Rome (Italie) Du 19 Au 20 Fevrier 2003
Excellence Monsieur le Président de la République d
Italie,
Excellence Monsieur le Secrétaire Général de l
Organisation des Nations Unies,
Monsieur le Président du Conseil,
Monsieur le Président du FIDA,
Honorables gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Délégués et Observateurs,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, tout dabord de vous adresser, Monsieur le Président,
à vous et aux membres de votre bureau, au nom de ma délégation
et à mon nom propre nos sincères félicitations pour
votre brillante élection à la présidence de cette
vingt sixième session du Conseil des Gouverneurs du FIDA marquant
le vingt cinquième anniversaire. Je voudrais ensuite saisir cette
auguste occasion pour vous souhaiter une bonne année 2003 et vous
exprimer les vux de succès des plus hautes autorités
de mon pays pour la présente session.
Ces voeux s adressent également à l ensemble
du personnel du FIDA et à son Président que nous félicitons
pour le travail accompli et l excellente organisation de la présente
session.
Monsieur le Président,
Voilà, bientôt un quart de siècle que le FIDA uvre
pour la lutte contre la pauvreté rurale et le développement
agricole dans le monde. Au terme de cette période qui marque la
fin dun siècle assez riche en enseignements et le début
dun nouveau millénaire porteur despoir pour lhumanité,
un bilan mérite dêtre fait pour évaluer les
progrès réalisés et envisager à nouveau lavenir.
Les récents sommets mondiaux sur lalimentation et sur le développement durable ont permis de constater que lengagement pris en 1996 de réduire de moitié le nombre de personnes qui souffrent de la faim dici à lhorizon 2015 réaffirmé par le sommet du millénaire en 2000 ne sera pas respecté au rythme actuel des progrès réalisés bien que lhumanité dispose paradoxalement de suffisamment de connaissances et moyens pour éradiquer la faim et la pauvreté. A ce rythme, il nous faudrait, comme le Directeur Général de la FAO, Monsieur Jaque Diouf la si éloquemment dit, attendre encore une centaine d années pour atteindre lobjectif du millénaire
Face à ce constat déchec et à ces paradoxes frustrants, il est légitime de sinterroger à nouveau, comment mettre fin à la pauvreté Cest en cela que le thème consacré à cette vingt sixième session du Conseil des Gouverneurs marquant le vingt cinquième anniversaire du FIDA, à savoir, comment uvrer pour que les ruraux pauvres se libèrent de la pauvreté me paraît retrouver toute sa signification.
En effet, non seulement, il interroge sur la manière de combattre le phénomène, mais, il précise la limite daction des pouvoirs publics, des ONG, des organismes de développement et autres partenaires de la lutte contre la pauvreté rurale et surtout le rôle prépondérant que les ruraux pauvres doivent jouer dans ce combat en tant quacteurs véritables de leur développement.
Ce thème qui résume désormais toute la mission du FIDA en tant que tête de proue de la lutte contre la pauvreté dans le monde est en parfaite harmonie avec la politique de mon pays qui a décidé de faire de la lutte contre la pauvreté, la priorité de toutes les priorités du développement. Aussi, le nouveau cadre stratégique dont le FIDA sest doté pour la période 2002-2006 contient-il les trois grands objectifs à savoir :
- Renforcer la capacité des pauvres et de leurs organisations
;
- Améliorer laccès aux ressources naturelles productives
et à la technologie et ;
- Accroître laccès aux services et aux marchés
financiers ;
qui correspondent parfaitement aux axes stratégiques du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) adopté par le gouvernement de mon pays le 29 mai 2002 .Ces axes sont:
- Le développement institutionnel et lamélioration
de la gouvernance et de la participation ;
- Le développement humain et le renforcement de laccès
aux services sociaux de base ;
- Le développement des infrastructures et appuis aux secteurs productifs.
Cest donc le lieu pour moi de souligner tout notre soutien au cadre stratégique du FIDA pour lhorizon 2002-2006 et souhaiter quil puisse contribuer davantage au renforcement du rôle de catalyseur du FIDA dans la lutte contre la pauvreté à travers le monde.
