Résumé du rapport d'évaluation intermédiaire
Le PSN est constitué de trois sous programmes ou "volets"
répartis dans cinq zones d'intervention ou "unités de terrain"
(UT) très dispersées et hétérogènes et constituant autant de projets localisés
de dimensions modestes: la petite irrigation -23% du coût de base
(c.b.) - dans les vallées du Niger (département de Tillabéri) et
de la Komadougou-Yobé (département de Diffa), la Conservation des
eaux et du sol/Défense et restauration des sols (CES/DRS) -17% c.b.-
dans l'arrondissement d'Illela (département de Tahoua, UT de Badaguichéri),
et enfin le volet développement pastoral - 20% c.b.- à Tchintabaraden
(département de Tahoua) et Tchirozérine (département d'Agadez).
Des actions complémentaires de recherche appliquée - 10 % c.b.- et de
crédit - 13% c.b.- devaient soutenir l'exécution du programme.
Seuls les volets CES/DRS et petite irrigation ont été évalués en 1993.
Le volet développement pastoral n'a pu l'être pour des raisons de sécurité.
Ce résumé concerne l'évaluation du volet CES/DRS.
L'UT de Badaguichéri (arrondissement d'Illela) est constitué par un vaste
plateau de grès ferrugineux entaillé par trois profondes vallées. La pluviométrie
moyenne est de 450 mm. Traditionnellement, la plaine alluviale (sols argilo-calcaire)
est cultivée en mil et les plateaux réservés aux troupeaux avec quelques
ilots de cultures. La pression démographique a conduit au défrichement
rapide des plateaux, à une concurrence de plus en plus grande entre activités
pastorales et agricoles et donc à des conflits agriculteurs-éleveurs.
Le potentiel agricole de la zone, autrefois important, est en danger.
La zone est désormais déficitaire en céréales. Confrontée à une baisse
de la pluviométrie et à une forte dégradation des ressources foncières,
fourragères et ligneuses, la population active masculine se livre à un
exode saisonnier systématique, indispensable à la survie des ménages mais
qui diminue d'autant la capacité locale de réaction à la crise du système
agraire.
Conception et objectifs du projet
Groupe cible
Le groupe cible est, comme pour l'ensemble du Programme relativement
indifférencié, constitué par l'ensemble de la population rurale communément
menacée par les aléas climatiques et le processus de désertification.
Objectifs et composantes
du volet
L'objectif spécifique de ce volet pilote et expérimental est la
conservation des eaux et des sols pour optimiser l'utilisation des
ressources hydriques. Il permettra l'assistance au gouvernement pour déterminer
une politique et une stratégie de conservation des eaux et des sols et
un mécanisme de soutien approprié.
Les composantes sont:
- l'introduction, à titre pilote, sur environ 3.000 ha de terres agricoles,
de techniques locales améliorées de CES qui permettraient de
remettre en exploitation 1.000 ha abandonnés sur les 3.000 ha aménagés.Il
est prévu que 1.500 agriculteurs appliquent les techniques de CES (cordons
de pierres, demi-lunes, billons, paillage et brise vent) sur 2.500 ha
au niveau de leurs exploitations. Hors exploitation, 500 ha seront traités
par des techniques telles que murets en pierres et billons, fixation
de dunes, traitement de koris par plantations, barrages en pierres sèches,
seuils et épis en gabions et brise-vents.
- la réhabilitation de terres dégradées sur une superficie de
500 ha grâce à des techniques simples permettant de mettre à l'épreuve
de nouveaux systèmes de lutte contre le ravinement.
- la création d'une pépinière à Illela d'une capacité de production
de 25.000 plants. 50 pépinières villageoises, d'une capacité de 500
plants chacune seront installées à partir de la troisième année.
La vulgarisation (information, formation, réalisation de films
vidéo) ainsi que le soutien aux villageois pour le travail d'aménagement
à fournir (rémunération ou incitation) devait permettre la réalisation
de ce volet. Un programme de recherche apliquée devait permettre
de déterminer l'impact des techniques de conservation sur la production.
Un système de suivi-évaluation basé sur des enquêtes socio-économiques
devait être mis en oeuvre.
Effets attendus et hypothèses
Sur le plan agricole, on prévoyait une augmentation des rendements
de 50% et une production supplémentaire sur 2.500 ha de 500 tonnes de
mil/sorgho et de près de 200 t de niébé. Le revenu net des exploitants
devait augmenter de 60-70%. Et, le programme devait produire des effets
bénéfiques sur l'emploi grâce à l'accroissement de la production et au
renforcement de l'activité économique locale. Enfin, pour ce qui concerne
l'environnement, on prévoyait des effets positifs considérables découlant
de la bonification de terres non utilisées, du reboisement et de la mise
en oeuvre des techniques de conservation.
