Enabling poor rural people
to overcome poverty



Conseil des gouverneurs du FIDA Vingt-septième session

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les Gouverneurs,
Mesdames et messieurs,

Permettez-moi de vous souhaiter chaleureusement la bienvenue à Rome ainsi qu'à cette vingt-septième session du Conseil des gouverneurs.
Nous avons l'honneur de compter parmi nous le Président du Burkina Faso, Son Excellence Blaise Compaoré. La sagesse et le courage dont il fait preuve dans la conduite de son pays en font l'un des plus éloquents défenseurs des perspectives de l'Afrique notamment dans le domaine du commerce international.

C'est toujours avec plaisir que j'accueille nos collègues des autres Organisations sœurs établies à Rome, Messieurs Jacques Diouf, Directeur général de la FAO et Jean Jacques Graisse, Directeur exécutif adjoint du PAM. Leur présence nous rappelle la forte complémentarité des trois Organisations, et l'étroite et croissante coopération instaurée entre elles.

Monsieur le Président,

Cette dernière année a été marquée par des turbulences considérables dans les affaires internationales, mais aussi par une prise de conscience croissante des problèmes de fond qui conduisent aux conflits et au terrorisme. Il est désormais flagrant que la pauvreté massive, qui touche des centaines de millions d'individus pris dans l'engrenage des privations, de la faim et de la vulnérabilité, ne saurait être propice à un ordre international stable et pacifique. À cette échelle, la pauvreté est autant un problème de sécurité que d'humanité.

Lennart Båge Président du FIDALe Sommet du millénaire et les objectifs de développement du Millénaire ont incité la plupart des institutions de développement à faire de la réduction de la pauvreté l'un de leurs principaux objectifs. Cependant, rares sont celles qui accordent la priorité aux zones rurales, où vivent la majorité des pauvres. Sur 1,2 milliard de personnes extrêmement pauvres que l'on compte dans le monde, 900 millions se trouvent dans ces zones. Petits exploitants, éleveurs, paysans sans terre, peuples indigènes et autres, dépendent de l'agriculture et des activités qui s'y rattachent. Les femmes et les jeunes filles en représentent un pourcentage élevé. Pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire, il faudra une forte accélération du rythme du développement rural. Pour la plupart des pays à faible revenu, cela signifie que le secteur de la petite exploitation devra devenir plus productif et plus dynamique.

Le FIDA est l'une des rares institutions de développement qui concentre explicitement son action sur la pauvreté rurale et en particulier, sur l'aide aux producteurs pauvres afin de leur permettre d'accroître leur productivité et leurs revenus et de s'affranchir de la pauvreté. Dans le secteur rural de nombreux pays à faible revenu, le Fonds est une importante source de financement et dans certains pays, en particulier en Afrique subsaharienne, il est la plus importante source d'aide multilatérale à l'agriculture et au développement rural.

Si la plupart des organismes de développement se concentrent aujourd'hui sur la pauvreté, ils le font de façons différentes et complémentaires. Ainsi, l'aide accordée par le FIDA aux ruraux pauvres pour accroître leur productivité et leur production s'harmonise bien avec celle des grandes institutions financières internationales et des autres organismes des Nations Unies qui soutiennent le développement de l'infrastructure, la santé, l'éducation et le renforcement des capacités.

Monsieur le Président,

On prend aujourd'hui de plus en plus conscience de l'importance du développement rural et de l'agriculture pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire. À son dernier sommet tenu l'an dernier, le G8 a estimé qu'il était nécessaire d'augmenter l'investissement productif dans le développement agricole et rural. Des pays comme le Canada accroissent leur soutien au développement agricole et rural. Pour leur part, les pays en développement accordent une nouvelle attention à l'agriculture et au secteur rural. À son dernier sommet, l'Union africaine s'est engagée à porter les crédits budgétaires en faveur de l'agriculture à 10 pour cent. Le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, le NEPAD, accorde une priorité spéciale à l'agriculture. Le FIDA travaille étroitement avec le NEPAD pour soutenir les efforts qu'il déploie en faveur de la promotion du développement rural en Afrique.

