Enabling poor rural people
to overcome poverty



Allocution de S.E. M. Momar GUEYE
Ambassadeur de la République du Sénégal en Italie
Représentant Permanant auprès du FIDA
Gouverneur Suppléant du FIDA pour le Sénégal

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais remercier bien sincèrement le Président du FIDA et son équipe pour la double occasion qui est ainsi offerte au Sénégal :

  • -D’abord d’avoir une pensée renouvelée pour les pauvres du monde et d’exprimer, du haut de la tribune du FIDA, notre solidarité aux centaines de milliers de femmes, d’enfants et d’hommes d’Asie du Sud-Est victimes des tremblements de terre, du Maghreb et du Sahel victimes du péril acridien, de l’Afrique Subsaharienne en proie constante à la sécheresse et aux conflits fratricides, du Moyen Orient en guerre, pour ne citer que ceux-là ;

  • Ensuite de débattre des investissements et des politiques requises pour améliorer la pauvreté rurale.

Le Sénégal, depuis la vingt-septième session de 2004, n’a cessé de renforcer sa solidarité avec les pauvres et les groupes affaiblis par les calamités naturelles et le dénuement structurel.

Il a en effet organisé, pour la première fois dans le monde, deux manifestations internationales de haute portée scientifique, politique et sociale en leur faveur.

Il s’agit de la Conférence scientifique internationale sur le criquet pèlerin et du Forum international du Dakar Agricole.

Les objectifs de ces deux importantes manifestations sont de trouver des solutions préventives durables aux invasions acridiennes et de résorber la fracture agricole mondiale, deux maux qui, si l’on n’y prend garde, vont grossir les rangs déjà très serrés des cibles prioritaires du FIDA.

Ces rencontres ont abouti à des propositions concrètes de stratégies et de programmes qui participent aux missions fondamentales du FIDA.

Aussi, voudrais-je exhorter solennellement le FIDA à les soutenir.

Je félicite le Fonds pour les initiatives qu’il a déjà commencé à prendre dans ce sens, notamment en facilitant la participation au Dakar Agricole, des organisations paysannes d’Afrique, d’Amérique, d’Europe et d’Asie, à travers un appui à l’organisation d’un pré-forum à Dakar.

Il vient aussi de poser un acte majeur et innovant en organisant, parallèlement à la vingt-huitième session des Gouverneurs, un pré-forum des Organisations de Producteurs Agricoles auquel il me plaît de constater que le Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles d’Afrique de l’Ouest (ROPPA) et le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux du Sénégal (CNCR) ont été étroitement associés.

Monsieur le Président,

Le dialogue politique entretenu entre les décideurs politiques, les organisations professionnelles, les scientifiques et universitaires, les hommes et femmes d’affaires et les bailleurs de fonds ouvre de nouvelles perspectives raffermissantes et accélératrices de notre marche vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

L’expérience du Sénégal est à ce titre plus qu’édifiante. Je précise qu’elle est sous-tendue par la vision de S.E. Maître Abdoulaye WADE, Président de la République, pour qui la réduction de la pauvreté passe nécessairement par la mise en place d’institutions et de mécanismes démocratiques entre les différents acteurs du développement intervenant dans les espaces géographiques allant du local à l’international en passant par le régional.

L’expérience sénégalaise a en effet donné naissance à la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale qui indique la vision partagée du développement agricole de notre pays à l’horizon 2025, reconnaît et valorise les métiers de l’Agriculture, fait bénéficier les agriculteurs de la sécurité sociale et institutionnalise des cadres de concertation pour la cogestion et le développement du secteur agricole.

Les projets, sous l’impulsion du FIDA, contribuent à fertiliser cet environnement ainsi créé par un processus participatif d’apprentissage, de responsabilisation et de responsabilité.

Ce processus se consolide au fil du temps dans notre pays. Il nous a valu des acquis tangibles parmi lesquels on peut citer:

  • Le document des Opportunités Stratégiques d’intervention conjointe
    FIDA-Sénégal (COSOP 2004-2008);

  • La lisibilité et le positionnement du secteur agricole dans le Document national de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP);

  • La flexibilité dans les rapports entre les acteurs avec pour conséquence notre capacité à nous adapter aux modifications conjoncturelles de notre environnement ;

  • La consolidation des projets dans le cadre cohérent d’un programme unique du FIDA au Sénégal.

Il devrait résulter de tout cela davantage de synergie des activités, un suivi participatif simple des impacts du niveau local à celui national et une lecture plus claire de la pauvreté et de son évolution dans le pays.

Le processus requiert cependant un suivi attentif de la part du FIDA et du Gouvernement du Sénégal.

Enfin, qu’il me soit permis d’évoquer l’approche proposée par le FIDA d’allouer désormais les ressources aux pays sur la base de leur performance.

A ce propos, je voudrais préciser qu’au Sénégal, la démarche fait déjà et continuera certainement de constituer l’objet d’une large concertation des acteurs pour mieux en définir, voire préciser et suivre les modalités de mise en œuvre et d’évaluation.

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Notre expérience de ces dernières années avec le FIDA, dont j’ai voulu partager avec vous ici quelques aspects, nous a permis de progresser en matière de lutte contre la pauvreté rurale.

Il reste qu’il nous faut davantage travailler à la pérennisation des acquis, à la visibilité de l’impact des résultats au niveau des bénéficiaires, mais aussi au niveau des orientations politiques.

Le FIDA participe à ces objectifs par la mise en place progressive à Dakar de nouveaux programmes régionaux comme la Plate-forme pour le Développement Rural en Afrique de l’Ouest et du Centre et le réseau d’information et de communication FIDAFRIQUE.

Monsieur le Président,

Le Gouvernement du Sénégal est disposé à développer avec vous ce nouveau chantier à vocation régionale qui, sûrement, fait appel à davantage de proximité, de participation et de partage de la part du FIDA.

C’est sur cet appel que je voudrais conclure en remerciant, au nom du Gouvernement et du Peuple Sénégalais, le Président BÄGE et son équipe de leur compagnonnage, surtout dans la récente bataille contre le criquet pèlerin.

Je vous remercie de votre aimable attention.