Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs et délégués,
Mesdames et Messieurs,

Le moment est venu de clore la vingt-huitième session du Conseil des gouverneurs. Cette session a été un jalon dans l'histoire du Fonds dans la mesure où elle a traité de questions d'une importance primordiale pour l'avenir de l'organisation, parmi lesquelles doivent être mentionnées spécialement l'élection du Président du FIDA et l'établissement de la Consultation sur la septième reconstitution des ressources du FIDA. La nomination du Président Båge pour un nouveau mandat et l'appui réaffirmé qu'il a reçu des pays des trois listes du FIDA sont à noter tout particulièrement.

La présente session restera aussi dans nos mémoires grâce aux éminentes personnalités qui nous ont fait l'honneur de prononcer une allocution à la séance inaugurale. Cela a été pour le Conseil un privilège tout particulier d'entendre le discours très mobilisateur du Président de la République de l'Ouganda, S.E. Monsieur Yoweri Kaguta Museveni. Au rang international élevé qui est le sien, le Président Museveni n'a pas perdu de vue les réalités auxquelles sont confrontés les pauvres. Sous son impulsion, l'Ouganda a su offrir un exemple frappant de la capacité de l’sAfrique à s'engager sur la voie de la croissance et du progrès. Ses propos soulignant la nécessité d'une approche intégrée des problèmes de pauvreté pour garantir un développement durable sont un appel auquel nous devrions tous répondre en apportant notre savoir, notre expérience et nos ressources financières.

Le Premier Ministre Guy Verhofstadt a prononcé un discours éloquent qui souligne l'importance fondamentale des partenariats et de la coopération à tous les niveaux. Il a sans détours appelé à l'unité, non seulement dans le cadre des Nations Unies mais entre organisations gouvernementales, intergouvernementales et non gouvernementales, condition indispensable pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

Nous avons entendu avec satisfaction le message du Secrétaire général des Nations Unies, S.E. Monsieur Kofi Annan, qui a réitéré l'importance du rôle du FIDA dans la lutte contre la pauvreté rurale, qui s'inscrit dans l'effort collectif entrepris pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement. Le Secrétaire général a souligné que 75% des personnes les plus pauvres vivent dans les zones rurales et ne peuvent trouver leurs moyens d'existence que dans des activités liées à l'agriculture. Pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, une réduction durable de la pauvreté rurale est donc essentielle. Dans sa déclaration, le Président Båge a souligné les progrès accomplis par l'organisation au cours des quatre années écoulées et a exposé ses projets pour renforcer l'institution et élargir son programme de travail de manière à atteindre dans les quatre années à venir un plus grand nombre de ruraux pauvres.

Nous avons eu le privilège d'entendre réitérer l'appui qu'apporte au FIDA son pays hôte dans le message de S.E. Monsieur Gianfranco Fini, Vice-Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères de la République italienne, lu en son nom par S.E. Monsieur Gianluigi Magri. En votre nom, Mesdames et Messieurs les Gouverneurs, je remercie le Gouvernement italien du témoignage concret qu'il donne de son engagement en faveur du Fonds, en annonçant son intention d'apporter une contribution supplémentaire de 5 millions d'euros à titre d'appui au Fonds dans le domaine du microcrédit - exemple que nous devrions tous méditer et que nous devrions suivre, alors que s'engage la consultation sur la septième reconstitution des ressources du FIDA.

À un moment où l'année 2015 semble si proche et les objectifs du Millénaire pour le développement si lointains, les messages de Monsieur Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, lu en son nom par Monsieur David Harcharik, et de Monsieur James Morris, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, lu par Monsieur Jean-Jacques Graisse, nous ont apporté quelque réconfort. La collaboration entre le FIDA et ses organisations sœurs établies à Rome, plus étroite que jamais, est source de résultats bénéfiques pour les victimes de la pauvreté et de la faim dans le monde. Les exemples d'opérations conjointes cités par les deux organisations montrent qu'ensemble, nous pouvons réussir.

Quelles que soient les différences géographiques et culturelles, nos Gouverneurs ont parlé d'une seule voix pour exprimer leur appui au mandat du Fonds, apporter leur encouragement au travail digne d'éloge qui se fait déjà, et exhorter le FIDA à poursuivre ses efforts pour délivrer l'humanité du fléau de la pauvreté.

Le Conseil a reconduit Monsieur Lennart Båge dans ses fonctions de Président du FIDA pour un second mandat de quatre ans. Je tiens, au nom de tous les présents, à le féliciter encore et à l'assurer de notre soutien sans faille dans son effort pour rendre notre organisation plus efficace et pour en faire un acteur décisif de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Les travaux de la présente session ont commencé sur une note très positive avec l'approbation de la demande d'admission de la République de Kiribati, qui devient ainsi notre 164 e État membre. Une entité n'est forte que de la somme de ses parties, et je suis sûre de parler au nom de tous les Gouverneurs en adressant la bienvenue parmi nous à ce nouveau Membre.

Ayant entendu les messages d'appui de nos États membres, nous avons ensuite pris connaissance des aspects financiers positifs contenus dans le rapport sur la sixième reconstitution des ressources du FIDA. Les instruments de contribution et les paiements au titre d'annonces de contribution non étayées d'un instrument de contribution reçus jusqu'à présent s'élèvent au total à 87,6% des annonces, ce qui représente une augmentation de 21,3% depuis notre dernière session. Grâce à un volume de paiements atteignant au total près de 270 millions de USD, équivalant à plus de 50% des annonces, la possibilité a été donnée au Fonds d'accroître son programme de travail et par là même d'atteindre plus largement les bénéficiaires ultimes, c'est-à-dire les ruraux pauvres.

