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N° 25 - Décembre 2004 Le projet de développement agricole et rural intégré dans le gouvernorat de Siliana, (PDARI), un projet lancé par le Gouvernement tunisien et l'Agence française de développement (AFD), a été conçu au titre des stratégies nationales pour la conservation des sols et de l'eau, et pour la réduction de la pauvreté. Ciblant Siliana, un gouvernorat où les ressources naturelles sont dégradées, les possibilités d'emploi rares et les taux de pauvreté élevés, le projet pilote devait intégrer plusieurs investissements et les institutions associées, dont l'impact conjugué était censé surpasser l'impact de leurs actions individuelles. Fondé sur une approche participative novatrice, le projet appuyait la conservation des ressources naturelles, la culture et l'élevage, les routes, l'approvisionnement en eau potable, le développement social, en y associant plus particulièrement les femmes, et la création d'emplois saisonniers en tant que forme de transfert des ressources en faveur des pauvres. Ces activités d'un type nouveau n'ont été ni reproduites ni élargies. Pendant le projet, la priorité a été donnée à une approche plutôt technique des investissements dans la conservation des sols et de l'eau, lesquels ont été couronnés de succès et dont un grand nombre ont débouché sur des bénéfices significatifs, notamment en termes de conservation et d'amélioration de la productivité des ressources naturelles de Siliana. Cependant, la place accordée à la culture et à l'élevage et au renforcement de la capacité des agriculteurs de maintenir les investissements, a été insuffisante. Les plans visant à intégrer les synergies du projet ont eu tendance à se désintégrer au cours de l'exécution en raison, en partie, des anciennes habitudes institutionnelles de travailler dans les limites sectorielles et faute d'indications claires de la part du FIDA, du gouvernement et de l'AFD et, en partie, de la dispersion spatiale des activités et des investissements dans tout le gouvernorat. Alors que, dans un futur proche, il est prévu que l'agriculture reste le pilier de l'économie de la région de Siliana, les conditions environnementales sont telles que l'augmentation de la production agricole à elle seule ne peut pas être la solution au problème de la pauvreté rurale, en particulier si l'on tient compte de la petite taille et de la qualité médiocre des exploitations des ménages les plus pauvres. L'évaluation intermédiaire a recommandé, d'une part, le financement d'une deuxième phase de projet et, d'autre part, que, à l'avenir, le gouvernement tunisien et le FIDA mettent l'accent sur:
Poursuivre les actions de conservation des ressources naturelles Les investissements dans la conservation des sols et de l'eau ont été des initiatives importantes, compte tenu de l'environnement dégradé du gouvernorat de Siliana. Ils portaient notamment sur la réalisation de banquettes, le reboisement et la modification des pratiques de travail du sol, autant de moyens de préserver la valeur productive des ressources naturelles et de contribuer à la valorisation des forêts, des pâturages et des cultures, tout en réduisant la vulnérabilité face aux facteurs climatiques et topographiques. Le Ministère de l'agriculture et de l'environnement, qui a une grande expérience de la conception et de l'exécution de ce type d'investissement, a été performant dans ces domaines. Cependant, l'évaluation a recommandé la prise en compte de considérations spécifiques susceptibles d'améliorer la performance, à savoir: accorder davantage d'attention au renforcement des capacités locales d'organisation aux fins de l'adoption des nouvelles pratiques et de la gestion du fonctionnement et de l'entretien des infrastructures après la clôture du projet; entreprendre une évaluation rigoureuse des coûts et bénéfices relatifs des diverses approches utilisées; réviser les normes et spécifications techniques nationales et les adapter aux conditions spécifiques de la zone de Siliana; et, documenter les expériences et les résultats, sous la forme de matériel de référence technique et de manuels, à l'intention du personnel local. Composantes d'une approche axée sur les communautés Les concepts d'"intégration" et de "participation"
ont été largement utilisés dans le milieu du développement.
Au demeurant, ces concepts ont joué un rôle important en
tant que principes directeurs du PDARI. Le projet était conçu
pour être intégré, par le jeu des investissements
multisectoriels, et il avait pour objectifs d'améliorer les conditions
des ressources naturelles et les pratiques de production, de fournir des
capitaux (grâce à un programme de crédit exécuté
par des ONG), de créer des infrastructures socioéconomiques
telles que les systèmes d'alimentation en eau potable, et de couvrir
plus spécialement les besoins des femmes et des jeunes filles.
Il était censé être participatif, la conception et
l'exécution des investissements locaux incombant à des conseils
consultatifs établis aux niveaux des imadas et des délégations. Pour surmonter ces faiblesses et sortir de ce paradigme du projet de développement agricole intégré, qui a dominé la conception des investissements financés par le FIDA en Tunisie pendant ces dix dernières années, l'évaluation a recommandé une approche axée sur la communauté. Cette approche représenterait un moyen de mobiliser plus largement et plus profondément les ressources et les institutions locales, et impliquerait le rapprochement de tous les partenaires locaux: agriculteurs, commerçants, banquiers, entrepreneurs, personnel des services techniques, consommateurs, chefs communautaires traditionnels et personnalités politiques. La participation de ces divers acteurs et la mobilisation des ressources locales qu'ils contrôlent, renforceraient la nature participative du projet. En outre, elles réduiraient la tendance des communautés locales à laisser la planification aux mains des services publics, et celle des institutions du niveau du gouvernorat à se décharger de la programmation et des décisions sur les organismes publics centraux ayant leur siège à Tunis. En rapprochant les activités et les institutions, on augmenterait la probabilité de récolter les bénéfices de l'intégration escomptés dans le cadre du PDARI. La mobilisation des ressources locales aux fins du développement local devrait également ouvrir la voie à la promotion des microentreprises, du secteur des services agricoles et des activités non agricoles. Diversifier les sources de revenus L'évaluation a fait apparaître plusieurs raisons impérieuses
poussant les agriculteurs à se détourner de l'agriculture.
Premièrement, compte tenu des conditions environnementales et des
ressources naturelles dans la région de Siliana, retirer de l'agriculture
des gains suffisants pour échapper à la pauvreté
est difficile alors que les agriculteurs ont des exploitations dont la
superficie est bien inférieure à 20 hectares. L'emploi hors
exploitation est utilisé comme une stratégie de survie et
il permet aux ménages les plus démunis d'investir dans l'agriculture.
Deuxièmement, tant que le morcellement des exploitations et l'inégalité
de la propriété foncière persistent – la plupart
des petits exploitants ne possédant pas de titre de propriété
sur leur terre – tout gain en termes de productivité agricole
sera limité. Troisièmement, Siliana affiche des taux élevés
d'émigration, ce qui représente une contrainte supplémentaire
pour la productivité agricole dans la zone.
Pour en savoir plus: République tunisienne, Projet de développement agricole et rural intégré de Siliana, Rapport d'évaluation intermédiaire N°1569-TN, décembre 2004, Bureau de l'évaluation, FIDA, Via Paolo Di Dono, 44, Rome 00124, Italie.
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