De manière concrète, la pauvreté se manifeste en termes dabsence de capacités dans les domaines majeurs du bien - être: sécurité alimentaire, éducation, santé, habitat ,emploi, accès aux ressources.
Au plan institutionnel, le Mali a mis en place les conditions dune
bonne gouvernance démocratique, quil sefforce de
consolider et renforcer davantage, tout en favorisant lobjectif
de réduction de la pauvreté par un développement
économique et social durable.
Lorganisation et le déroulement réussis des récentes
élections présidentielles et législatives réalisées
en toute transparence et dans la plus grande démocratie dans mon
pays en constituent une preuve éclatante. Une alternative démocratique
venant dêtre réussie.
De même la mise en uvre effective de la politique actuelle
de décentralisation a favorisé la démocratie locale
et la participation consciente des populations à lexercice
du pouvoir et au développement. Linstallation de 703 communes
rurales et urbaines sur lensemble du territoire, 49 conseils de
cercles, 8 assemblées régionales, une assemblée du
district, une association des municipalités et un haut conseil
des collectivités démontre tout lintérêt
que lEtat accorde à limplication effective des populations
locales au développement socio-économique du pays. Le recentrage
de lEtat autour de ses fonctions régaliennes et le transfert
de certaines fonctions à dautres acteurs tels que les nouvelles
entités décentralisées, les organisations paysannes,
le secteur privé et associatif, consolide chaque jour cette volonté
politique clairement affichée et qui constitue une option fondamentale
de la politique de développement du Mali.
Le renforcement des capacités organisationnelles et de gouvernance
des ruraux, et leur participation effective aux prises de décision
demeurent le point de départ de toute action durable de lutte contre
la pauvreté rurale.
A cet égard, il me plaît de remercier le FIDA qui intervient
au Mali depuis les premières années de sa création,
pour son accompagnement à la réussite de ce processus à
travers les projets novateurs quil finance au Mali dans les différentes
régions pour un montant total denviron 70 milliards de francs
CFA. Limpact combien positif de ces projets et programmes sur la
réduction de la pauvreté dans les régions concernées
témoigne de
l efficacité du partenariat qui existe entre le Mali et
le FIDA. Notre souhait le plus ardent étant de le consolider à
travers la conception et la mise en oeuvre de nouveaux projets qui aideront
les ruraux pauvres à se libérer rapidement de la pauvreté.
Un accroissement substantiel et conséquent des financements en
faveur de lagriculture est indispensable pour assurer la sécurité
alimentaire. Il faut un soutien plus accru de la communauté internationale
aux programmes de recherche agricole, de vulgarisation et de protection
de la biodiversité et des ressources naturelles pour faire bénéficier
les pauvres des progrès de la technologie et assurer une exploitation
durable desdites ressources. Le nouveau partenariat pour le développement
de lAfrique (NEPAD) constitue un espoir pour les pays africains
et lappui de la communauté internationale ne devra pas faire
défaut.
Dans un pays sahélien comme le Mali, la maîtrise de leau
représente une stratégie incontournable pour garantir des
récoltes et parvenir à la sécurité alimentaire.
Chaque année, ce sont les efforts de millions de pauvres qui sont
anéantis par linsuffisance de pluies. A cela sajoute
toute la perte de ressources phytogénétiques et zoo génétiques
qui affecte dangereusement la biodiversité locale. Face à
une telle situation, sachant que les pauvres sont les plus vulnérables,
il faut non seulement renforcer et étendre les programmes daménagement
hydroagricoles, tout en garantissant leur accès aux plus pauvres,
mais aussi mettre en place des mécanismes de prévention
des risques liés aux catastrophes naturelles dans les zones non
sécurisées.
Toutefois cest surtout laccès aux marchés,
lexistence de barrières commerciales entravant un commerce
équitable et les subventions agricoles qui représentent
aujourdhui les défis majeurs qui condamnent définitivement
les ruraux des pays en développement dans le carcan de la pauvreté.