La présente session a été appelée à faire en sorte que le succès de la sixième reconstitution puisse être réédité et dépassé, et que le Fonds soit en mesure d'accroître le volume de ses opérations. Dans cet esprit et étant entendu que la période de la sixième reconstitution prendra fin en décembre 2006, la Consultation sur la septième reconstitution des ressources du FIDA a été établie. Nous avons confié cette tâche aux membres de la Consultation, et je suis certaine de parler au nom de nous tous en leur adressant mes meilleurs vœux de succès dans l'exercice de leurs fonctions.

L'importance de cette tâche ne saurait être surestimée. Nous avons entendu répéter tout au long de la présente session que le travail de notre organisation est d'une importance capitale si l'on veut que les objectifs du Millénaire pour le développement adoptés par les dirigeants du monde en l'an 2000 ne restent pas un vœu pieux. Dans ce contexte, on s'est félicité de la déclaration du Premier Ministre belge annonçant que son pays entendait s'efforcer de parvenir à l'objectif de consacrer 0,7% du PIB à l'aide publique au développement. Il est temps pour chacun d'entre nous de traduire nos paroles en actes et de garantir au FIDA les ressources qui lui sont nécessaires pour faire ce qu'il fait le mieux - c'est-à-dire permettre aux ruraux pauvres de s'affranchir de la pauvreté.

Nous avons approuvé le budget administratif du FIDA et de son bureau indépendant de l'évaluation pour 2005. Un crédit spécial pour le nouveau siège du FIDA a aussi été approuvé et je saisis cette occasion pour exprimer au Gouvernement italien notre profonde gratitude pour avoir permis au FIDA d'avoir enfin un siège officiel installé dans un seul bâtiment: ceci renforcera non seulement la sécurité du personnel mais aussi l'efficience et l'efficacité de l'organisation dans son ensemble.

Nous avons reçu un rapport détaillé sur l'état d'avancement de l'application du système d'allocation fondé sur la performance, et accueilli avec satisfaction les résultats du premier cycle annuel d'évaluation de la performance et d'allocation des ressources.

Le rapport sur l'état d'avancement du Programme de transformation stratégique du Fonds nous a fourni des informations actualisées sur la nouvelle direction prise par le programme après son redimensionnement et sur sa mise en œuvre effective suite à l'examen de ses activités entrepris en 2004.

La Coalition internationale pour l'accès à la terre nous a fait part des leçons tirées de ses activités en 2004, et a souligné à quel point il était nécessaire de poursuivre l'effort pour garantir aux ruraux pauvres l'accès à la terre et la possibilité d'influencer les décisions relatives aux politiques publiques au plan national et international. Le Mécanisme mondial de la Convention sur la lutte contre la désertification a présenté aussi un rapport sur ses activités de 2004, faisant le point des résultats obtenus en matière de constitution de partenariats et de mobilisation des ressources dans le cadre de son plan de travail pour 2003-2006.

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Je tiens à exprimer ma gratitude pour l'honneur qui m'a été fait d'être appelée à siéger au bureau du Conseil des gouverneurs. Je remercie le Président et mon collègue à la Vice-Présidence pour l'excellente collaboration dans le cadre de laquelle nous avons collectivement présidé les séances qui viennent de se tenir, et je vous remercie, chers Gouverneurs, d'avoir si aimablement facilité notre travail.

J'adresse aussi nos remerciements aux membres du personnel du FIDA qui ont tous contribué avec tant de diligence à organiser cette session de manière parfaite. Je voudrais ici rendre un hommage particulier aux membres des commissions chargées du scrutin et du comptage des voix qui se sont acquittés si efficacement d'une tâche aussi délicate et qui exige autant d'attention. Je tiens aussi, dans mes remerciements, à mentionner spécialement tous ceux qui se tiennent dans les coulisses mais sans qui aucune conférence ne pourrait se dérouler, au premier rang desquels les interprètes et le personnel technique, et naturellement ceux qui sont visibles mais d'une présence si discrète, je veux dire les plantons.

Je félicite une fois encore le Président Båge pour sa nouvelle nomination, et pour tout l'immense travail qu'il a déjà accompli lors de son premier mandat. Ces quatre années ont été jalonnées de nombreux changements dans l'organisation et ses pratiques opérationnelles, - ce qui témoigne d'une véritable vision au sommet: une vision à laquelle le présent Conseil a choisi de se rallier en faisant en sorte que M. Båge puisse continuer à mener le FIDA sur la voie d'une organisation plus forte et plus efficace, avec le soutien de ses États membres.

Mesdames et Messieurs,

L'histoire d'une organisation est faite de nombreux tournants, et la présente session du Conseil des gouverneurs a montré l'importance que chacun d'eux peut avoir sur ses fondations mêmes et sur son avenir. Notre travail doit entrer dans un nouveau cycle avec la septième reconstitution des ressources et ce n'est qu'en augmentant les ressources de l'organisation, et donc ses opérations, que nous donnerons au FIDA les moyens de s'acquitter pleinement de son mandat. N'oublions pas ce mandat - "œuvrer pour que les pauvres se libèrent de la pauvreté" -, c'est notre mandat, notre responsabilité, la promesse que nous faisons aux bénéficiaires: Soyons y fidèles!

Sur cette note, je déclare close la vingt-huitième session du Conseil des gouverneurs.