Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du Conseil;
Monsieur le Président du FIDA;
Honorables Gouverneurs;
Mesdames et Messieurs les Délégués et Observateurs;

Je voudrais tout d'abord, au nom de la délégation qui m'accompagne et en mon nom propre, adresser à vous, Monsieur le Président et aux membres de votre bureau mes sincères félicitations pour votre brillante élection à la présidence de cette vingt-neuvième session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.

Permettez-moi ensuite, de m'associer à mes prédécesseurs pour souhaiter un plein succès aux travaux de la présente session et une bonne et heureuse année 2006 à tous les participants.  Nous voulons espérer fortement que cette année nous épargnera du lot de catastrophes naturelles et autres crises et conflits qui ont semé au cours des deux précédentes années misère et désolation dans le monde.

C'est le lieu de marquer notre appréciation pour l'appui apporté par le FIDA aux victimes de ces catastrophes naturelles, au rang desquels figure notre pays face au péril acridien.

Monsieur le Président;
Honorables Gouverneurs;

Le Mali, comme je l'ai souligné lors de mes précédentes interventions face à cette auguste Assemblée des Gouverneurs du FIDA, fait partie des pays sahéliens dont la croissance économique est fortement liée aux aléas climatiques qui rendent aléatoires les productions agricoles et pastorales, sources de revenus du pays.  Ceci lui confère à maints égards, les caractéristiques d'un état pauvre où 63,8% de la population sont actuellement touchés.  Cette pauvreté est fondamentalement rurale et concerne en particulier les femmes.

Pour faire face à l'ensemble de ces pesanteurs, le pays s'est résolument orienté vers des transformations structurelles profondes de notre agriculture dès le début des années 1980 pour titer un meilleur parti de ses atouts et potentialités.

 

En consacrant le thème central de notre présente session aux « enjeux de l'innovation, qu'y a-t-il de nouveau pour les ruraux pauvres », vous avez voulu mettre en exergue, l'urgence des engagements à entreprendre afin d'accorder la primauté aux innovations utiles et accessibles, créer le cadre approprié permettant à la couche de populations pauvres, hélas encore largement majoritaires dans nombre de nos pays, pour leur permettre d'acquérir la capacité pour leur nécessaire adaptation au rythme de la mondialisation.

Dans cette approche un accent tout particulier est accordé aux dimensions institutionnelle, organisationnelle et partenariale.  Le Mali partage cette vision sur laquelle, il a du reste largement échangé au cours des travaux de la 24ème session de la Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique tenue récemment à Bamako pour convenir que toutes innovations et approches nouvelles conçues pour améliorer et sécuriser la situation des ruraux pauvres devront fortement intégrer les notions entre autres:de sécurité foncière; d'accessibilité au marché à des conditions justes et équitables; d'accessibilité au financement, de communication, de partenariat et instaurer et à entretenir entre les acteurs, de structuration du monde rural, de responsabilisation accrue des producteurs, d'accessibilité aux équipements et aux intrants, d'environnement et de cadre législatif favorables….

Dans sa vision des faits, le Mali accorde une place tout aussi importante à la quiétude sociale qu'il juge fondamentale pour l'efficacité d'un système d'innovation car, les nouvelles technologies qui en découlent ne sont durablement accessibles et profitables aux populations pauvres, que dans un climat social apaisé.

C'est pour cette raison qu'il importe que la communauté internationale se dote de capacités appropriées pour mieux prévenir et contenir les catastrophes naturelles ainsi que les conflits qui fragilisent le développement sans sa globalité et maintiennent les pauvres dans leur pauvreté sans grandes perspectives d'en sortir.

Mon sieur le Président;
Honorables Gouverneurs;

L'objectif principal de notre politique agricole est de contribuer à la sécurité alimentaire par une augmentation de la production et de la productivité et de lutter contre la pauvreté en intégrant l'ensemble de ces dimensions.

Les approches novatrices amorcées dans ce cadre au cours de ces dernières années, avec l'appui des partenaires techniques et financiers, dont le FIDA, privilégient la participation des communautés rurales et la gestion décentralisée des programmes.

Ces différentes in initiatives ont permis d'atteindre des résultats appréciables portant notamment sur:

  • une amélioration de la sécurité alimentaire notamment le développement de la filière rizicole nationale dont la production connaît un essor fulgurant: 282 000 tonnes en 1990 et environ 938 000 tonnes de paddy en 2004;
  • une augmentation sensible de la production de coton, la principale culture de rente du pays pour 3 000 000 de personnes. Le cap de 600 000 tonnes de coton graine atteint en 2003/2004, avait valu au Mali d'occuper le rang de premier producteur en Afrique de l'Ouest;
  • un secteur de l'élevage qui compte 7 312 000 bovins et 19 413 000 ovin/caprins, le premier cheptel de l'UEMOA, et qui se renforce de systèmes plus intensifs de production (embouche, production laitière, volailles) autours des grands centres urbains;
  • une forte progression du secteur « fruits et légumes ».