Le projet faisait l'hypothèse que des échanges entre producteurs de
la zone du projet et les bénéficiaires de projets similaires au Burkina
permettraient de convaincre les agriculteurs d'adopter des techniques
insuffisamment rentables à court terme.
Évaluation
Evolution
du contexte de mise en oeuvre
Les 4 premières années du PSN ont coincidé avec de profonds changements
dans la situation politique qui ont abouti à une réforme constitutionnelle
et à l'instauration de la IIIème République. Marqués par des grèves et
des manifestations contre le régime, les évènements politiques ont paralysé
l'action gouvernementale pendant une partie des années 90 et 91 ainsi
que le fonctionnement de l'administration. Ils ont aussi perturbé l'activité
économique du pays.
Réalisations du volet
Pour la période 1989 - mi 93, les réalisations en matière de CES/DRS
ont porté sur près de 2.700 ha soit 90% des prévisions. Cependant, la
répartition par type d'ouvrage ou de traitement est très différente de
celle initiallement prévue. Les aménagements anti-érosifs durables et
en particulier les cordons de pierres ont été inférieurs aux prévisions
(540 ha au lieu de 2.300 ha), alors que les tassa, plus assimilables à
une technique culturale qu'à des aménagements ont connus un succès certain
(1 342 ha). 335 ha de demi-lunes ont été réalisés sur 320 ha prévus. Les
migrations saisonnières ont empêché les ménages les plus pauvres de réaliser
ces aménagements. Le taux de réalisation doit être pondéré par la quantité
de travail mobilisé sur les différents types d'aménagements. En terme
d'effort d'investissement des participants, on aboutit alors à un taux
de réalisation par rapport aux objectifs de l'ordre de 70%.
Des fosses fumières qui n'étaient pas prévues (75) ont été réalisées.
Leur diffusion est limitée par la quantité de bétail possédée par concession
et la faiblesse des moyens de transport disponibles. Ces fosses sont aménagées
par une minorité de paysans aisés.
La production de plans en pépinière a très largement dépassé les
prévisions (718.000 plants produits contre 25.000 prévus. Les plants produits
ont été utilisés pour le traitement biologique des koris (74 km de plantations
le long des koris) et pour le reboisement de 1.723 ha pour la production
de bois de feu, de construction et de protection des champs privés (haies
vives). Les aménagements sylvo-pastoraux ont permis la regénération de
202 ha de terres de parcours.
La "rémunération" ou "incitation" aux travaux
collectifs de CES/DRS a atteint, à mi-1993, 188,4 millions de FCFA répartis
en construction d'infrastructures (3 dispensaires, 19 écoles, 2 magasins,
51 puits maraichers), petit outillage et rations PAM.
Un film vidéo a été tourné avec les paysans. C'est une forme de diffusion
autonome très forte mais peu utilisée car jugée "folklorique"
par la direction.
Des essais instructifs ont été réalisés en milieu controlé sur les
stations de Nadara et de Salama (fertilisation, densités de tassa et de
demi-lunes). Par contre aucune recherche n'a été entreprise sur les aménagements
sylvo-pastoraux ni sur les effets antiérosifs des différentes techniques
de conservation mises en pratique.
Appréciation des effets du projet et de leur pérennité
Bénéficiaires: Le programme a touché un grand nombre de villages
(75 sur 141), mais guère plus de 1.200 exploitants, soit moins de 10%
du nombre d'exploitants dans les villages participants. Il apparaît
que la plupart des exploitations bénéficiaires sont d'une taille supérieure
à la moyenne des exploitations de la zone et d'un statut social relativement
élevé. Les ménages les plus pauvres ne disposent pas d'une force de
travail suffisante en saison sèche pour s'engager dans des travaux d'aménagement
lourds. Pour les exploitations ayant adopté les techniques recommandées,
la superficie aménagée est de 35 à 45% de la superficie cultivée. Au niveau
de l'arrondissement, la proportion de terres aménagées par le programme
sur l'ensemble des terres cultivées en mil est de l'ordre de 2%.
On estime que l'augmentation de superficie cultivée due à
la remise en état de terres dégradées grâce aux aménagements du projet
est de l'ordre de 1.300 ha de mil. Les tassa et les demi-lunes améliorent
incontestablement les rendements de mil et en réduisent légèrement
la variabilité inter-annuelle. Pour les ménages concernés, le disponible
vivrier augmenterait de 30 à 50% selon les années soit 350 à 850 t
de mil additionnelles par an pour 1.200 exploitations.
