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Le développement rural intégré: Combattre la pauvreté où vivent la plupart des pauvres: dans les régions rurales

Les trois quarts des quelque 900 millions de pauvres qu'il y a dans le monde vivent et travaillent dans les régions rurales des pays en développement et tirent leurs moyens de subsistance de l'agriculture et des activités connexes. En 2025, date à laquelle la majeure partie de la population mondiale vivra sans doute en ville, 60% des pauvres seront encore des ruraux.

De plus en plus, la communauté internationale s'accorde à reconnaître que le principal objectif de développement du Millénaire, qui consiste à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de ceux qui ont faim et qui vivent dans la pauvreté extrême ne pourra pas être atteint si l'on ne réussit pas à atténuer la pauvreté en milieu rural.

Sans une augmentation significative des revenus et des possibilités d'activités rémunératrices en milieu rural et sans une amélioration significative des services de santé et d'éducation et des services sociaux en milieu rural, il ne sera pas possible non plus de réaliser les autres objectifs, qui sont:

  • d'assurer l'éducation primaire universelle
  • de promouvoir l'égalité entre les sexes et d'autonomiser les femmes
  • de réduire la mortalité infantile
  • d'améliorer la santé maternelle
  • de combattre le VIH/sida, le paludisme et les autres maladies
  • de préserver l'environnement.

Débat de haut niveau du Conseil économique et social: promotion d'une approche intégrée du développement rural

Le Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies doit se réunir à Genève du 30 juin au 2 juillet 2003. Le thème de ce débat de haut niveau du Conseil est la "Promotion d'une approche intégrée du développement rural dans les pays en développement pour éradiquer la pauvreté et promouvoir un développement durable".

Le Conseil économique et social ne le cède en importance qu'à l'Assemblée générale comme organe délibérant des gouvernements des pays membres du système des Nations Unies. Le débat de haut niveau débouchera sur une déclaration ministérielle qui sera présentée à l'Assemblée générale des Nations Unies.

Le développement rural et l'éradication de la pauvreté sont des questions qui ont été évoquées ces dernières années lors de plusieurs sommets et grandes conférences des Nations Unies. Les décisions adoptées lors du Sommet mondial sur le développement durable, à Johannesburg, à la Conférence de Monterrey sur le financement du développement, au Mexique, et au Sommet mondial de l'alimentation + 5, à Rome, ont toutes comporté des engagements d'investir dans le développement rural et l'agriculture pour éradiquer la pauvreté.

À la lumière de ces décisions, le Conseil économique et social, lors de son débat de haut niveau, examinera comment le développement rural peut contribuer à réaliser les objectifs de développement convenus au plan international.

Qu'est-ce que le développement rural intégré?

Pour les ruraux pauvres et leurs familles, partout dans le monde, nombre des éléments et services qui, ailleurs, sont tenus pour acquis sont hors de portée:

  • sécurité d'accès à la terre, à l'eau et aux autres ressources naturelles
  • accès aux services financiers de manière à pouvoir épargner et emprunter
  • accès aux routes, à la technologie, aux marchés et à la formation
  • voix au chapitre dans les décisions qui affectent leurs vies et leurs moyens de subsistance
  • accès aux services de santé et d'éducation.

Les approches intégrées de réduction de la pauvreté rurale tiennent compte des complexités de cette pauvreté et des innombrables obstacles qui empêchent d'en sortir. Elles conjuguent les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement rural et encouragent les partenariats aussi bien verticaux qu'horizontaux. En voyant dans les ruraux pauvres des partenaires, les approches intégrées donnent à ces derniers la possibilité d'être plus étroitement associés à la prise de décisions et les mettent mieux à même de surmonter la pauvreté par leurs propres efforts.

Une approche intégrée tient globalement compte du fait que l'amélioration de la condition économique et sociale des femmes a un impact bénéfique sur les autres secteurs de la société. Pour peu que les conditions appropriées soient réunies, les femmes pourraient être un puissant moteur de changement et améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs communautés.

Par le passé, la plupart des projets de développement étaient fondés sur une approche sectorielle et, par exemple, étaient axés exclusivement sur la santé, la production agricole, l'éducation ou la réforme des institutions. Bien que la nécessité d'adopter une approche holistique du développement ait été reconnue dès le début des années 70, les projets ont continué, pour l'essentiel, d'être conçus "à l'emporte-pièce" sans tenir compte des conditions et des besoins locaux spécifiques. De ce fait, ils n'ont fréquemment eu que des résultats limités ou se sont même soldés par un échec. Grâce aux enseignements tirés de l'expérience passée, la nouvelle approche du développement rural intégré est fondée sur une logique territoriale plutôt que sectorielle et met l'accent sur les caractéristiques propres à chaque région rurale.