Pour la première fois, le segment de haut niveau de l'ECOSOC a eu pour thème l'an dernier le développement rural. Ouvrant la session de l'ECOSOC, Monsieur Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU, a mis en relief le nouveau partenariat mondial pour le développement et déclaré que tout cela ne serait possible que si un engagement réel était mis en œuvre pour que le développement rural retrouve sa place au centre des efforts de développement.

La place centrale de la pauvreté rurale étant de plus en plus reconnue, l'attention s'est concentrée sur les moyens de favoriser les conditions permettant aux petits exploitants d'augmenter leur productivité et leur production. Depuis maintenant plus de 40 ans, on s’efforce de promouvoir le développement. La leçon sans doute la plus importante que nous avons apprise est que nous devons être à l'écoute des pauvres et que c'est aux pauvres de conduire eux mêmes leur développement.

Pour cela, il faut qu'ils aient un accès assuré à la terre, à l'eau et à d'autres facteurs, à des techniques plus productives et durables, à des marchés accessibles et efficaces et à des institutions qui les soutiennent. Par dessus tout, il est important qu'ils soient en mesure de s'organiser et de participer plus largement aux décisions locales et nationales.

Le monde auquel les pauvres font face est en plein changement, riche de nouvelles possibilités mais aussi de nouveaux risques. Les profondes réformes adoptées par de nombreux pays en développement font que les décisions d'investissement et les prix sont déterminés par le marché et non plus par les gouvernements ou les institutions publiques. En outre, comme il ressort du document de travail de la conférence débat du Conseil des gouverneurs sur le commerce et le développement rural, les marchés locaux et nationaux sont de plus en plus liés aux marchés mondiaux.

Voyez l'évolution des cours du café et du cacao ces dernières années et ses conséquences pour les agriculteurs pauvres d'Amérique latine et d'Afrique. Voyez le coton. Nous venons d'entendre les paroles éloquentes et émouvantes du Président Compaoré qui nous a décrit les effets néfastes des subventions sur les producteurs de coton pauvres du Burkina Faso et d'autres pays africains.

Le cycle de négociations de Doha nourrit de grands espoirs. L'un des principaux objectifs de ces négociations est de créer des conditions plus équitables pour les pays en développement en s'attaquant aux restrictions commerciales et aux subventions accordées aux produits agricoles.
Le succès du cycle de négociations de Doha est capital car il ouvrira de nouveaux débouchés aux petits producteurs agricoles. Mais comme le signale le document de travail de la conférence débat, pour profiter de ces possibilités les agriculteurs pauvres devront accroître leur production et donner de la valeur ajoutée à leurs produits par la transformation, le conditionnement, l'étiquetage, le contrôle de la qualité et une commercialisation plus efficace. La communauté du développement se trouve donc face à un double défi.
Premièrement, il faut financer des programmes qui aident directement les ruraux pauvres à augmenter leur productivité et à traiter efficacement avec les agents du marché afin de tirer pleinement profit de l'augmentation de leur production. Deuxièmement, il faut tirer parti des connaissances et des idées acquises à cette occasion, pour déclencher de plus grands changements dans les politiques et les institutions afin de généraliser la réduction de la pauvreté dans les économies d'aujourd'hui qui sont fondées sur le marché. En d'autres termes, pour réduire rapidement la pauvreté nous devrons compléter les solides bases établies au micro niveau par des approches efficaces au macro niveau.

C'est un défi que le FIDA a bien l'intention de relever.

Monsieur le Président,

Au cours des trois dernières années nous avons pris d'importantes initiatives pour renforcer à la fois le cadre politique et stratégique des opérations du FIDA et pour améliorer ses systèmes internes afin de produire l'impact le plus important possible avec le meilleur rapport coût efficacité. Le Cadre stratégique, les stratégies régionales et les COSOP, joints aux plans d'action pour les cinquième et sixième reconstitutions ont renforcé les approches stratégiques que le Fonds met en œuvre pour éradiquer la pauvreté. Toutes ces initiatives nous ont aussi donné les moyens de nouer un dialogue sur la réduction de la pauvreté.