La disponibilité dont le FIDA a fait preuve pour accompagner le Mali est un gage permettant à terme de conforter ces acquis et de faire reculer la pauvreté dans notre pays.

Je voudrais donc qu'il soit vivement remercié tant ces investissements ont eu des effets favorables sur les populations cibles en terme notamment renforcement de capacité, de sécurité alimentaire, d'accroissement de la production et des revenus, de création d'emplois jeunes, de promotion des activités féminines, d'amélioration de la santé, de désenclavement, d'accès au système financier rural. Comme support à sa stratégie de développement du secteur agricole, le Mali vient d'élaborer une loi d'orientation agricole permettant de doter le secteur agricole d'un outil de planification stratégique favorable à l'émergence d'un secteur agricole moderne, économiquement compétitive et socialement profitable et participatif d'une exploitation rationnelle des innovations.

Monsieur le Président;
Honorables Gouverneurs;

La République du Mali suit avec grand intérêt le processus de réforme du FIDA amorcé à la suite de son Évaluation Externe Indépendante, reconnue par l'ensemble des partenaires et des institutions financières et organisation internationales du système des Nations Unies comme un modèle unique et innovateur de référence.  Aussi sommes nous honorés d'avoir pris une part si modeste soit-elle, en notre qualité de membre du Comité directeur de cette évaluation, à ses travaux.

Nous exhortons la haute Direction du FIDA à accélérer la mise en œuvre du Plan d'action en réponse aux recommandations formulées.

Nous avons aussi apprécié le fait d'avoir été associés de près à la Consultation sur la septième Reconstitution des ressources du Fonds, qui a validé entre autres le Plan d'action en question, fixé le niveau de la septième Reconstitution à 800 millions de dollars des Etats-Unis pour un programme de travail et budget de 2 milliards de dollars des Etats-Unis.

La Consultation a également traité de thèmes pertinents somme de système d'allocation fondé sur les performances, et la répartition des ressources de l'Organisation, la représentation au Conseil d'Administration et les droits de vote des membres, le Programme de jeunes cadres associés, le système pilote de supervision directe, la décentralisation des opérations, et la contribution du FIDA à l'Initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE).

Ma délégation, tout en approuvant les recommandations auxquelles la Consultations est parvenue, appuie fermement la priorité accordée à l'Afrique dans ce cadre, pour rendre justice aux engagements pris par la Communauté Internationale à l'égard de ce continent dont les souffrances interpellent aujourd'hui toutes les consciences.

Nous attendons avec intérêt de voir les résultats des consultations prévues sur les questions comme la représentation des membres au Conseil et les droits de vote, car nous estimons justifiée la volonté des membres des pays en développement de revenir l'équilibre initial, fondement d'une coopération et d'un partenariat franc et juste entre les différentes listes.

Par rapport à la décentralisation des activités, il convient de dire que la décision du FIDA, d'ouvrir des représentations régionales à l'instar des autres institutions du système des Nations Unies, est une initiative qui va favoriser une meilleure visibilité et lisibilité de ses actions sur le terrain, tout en rapprochant davantage les états membres et l'institution.

Le Mali sera toujours honoré de pouvoir abriter une Représentation du FIDA à Bamako, et réitère toute sa disponibilité à cet égard.

Monsieur le Président;
Honorables Gouverneurs;

Ma délégation, après un examen approfondi des différents documents soumis à la présente session est heureuse de marquer son avis sur les points inscrits à l'ordre du jour de notre présente session.

Aussi nous approuvons le Etats financiers vérifiés du FIDA au 31 décembre 2005 ainsi que le rapport du commissaire aux comptes y relatif et félicitons le FIDA pour les résultats obtenus et l'exhortons à œuvrer davantage dans le sens de leur consolidation.

Nous approuvons en même temps le budget administratif du FIDA et de son Bureau d'évaluation pour 2006.

Concernant la reconstitution des ressources du FIDA, je suis heureux d'annoncer que mon pays, en dépit du contexte économique difficile, s'engagera à augmenter sensiblement sa contribution à la septième Reconstitution des ressources du FIDA, afin que le Mali rejoigne les rangs de tous deux qui ont estimé que l'importance de l'œuvre du FIDA mérite que l'on lui accorde des ressources à hauteur de ses ambitions, et qui l'ont ici exprimé.

C'est sur cette note positive que je voudrais terminer ma déclaration générale, tout en exprimant toute ma satisfaction et mes félicitations au Secrétariat du FIDA et à l'ensemble du personnel pour la qualité de l'organisation de la présente session. Ces remerciements s'adressent aussi au Pays hôte, pour tous les efforts consentis à l'endroit du Fonds.

Je vous remercie de votre aimable attention.