Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le président du Conseil,
Monsieur le président du FIDA,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Depuis 30 ans, le FIDA prend le risque d’agir précisément là où la pauvreté absolue reste un défi majeur aux objectifs du millénaire pour le développement. Le FIDA a raison d’assumer ce risque, alors que la communauté des bailleurs, multilatéraux ou bilatéraux, a eu tendance à accroître son effort d’aide publique au développement plus rapidement vers d’autres priorités. La France a maintenu sa contribution aux ressources de la septième reconstitution, et réitère son soutien au FIDA, comme l’ont fait de nombreux pays européens qui au total ont contribué à près de la moitié des annonces de financement. La signature, le 17 novembre 2006, d’un accord de coopération entre le FIDA et l’Agence française de développement, promet un renforcement de nos relations opérationnelles.
Qu’est-ce que la France attend du FIDA dans les prochains mois et les prochaines années ? Produire des résultats opérationnels, préserver sa soutenabilité financière, et approfondir son avantage comparatif.

Produire des résultats opérationnels d’abord.
Le rapport d’évaluation externe indépendante a rappelé la pertinence de l’action du FIDA, mais a souligné les progrès nécessaires en termes de performance du portefeuille. Raccourcir les délais, améliorer la supervision, maximiser l’impact, s’assurer de sa durabilité : le FIDA doit rechercher l’exemplarité en la matière. Les derniers résultats sont encourageants. Ces tendances doivent être confirmées, et corrigées quand cela est nécessaire.
C’est en 2007 que le nouveau cadre d’allocation en fonction de la performance est mis en application. Ce filtre est désormais une pratique nécessaire, commune à toutes les institutions financières internationales. La France salue la participation du FIDA aux discussions des banques multilatérales sur ce thème à des fins d’harmonisation. Il convient aussi, pour chaque institution, de conserver ses spécificités. Le groupe de travail du conseil d’administration chargé d’élucider les questions pendantes nous aidera à éclairer les évolutions possibles. Nous espérons que la bonne performance relative du portefeuille en Afrique assurera le respect de la règle du maintien de la part de l’Afrique. La France y est très attachée compte tenu des enjeux cruciaux auxquels ce continent doit faire face, et qui sera au cœur de la 24ème conférence des chefs d’Etat d’Afrique et de France, qui se tiendra demain et après-demain à Cannes.

Préserver la soutenabilité financière, ensuite.
La France n’a pas toujours approuvé les grandes orientations financières du FIDA, loin s’en faut. Elle constate aujourd’hui que l’équilibre est globalement rétabli. La règle de croissance réelle nulle des budgets d’administration traduit un effort de rigueur budgétaire acceptable mais les efforts de productivité doivent se poursuivre. L’application de l’initiative PPTE, et la mise en place d’un cadre de soutenabilité de la dette devraient également peser sur l’avenir du FIDA. La France a soutenu l’éligibilité du FIDA au fonds PPTE et demande à tous les bailleurs de se mobiliser pour réunir les moyens financiers qui permettront de préserver la capacité d’engagement du FIDA. Face à ces nouvelles contraintes, le FIDA devrait aussi contribuer à la réflexion sur les financements innovants du développement, particulièrement pertinents dans un secteur où des solutions nouvelles apparaissent, pour mutualiser les risques et absorber les chocs économiques.

Approfondir l’avantage comparatif du FIDA, enfin.
Le monde de l’aide au développement est devenu de plus en plus concurrentiel. Le FIDA doit plus que jamais investir dans les créneaux d’excellence où il est reconnu : renforcement des organisations paysannes, renforcement des filières, microfinance rurale, notamment. La problématique des migrations doit elle aussi être plus systématiquement intégrée dans la stratégie du FIDA. Enfin, l’amélioration des performances des agricultures familiales est un effort primordial. Il importe que le FIDA accompagne ces agricultures familiales dans une logique de marché, en les aidant à trouver des débouchés et des partenaires privés nationaux, régionaux et internationaux.
Dans le même temps, le FIDA devra rechercher des partenariats fructueux avec d’autres organisations, afin de répliquer à plus grande échelle les projets les plus innovants de son portefeuille. Vous avez souligné l’importance de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide. Je vous incite à poursuivre dans cette voie, et vous encourage à accélérer votre collaboration avec la Banque africaine de développement. La légitimité du FIDA sera d’autant plus forte qu’il saura renforcer ses liens avec les nouveaux acteurs de l’aide au développement, que ce soit par des partenariats avec le secteur privé, les grandes fondations, ou par une participation accrue des bailleurs émergents.
La détermination, le dévouement et les compétences du personnel du FIDA doivent être salués. Avec une équipe de direction renouvelée, vous disposez, Monsieur le Président, d’une feuille de route ambitieuse pour faire du FIDA une institution de référence, plus visible et plus efficace.