L'an dernier, le FIDA a accordé quelque 435 millions de USD en prêts et dons. Les interventions correspondantes toucheront directement environ 10 millions d'hommes et de femmes pauvres, dont beaucoup se trouvent en Afrique subsaharienne, qui reste l'une des zones où il y a le plus à faire pour réduire la pauvreté. Au cours des prochaines années, nous souhaiterions vivement augmenter sensiblement le niveau des prêts du FIDA afin de toucher un nombre beaucoup plus grand de ruraux pauvres. Nous pourrions ainsi mettre pleinement en œuvre la capacité du FIDA à élaborer des interventions innovantes à l'appui des efforts que les États membres déploient pour éradiquer la pauvreté.

J'ai constaté de mes propres yeux l'an dernier, lors d'une visite en Éthiopie, combien ces interventions peuvent changer la vie de la population. Le programme spécial pour ce pays a permis à des agriculteurs comme Kenem Demisse de la région d'Oromia de faire trois récoltes par an. À présent, au lieu de se contenter d'une seule récolte de maïs, elle cultive des poivrons, tomates, haricots et autres légumes destinés à la consommation familiale et à la vente sur les marchés locaux. Elle gagne ainsi de quoi améliorer son logement, acheter des engrais et des semences et payer les dépenses d'éducation et de santé.
Autre innovation importante pour le bien être de la communauté, la récolte de l'eau des sources de montagne pour l'alimentation en eau potable des villages comme Offa dans la région sud du pays. Auparavant, les villageoises comme Almaz Konse devaient faire plusieurs kilomètres pour aller chercher de l'eau, qui était malsaine. Elle dispose aujourd'hui d'eau propre et potable dans son village même, ce qui change toute sa vie.

Le projet de développement des communautés pastorales d'Éthiopie approuvé l'an dernier, met à profit les efforts précédemment déployés pour aider les petits exploitants à diversifier leur production. Cette nouvelle intervention donnera à quelque 450 000 ménages d'éleveurs pauvres la possibilité de cultiver la terre et d'entreprendre des activités non agricoles en plus de l'élevage. Ce projet mis au point en commun avec l'IDA, est réalisé dans quatre régions où des sécheresses graves et fréquentes déciment les troupeaux et où le manque de services sociaux et économiques nuit à la santé et à la productivité.

Ce projet est totalement piloté par la demande. Les bénéficiaires décideront eux mêmes des investissements à réaliser et des activités économiques à entreprendre. Malheureusement, dans cette région sécheresses et catastrophes font partie de la vie des pauvres. Un important élément de ce nouveau projet est donc de mettre en place un système d'alerte avancé et de planification des interventions d'urgence. Lorsque la prochaine sécheresse frappera, il sera ainsi possible de mobiliser rapidement les fonds du projet et ce qui est peut être plus important, d'autres sources d'aide d'urgence.

Les régions pauvres en ressources où vivent de nombreux agriculteurs et éleveurs pauvres sont exposées à de graves risques de désertification et de dégradation des terres. Grâce à sa vaste expérience des programmes de réduction durable de la pauvreté dans ces régions, le FIDA a été choisi pour héberger le Mécanisme mondial de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et est à présent agent d'exécution du Fonds pour l'environnement mondial ce qui renforce son rôle dans la lutte contre la dégradation des terres. Le FIDA et les autres membres du Comité de facilitation comprenant la Banque mondiale, le PNUD et les banques régionales de développement, ont aidé le Mécanisme mondial à mettre au point un ambitieux plan de travail. L'objectif de ce plan est d'aider les États membres à élaborer des plans d'action pour combattre la désertification et à mobiliser les ressources nécessaires à leur exécution.