Il est difficile d'évaluer l'effet de ce volet sur l'ensemble de
la zone car beaucoup d'exploitants, spontanément, en dehors de l'intervention
directe de l'UT (mais en s'inspirant des méthodes qu'elle a diffusé) ont
réalisé des tassas et des demi-lunes. L'importance de ce phénomène n'a
pas été suivie.
Effets du projet sur l'environnement et sur la base de ressource:
le PSN a initié une dynamique importante dans l'amélioration des pratiques
culturales tendant à optimiser l'utilisation des ressources en eau, à
conserver les sols et à remettre en culture des terres abandonnées. Mais,
il n'a pas encore permis de restaurer les paturages. Or, leur dégradation
a des conséquences biologiques: défaut de germination voire diminution
des stocks semenciers des espèces fourragères quand les zones dégradées
sont trop étendues.
Appréciation de la durabilité du projet: le déséquilibre entre
aménagements réalisés sur exploitation et hors exploitation ne permet
pas d'établir un équilibre durable entre les systèmes de production agro-sylvo-pastoraux
et les ressources des terroirs (voir para 20).
Principaux problèmes
rencontrés
Des mesures incitatives mal conçues et peu efficaces
Les exploitants les plus pauvres, contraints à l'exode, n'ont pu réaliser
des aménagements en demi-lunes ou tassa sur leurs champs. L'assurance
d'une sécurité alimentaire sous forme de contrat d'aménagements avec compensation
provisoire en vivres ou en numéraire aurait pu limiter l'exode saisonnier
des actifs masculins. De même, en ce qui concerne les travaux collectifs,
leur rémunération sous forme d'infrastructures communautaires, si utiles
soient elles ne compense pas l'insuffisance des ressources des familles
comme le ferait la rémunération sous forme de vivres. Elle exige par contre
une contribution de la main d'oeuvre villageoise qui a déjà du mal à se
mobiliser sur les travaux anti-érosifs. En plus du manque de main d'oeuvre
en saison sèche, l'insuffisance de fumure organique pour les cultures
représente la principale contrainte à l'augmentation des tassa et des
demi-lunes qui ne couvrent pour l'instant qu'une infime partie des champs
cultivés de l'arrondissement. Or, les agriculteurs sont convaincus de
l'utilité de la fumure organique mais limités par un effectif de bétail
insuffisant, la rareté des moyens de transport et l'inexistence des fosses
fumières (qui nécessitent elle-même des moyens de transport, des ressources
en eau et une disponibilité en main d'oeuvre).
Cependant, on constate que les dépenses d'"intéressement"
du projet sont élevées: 188,4 millions de FCFA soit 1.250 FCFA par h/j
en tenant compte de la totalité des travaux effectués y compris les tassa
sur champs individuels. Mais, elles ont concerné pour les 2/3 (120,8 millions
de FCFA) la construction d'infrastructures communautaires. Les distribution
de vivres PAM (23% des dépenses) ont été très inégalement réparties sans
que cette répartition corresponde aux quantités de travaux effectués.
Exception faite du petit outillage (13% des dépenses, 24,3 millions de
FCFA), les dépenses effectuées n'ont pas concerné des investissements
complémentaires des travaux de CES comme les charettes et puits villageois.
L'inadéquation des mesures incitatives aux besoins des exploitants limite
d'autant la portée du programme.
Un déséquilibre entre les aménagements réalisés "sur exploitation"
et "hors exploitation"
Il a suscité l'intérêt des agriculteurs pour les techniques préconisées
parce qu'elles apportaient une réponse à leurs préocupations immédiates:
raréfaction et dégradation des terres, baisse des rendements et des productions
et au total augmentation de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire.
Mais, le PSN n'est pas encore parvenu à mobiliser les villages pour une
action d'ensemble en matière de CES/DRS, agroforesterie, gestion des parcours
et hydraulique visant à préserver ou rétablir un équilibre durable entre
les systèmes de production agro-sylvo-pastoraux et les ressources des
terroirs. Si cette lacune n'est pas comblée, les efforts du PSN pour améliorer
les techniques culturales trouveront rapidement leurs limites.
Bailleur de fonds et autorités doivent définir leurs objectifs. La restauration
des paturages sera forcément plus chère que celles des champs existants.
Les terres de pacage étaient dévolue au bétail en raison même de leur
structure peu propice aux cultures. Leur dégradation est donc en général
à un stade plus avancé que celle des champs: glacis, croutage épais.
