Allocution du S.E M Seydou Traoré
Ministre de lAgriculture, République du Mali
Monsieur le Président du Conseil,
Monsieur le Président du FIDA
Excellences, Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Je voudrais tout dabord, au nom de la délégation qui maccompagne et au mien propre, adresser à vous Monsieur le Président et aux membres du bureau mes sincères félicitations.
Permettez-moi ensuite, de massocier à mes prédécesseurs pour souhaiter plein succès aux travaux de la présente session et une bonne et heureuse année 2005 à tous les participants. Je voudrais ici exprimer toute notre compassion et notre solidarité aux pays et en particulier aux familles touchées en ce début dannée par les effets de catastrophes naturelles et dincidents divers comme le Tsunami en Asie, qui ont endeuillé des familles entières.
Le Gouvernent a eu manifesté concrètement sa solidarité aux pays touchés malgré ses propres difficultés. Cest aussi pour nous loccasion de lancer un appel afin que tous les autres Tsunamis « silencieux » sévissant tous les jours particulièrement en Afrique ne soient pas oubliés.
Monsieur le Président,
La présente session se tient à quelques jours seulement du lancement simultané dans plus de cent pays du monde du Rapport sur le Projet du Millénaire avec comme but dimpulser latteinte des objectifs de développement du Millénaire dans différents pays, fixés il y a cinq ans de cela lors du Sommet du Millénaire.
En consacrant le thème central de notre présente session aux investissements et politiques requis pour lutter contre la pauvreté, nous avons décidé de soulever une question essentielle et légitime à laquelle nous sommes confrontés au quotidien au Mali, comme dans la plupart des pays en développement.
Vous me permettrez dadresser au Président du FIDA toutes nos félicitations pour son initiative dorganiser lors de nos sessions une Conférence plénière et des Tables Rondes sur des thèmes portant sur des questions essentielles pour la lutte contre la pauvreté dont nos pays souffrent tant.
Le Mali fait partie des pays sahéliens enclavés, faiblement dotés en infrastructures rurales et agricoles, avec un niveau déquipement insuffisant, et dont la croissance économique est fortement sous emprise des conditions climatiques aléatoires avec une influence négative sur les productions agricoles et pastorales principales sources de revenus de ces pays.
La pauvreté touche actuellement 63,8% de la population du Mali estimée à environ 11.800.000 habitants. Elle est fondamentalement rurale et concerne plus particulier ment les femmes.
Notre économie est à la merci des fluctuations des prix de matières premières sur le marché international, notamment les prix du coton et de lor (84% des recettes dexportation du pays), malgré la compétitivité de notre secteur coton avec un coût de production à lhectare les plus faibles du monde (222$US contre 1110$US pour les Etats-Unis).
Pour faire face aux contraintes dont notre agriculture et notre développement rural souffrent, le pays sest résolument orienté vers des transformations structurelles profondes pour tirer un meilleur parti de ses innombrables atouts et potentialités comme entre autres la disponibilité de 2,2 millions dhectares de terres irrigables sont seulement 420.000 ha sont aménagées avec 100.000 ha en maîtrise totale de leau, une population rurale réceptive aux innovations technologiques, lexistence des marchés porteurs au niveau sous régional.
Il vient dêtre lancé seulement le 7 Février 2005, par le Président de la République Amadou Toumani Touré le processus délaboration de la Loi dOrientation Agricole sensée tracer la voie à une véritable révolution de lAgriculture malienne qui doit passer du stade familial et dauto subsistance au stade agro-industriel.
Monsieur le Président,
La 3ème République née à la suite des événements de mars 1991 a instauré la démocratie multipartite, mis en uvre la décentralisation du pays, instauré la bonne gouvernance en vue dasseoir une économie forte et ouverte sur le marché, prenant en charge les aspirations concrète des populations rurales pauvres.
Les nouvelles orientations politiques et stratégiques de notre pays sont soutenues par le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) adopté en 2002, et évalué positivement par les Donateurs et Partenaires de développement lors de la Table Ronde des Bailleurs de Fonds tenue à Genève (Suisse) en 2004, et le Schéma Directeur du Secteur Développement Rural (SDDR), et la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire.
Le C.S.L.P. vise à réduire lincidence de pauvreté de 63,8% en 2001 à 47,5% en 2006 et à atteindre une croissance moyenne du PIB de 6,7% par an.
Lobjectif principal de notre politique agricole est de contribuer à la sécurité alimentaire par une augmentation de la production et de la productivité et de lutter contre la pauvreté en améliorant le niveau et les conditions de vie des acteurs par une meilleure organisation. Elle sharmonise parfaitement avec le Cadre Stratégique du FIDA.
Pour concrétiser, sa politique de développement rural la sécurité alimentaire lEtat malien sefforce avec laide de ses Partenaires de réaliser des investissements conséquents dans de nombreux domaines tels la maîtrise de leau, lapprovisionnement en intrants, léquipement agricole, la sécurité foncière, les actions génératrices de revenus non agricoles, la prévention des crises, la santé et lenvironnement.
Le Mali entend ainsi répondre concrètement à lengagement pris par les Chefs dEtat et de Gouvernement africains au Sommet de Maputo en 2004 de consacrer 10% de leur budget national sur cinq ans aux investissements dans le secteur agricole. Un tel challenge réussi amènerait sûrement les pays développés à consacrer davantage de leur PIB à laide au développement et atteindre le quota de 0,7% fixé depuis 35 ans.