Dans de nombreuses régions rurales, le mauvais état des routes et la faiblesse des marchés restent un problème majeur, si bien que les revenus des agriculteurs souffrent considérablement de l'absence de marchés de proximité et de la difficulté d'accéder aux marchés nationaux ou étrangers. J'ai constaté les effets de cet état de choses au Ghana. Dans ce pays, les agriculteurs pauvres avaient augmenté la production de manioc de 60% à l'aide de variétés améliorées. Toutefois, les marchés locaux ne pouvant absorber le surcroît de production les prix ont fortement baissé, privant en grande partie ces agriculteurs du fruit de leur dur labeur.

Par conséquent, l'augmentation de la production est le point de départ mais l'existence de marchés accessibles et efficaces est tout aussi importante pour permettre aux pauvres de sortir de la pauvreté.
Prenons l'exemple d'un programme approuvé pour le Guatemala l'an dernier, le Programme national de développement rural. L'objectif de ce programme est d'autonomiser les agriculteurs pauvres et les paysans sans terre, dont beaucoup sont des indigènes, groupe souvent oublié parmi les pauvres, en créant les conditions nécessaires pour qu'ils augmentent leur productivité et s'intègrent dans le développement national. Cette intervention aidera spécifiquement les petits exploitants et les autres producteurs ruraux à nouer des liens avec les entreprises agro industrielles, les grossistes et autres agents du commerce afin d'avoir accès aux marchés nationaux et même extérieurs.

Ce programme et les autres interventions analogues que le FIDA soutient en El Salvador, au Honduras et au Nicaragua fournissent d'importantes indications sur l'adéquation du cadre politique. En s'appuyant sur elles, une concertation sera entamée avec le Ministère de l'agriculture du Guatemala pour établir des institutions et des politiques efficaces de développement rural et de réduction de la pauvreté et soutenir la stratégie de décentralisation du gouvernement.

Monsieur le Président,

Il ressort de notre expérience de la concertation qu'elle est le plus efficace lorsqu'elle est solidement fondée sur une expérience acquise sur le terrain. La collaboration avec les bénéficiaires, les gouvernements emprunteurs, la société civile et le secteur privé pour la conception des projets est en soi une forme de concertation politique au microniveau, visant à mettre au point de nouvelles approches et de nouveaux modèles.
Le projet de pêche artisanale dans la province de Nampula au Mozambique, par exemple, a fait apparaître la nécessité de modifier la législation relative à la taille des mailles des filets de pêche légalement autorisée. Ce projet a également permis de convaincre le Gouvernement d'élargir la zone d’exclusion visant la pêche industrielle à 3 milles au lieu d’un seul. Au Soudan, à la suite du projet de rétablissement des moyens de subsistance durable dans la région du Gash, le Gouvernement a élaboré un nouveau cadre juridique relatif à l’accès à la terre et à la taille des exploitations, particulièrement important dans cette zone irriguée par les crues, qui est exposée à la surexploitation et à la dégradation.

Le financement rural nous offre un autre exemple. L’efficacité des groupes d’auto assistance lancés dans le cadre du projet de promotion de la femme au Tamil Nadu et du projet de crédit rural dans le Maharashtra, soutenus par le Fonds en Inde, a conduit le Gouvernement à faire de ces groupes un élément central des programmes antipauvreté du pays. D’une façon plus générale, notre expérience de la promotion des institutions de microfinancement nous a amenés à travailler avec de nombreux pays afin de mettre au point des cadres réglementaires et législatifs adaptés aux systèmes de financement rural.

L’accès à des droits fonciers sûrs est apparu comme un enjeu majeur pour la réduction de la pauvreté rurale. Le FIDA héberge la Coalition internationale pour l’accès à la terre, entité unique en son genre qui réunit des organisations de la société civile et des institutions multilatérales et bilatérales de développement. La coalition soutient dans plusieurs pays des initiatives visant à utiliser les mécanismes du marché et autres, aux fins de la réforme agraire. Elle constitue aussi un réseau de partage des connaissances sur les meilleures pratiques à appliquer dans ce domaine critique.

