Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président Bage, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, au nom de la ministre de la Coopération internationale du Canada, l’honorable Susan Whelan, je tiens à féliciter le Fonds international de développement agricole, le FIDA, à l’occasion de son 25e anniversaire. La ministre Whelan avait prévu assister aux célébrations, mais elle a dû demeurer à Ottawa à cause de la présentation du budget fédéral cette semaine. Je suis heureux de pouvoir vous dire que le budget a confirmé l’engagement du Canada à accroître son aide publique au développement tel que l’avait annoncé le Premier Ministre Chrétien. La Ministre Whelan est déterminée à voir à ce que nous profitions de l’élan donné l’an dernier par les rencontres à Monterrey, à Kananaskis et à Johannesburg pour assurer la croissance soutenue du programme d’aide publique au développement (APD) du Canada.

Quand on fait le bilan des 25 années d’existence du FIDA, force est de constater que les raisons de célébrer ne manquent pas. Le FIDA est en effet devenu un membre important de la communauté du développement international. Il est éminemment respecté pour son rôle de catalyseur des efforts déployés pour aider les pauvres en milieu rural à échapper à la pauvreté et pour l’attention qu’il accorde à des régions ou à des groupes trop souvent négligés, comme les zones au potentiel agricole limité, les femmes démunies des milieux ruraux et les populations indigènes. Il est évident que le FIDA aura un rôle important à jouer auprès des populations vulnérables et marginalisées pour aider la communauté internationale à atteindre les Objectifs de développement du Millénaire.

Les bases solides établies sur lesquelles repose le FIDA sont une autre raison de nous réjouir. Sous l’autorité du président Bage, l’organisation procède à d’importants changements, qui visent à améliorer son rendement et l’efficacité de son action sur le plan du développement. Ces changements ont d’ailleurs suscité une réponse positive de la part des pays membres, comme le prouvent les négociations en vue de la sixième reconstitution des ressources du Fonds, conclues avec succès en décembre dernier. Ces négociations ont fait ressortir une autre des grandes forces de l’organisation : le dynamisme du partenariat avec les pays développés et les pays en développement. Aucune autre organisation internationale ne reçoit des pays en développement une proportion aussi importante de ses ressources. J’ajouterais même qu’aucune autre organisation n’assiste à des échanges aussi ouverts et francs entre les pays qui en sont membres à propos des grandes questions institutionnelles.

Il ne faudrait pourtant pas croire que nous n’aurons aucun défi à relever dans l’avenir. Premièrement, il nous faudra respecter les promesses faites en décembre et nous assurer que le FIDA possède les ressources nécessaires pour remplir le mandat que nous lui avons confié. À ce propos, j’ai été très heureux d’entendre aujourd’hui de nouvelles annonces faites par des pays qui n’étaient pas en mesure de prendre un engagement officiel en décembre.

Deuxièmement, nous devrons collaborer avec la direction du FIDA afin de suivre le programme d’action ambitieux dont nous avons convenu lors des discussions sur la reconstitution des ressources. Il nous faudra établir un système d’affectation selon lequel le montant et la nature du financement accordé par le FIDA seront fonction du rendement. Toutefois, ce système devra être simple et adapté aux capacités d’ordre administratif, au mandat et au mode de fonctionnement du FIDA. En outre, nous devrons renforcer la capacité du FIDA à suivre et à mesurer les résultats et à en rendre compte. Je suis convaincu que, si la ministre Whelan était ici aujourd’hui, elle ne manquerait pas de souligner à quel point il est important pour elle de pouvoir dire aux contribuables canadiens à quoi servent les ressources que nous fournissons à l’appui des efforts en matière de développement international.

Troisièmement, le FIDA doit poursuivre sa réforme interne. Pour continuer à jouer son rôle de catalyseur, il devra s’employer à améliorer sa capacité à innover et à reproduire les solutions, à renforcer la gestion et la diffusion des connaissances acquises sur les moyens de constituer du capital social et d’accroître l’autonomie des groupes marginalisés. Le FIDA devra également rationaliser ses façons de faire afin de pouvoir réagir plus promptement lorsque des occasions se présenteront.

Permettez-moi maintenant de dire quelques mots à propos du Canada. Comme certains d’entre vous le savent peut-être, la ministre Whelan a rendu public, en septembre 2002, un énoncé de politique intitulé Le Canada contribue à un monde meilleur. En plus d’exposer les moyens à prendre pour renforcer l’efficacité de l’aide au développement fournie par le Canada, ce document met en lumière le rôle important de l’agriculture et du développement rural. L’ACDI admet que, comme trop d’organismes de développement, elle n’a pas accordé assez d’attention à ce secteur au cours des dernières années et elle s’est engagée, dans son énoncé de politique, à élaborer un nouveau cadre stratégique sur l’agriculture et le développement rural et à augmenter les investissements dans ce secteur. Depuis, la Ministre a tenu de nombreuses consultations sur la question, dont une à laquelle a participé le FIDA. Un énoncé de politique sur le rôle de l’agriculture dans le développement rural durable, qui décrira les secteurs de programmation prioritaires de l’ACDI, sera bientôt rendu public. Les priorités établies comprendront sans doute le renforcement des capacités nationales, l’accroissement des connaissances et l’amélioration des revenus et de la productivité agricoles, sans oublier l’établissement de marchés agricoles productifs. Il est évident que les subventions et les barrières tarifaires et non tarifaires dans le domaine de l’agriculture continuent d’empêcher les pays en développement les plus pauvres et les petits producteurs agricoles de profiter des possibilités offertes par le commerce international. La politique adoptée traitera également de la nécessité d’une meilleure coordination entre les donateurs.

Nous cherchons également à intensifier nos efforts dans la lutte contre la désertification et la dégradation des terres. En tant que président de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, j’ai moi-même participé aux activités sur le sujet au cours de la dernière année. À cette occasion, nous avons grandement bénéficié de notre collaboration avec le Mécanisme global de la CCD, hébergé par le FIDA. Nous sommes heureux de poursuivre cette relation, qui est à nos yeux un moyen novateur d’aider les pauvres en milieu rural.

En conclusion, permettez-moi de vous féliciter encore une fois à l’occasion des célébrations marquant votre anniversaire. Comme l’a démontré notre rôle actif dans les négociations pour la reconstitution des ressources, le FIDA est un partenaire précieux pour le Canada. Dans l’optique de l’intensification de notre participation dans les secteurs de l’agriculture et du développement rural, nous désirons renforcer ce partenariat.