Par ailleurs, si un agriculteur peut s'attacher à la restauration
de son champ, les paturages restent du domaine public et dépendent des
usages pré-existants. On a peu de chance de susciter une intervention
privée sans une incitation particulière. Or, à terme, la dégradation des
terres de paturages risque de conduire à une catastrophe pour les éleveurs
et à une crise socio-politique dont le coût est démesuré.
Recommandations
et leçons à tirer
La mission recommande clairement la poursuite de l'intervention du
PSN dans l'arrondissement d'Illela au cours d'une seconde phase. La méthode
d'intervention devrait cependant être largement modifiée.
Au-delà de l'effet sur la production de céréales, les mesures de
CES ont aussi pour résultat de contribuer à la sauvegarde du milieu naturel,
mais uniquement sur les espaces cultivés. Or c'est l'ensemble du territoire
qui doit être concerné par les mesures de conservation. C'est dans
ce sens que doit être réorienté le volet CES/DRS qui a eu, jusqu'à présent,
peu d'écho en matière de travaux collectifs de protection/restauration
du milieu et de gestion des ressources.
Etant donné l'ampleur des travaux à réaliser en matière de CES/DRS,
de réarborisation des terroirs, d'aménagement de l'espace agro-pastoral
et la persistance des déficits alimentaires et de l'exode saisonnier,
un fort appui extérieur apparaît inévitable pendant une phase de réhabilitation
et de reconstitution des ressources. Cet appui extérieur devrait consister:
i) d'une part, en garantie d'une certaine sécurité alimentaire pour
les ménages renonçant à l'exode saisonnier pour aménager leurs terres;
ii) d'autre part, en subvention partielle d'équipements et d'infrastructures
directement ou indirectement liés au nouveau système de production à
développer, charrettes et puits en priorité.
L'élaboration d'une nouvelle méthodologie d'action du volet serait
axée sur les principes suivants:
i) L'identification des formes d'organisation paysannes avec lesquelles
le PSN doit dialoguer. Pour cela, l'UT doit approfondir sa connaissance
des communautés villageoises de sa zone d'intervention pour déterminer
les collectivités (villages, GM, groupes d'agriculteurs, groupes de
femmes) avec lesquelles un partenariat peut être établi;
ii) l'établissement d'un partenariat avec les villages et la concertation
avec les principaux utilisateurs du territoire.
iii) le choix concerté sur les modes d'appui les plus propices pour
permettre une forte mobilisation des villageois. Pour les aménagements
sur exploitation, le problème n'est pas tant celui de l'"incitation"
ou de la "rémunération" - demi-lunes, cordons pierreux et
tassa ont un effet reconnu sur la production - que celui d'une compensation
provisoire permettant à une population en situation de déficit vivrier
de rester au village et de consacrer la saison sèche à des travaux d'aménagement
non générateurs des revenus nécessaires pour faire face à la période
de soudure.
Pour les aménagements hors exploitation d'intérêt général, il s'agit
de trouver les formes d'incitation ou de stimulation qui soient en rapport
de synergie le plus étroit possible avec les actions de protection/gestion
des ressources.
La gestion de l'aide alimentaire pour la participation aux travaux
collectifs devrait être confiée aux communautés villageoises, sous contrôle
du PSN.
Toutes les formes d'appui ou de subvention devraient être clairement
conditionnées et leur caractère transitoire explicité sous une forme contractuelle
et programmative négociée avec les villageois. En clair, des plans
d'aménagement de terroirs devraient être élaborés par les villageois,
avec l'appui et les conseils d'équipes pluridisciplinaires, et faire l'objet
de contrats de partenariat avec l'UT. Appuis extérieurs et subvention
devraient être programmés de manière dégressive en fonction des progrès
réalisés. Une des conditions fortes des appuis de l'UT devrait être un
effort majeur de réarborisation des terres cultivées (et pas seulement
des ASP collectifs) sous forme de complantations, de haies vives, de brise-vents,
etc.
Enfin, et quels que soient les efforts d'aménagement de terroirs
qui pourront être réalisés, il faut ouvrir des perspectives extra-agricoles
à une partie croissante de la population rurale que ne pourra plus supporter
la base de ressources agro-pastorales. La deuxième phase du PSN devrait
comprendre un volet d'appui au développement des activités secondaires
et tertiaires dans les bourgs et les plus gros villages de l'arrondissement.
