Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames et Messieurs des Gouverneurs,
Honorables Délégués
Mesdames et Messieurs,

Le Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche Rotolojanahary Marius De Sales Hygin m’a chargé de vous transmettre ses vœux de succès et de réussite des travaux de cette Session. Il aurait bien voulu conduite la délégation malgache à cette session du Conseil, malheureusement il n’a pas pu s’absenter du pays, les urgences requérant sa présence étant très nombreuses.  Il vous présente donc ses excuses.

Monsieur le Président
Honorables Délégués,

A la lumière des points inscrits à l’ordre du jour de cette Session, notamment le choix du thème principal, à savoir «emploi et moyens d’existence en milieu rural», il est évident que le FIDA tient à associer les Etats Membres au processus d’élaboration, de décision et de suivi des activités du Fonds, et à leur fournir les moyens de définir leur politique de développement agricole pour la lutte contre la pauvreté.

L’économiste que je suis connaît le rôle majeur que l’agriculture joue dans le développement économique du pays.  L’histoire économique des pays industrialisés montre que la révolution agricole a précédé, favorisé, soutenu la révolution industrielle d XVIIIème siècle.  Une histoire récente fait clairement apparaître que la mauvaise gestion de l’agriculture ou l’abandon des activités agricoles au profit d’une industrialisation forcée, affectent gravement l’essor économique d’un pays et par conséquent le niveau de vie de sa population.

Dans toute politique de développement économique, l’essor de l’agriculture est un facteur important puisqu’il permet de nourrir les hommes, but premier de l’activité économique, d’accroître les revenus de la population employée dans l’agriculture et par là d’augmenter la demande globale, de favoriser l’exportation des produits agricoles et de permettre d’en économiser les importations, ce qui contribue à l’équilibre de la balance commerciale et de la balance des paiements.

Depuis plus de 20 ans, deux pays parmi tant d’autres fournissent le meilleur exemple du rôle de l’agriculture dans le développement.  La Chine a toujours donné la priorité à l’agriculture et a écarté les mirages de l’industrialisation forcée; ses dirigeants ne cessent d’assurer dans les plans successifs qu’ils mettent en œuvre le rôle central de l’agriculture. L’Inde a obtenu des résultats très positifs de l’expansion de son agriculture, notamment grâce à la Révolution verte, qui est un exemple remarquable dans la modernisation technologique de l’activité agricole.

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,

Les statistiques nous montrent que l’Afrique dont la plupart de ses Etats sont à vocation agricole est la région la plus touchée par la pauvreté.

On ne saurait également perdre de vue que l’Afrique est la seule région exposée aux catastrophes naturelles dans sa globalité auxquelles s’ajoute le fait de l’homme aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur.

Cette constatation appelle, de la part du FIDA et de la Communauté internationale une attention particulière et nécessite des actions soutenues pour aider les populations rurales à accroître leur productivité et leurs revenus, relever leur niveau nutritionnel et améliorer la qualité de vie afin de freiner l’exode rural et l’immigration devenue actuellement problème mondial.

Madagascar, pour sa part, souscrit entièrement aux objectifs du Millénaire pour le développement. Ainsi, à l’initiative de Son Excellence le Président de la République, Madagascar a lancé un plan d’action intitulé «Madagascar Action Plan»(MAP). Ce plan sert à faire un saut qualitatif dans le processus de développement grâce à un plan innovant sur 5 ans (2007-2012) qui mobilisera le peuple malgache ainsi que les partenaires internationaux, démarrera une croissance rapide, mènera à une réduction de la pauvreté, et assurera le développement du pays en réponse aux défis de la mondialisation et conformément à la Vision Madagascar-Naturellement et aux objectifs du Millénaire pour le développement.

Le développement rural est l’une des priorités du Gouvernement et fait partie de 8 engagements de Madagascar Action Plan (MAP). La Vision Madagascar-Naturellement, le Plan d’action Madagascar ainsi que le Programme national de développement rural (PNDR) constituent les cadres globaux d’intervention en matière de développement rural.  Le développement rural dynamique et la réduction effective de la pauvreté sont la base des efforts du Gouvernement.  Nos régions rurales prospéreront à travers une révolution verte qui augmentera substantiellement la production agricole.  Des centres d’agrobusiness seront institués pour assister dans les formations et la satisfaction des besoins tels que l’irrigation, les semences, les engrais et les installations de stockage.

Pour promouvoir davantage le développement rapide, des meilleurs routes et réseaux de communication seront établis et le Gouvernement se chargera de créer les conditions pour encourager les activités d’entrepreneuriat et de permettre aux initiatives du secteur privé de s’épanouir.

Avec l’appui des partenaires techniques et financiers comme le FIDA. A travers les différents projets, le Ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, ayant pour mission de contribuer à l’accélération du développement rural pour assurer que les fruits de la croissance soient partagés par tous les malgaches, concourt à la mise en œuvre des stratégies de lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Ainsi, je profite de cette occasion pour lancer un appel aux partenaires au développement ici présents, d’appuyer mon Gouvernement pour la mise en œuvre des objectifs du MAP.

Monsieur le Président,
Honorables Délégués,

Madagascar et le FIDA ont ensemble parcouru un long chemin. Depuis 1979, le FIDA a financé 11 projets de développement rural à Madagascar, pour un montant total de 119,7 millions de dollars.  Trois d’entre eux sont en cours.  Un nouveau projet intitulé «Programme d’appui au microentreprises rurales sur les hautes terres» fait actuellement l’objet d’une formulation.  Nous comptons bien entendu, sur une intensification de notre coopération avec le Fonds dans les années à venir.

Madagascar se félicite de l’effectivité de la 7ème reconstitution des ressources du FIDA avec un dépôt d’instruments de contribution supérieur à 50% par rapport aux contributions annoncées. Nous saluons ce résultat, témoin de la confiance que les Etats Membres placent en l’organisation.

Madagascar a toujours souhaité que dans les affectations régionales, une révision à la hausse des prêts affectés à l’Afrique, dont fait partie mon pays, soit envisagé par le Fonds ou tout au moins maintenir le quota des ressources en direction de l’Afrique car selon les rapports sur la performance du portefeuille en 2005, les résultats des programmes africains sont satisfaisants.
Notre délégation tient à saluer l’initiative du FIDA concernant la collaboration avec la Banque Africaine de Développement (BAD) pour mener une évaluation indépendante conjointe pour les programmes agricoles en Afrique.  Nous attendons avec intérêt les résultats de cette évaluation.

Le rapport du Panel de Haut niveau pour la reforme des Nations Unies est sorti, le Président du FIDA en tant que membre de ce Panel a participé activement et nous apprécions ses efforts visant à renforcer la collaboration avec les autres Organisations des Nations Unies basées à Rome, ainsi que l’orientation donnée au cadre stratégique du FIDA 2007-2010, qui met en exergue la sécurité alimentaire au centre des préoccupations du Fonds.

Notre délégation souhaite que les débats sur les droits de vote des Etats Membres et sur la Composition du Conseil d’Administration se poursuivent cette année afin d’obtenir une meilleure représentation au sein des organes directeurs du FIDA.

Je vous remercie de votre aimable attention.

S.E. M. Auguste Paraina
Ambassadeur. Représentant Permanent auprès du FIDA
Gouverneur Suppléant de Madagascar