Declaration generale de Son Excellence Monsieur Seydou Traore, Ministre de lagriculture, de lelevage et de la peche de la Republique du Mali a la vingt septieme session du conseil des gouverneurs du FIDA
Rome, 18 - 19 février 2004
Monsieur le Président du FIDA,
Honorables Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Délégués et Observateurs,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout dabord, au nom de la délégation qui maccompagne et au mien propre, adresser à vous, Monsieur le Président et aux membres de votre bureau, mes sincères félicitations pour votre brillante élection à la présidence de cette vingt septième session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.
Permettez-moi ensuite de massocier à mes prédécesseurs pour souhaiter un plein succès aux travaux de la présente session et une bonne et heureuse année 2004 à tous les participants. Je voudrais ici exprimer toute notre compassion et notre solidarité aux pays et en particulier aux familles touchées en ce début dannée par les effets de catastrophes naturelles et dincidents divers comme à Bam en Iran, à Sharm El Sheik en Egypte pour ne citer que ceux là.
Il y a juste une année, lors de la vingt sixième session de notre Conseil marquant le vingt cinquième anniversaire du FIDA, nous avions tenté de faire le bilan des progrès réalisés en vingt cinq années et nous nous étions légitimement interrogés à savoir : Comment uvrer pour que les ruraux pauvres se libèrent de la pauvreté ?
Parmi les réponses apportées à cette question, jai retenu quau-delà de laction des pouvoirs publics, des ONG, des organismes de développement et autres partenaires de la lutte contre la pauvreté rurale, les ruraux pauvres en tant quacteurs véritables de leur développement doivent jouer un rôle prépondérant dans ce combat. La place prépondérante qui revient aux femmes dans ce contexte a aussi retenu mon attention.
Pour cette raison, et pour bien dautres encore, le discours de
Son Excellence, le Président du Faso, Monsieur Blaise Compaoré
que nous avons suivi avec attention est riche denseignements et
constitue une référence de choix pour les débats
de notre présente session.
Monsieur le Président,
Au rythme des progrès réalisés, réduire de moitié le nombre de personnes qui souffrent de la faim dici à lhorizon 2015 reste un challenge qui ne saurait être relevé sans un surcroît de volonté politique et defforts multiformes à déployer à tous les niveaux.
Les ruraux pauvres constituent limmense majorité de la population des pays en développement. Il apparaît évident que sans un accroissement durable de la production et de la productivité agricoles, un meilleur accès aux marchés et une amélioration des revenus et du cadre de vie des ruraux on ne peut prétendre à un véritable développement harmonieux et durable du monde rural.
En consacrant le thème central de notre présente session aux relations entre le commerce et le développement rural, nous avons décidé de nous attaquer à lune des préoccupations fondamentales des pays en développement à savoir la facilitation des échanges et laccès aux marchés.
Léchec des stratégies dautosuffisance alimentaire nationale centralisées a laissé la place à une vision plutôt libérale de la gestion de la sécurité alimentaire, accordant une responsabilité importante au marché.
Nos stratégies de sécurité alimentaire qui visent à satisfaire les besoins essentiels de la population restent basées sur laugmentation et la diversification de la production agricole, lamélioration des revenus des populations par une meilleure organisation du marché des aliments de base et le développement de la transformation des produits locaux. De ce fait Elles resteront en conséquence largement tributaire de linteraction entre le secteur du développement rural et les autres secteurs notamment le commerce, lindustrie, le transport et la santé.
Le développement de la production alimentaire est intimement lié à celui des marchés. En labsence de débouchés et de prix rémunérateur pour les produits agricoles, on ne peut améliorer ni la production, ni les revenus des producteurs.
Le rôle du commerce se situe aussi bien à lamont quà laval de la production. Le commerce intervient à la fois pour la fourniture des intrants, des équipements et des services aux producteurs et la commercialisation des produits agricoles.
Monsieur le Président,
Nous sommes au regret de constater dans cette ère de mondialisation de léconomie que malgré lexistence des règles et des conventions pour réglementer le commerce international, laccès aux marchés pour les pays en développement se heurte à plusieurs obstacles au nombre desquels je citerai :
Ces entraves à la promotion commerciale des produits agricoles
des pays en développement sont contraires aux règles dun
commerce équitable. Il va sans dire quétant donné
que lagriculture constitue lactivité essentielle
dont les ruraux pauvres tirent leur subsistance, limpact social
et économique de telles mesures est incalculable.
Face à leffondrement du cours mondial du coton fibre sous
leffet spécifique des subventions accordées aux producteurs
du Nord, quel sort sera réservé aux millions de coton-culteurs
de lAfrique de lOuest et du centre ? Malgré des coûts
de production compétitifs au plan mondial, ces agriculteurs risqueraient
à terme de seffacer sur le marché et de venir grossir
encore les rangs des ruraux pauvres que nous cherchons à libérer
de leur pauvreté. Les efforts énormes voire les sacrifices
consentis par nombre de pays pour faire de cette spéculation lun
des moteurs essentiels sinon le moteur unique de leur économie
seraient ainsi réduits à néant.
Le Président de la République du Mali, Son Excellence Amadou Toumani TOURÉ a à maintes occasions déploré cette situation injuste et fort préjudiciable à nos producteurs et à nos pays si sensibles aux effets négatifs de la mondialisation, et a appelé les pays concernés et la Communauté Internationale à plus de solidarité et au respect des engagements pris.