Concevoir des modèles efficaces permettant aux producteurs ruraux pauvres de participer avec succès au marché est à mon avis particulièrement important aujourd’hui. La reconnaissance du rôle croissant que joue le marché dans la vie économique des producteurs ruraux pauvres n'est pas synonyme de laissez faire. En fait, les gouvernements et leurs partenaires extérieurs ont la responsabilité accrue d’établir des institutions, politiques et pratiques de soutien qui aideront les pauvres à tirer profit de la libéralisation et de la mondialisation au lieu de courir le risque d’en être encore appauvris.

Le FIDA participe à des efforts d’harmonisation et à des mécanismes de coordination tels que les DSRP, les programmes sectoriels ainsi qu’au plan cadre des Nations Unies pour l’aide au développement dans cette perspective, afin de prendre en compte les réalités auxquelles sont confrontées les ruraux pauvres dans le processus d’élaboration des politiques. Au début, de nombreux DSRP n’accordaient pas une attention suffisante à l’agriculture et au développement rural. Le Fonds s’efforce d’y remédier et d’assurer que les besoins des ruraux pauvres, qui représentent souvent la grande majorité de la population des pays à faible revenu, soient dûment pris en compte dans les politiques et les financements.

La table ronde consacrée à l’Afrique orientale et australe qui se tiendra demain a pour thème les mécanismes de soutien budgétaire et les approches sectorielles. Je suis sûr qu’elle offrira aux pays de la région ainsi qu’à leurs partenaires du développement une excellente occasion d’examiner l’expérience de ces approches et de voir comment le Fonds pourrait y contribuer au mieux. Les cinq autres tables rondes traiteront de questions importantes pour chacune des régions concernées. La conférence débat et les tables rondes font partie de l’effort permanent que nous déployons pour faire du Conseil des gouverneurs une tribune interactive où les Gouverneurs peuvent échanger leurs idées avec profit. Le but est de faire de la semaine où se réunit le Conseil des gouverneurs une importante plateforme annuelle de dialogue sur l’éradication de la pauvreté et de la faim, et l’accélération du développement agricole et rural.

Monsieur le Président,

Parallèlement au renforcement du cadre stratégique et opérationnel du Fonds, nous réalisons un vaste programme de changements.

Ce programme comprend le Système d’allocation fondé sur la performance et le renforcement de la présence sur le terrain du Fonds dans les pays emprunteurs. Il comprend aussi une nouvelle politique relative aux dons, destinée à en augmenter le volume total et à les utiliser pour améliorer la performance lorsqu’elle laisse à désirer et dans certaines situations spécifiques, par exemple après des conflits, pour donner la souplesse nécessaire aux mécanismes de financement.
La recherche d’approches innovantes en vue d'aider les groupes de ruraux pauvres à sortir de la pauvreté a toujours été au centre de nos opérations. À présent, grâce à une contribution de 10 millions de USD apportée par le Royaume Uni, nous avons élaboré un programme d’innovations visant à inclure de façon plus systématique la création et l’application de pratiques innovantes dans l’élaboration de tous nos programmes.
Nous prenons aussi des mesures pour renforcer notre capacité d'évaluation de l'impact et des résultats de nos opérations. Le système de gestion de l'impact et des résultats met au point à cet effet une méthodologie systématique tandis que le nouveau statut d'indépendance du Bureau de l'évaluation assurera des évaluations faisant autorité.

Une nouvelle approche de l'établissement du budget du Fonds par activités est en cours de mise en place de manière à considérer les dépenses budgétaires sous l'angle des résultats et non plus des intrants et des coûts. L'ensemble de nos processus de gestion financière et de gestion des ressources humaines sont également en cours de modernisation pour faire du FIDA une institution du 21ième siècle. Pour asseoir cette modernisation sur des bases solides, le programme de changement stratégique met en place une plateforme d'information destinée à soutenir la gestion efficace des ressources humaines et financières.

