Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du Conseil,
Monsieur le Président du FIDA,
Honorables Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs,

La Délégation de MADAGASCAR participant à cette session marquant la Commémoration du 25eme anniversaire du FIDA, à l’instar d’autres Délégations qui l’ont précédé, voudrant aussi manifester sa reconnaissance au Gouvernement italien, pour l’acceuil chaleureux qui lui a été réservé.

MADAGASCAR se réjouit de vous voir à nouveau assurer la présidence du Conseil. Nous sommes convaincus que sous votre présidence éclairée et grâce à votre compétence, nos travaux seront couronnés de succès.

Je voudrais à cette occasion adresser mes remerciements au Président du FIDA et à l’ensemble du Secrétariat pour la clarté et la richesse des documents qui nous sont présentes et des efforts inlassables qu’ils ne cessent de déployer pour réaliser les nobles objectifs de notre organisation.

La crise socio-politique des 6 premiers mois de l’année 2002 a touché de plein fouet le monde rural à Madagascar. Ses conséquences vont en s’aggravant pour l’agriculteur, l’éleveur, le pêcheur et leurs familles respectives jusqu’à mi-2003. Il est alors absolument nécessaire de soutenir à fond le secteur afin de lui assurer un nouveau démarrage.

En effet, les ménages ruraux se sont fortement appauvris avec des effets en cascade à cause de la baisse sensible des prix des produits agricoles faute d’acheteurs, l’augmentation des coûts des produits de première nécessité (PPN), obligeant parfois les paysans à vendre leurs produits d’auto-consommation pour pouvoir s’acquérir de PPN. La difficulté d’approvisionnement en intrants causé par les barrages anti-économiques sur les routes n’arrangeaient pas la situation. Ainsi beaucoup de familles rurales sont actuellement démunies en cette période de soudure (Janvier à Mars 2003).

Dans le secteur Elevage, la Peste Porcine Africaine a décimé depuis 1998 plus de 60% du cheptel, la peste porcine africaine sévit maintenant de façon endémique à Madagascar et la relance de la production porcine doit se faire dans ce contexte. Avec plus de 8 millions de têtes, la filière bovine demeure la principale filière d’élevage, en terme de contribution au PIB ou même de contribution sociale au développement, même si les effectifs ont fortement diminué ces vingt dernières années.

Le secteur de la pêche a été la moins touchée par la crise en terme de production, cependant l’écoulement des produits de la pêche a subit les conséquences néfastes des barrages anti-économiques sur les principales routes. En effet, la Capitale Antananarivo est le centre de consommation la plus importante des produits halieutiques.


Mesdames et Messieurs,

Après avoir bien mené le processus de réformes politiques, Madagascar et sous la direction du Président Marc Ravalomanana, va s’attaquer aux réformes économiques pour combattre la pauvreté. A l’issue d’un processus qui aura duré un an la société malgache a réussi à se doter d’institutions démocratiques et de dirigeants librement élus par la population. Outre l’exemple que cette transition pacifique constitue, elle augure bien des capacités des nationaux à s’unir et à surmonter des divergences pour sortir le pays de la pauvreté et promouvoir son décollage économique.

Les dirigeants se trouvent ainsi face au défi historique d’avoir à libérer l’immense potentiel du pays par l’élaboration de politiques économiques audacieuses et novatrices permettant de concrétiser la vision d’un paysage économique et social différent. C’est celui d’une société démocratique basée sur l’économie de marché où la population vivra dans des conditions qui s’améliorent rapidement en réduisant l’écart qui sépare Madagascar d’autres pays plus avancés. Le défi consiste alors à asseoir une économie compétitive où l’Etat joue le rôle qui lui revient dans une économie de marché axée sur l’initiative privée et les investissements.

Le programme de réformes exige la confiance et l’adhésion de la population. Il est essentiel qu’un large consensus soit réuni sur celui-ci. Cette confiance doit également résulter d’une observation rigoureuse des lois et des règlements, de l’abandon d’actes arbitraires.

Pour obtenir l’adhésion, le programme doit être largement diffusé, expliqué, discuté et partagé avec tous les groupes de la société civile. C’est à ce prix que sera comprise la nécessité d’un partage de sacrifices, prélude et condition d’un partage ultérieur des dividendes de la croissance et de l’amélioration des conditions de vie notamment en milieu rural.

Les élections législatives anticipées du mois de Décembre 2002 ont permis d’asseoir la stabilité dans le pays, un nouveau Gouvernement a été par la suite mis en place avec des départements ministériels restructurés afin de répondre à l’objectif du développement rapide et durable.

Au plus haut niveau de l’Etat, des mesures ont été prises afin d’alléger l’impact de la crise sur les populations les plus vulnérables et de permettre une relance rapide de l’économie. Citons entre autres :

- la suppression des droits de douanes et la taxe d’importation sur certains produits : engrais, machines et matériels pour l’agriculture et l’élevage, le ciment, le papier, fils et tissus de tout genre.
- l’étude pour la mise en place d’un fonds de garantie pour le secteur privé malagasy
- la prise en charge par l’Etat des frais d’inscription scolaire dans le primaire et suspension temporaire de la participation des usagers aux frais des prestations médicales de la catégorie.

L'Agriculture est le pilier de l'économie malgache. Elle contribue pour environ 33 % de la valeur ajoutée, 30% des exportations totales et fournit les 3/4 des emplois. La contribution du secteur à l'économie a diminué au cours de le dernière décennie en raison d'une croissance faible et d'une certaine diversification de l'économie nationale.


Toutefois, avec 80% de la population vivant en milieu rural et un potentiel important lié au climat favorable et aux sols fertiles, l'agriculture reste le plus important secteur de l'économie malgache aujourd'hui.

Madagascar possède des zones écologiques très diversifiées qui offrent des conditions de culture et d’élevage propices à une grande variété de produits agricoles tropicaux et tempérés. En outre avec ses 5.000 kms de côtes, les ressources halieutiques sont très importantes.

Etant donné le rôle important que doit jouer le secteur du développement rural dans la mise en œuvre de la politique du Gouvernement pour un développement rapide et durable, lors du dernier remaniement gouvernemental, les sous-secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et le foncier ont été regroupés dans un seul département ministériel : le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche.

Le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a donc pour mission de réduire la pauvreté rurale, d’assurer la sécurité alimentaire et d’optimiser l’utilisation des ressources halieutiques

Pour l’Année 2003, le Ministère chargé de l’Agriculture, concentrera ses efforts sur la relance des activités des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs d’une part, et la promotion des investissements privés dans le secteur, d’autre part. Un effort particulier sera apporté dans l’appui aux organisations professionnelles agricoles par la mise en place de Chambres d’Agriculture.

Mesdames et Messieurs :

Face aux défis de cette relance économique pour un développement rapide et durable, nos attentes vis-à-vis de vous, nos partenaires internationaux, peuvent se résumer en ces quelques points:

- un soutien au processus d’installation et de fonctionnement des organisations professionnelles agricoles regroupées dans les Chambres d’Agriculture ;
- des échanges d’information, transfert de compétences et de partenariat avec les producteurs ;
- une coopération économique intervenant jusque chez les producteurs ;
- le principe qui guidera toutes les actions se basera sur des conventions de partenariat.

Monsieur Le Président,
Pour terminer, notre délégation voudrait s’associer aux déclaration des Gouverneurs Africains qui ont précédé pur appuyer le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et souhaite que le FIDA participe activement aux activités du Programme notamment l’assistance technique pour affiner le ciblage de la pauvreté rurale dans le cadre du plan d’Action du NEPAD.

Je vous remercie.