Lagriculture étant lactivité essentielle dont
les ruraux pauvres tirent leur subsistance, leffondrement des cours
des produits dexportation du aux subventions importantes que les
pays développés accordent à leurs agriculteurs réduit
chaque année des millions dagriculteurs à un état
dendettement et de dénuement total. Limpact social
et économique de telle mesure est incalculable. Pour réduire
la pauvreté, il faut avant tout payer aux agriculteurs le prix
juste de leur travail. Je saisis cette occasion pour lancer un appel à
la communauté internationale pour gérer au plus vite la
question des subventions agricoles et envisager dores et déjà
les mesures compensatoires nécessaires pour atténuer leurs
effets désastreux sur les agriculteurs des pays en développement.
Monsieur le Président,
Dans le cadre de la mise en uvre de lInitiative de réduction
de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), le Mali
est parvenu au point de décision de lInitiative renforcée
depuis mars 2002 et sachemine vers le point dachèvement
Le bénéfice de cette initiative, permettra aux populations
rurales du Mali de gagner davantage de victoires sur la faim et la pauvreté.
A leurs noms et au nom du gouvernement malien, je vous prie daccepter
nos profonds remerciements.
Après la Conférence internationale sur le financement du
développement de Monterrey, le sommet Mondial de lalimentation
cinq ans après à Rome et le Sommet Mondial sur le Développement
Durable à Johannesburg, la mission du FIDA duvrer
pour que les ruraux pauvres se libèrent de la pauvreté
devient plus délicate et plus urgente. Par conséquent elle
mérite un soutien plus accru de la part de la communauté
internationale. Jose espérer que cet appel sera entendu
afin que lobjectif visé par le sommet du millénaire
à savoir, réduire de moitié dici 2015 le nombre
de pauvres et de personnes exposées à linsécurité
alimentaire soit une réalité.
Dans ce contexte je suis heureux dannoncer que mon pays malgré les grandes difficultés auxquelles il se trouve confronté, entre autres, la crise du coton, la mauvaise campagne agricole 2002/2003, sest acquitté de sa contribution à la cinquième Reconstitution des ressources du FIDA pour 10.000 dollars EU, et avant même den avoir fait lannonce de celle au titre de la sixième Reconstitution des Ressources pour un montant de 11.020 dollars EU, soit au total 21.020 dollars Etats Unis. En conséquence, jinvite les membres du FIDA et en particulier ceux des pays en développement qui connaissent les mêmes difficultés à apporter également leur contribution comme signe de lintérêt que tous nous portons au FIDA.
Monsieur le Président,
Ma Délégation, après une analyse approfondie des
différents documents soumis à lexamen de la présente
session :
- marque son approbation pour les rapports des cinquième et sixième
reconstitutions des ressources et invite les membres à adopter
le projet de résolution afférent à la sixième
reconstitution ;
- déplore la persistance des pertes sur les placements en 2001,
malgré lamélioration intervenue par rapport à
2000 (42,9 millions contre 47,00 millions), et invite la Direction du
Fonds à prendre toutes les mesures utiles pour inverser la situation
;
- félicite le FIDA pour les résultats enregistrés
dans le cadre de linitiative de réduction de la dette des
pays pauvres très endettés et lencourage à
uvrer toujours davantage dans ce sens ;
- approuve le programme de travail de 450 millions de dollars et le budget
administratif du FIDA pour 2003 pour 45,2 millions de dollars Etats Unis,
ainsi que lautorisation de financement supplémentaire comme
il a été recommandé par le Conseil dadministration
;
- approuve la création du Fonds fiduciaire du FIDA pour lassurance
maladie après cessation de service ;
- adresse ses sincères remerciements pour le travail accompli aux
membres dont le mandat est arrivé à son terme et félicite
les nouveaux membres et suppléants élus au Conseil dadministration
;
- note avec satisfaction les progrès réalisés dans
le cadre de la mise en uvre du Plan daction FIDA V (2000-
2002) et encourage le Fonds à mettre en uvre les étapes
futures ;
- suit avec intérêt lévolution de la mise en
uvre du Programme de Transformation Stratégique (PTS) du
FIDA ;
- note avec satisfaction les progrès enregistrés par le
Mécanisme Mondial de la Convention des Nations Unies sur la lutte
contre la désertification (MM /CCD) et la Coalition Populaire pour
éliminer la faim et la pauvreté dans le monde, et invite
les donateurs à leur apporter encore plus leur appui.
Je souhaite un bon anniversaire au FIDA.
Je vous remercie.