Il convient de souligner à e titre que le renforcement du plan dinvestissements notamment dans les domaines de la maîtrise de leau et du désenclavement des zones rurales, le développement des principales filières agricoles, la gestion durable des ressources naturelles, et le renforcement des capacités des ruraux constitue un des éléments clés de notre stratégie de développement rural.
Les différentes initiatives ont permis datteindre ainsi des résultats appréciables dans le cadre de lamélioration de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté rurale.
Malgré ces résultats, force est de reconnaître que la majeure partie des agriculteurs et éleveurs peinent toujours à disposer de moyens indispensables pour suivre en raison des facteurs tant endogènes quexogènes.
Je voudrais ici remercier le FIDA pour la constance de lappui porté au Mali pour le financement de projets novateurs comme le FODESA (Programme Fonds de Développement dans les Régions Sahéliennes du Mali), dans les domaines du désenclavement, de la micro-finance, laccessibilité aux marché de produits agricoles et du renforcement des capacités organisationnelles et de gouvernance des organisations paysannes.
Cest aussi le lieu de le remercier également pour leffort quil déploie pour lAfrique et ses ruraux pauvres, car en effet 52% des projets financés au niveau mondial depuis 2001 sont en Afrique pour névoquer que cela.
Ces actions ont eu des effets favorables sur les bénéficiaires notamment au niveau de la sécurité alimentaire, laccroissement de la production et des revenus, la création demplois pour les jeunes, la promotion des activités féminines, lamélioration de la santé, le désenclavement, et laccès au système financier rural.
Elles sintègrent parfaitement à notre Schéma Directeur de Développement Rural (SDDR) et le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP)
Monsieur le Président,
Il est impératif de conforter ces acquis, et les défendre contre les périls du genre que nous avons connu en 2004. Je veux parler du péril acridien qui a fait peser une menace sans commune mesure sur la sécurité alimentaire et le développement agricole dans notre pays et dans bien dautres, du Nord à lOuest de lAfrique.
Notre pays a affronté la situation en mettant en place une organisation quasi militaire pour venir à bout de cette menace. Il y a réussi avec lappui des partenaires du Mali et lassistance des Organisation comme le FIDA, le PAM sous la coordination de la FAO. Quils reçoivent ici nos remerciements les plus profonds.
Le Mali étend désormais ne plus baisser la garde et a élaboré à cet effet un Plan dAction de Lutte contre le Criquet Pèlerin avec un coût de 12.536.761 francs CFA que nous entendons mettre en uvre avec laide de tous nos partenaires désireux de nous accompagner dans ce combat qui vise à préserver et réduire la pauvreté rurale.
Pour mesurer toute la gravite de la situation et limpact sur nos ressources déjà faibles, nous rappelons quen 2003 nous avons consacré 150 millions de francs CFA à la lutte contre le criquet pèlerin pour une superficie de 40.000 ha. En 2004, 8 milliards de francs CFA pour 390.000 ha et en 2005 12,5 milliards de francs CFA sont prévus pour 1.000 ha. Nous devons dire halte à ce fléau sinon lagriculture dans nos pays sera en manque de ressources indispensables à son développement.
Monsieur le Président,
Ma Délégation a procédé à un examen approfondi des différents documents soumis à la présente session.
Notre pays suit avec un grand intérêt lélargissement de la présence du FIDA sur le terrain, qui concernera 8 pays dAfrique dans un premier temps, et nous gardons bon espoir de voir notre tour venir. Nous ne ménagerons aucun effort pour y parvenir, car nous estimons que ce ne serait que rendre justice aux pays enclavés comme le nôtre, si souvent pour cette unique raison.
Nous adressons nos félicitations au FIDA et aux membres du Conseil dAdministration pour ladoption dun système dallocation des ressources fondé sur la performance, comme lavait demandé notre Conseil. Nous voulons néanmoins recommander la plus grande rigueur dans la collecte des informations qui serviront à asseoir les bases de calcul pour laffectation des quotas aux pays. Nous invitons par conséquent le Conseil à suivre sa mise en uvre, veiller à son évaluation périodique, et rendre compte au Conseil des Gouverneurs.
Lévaluation externe indépendante du FIDA au stade dachèvement devrait permettre dimpulser une plus grande efficacité, efficience, pertinence et durabilité des impacts de ses interventions à tous les niveaux.
Je voudrais dire ici toute notre fierté pour avoir participé au processus comme représentant désigné de lAfrique au titre de liste C au Comité Directeur de cette évaluation. Que les pays membres trouvent ici lexpression de notre gratitude pour la confiance placée en nous.
Nous approuvons les Etats financiers vérifies par le FIDA au 31 décembre 2004 ainsi que le Rapport du commissaire aux comptes y relatifs et félicitons le FIDA pour les résultats obtenus et lexhortons à uvrer davantage dans le sens des recommandations formulées.
Nous approuvons de même le budget administratif du FIDA et de son Bureau dEvaluation pour 2005.
Concernant la reconstitution des ressources du FIDA nous espérons que la septième Reconstitution des Ressources permettra de doter le FIDA des ressources nécessaires dans la mesure de lattente de ses membres.
Nous saluons le bon déroulement de lélection du Président du FIDA, qui a vu lactuel Président bénéficier de la confiance des membres pour son second mandat. Nous encourageons à persévérer dans luvre commencée et lui adressons nos félicitations les plus vives. Quil sache pouvoir compter sur tout notre soutien.
Enfin, je ne puis terminer sans exprimer toute ma satisfaction et mes félicitations au Secrétariat du FIDA pour la qualité de lorganisation de la présente session.
Je vous remercie