Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs du FIDA,
Honorables et Distingués Invités,
Monsieur le Président,
La République centrafricaine a bénéficié par le passé de plusieurs appuis déterminants de la part du FIDA. En effet, depuis sa création en 1974, le FIDA a financé six projets en République centrafricaine, axés essentiellement sur le développement des productions vivrières et pastorales. Cela a représenté une enveloppe globale d'environ 119 millions de dollars américains. Tous ces projets ont été clôturés et n'ont actuellement pas de suite.
Les quatre premiers projets ont été exécutés dans les délais impartis et ont eu des impacts socioéconomiques significatifs dans le milieu paysan et éleveur. Leurs résultats encourageants ont permis l'identification et la mise en œuvre des deux derniers projets.
Malheureusement, les fréquentes suspensions de financement pour non paiement des arriérés du FIDA et pour non respect de certaines conditionnalités des bailleurs auxquelles se sont ajoutées des difficultés de gestion et de sécurité, ont abouti à des résultats mitigés pour ces deux projets.
La coopération entre la République centrafricaine et le Fonds international de développement agricole a ainsi été agissante jusqu'aux crises qui ont ébranlé récemment la RCA. C'est donc ici le lieu d'exprimer au nom du Gouvernement centrafricain, du haut de cette tribune, nos sincères remerciements pour les appuis multiformes accordés à la République centrafricaine par le FIDA.
Lors des dernières années de crise politique et financière, ces appuis n'ont pu malheureusement être poursuivis. L'insécurité dans les principales zones de culture et d'élevage a découragé l'ensemble des partenaires extérieurs à la République centrafricaine, dont le FIDA. Aujourd'hui, la consolidation de la sécurité sur l'ensemble du pays est une tâche prioritaire pour le Gouvernement.
Monsieur le Président,
Avant d'aborder « les enjeux de l'innovation pour les ruraux pauvres », thème de la session actuelle, permettez-moi de vous présenter brièvement la situation de la pauvreté rurale en République centrafricaine.
Les indicateurs économiques et sociaux de mon pays se sont gravement dégradés ces dernières années. En milieu rural, l'espérance de vie à la naissance a baissé de 47,1 ans en 1988 à 41,8 ans en 2003 avec des écarts selon les sexes (passage de 45,7 ans à 39,2 ans chez les hommes, et de 48,5 à 45 ans chez les femmes). En 2003, l'indice de mortalité infantile est de 141 pour mille pour l'ensemble du monde rural dont 145 pour mille chez les garçons et 136 pour mille chez les filles.
Le niveau du revenu moyen en milieu rural est très bas, et il a évolué négativement ces dernières années, passant de 17 000 Fcfa en 1989 à 14 700 Fcfa en 2003. L'incidence de la pauvreté monétaire en milieu rural est passée de 60% en 1996 à 72% en 2002. L'incidence de l'extrême pauvreté (57,3%) et de la pauvreté alimentaire (60,4%) sont également très élevées, selon les résultats de l'enquête sur les conditions de vie des ménages en milieu rural de 2003. En terme de contribution nationale, le milieu rural concentre plus de 70% des pauvres en RCA.
Aujourd'hui, la faible performance des activités rurales en République Centrafricaine est ainsi corrélée avec une baisse considérable du niveau de vie des populations rurales. Elle est accentuée par l'exode rural massif des jeunes, qui entraîne une réduction de la force de travail dans les exploitations agricoles et pastorales et un non renouvellement des actifs agricoles vieillissants.
Voilà brièvement présenté le contexte national actuel de la République centrafricaine.
Monsieur le Président,
Actuellement, l'ensemble des acteurs étatiques et non étatiques du développement rural centrafricain sont donc confrontés à un véritable défi, celui de la mise en place d'un environnement propice au développement des activités individuelles et collectives en milieu rural. Il s'agit maintenant de raisonner la reconstruction d'un Etat et d'une Nation centrafricaine qui donnent aux populations les plus démunies en milieu rural les moyens d'améliorer leurs conditions d'existence. C'est bien là que se situent les enjeux de l'innovation pour les ruraux pauvres et la mise en place d'un dispositif permettant à ces derniers d'innover est un levier indispensable si on veut résoudre durablement le problème de la pauvreté en milieu rural.
Les années de crise que vient de vivre la République centrafricaine n'ont pas permis de tenir les débats nécessaires sur ce thème. Aujourd'hui, après les échéances électorales démocratiques présidentielles et législatives réalisées au courant du premier semestre de l'année 2005, le retour à l'ordre constitutionnel et la sécurisation progressive de l'ensemble du territoire national, le moment est venu de relancer les débats afin d'aboutir rapidement à des résultats.
Le Gouvernement centrafricain est ainsi déterminé à faire aboutir un processus de réforme débouchant sur la mise en place d'un nouvel environnement institutionnel propice au développement économique en milieu rural. Il s'agit, en effet, de travailler et d'élaborer des stratégies dans les domaines suivants :
C'est dans ce sens que le Gouvernement de la République centrafricaine a décidé d'organiser, au courant du premier semestre de l'année 2006, les Etats Généraux du Développement Rural. Ces Etats généraux devront aboutir à la définition concertée avec l'ensemble des acteurs ruraux des orientations générales par rapport aux principaux problèmes identifiés et à un calendrier réaliste pour la mise en œuvre des différentes actions sur la base d'un dispositif permanent de travail.
Nous reconnaissons que c'est un travail important et difficile à réaliser dans les conditions actuelles de la République centrafricaine. Mais c'est un défi à relever afin de réhabiliter la politique du développement économique en général et plus particulièrement du secteur rural, car pour relancer de manière durable l'économie rurale centrafricaine tout juste sortie d'une longue période de crise, il faut construire un nouveau modèle social et politique qui rompe définitivement avec les errements du passé.
Monsieur le Président,
Comme vous venez de suivre, la République centrafricaine, qui retrouve la voie de la stabilité avec le retour à l'ordre constitutionnel, a grandement besoin du soutien financier de la Communauté des Bailleurs de fonds dont le FIDA afin de lui permettre :
Le Gouvernement centrafricain s'emploie à poursuivre les efforts pour une reprise rapide des négociations avec l'ensemble de ses partenaires et notamment avec le FIDA, afin de pouvoir trouver les ressources indispensables au financement de son programme de développement agricole et pastoral dans cette période post-crise.
Je vous remercie.