Les contraintes de la mise en oeuvre d'une approche intégrée

L'élaboration d'un cadre national et international de politiques appropriées est un aspect essentiel de toute approche intégrée de l'atténuation de la pauvreté. La complexité de la pauvreté dépasse de beaucoup les régions rurales où vivent et travaillent les pauvres. Ces derniers se heurtent en effet à des contraintes imposées par les politiques aussi bien nationales qu'internationales, particulièrement pour ce qui est de l'accès à la terre et aux marchés.

Deux tables rondes ministérielles consacrées aux marchés et à la terre auront lieu pendant le débat de haut niveau du Conseil économique et social.

1. Accès aux marchés, condition indispensable du développement agricole et rural

La table ronde ministérielle sur l'accès aux marchés discutera sous la coprésidence du Président du FIDA, M. Lennart Båge, des contraintes qui limitent la capacité des pauvres d'être compétitifs sur les marchés nationaux, régionaux et mondiaux.

Ces contraintes sont pour l'essentiel de trois types:

- CONTRAINTES MATÉRIELLES
Ce sont notamment le mauvais état du réseau routier, voire le manque de routes, l'absence d'installations d'entreposage appropriées et un accès difficile à des informations fiables et récentes sur les prix et les produits.

- CAPACITÉS
Les ruraux pauvres ont besoin de services financiers, de technologies agricoles améliorées, comme engrais et matériel d'irrigation, et ont également besoin d'une formation pour pouvoir devenir des producteurs plus efficaces et plus compétitifs. Les organisations de ruraux pauvres, si elles étaient renforcées, seraient mieux à même de négocier avec les pouvoirs publics et l'industrie.

- POLITIQUES
Au plan national, les agriculteurs doivent faire face à une réglementation excessivement rigide des professions commerciales, au manque d'harmonisation des normes de qualité et des produits, à des lois excessivement restrictives concernant la création d'associations d'agriculteurs et à l'absence de recours en cas d'inexécution des contrats. Au plan international, les subventions à l'agriculture des pays développés – qui atteignent chaque année près de 300 milliards de USD – se traduisent par une production excédentaire qui, lorsqu'elle est exportée, fait baisser les cours mondiaux des produits et a ainsi un impact majeur sur les revenus des ruraux pauvres des pays en développement. Les barrières commerciales et des systèmes de droit progressif qui accroissent le taux des droits à l'importation en proportion du degré de traitement qui ajoute de la valeur aux produits gonflent artificiellement les prix à l'exportation de la production des pauvres, ce qui en réduit par le fait même l'attrait pour le consommateur.

Il importe de s'attaquer d'urgence aux contraintes provenant des politiques et réglementations qui entravent l'accès aux marchés. À cette fin, la déclaration qui sera adoptée à l'issue du débat de haut niveau du Conseil économique et social sera certainement l'une des bases de travail de la réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce qui doit se tenir à Cancun en septembre 2003. La réunion de Cancun promet d'être la plus importante discussion internationale sur le commerce agricole des dix dernières années et débouchera peut-être sur un nouvel accord concernant l'accès aux marchés, la réduction des barrières commerciales et l'atténuation de l'impact des fluctuations des prix des produits de base, autant d'éléments qui pourraient faire des marchés un instrument de développement pour les producteurs ruraux pauvres.

2. Les pratiques d'utilisation des sols et leur impact sur le développement rural

Pour éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement, il est essentiel d'améliorer la sécurité d'accès la terre. Cette question sera le thème d'une autre table ronde ministérielle organisée à l'occasion du débat du Conseil par la Coalition internationale pour la terre et le FIDA.

La discussion prendra pour prémisse que l'accès à la terre est un premier pas essentiel mais n'est pas une condition suffisante en soi pour garantir un développement rural durable. Il doit au contraire être lié à l'accès à l'eau, aux services financiers, à la technologie, aux capacités et aux marchés.

