Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames, Messieurs les Gouverneurs,

Durant ses 25 ans d'existence, le FIDA a su rester fidèle à son mandat : concentrer ses efforts sur les populations rurales pauvres.

Les résultats obtenus par le FIDA dans son domaine de compétence, lui font désormais jouer un rôle important pour la réalisation des objectifs du millénaire en matière de réduction de la pauvreté.

Certes, le FIDA n'est pas la seule institution multilatérale engagée dans la réalisation des objectifs du millénaire : plusieurs récentes initiatives, notamment celles de la Banque Mondiale dans le domaine de l'accès à l'éducation primaire ou de la santé, mobilisent la communauté des bailleurs autours des objectifs du millénaire.

De même, les coopérations bilatérales sont aujourd'hui mobilisées autours des objectifs du millénaire. C'est particulièrement le cas de la coopération française, dont le Président de la République et le Premier Ministre ont rappelé qu'elle s'inscrivait dans la réalisation des objectifs du millénaire.

Mais, le FIDA garde une particularité qui le rend unique : il est la seule institution dont l'action est spécifiquement centrée, depuis son origine, sur le thème de la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Il a acquis au fil des années, alors que le secteur rural a été longtemps délaissé par les opérateurs d'aide au développement, une compétence et une capacité d'expertise qui sont aujourd'hui unanimement reconnues.

Le FIDA a su aussi faire preuve d'une véritable capacité d'innovation, dans le domaine du micro-crédit ou du développement des capacités institutionnelles locales, pour ne citer que ces exemples.

Et surtout, le FIDA a su préserver ce qui fait son originalité dans la communauté des Institutions Financières Internationales : une démarche partenariale qui réunit au sein de son Conseil d'administration donateurs et bénéficiaires : 20% des ressources du FIDA proviennent des contributions des pays bénéficiaires, signe tangible de leur attachement à votre institution, reconnaissance des résultats positifs de son action en faveur de la lutte contre la pauvreté.

Qu’est ce que mon pays attend, de manière spécifique, du FIDA dans les prochains mois ?

La poursuite de l’assainissement de sa situation financière

Le FIDA a traversé une période difficile en raison d'une politique de placements qui lui a fait subir des pertes importantes sur les marchés financiers, réduisant d'autant ses capacités d'engagement de nouveaux projets. Son programme de travail s'en est ressenti depuis 2 ans, avec un volume d'engagement inférieur à ses prévisions.

Sous l'impulsion de son Président, et avec le soutien constant et sans réserve de la France, qui souhaitait une forte évolution de cette politique, le FIDA a réformé en 2002 sa politique de placement, visant à réduire le volume de ses placements en action. Aujourd'hui, les actions constituent moins de 10% du volume total des placements du FIDA, alors qu'il y a un an elles en constituaient 45%. Cette baisse correspond aux engagements pris alors, visant à assainir la gestion financière de l'institution, dont la survie même se trouvait menacée par l'ampleur des pertes générées par ces placements spéculatifs.

Pourtant, si cette réduction du volume des placements en action va dans le bon sens, nous constatons que les résultats des actions continuent de peser négativement sur les résultats du FIDA.

C'est pourquoi la France n'a cessé d'insister sur la liquidation totale du portefeuille de placement en actions du FIDA. Une institution à qui sont confiés des fonds publics destinés à réduire la pauvreté dans le monde, ne peut placer ces fonds que dans des valeurs sûres non spéculatives.

Nous considérons que la réduction du portefeuille des placements en actions ne constituait qu'une première étape de la nouvelle politique de placement mise en œuvre par le Président Bage, dont un bilan doit être présenté au prochain Conseil d'Administration. Il faudra parachever l'évolution de cette politique de placement pour privilégier encore plus les placements sans risque.

La consolidation de la place de l'Afrique dans l’Institution

Le FIDA s'oriente vers un système d'allocation basée sur la performance, comme le pratique la plupart des Institutions Financières Internationales. Pour autant, nous ne devons pas oublier que le FIDA n'aide pas tant des Etats que les populations rurales les plus pauvres de ces Etats. Il conviendra donc de veiller à ce que le système qui sera mis en place repose sur des critères objectifs et transparents, qui tiennent compte aussi des populations.

En particulier, la France veillera à ce que ce nouveau système d'allocation ne mette pas en cause l’engagement de concentrer au moins la moitié des prêts concessionnels de notre Institution à l'Afrique. En effet, l'Afrique concentre malheureusement aujourd'hui de nombreux handicaps : la pandémie du SIDA pèse lourdement sur le développement de nombres de pays, la famine y est un problème récurrent, l'accès à l'eau une exception, la densité des infrastructures trop faible etc… Le Président de la République, Monsieur Chirac, a d’ailleurs mis l’Afrique comme la première priorité du G7 dont le France assure la présidence en 2003. S'il est un continent où le FIDA se doit de concentrer ses efforts pour contribuer à atteindre les objectifs du millénaire, c'est l'Afrique.

De même nous nous félicitons du soutien que le FIDA apporte et continuera d'apporter au NEPAD.

Notre niveau de contribution à la 6ème reconstitution

La 6ème reconstitution s'est conclue par un objectif de programmes annuel de 560M$ pour la période 2004/2006.

Le rapport final de la consultation, présenté au Conseil des Gouverneurs, prend clairement en compte les priorités que mon pays avait placées, au long de cette négociation, en tête de ses préoccupations : continuer d'assainir la situation financière du FIDA, garantir la part de l'Afrique dans le programme de prêts concessionnels du FIDA et apporter un soutien clair au NEPAD. Le FIDA ainsi restera fidèle à son mandat et nous continuerons de lui apporter notre soutien.

Si ces objectifs sont poursuivis au cours de 2003, la France pourra annoncer, lors du prochain Conseil des Gouverneurs, une augmentation de sa contribution au titre de la 6ème reconstitution.