Monsieur le Président,
En tant que porte-fanion de la lutte contre la pauvreté rurale à travers le monde, le FIDA devrait se pencher sur cette question déterminante dans latteinte de lobjectif du millénaire de réduction du nombre de personnes souffrant de la faim.
Après la conférence ministérielle de Cancun, toutes les parties doivent uvrer afin que les négociations se poursuivent et que des solutions alternatives soient dégagées pour que lengagement pris par la communauté internationale de combattre la faim et la pauvreté dans le monde ne soit un vain mot. Il nous revient tous de tirer rapidement les leçons de Cancun et avancer vers des solutions porteuses despoir pour les populations rurales des pays en développement.
Dans le cadre de la facilitation des échanges, permettez-moi
de remercier le FIDA pour les projets novateurs quil finance au
Mali dans les domaines de la construction de pistes rurales, de la micro-finance,
de la mise en marché des produits agricoles et du renforcement
des capacités organisationnelles et de gouvernance des organisations
paysannes.
Ces actions qui sintègrent parfaitement dans notre Schéma
Directeur de Développement Rural (SDDR) et le Cadre Stratégique
de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) contribuent positivement à
lamélioration des conditions de vie et des revenus des populations
rurales.
Au-delà de nos politiques nationales, la dimension du commerce
est largement prise en compte dans les Programmes Régionaux de
Sécurité Alimentaire définis par les Communautés
Économiques Régionales dont le Mali est membre. Cette préoccupation
inscrite parmi les piliers du Programme Détaillé pour le
Développement de lagriculture Africaine (PDDAA) du Nouveau
Partenariat pour le Développement de lAfrique (NEPAD) retrouve
toute sa pertinence dans les axes prioritaires du développement
rural.
Dans le cadre de la mise en uvre de linitiative de réduction de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), le Mali est parvenu depuis le 07 mars 2003 au point dachèvement au titre de linitiative renforcée en faveur des Pays Pauvres Très Endettés. Le bénéfice de cette initiative, permettra aux populations rurales du Mali de gagner davantage de victoires sur la faim et la pauvreté. A leurs noms et au nom du gouvernement malien, je vous prie daccepter nos profonds remerciements.
Concernant la reconstitution des ressources du FIDA, je suis heureux dannoncer que mon pays, en dépit du contexte économique difficile, sest acquitté depuis février 2003 de sa contribution à la cinquième Reconstitution des ressources du FIDA, et avant même den avoir fait lannonce de celle au titre de la sixième Reconstitution des Ressources. En conséquence, jinvite les membres du FIDA et en particulier ceux des pays en développement qui connaissent les mêmes difficultés à apporter également leur contribution comme signe de lintérêt que tous nous portons au FIDA.
Monsieur le Président,
Ma Délégation, après un examen approfondi des différents documents soumis à la présente session est heureuse de marquer son avis sur les points inscrits à lordre du jour de notre présente session.
Aussi, nous approuvons les États financiers vérifiés du FIDA au 31 décembre 2002 ainsi que le rapport du commissaire aux comptes y relatif et félicitons le FIDA pour les résultats obtenus et les exhortons à uvrer davantage dans ce sens.
Nous approuvons en même temps le budget administratif du FIDA et de son Bureau de lévaluation pour 2004.
Afin dassouplir la procédure des fonds daffectation spéciale, ma délégation marque son accord pour la délégation de pouvoirs au Conseil dadministration du Fonds pour létablissement de fonds daffectation spéciale multi donateurs.
Nous prenons acte du rapport détape sur la mise en uvre du Système dAllocation des Ressources Fondé sur la Performance (SAFP) dont nous avons approuvé lélaboration lors du dernier Conseil et insistons pour que son application en 2005 tienne compte des observations formulées par les membres réunis au niveau du Groupe des 77, et quelle prenne en considération lensemble des pays dont les populations sont sous lemprise de la pauvreté.
Sagissant du Programme de Transformation Stratégique (PTS), nous prenons acte des progrès réalisés dans sa mise en uvre et invitons le FIDA à tirer toutes leçons de cette première année dexpérience afin délaborer un agenda de travail réaliste.
Ma délégation apprécie hautement les résultats enregistrés par la Coalition Internationale pour laccès à la Terre dans ses six grands domaines daction et prend bonne note des enseignements tirés de la mise en uvre de ce mécanisme mondial de rassemblement en faveur de laccès à la terre.
En ce qui concerne le Mécanisme Mondial (MM) de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse (CNULCLD), nous lencourageons à tirer le meilleur profit des orientations formulées par la Conférence des Paires (COP) et les leçons des expériences récentes, et nous en appelons aux Donateurs afin de doter le Mécanisme de ressources suffisantes. Linitiative de confier au Fonds pour lEnvironnement Mondial (FEM), le soin dappuyer les activités de renforcement des capacités relatives à la Convention mérite dêtre saluée.
Enfin, je ne puis terminer sans exprimer toute ma satisfaction et mes félicitations au Secrétariat du FIDA pour la qualité de lorganisation de la présente session et renouveler mes félicitations au Président Lennart Båge.
Je vous remercie.