, mais également dans des régions plus défavorisées comme le Chari-Baguirmi au Tchad (Projet ACORD) ou le Yatenga au Burkina Faso (ateliers de la Fédération des groupements Naams). Dans ces régions agricoles défavorisées où la diversification des activités économiques et des emplois est un impératif reconnu, l'artisanat métallurgique est encore largement répandu dans les villages et les agglomérations rurales et concerne des ménages appartenant au groupe cible du FIDA.

Pourtant, les projets du Fonds comportant une composante crédit et/ou approvisionnement pour l'équipement agricole (charrues, charrettes, brouettes, petit outillage) fournissent souvent eux-mêmes les matériels aux agriculteurs (vente à crédit) après s'être approvisionnés auprès de fabricants industriels localisés hors de la région d'intervention (103-ML, 101-BE, S11-BF, S12-GU). Les artisans et petites entreprises locales en mesure de produire des outils ou des pièces de qualité à des prix souvent comparables à ceux des produits industriels sont concurrencés et défavorisés par ces services publics d'approvisionnement, surtout lorsque les crédits ne sont accordés que sur les matériels vendus directement par les projets. Lorsque le recours à l'importation est inévitable (motopompes, moulins, engrais), les procédures d'acquisition par appel d'offre et de vente à crédit par les projets (S09/23-NG, S012-GU) défavorisent également les commerçants locaux et introduisent souvent des modèles ou des marques non diffusés (et donc non réparés) par les circuits existants.

Paradoxalement, ces cas de figure s'observent même dans des projets de développement rural comportant explicitement une composante d'appui aux petites entreprises (101-BE, 103-ML), lesquels perdent ainsi une opportunité de développer des synergies intersectorielles à l'intérieur de leur zone d'intervention. Les secteurs économiques locaux situés en amont de l'agriculture (production, réparation et commerce d'intrants, outils et matériels) devraient pouvoir bénéficier davantage de la demande suscitée par les projets agricoles.

Dans le souci:

i) de promouvoir les activités et l'emploi non agricole dans les zones d'intervention du Fonds;

ii) de réduire les charges administratives et logistiques des services de vulgarisation, charges souvent insoutenables au-delà du financement extérieur;

iii) d’instaurer des relations directes entre agriculteurs et fabricants de matériel permettant d'améliorer la qualité et l'adaptation des outils aux conditions locales;

iv) d’assurer la continuité de l'approvisionnement et de garantir un service après-vente aux acquéreurs de matériel après la fin du projet,

- les projets financés par le Fonds devraient systématiquement privilégier les petites entreprises et artisans locaux, d'une part en orientant vers eux leur clientèle, d'autre part en fournissant à ces petites entreprises des services leur permettant de développer leurs activités et d'améliorer leurs produits: formation et conseil technique, fonds de garantie leur permettant d'accéder à des crédits d'équipement, campagne de promotion, etc. A cet égard, l'expérience en cours au Tchad associant un projet du FIDA (S29-CD) et l'Organisation non gouvernementale (ONG) ACORD devrait être suivie avec une attention particulière.

- Lorsqu'il sagit de diffuser des équipements dont la fabrication est à la portée des petites entreprises locales, le recours à l'importation devrait être évité. Dans le cas contraire, on devrait privilégier les circuits commerciaux existant dans la région. Les procédures actuelles d'acquisition de biens par les projets ainsi que les législations nationales des marchés publics (lots importants, appels d'offre) défavorisent les petits fabricants et commerçants locaux. Les inconvénients de ces procédures et législations peuvent être évités en privilégiant les transactions directes entre groupements paysans et fabricants ou commerçants locaux. Les projets joueraient alors un rôle de facilitateurs d'opérations privées et non d'opérateurs commerciaux se substituant aux agents économiques locaux.

- Au stade de la conception des projets, l'utilisation de tableaux d'échange inter-branches simples pourrait faciliter l'indentification précoce des synergies intersectorielles potentielles et des opportunités à saisir pour la promotion d'activités artisanales et commerciales locales en liaison avec le développement agricole.

REFERENCES FIDA:

1. Benin - Atacora Rural Development Project, 101-BE% R101BEBE, Interim Evaluation, 1991.

2. Mali - Projet fonds de développement villageois de Ségou, 103-ML% R103MLBF, Interim Evaluation, 1990.

 


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