Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

2005 restera probablement comme une année charnière pour le FIDA.

En effet, les conclusions de l'évaluation externe indépendante qui ont porté les discussions de la septième Reconstitution des ressources ont suscité un large processus d'interrogation, de réflexions, de propositions. Ces conclusions ont mis en évidence un certain nombre de faiblesses du FIDA mais aussi toutes ses potentialités. Elles ont visiblement agi comme un électrochoc sur le secrétariat.  A cet égard, j'ai été marqué par la forte volonté des équipes de tout mettre en œuvre pour construire une réponse adaptée.  Cette volonté, je crois que les pays membres l'ont soutenu au cours des discussions qui ont eu lieu en essayant d'apporter leurs points de vue riches d'expériences et de situations différentes.

Je pense réellement que le FIDA part sur de nouvelles bases et j'ai l'impression qu'il le fait avec enthousiasme et une forte conscience de sa mission.

Je voudrais revenir sur deux points que la France considère essentiels parce qu'ils expriment la spécificité du FIDA. Ils ont été largement discutés durant les différentes réunions de reconstitution: le mandat du FIDA et sa cible.

Le mandat du FIDA est bien spécifique et je suis persuadé qu'au fil du temps nous l'avions tous un peu perdu de vue.  Le FIDA n'est pas un organisme comme les autres. Il a une mission très ciblée qui est d'aider les ruraux pauvres grâce au développement des activités agricoles ou para agricoles.  J'apprécie que le rapport de la consultation fasse mention très clairement de ce mandat.  Le FIDA n'est pas multifonctions et c'est sa force.

Le deuxième point sur lequel je souhaite insister, c'est la cible du FIDA: les ruraux les plus pauvres, ceux qui sont délaissés par les autres organisations de développement.  C'est une cible facile à revendiquer mais difficile à atteindre et surtout à assumer.  Je m'explique: toutes les banques de développement cherchent à rentabiliser les fonds prêtés.  Le terme rentabiliser est à prendre dans son acception économique et non financière.  Il s'agit de faire en sorte que les prêts servent des projets pour lesquels le retour en termes de développement est important. Or, par de sa cible, le FIDA s'adresse à des populations pour lesquelles il faut beaucoup investir en temps, en recherche, en énergie créative. Les résultats peuvent alors sembler insuffisants au regard de l'investissement. Toutefois, si le Fonds se désengage également vis-à-vis de ces populations, elles sont vraiment oubliées.  Il faut donc que le FIDA garde le cap.  Nous devons en tant que pays membres mesurer la difficulté et apprécier les performances à cette aune.  Ceci ne signifie pas, bien évidemment, que nous devons êtres moins exigeants sur les actions conduites!

Je tenais à rappeler ce point dans la perspective de la mise en œuvre d'un système uniforme d'allocation fondé sur la performance.  A plusieurs reprises la France a insisté sur le fait que la mise en place de ce système ne devait pas remettre en cause la cible du FIDA. Il serait regrettable qu'il se détourne des populations les plus pauvres en raison de la faiblesse de leur performance, faiblesse qui résulte souvent d'un manque d'infrastructures ou d'organisation , mais pas d'un manque de volonté ou de dynamisme.  En Afrique en particulier, certaines populations rurales vivent dans des conditions très difficiles et doivent recevoir en priorité l'aide du FIDA.  Au cours des discussions qui ont eu lieu en décembre, la France a insisté pour que le système uniforme d'allocation fondée sur la performance ne remette pas en cause la part consacrée à l'Afrique.  Nous sommes contents d'avoir pu constater que cette préoccupation était partagée et surtout d'avoir reçu l'assurance qu'il en serait ainsi.

Enfin, je voudrais finir ce bilan des discussions de la septième reconstitution sur un sujet qui me tient à cœur: la gouvernance de l'institution.  D'autres pays en ayant déjà parlé, à commencer par l'Indonésie, je me contenterai de rappeler que les principes de transparence et de délégation doivent être respectés tant par le Conseil que par la direction. Je crois en particulier indispensable que le conseil d'administration délègue aux comités des fonctions d'analyse et de préparation et que les travaux des comités soient pleinement utilisés par le conseil. Je sais que des discussions sont en cours à ce sujet et j'espère qu'elles apporteront des améliorations dans ce domaine: que le conseil d'administration ne fasse pas de micro gestion mais qu'il soit plus présent, notamment par le biais des comites, dans le suivi des travaux du secrétariat.
Je ne peux bien sûr conclure sur cette année de reconstitution sans parler des contributions.  La France a décidé de maintenir sa part dans les ressources du FIDA et s'est donc engagée à participer à hauteur de 4,1% du niveau effectif atteint par la reconstitution, ceci dans la limite de 29,5 millions de dollars. Si ce montant n'était pas atteint, nous complèterions notre contribution sous réserve d'une prise en compte marquée de la nécessité de donner la priorité à l'Afrique. La France a ainsi voulu renouveler sa confiance dans le FIDA dans une période d'intenses réformes.  De la même façon, elle le fera en soutenant l'accession du FIDA au Fonds fiduciaire PPTE de la Banque mondiale.

Il reste maintenant à passer de la théorie telle qu'elle est ressortie des discussions de la septième reconstitution à la pratique. Ce passage, le FIDA l'a placé sous le signe de l'innovation qui est le thème central des discussions de ce 29ème Conseil des gouverneurs. J'ai été particulièrement intéressé par les discussions qui ont eues lieu au cours de ce conseil et je tiens également à féliciter le FIDA pour la grande qualité des documents distribués sur ce point.  Il y a un domaine dans lequel la France souhaite que le FIDA s'investisse, ce sont les innovations institutionnelles, notamment l'organisation des producteurs ou les partenariats publics/privés.  Les expériences déjà tentées dans ce domaine sont prometteuses.

Pour conclure, je souhaite renouveler toute ma confiance au FIDA.  J'ai bon espoir que les réformes qui sont introduites apportent plus de souplesse, d'efficacité et d'adaptabilité dans la mise en œuvre des projets sur le terrain, mais aussi dans le fonctionnement interne de l'institution.

2006 s'annonce donc sous de bons auspices, ceux du changement, un changement voulu, discuté et dont, je suis sûr, sous pourrons nous féliciter lors du prochain Conseil des Gouverneurs en 2007.

Je vous remercie pour votre attention.