Leçons
Dans les régions agricoles sahéliennes et soudano-shéliennes les
plus peuplées où la jachère n'a plus place, une fertilisation organique
accrue des terres cultivées est une nécessité impérative pour le maintien
à long terme ou la reconstitution de la fertilité des sols. la supériorité
agronomique du fumier sur la poudrette traditionnellement utilisée est
généralement reconnue par les agriculteurs. Mais, l'utilisation des fosses
fumières rencontre trois obstacles majeurs: des difficultés de remplissage
lorsque l'exploitation ne possède pas ou ne garde pas de bovins, des difficultés
d'arrosage en saison sèche du fait de la distance et du faible débit des
puits, des difficultés de transport (pour l'apport de matière première,
l'arrosage et le transfert aux champs) du fait de la rareté des charettes
et du coût élevé de leur location. Une action de promotion de la fertilisation
organique ne peut se limiter à la vulgarisation technique ou à l'incitation
à creuser des fosses; elle doit comprendre des appuis à l'équipement en
transport attelé, au fonçage des puits ou forages et à la stabulation
du bétail, faute de quoi les fosses fumières restent inexploitables, en
particulier pour les paysans les plus pauvres dont les terres continueront
à se dégrader.
Les résultats obtenus par le PSN à Badaguichéri confirment l'intérêt
des tassa/zai et des demi-lunes pour l'amélioration des rendements et
la sécurisation des récoltes de céréales en zone sahélienne fortement
dégradée. Ces techniques culturales ont un effet immédiat et visible sur
la production et sont bien adoptées par une partie des exploitations disposant
d'une force de travail suffisante en saison sèche et de quantités importantes
de fumier ou poudrette. Dans cette catégorie d'exploitation, on peut raisonnablement
espérer une diffusion durable de ces techniques sans incitations exogènes.
Par contre, les aménagements durables mais n'ayant pas un effet direct
et immédiat sur la production individuelle, tels que les aménagements
sylvo-pastoraux collectifs, les ouvrages anti-érosifs hors champs et la
réarborisation des terroirs, travaux exigeants en main d'oeuvre et peu
rentables à court terme, constituent des investissements à la fois indispensables
à la réhabilitation des terroirs dégradés et hors de portée des villageois
en l'absence d'appuis extérieurs importants (outillage, moyens de transport,
vivres).
Du PSN dans son ensemble, on peut dire qu'en Afrique sahélienne,
le ciblage social des actions de développement rural par selection/exclusion
de bénéficiaires en fonction de critères socio-économiques (revenus, superficie
de l'exploitation, etc.) n'est généralement pas applicable dans la pratique,
ni même souhaitable, au sein des communautés villageoises. Ce ciblage
lorsque qu'il a lieu d'être, doit être conçu en termes d'adéquation des
actions et services proposés aux activités et aux contraintes spécifiques
des catégories défavorisées constituant les "groupes cibles du FIDA".
La définition du groupe cible ne peut se limiter à la spécification d'un
revenu moyen ou d'une superficie maximun. Elle doit comporter une analyse
des rapports de production, de la dynamique des systèmes de production
agricoles et non agricoles en présence, et des processus d'accumulation
et de paupérisation. Une telle analyse permet de comprendre non seulement
les causes de la pauvreté mais aussi les contraintes auxquelles sont confrontés
les pauvres dans leur tentative d'auto-promotion économique et sociale.
Elle autorise une définition opérationnelle du groupe cible débouchant
logiquement sur l'action et garantissant la pertinence (adéquation) de
cette action.
Du PSN dans son ensemble, on peut dire qu'en Afrique sahélienne,
le ciblage social des actions de développement rural par selection/exclusion
de bénéficiaires en fonction de critères socio-économiques (revenus, superficie
de l'exploitation, etc.) n'est généralement pas applicable dans la pratique,
ni même souhaitable, au sein des communautés villageoises. Ce ciblage
lorsque qu'il a lieu d'être, doit être conçu en termes d'adéquation des
actions et services proposés aux activités et aux contraintes spécifiques
des catégories défavorisées constituant les "groupes cibles du FIDA".
La définition du groupe cible ne peut se limiter à la spécification d'un
revenu moyen ou d'une superficie maximun. Elle doit comporter une analyse
des rapports de production, de la dynamique des systèmes de production
agricoles et non agricoles en présence, et des processus d'accumulation
et de paupérisation. Une telle analyse permet de comprendre non seulement
les causes de la pauvreté mais aussi les contraintes auxquelles sont confrontés
les pauvres dans leur tentative d'auto-promotion économique et sociale.
Elle autorise une définition opérationnelle du groupe cible débouchant
logiquement sur l'action et garantissant la pertinence (adéquation) de
cette action.