Monsieur le Président exécutif du Conseil des gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames et Messieurs les gouverneurs,
La délégation du Tchad est heureuse de sassocier à dautres délégations ici présentes pour commémorer le 25ème anniversaire du FIDA. Cet évènement important qui constitue un tournant dans la vie de cette institution, intervient au lendemain du Sommet mondial sur le développement durable et au moment où lespoir que celui-ci a suscité en ce qui concerne la lutte séculaire contre la pauvreté, est menacée par une grande insécurité internationale.
En choisissant de débattre au cours de cette session dun thème majeur ainsi libellé «Réaliser les objectifs de développement du millénaire, en uvrant pour que les ruraux pauvres se libèrent de la pauvreté» le FIDA a voulu, non seulement réaffirmer sa mission première qui consiste «à donner aux ruraux pauvres les moyens de se libérer»mais également marquer sa détermination à uvrer efficacement pour léradication, du moins la réduction de la pauvreté dans le monde.
Une telle détermination ne peut quêtre soutenue et encouragée car vingt-cinq ans defforts inlassables consacrés à la lutte contre la pauvreté ont fait du FIDA une institution ayant lexpertise nécessaire dans ce domaine et méritant quun appui conséquent lui soit apporté.
Le Tchad, quant à lui, continuera à soutenir les efforts
du FIDA afin quil puisse continuer à accomplir sa noble
mission. Cest le lieu ici de saler particulièrement lappui
quil a apporté au Tchad en finançant deux importants
projets de lutte contre la pauvreté: il sagit du projet
de sécurité alimentaire au Nord Guéra et du projet
de développement des ouadis du Kanem dont la deuxième phase
est actuellement en négociation.
Bien que disposant dimportantes ressources naturelles (environ
44 millions dhectares de terres exploitables en cultures, des eaux
souterraines, des cours deau permanents et non permanents, un cheptel
de plusieurs millions de têtes) la situation économique du
Tchad le classe parmi les pays les plus pauvres de la planète.
Pays sahélien, enclavé, le Tchad est soumis à des
aléas climatiques récurrents qui hypothèquent le
développement de son agriculture.
Les indicateurs socio-économiques font ressortir un taux de croissance
économique inférieur au taux de croissance démographique;
un PIB par tête ne dépassant pas les 300 dollars E.U.; lindice
de pauvreté estimé à 57%; les femmes sont les plus
nombreuses à présenter les caractéristiques de la
pauvreté.
Au regard de cette situation, le Gouvernement a entrepris de mettre en
place une stratégie de réduction de la pauvreté.
Le document rédigé à cet effet prend en compte quatre secteurs prioritaires:
- le développement rural
- la santé
- léducation
- les infrastructures
En agissant ainsi sur les secteurs qui doivent assurer un progrès
rapide vers la réduction de la pauvreté, le Gouvernement
du Tchad a conscience que la mon éradication de la faim a un coût
économique.
Lextrême pauvreté dans laquelle vit la grande majorité
des ruraux dont le rôle économique reste prépondérant
a des incidences négatives sur la situation économique globale
du pays. Tout le monde saccorde pour dire que la pauvreté
alimentaire est la première mesure de la pauvreté.
La sécurité alimentaire joue donc un rôle central dans la stratégie de réduction de pauvreté.
Nombreux sont les défis importants à relever pour résorber la pauvreté dans le monde améliorer la qualité de la vie des ruraux. La lutte contre la pauvreté est un combat permanent dont les enjeux passés sont connus.
Pour lavenir, il conviendrait de continuer dintégrer aux actions déjà entreprises les enseignements tirés au fil du temps.
La nature et lampleur des tâches difficiles auxquelles lon est confronté, varient en fonction du contexte régional, national et local.
Aussi, cest en grande partie au travail fourni, à léchelon local, que lon doit des résultats tangibles aux actions mises en place.
Il conviendrait donc que les politiques, programmes et projets visant à réduire la pauvreté tiennent compte de la culture et des conditions sociales de la collectivité bénéficiaire.
La réalisation des objectifs assignés au FIDA ne peut
se faire sans quil y ait des ressources conséquentes.
Leffort en vue dassurer la mobilisation de celles-ci, doit
être poursuivi et intensifié.
Le Gouvernement de la République du Tchad, pour sa part, entend soutenir fermement le FIDA, non seulement en honorant ses engagements antérieurs (les 30 000 dollars E.U. annoncés lors de la 3ème reconstitution sont en train dêtre positionnés sur le compte du FIDA) mais également à faire un effort supplémentaire pour la 6ème reconstitution.
Je vous remercie de votre aimable attention.