Des 800 millions d'êtres humains qui vivent dans une situation de faim et de malnutrition chronique, 350 millions sont totalement ou presque totalement dépourvus de terre. Leur nombre ne cesse d'ailleurs de grossir à mesure que de plus en plus d'agriculteurs, de ménages dirigés par des femmes, de pasteurs et de populations autochtones sont privés de terre. Cela est dû à de nombreux facteurs, dont la dégradation des terres, l'expropriation ou la privatisation, les pressions démographiques, les conflits que suscitent les ressources naturelles, les catastrophes naturelles, l'expansion de l'agriculture commerciale mécanisée et l'impact des industries extractives.

La précarité du régime foncier est un important obstacle au développement. En effet, sans sécurité de jouissance de la terre, les agriculteurs ne voient pas leurs efforts rémunérés, pas plus qu'ils n'investissent dans des pratiques de gestion durable des terres. Il en résulte une spirale de destruction qui associe une dégradation croissante de l'environnement et une aggravation de la pauvreté.

Le développement rural et l'aide publique au développement

Dans la plupart des pays pauvres, l'agriculture est le plus gros employeur et est le secteur qui crée le plus d'emplois et génère le plus de recettes d'exportation. Elle offre par conséquent un important potentiel de développement économique et d'atténuation de la pauvreté. Or, les investissements mondiaux dans l'agriculture et le développement rural ont beaucoup baissé et ont diminué de près de 50% entre 1988 et 1999. L'on estime qu'il faudrait, pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire, investir chaque année de 50 à 100 milliards de USD de plus qu'à l'heure actuelle. En outre, 25% seulement de l'aide totale fournie aux pays en développement va aux ruraux pauvres alors même qu'ils représentent 75% du nombre total de pauvres qu'il y a dans le monde. Il importe par conséquent de faire en sorte qu'une proportion équitable de l'aide publique au développement soit investie dans les régions rurales.

Le FIDA et le développement rural

Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies qui a pour vocation d'éradiquer la pauvreté et la faim dans les pays en développement. Il élabore et finance, au moyen de dons et de prêts à faible taux d'intérêt, des projets qui permettent aux ruraux pauvres d'échapper à la pauvreté par leurs propres efforts. Depuis 1978, il a investi 7,7 milliards de USD dans plus de 600 projets de développement rural dans 115 pays et territoires du monde entier, en contribuant à atténuer la pauvreté non seulement par ses activités de prêteur mais aussi par son action de plaidoyer en faveur des ruraux pauvres.

Ces projets ont permis à plus de 250 millions de petits exploitants, gardiens de troupeaux, pêcheurs, paysans sans terre, artisans et autochtones de tirer parti des nouvelles possibilités qui leur étaient offertes pour accéder, eux-mêmes et leurs familles, à une vie meilleure.

Le FIDA travaille avec les ruraux pauvres, les gouvernements, les donateurs, les organisations non gouvernementales et bien d'autres partenaires pour s'attaquer aux causes profondes de la pauvreté. Ces projets mettent les ruraux pauvres et leurs organisations mieux à même de défendre leurs intérêts et de négocier. Il contribue également à améliorer l'accès des ruraux pauvres aux avoirs, et notamment:

  • à la terre, à l'eau et aux ressources naturelles;
  • aux marchés pour vendre et acheter des produits;
  • aux services financiers pour épargner et emprunter;
  • à la technologie, à la recherche, aux compétences et au savoir pour tirer parti des possibilités qui s'offrent;
  • au pouvoir d'influer sur les décisions et politiques qui affectent leur vie quotidienne.

Le FIDA a mis en oeuvre avec succès plusieurs approches intégrées du développement rural dans le cadre de son partenariat avec le Fonds belge de survie (FBS). Le Programme FIDA-FBS travaille en association avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi qu'avec des organisations non gouvernementales, des associations d'agriculteurs, des représentants du secteur privé et des groupes communautaires.


Pour plus amples informations, s'adresser à:

M. Taysir Al-Ghanem, Responsable du Service des relations avec les médias, FIDA
Tél: +39-06-54592034
t.al-ghanem@ifad.org

M. Francois Lemmens, Responsable du Programme conjoint du Fonds belge de survie, FIDA
Tél: +39-06-54592072
f.lemmens@ifad.org

M. Bruce Moore, Coordonnateur, Coalition internationale pour la terre, FIDA
Tél: +39-06-54592206
b.moore@ifad.org

M. Edward Heinemann, Économiste régional, Division Afrique orientale et australe, et spécialiste des liens avec les marchés, FIDA
Tél: +39-06-54592398
e.heinemann@ifad.org


 

 

 


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