Une autre initiative majeure dont sont convenus les États membres est l'évaluation externe indépendante. Elle a pour objet d'évaluer de façon exhaustive la contribution du Fonds à la réduction de la pauvreté rurale. Mes collègues et moi même attachons une grande importance à cette initiative et nous avons hâte de contribuer à ses travaux. Je suis sûr qu'elle fournira des indications précieuses non seulement sur le FIDA mais aussi sur les moyens les plus efficaces de vaincre la pauvreté rurale.

Monsieur le Président,

Permettez moi de dire un mot du personnel du FIDA. Pour toute institution, la qualité et le dévouement de son personnel sont le principal atout. J'ai été très impressionné par l'engagement du personnel envers la réduction de la pauvreté et par sa disponibilité constante à mettre son temps au service de la mission du Fonds.

Ces trois dernières années, durant lesquelles un si grand nombre d'initiatives ont été entreprises, ont été particulièrement astreignantes pour le personnel. Je dirai simplement que je suis heureux et fier de la façon dont il a réagi.

Monsieur le Président,

Le FIDA a 26 ans d'expérience opérationnelle de la lutte contre la pauvreté rurale dans des situations économiques, sociales et écologiques très diverses. Finançant des programmes de lutte contre la pauvreté représentant un investissement d'une valeur comprise entre 700 et 900 millions de USD par an et touchant environ 10 millions de ruraux pauvres, le Fonds est désormais au cœur de l'effort déployé pour éradiquer la pauvreté et atteindre les objectifs de développement du Millénaire.

Nous avons toujours essayé d'envisager la pauvreté du point de vue des pauvres en tant que producteurs participant activement, encore qu'inégalement, au marché. Dans l'environnement dominé par le marché qui s'impose de plus en plus aux ruraux pauvres, l'expérience acquise par le FIDA dans son travail avec les pauvres et en particulier avec les femmes rurales pauvres, en tant que producteurs, est directement pertinente.

Les objectifs de développement du Millénaire et la nouvelle reconnaissance du développement rural appellent à intensifier la contribution du FIDA à l'éradication de la pauvreté, ce que permet précisément le renforcement de l'approche stratégique et des processus du travail du Fonds. Cependant, il nous faut des ressources pour répondre aux besoins des pays pauvres d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie ainsi qu'aux attentes des autres pays en développement et en transition, en contribuant à la recherche de solutions innovantes au problème de la pauvreté.

À cet égard, les négociations relatives à la septième reconstitution des ressources, qui s'ouvriront l'an prochain, viennent à point nommé. Lors de la dernière reconstitution, les États membres développés et en développement ont réaffirmé la confiance qu'ils accordent au FIDA en augmentant notablement leurs contributions. La septième reconstitution, je l'espère, non seulement consolidera ces progrès, mais se traduira par une hausse spectaculaire du niveau total des contributions.

Monsieur le Président,

La pauvreté massive – environ 1 200 millions d'individus condamnés à une vie de misère et de privation chronique – n'est pas seulement un scandale moral en ce 21ième siècle. C'est également un danger croissant pour la stabilité et le bien être de la société dans un monde en voie de globalisation.

La pauvreté massive sera vaincue. La question n'est pas donc de savoir si oui ou non elle le sera, mais dans combien de temps. Combien d'années ou de décennies faudra t il encore? Combien de centaines de millions de vies seront encore gâchées par la misère? Nous avons les connaissances et certainement les ressources nécessaires tandis que les pauvres ont le talent, les compétences et la capacité de se libérer de la pauvreté. Ce qui leur manque c'est la possibilité de le faire, aussi devons nous trouver la volonté collective de créer cette possibilité.

Avec votre soutien, le FIDA, fort de son expérience d'un quart de siècle dans la lutte contre la pauvreté sur le terrain, se tient prêt à participer en première ligne à l'effort collectif nécessaire pour que ce jour soit aussi proche que possible.

Je vous remercie.