Monsieur le Président du Conseil
Monsieur le Président du FIDA
Honorables Gouverneurs
Mesdames et Messieurs les Délégués et Observateurs
Je voudrais tout d'abord, au nom de la délégation qui m'accompagne et en mon nom propre, adresser à vous Monsieur le Président et aux membres de votre bureau mes sincères félicitations pour votre brillante élection à la présidence de cette trentième session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.
Permettez-moi ensuite, de m'associer à mes prédécesseurs pour souhaiter un plein succès aux travaux de la présente session et une bonne et heureuse année 2007 à tous les participants.
Monsieur le Président
Honorables Gouverneurs
Le Mali fait partie des pays sahéliens dont la croissance économique est fortement tributaire des aléas climatiques qui rendent aléatoires les productions agricoles et pastorales, sources de revenus du pays. Ceci lui confère à maints égards, les caractéristiques d'un état pauvre où 63,8 % de la population sont actuellement touchés. Cette pauvreté est fondamentalement rurale et concerne en particulier les femmes qui représentent 51 % de la population.
Pour faire face à l’ensemble de ces difficultés, le pays s’est résolument orienté vers des transformations structurelles profondes de notre agriculture dès le début des années 1980 pour tirer un meilleur parti de ses atouts et potentialités. La dernière en date porte sur l’élaboration du cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) adopté par le gouvernement en 2006 et dont l’objectif majeur est de ramener l’incidence de la pauvreté à 47,5 % en 2015en harmonie avec les objectifs du millénaire pour le développement.
En adoptant comme thème central de notre présente session «Emploi et Moyen d’existence en milieu rural», vous avez voulu mettre en exergue, le rôle fondamental du secteur agricole comme pourvoyeur d’emplois et de moyens d’existence durable.
En effet dans notre pays comme dans la plupart des pays en développement et en particulier de l’Afrique sub-saharienne, le secteur agricole fournit de l’emploi à 80 % de la population active.
Cependant, force est de reconnaître que les conditions dans lesquelles s’effectue l’emploi des ruraux pauvres, sont particulièrement contraignantes et méritent et d’être améliorées pour tirer meilleurs profits de ce potentiel. Il importe de souligner à cet égard la situation particulière des femmes et des jeunes ruraux qui optent par conséquence, pour l’exode et l’immigration vers les pays développés.
Pour mieux tirer profit du potentiel que représente l’emploi en milieu rural, il convient de promouvoir sur la base d’une analyse approfondie, l’emploi rural par l’approche filière,la création de moyens d’existence rémunérateur pour les jeunes ruraux et les femmes, et l’amélioration des conditions de vie et d’existence en milieu rural.
A cet égard notre pays, le Mali a mis en œuvre divers programmes dont l’APEJ (Agence pour l’emploi des jeunes), offrant des opportunités d’emplois en faveur de jeunes ruraux, par un appui à l’accès aux crédits agricoles, aux aménagements et aux infrastructures agricoles. C’est dans ce cadre que le Président de la République a lancé une initiative qui a consisté à acquérir 400 tracteurs neufs en vue de doter de jeunes exploitants agricoles.
Ces programmes et initiatives s’intègre parfaitement dans le schéma directeur du Développement rural (SDDR), le CSCRP et la LOA. La LOA en particulier vise à consacrer la reconnaissance du statut professionnel à tous les exploitants ruraux avec tous les droits et obligations liées, consacrant le secteur rural comme champs d’exercice d’un véritable métier au bénéfice d’une population majoritairement rurale. Ceci constitue une véritable révolution dans notre pays qui verra l’exploitant agricole bénéficier de la prévoyance sociale, d’une pension de retraite, et de toutes les garanties liées à l’emploi.
Ceci atteste bien que notre pays a parfaitement pris la mesure de l’enjeu qui consiste à créer le cadre propice pour l’emploi et l’amélioration des conditions en milieu rural à travers des politiques et stratégies participatives pour lutter efficacement contre la pauvreté et garantir un développement rural durable.
Monsieur le Président
Honorables Gouverneurs
La disponibilité dont le FIDA a fait preuve toutes ces années pour accompagner le Mali, est un gage permettant à terme de faire reculer la pauvreté dans notre pays grâce à la promotion de l’emploi en milieu rural et l’amélioration des conditions de vie des populations à travers les projets et programmes d’investissement rural. Ces projets et programmes totalisent 125 millions de dollars USA de 1985 à nos jours et plus de 6 millions de dollars USA de don.
Ils ont contribué à la sécurité alimentaire, à l’accroissement de la production et des revenus, la création d’emplois des jeunes, la promotion des activités féminines, l’amélioration de la santé, le désenclavement, l’accès au système financier rural.
Ces actions s’intègrent parfaitement dans notre Schéma Directeur de Développement Rural (SDDR) et le CSCRP (cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté).
Monsieur le Président
Honorables Gouverneurs
La République du Mali, est membre du Conseil d’Administration du FIDA depuis 2006, et suit avec grand intérêt la mise en œuvre du processus de réforme du FIDA à travers le Plan d’Action élaboré pour donner suite aux recommandations de l’Evaluation Externe Indépendante (EEI), reconnue par l’ensemble des partenaires et des Institutions financières et Organisations internationales du système des Nations Unies comme un modèle unique et innovateur de référence.
Nous félicitons la Direction du FIDA et le Conseil d’Administration pour les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de ce plan d’action, notamment l’élaboration de la politique de ciblage du FIDA, la politique de supervision directe et d’appui à la mise en œuvre des projets et programmes, le nouveau modèle de présentation de rapport pour l’approbation des projets et programmes, le COSOP fondé sur les résultats et le programme pilote de présence de terrain du FIDA.
Par rapport à ce dernier point, notre pays souhaite ardemment faire partie des pays retenus au titre de ce programme compte tenu du rôle majeur conféré au FIDA, considéré comme chef de file des bailleurs de fonds pour le développement des régions du nord au Mali. Nous remercions sincère ment le FIDA pour avoir eu le mérite d’intervenir dans une des zones les plus arides du Mali, où les conditions de vie des populations rurales sont les plus pénibles. Le FIDA s’engage ce faisant à intervenir dans les zones ù bon nombre de bailleurs de fonds n’ont pas le courage de s’engager. Il magnifie ainsi sa raison d’être à savoir assister les paysans pauvres là où ils se trouvent.
Notre pays note avec satisfaction, les améliorations apportées aux systèmes d’allocations fondés sur la performance (SAFP) et l’approbation du programme de jeunes cadres associés qui offrira l’opportunité à des jeunes des pays en développement de pouvoir se former et acquérir l’expérience au sein du FIDA.
Nous demandons au Conseil d’examiner la possibilité de renforcer davantage ce programme et l’élargir à un plus grand nombre de participants
Nous déplorons néanmoins, que les résultats des consultations sur les questions comme la représentation des membres au Conseil et les droits de vote, n’aient pas abouti et nous estimons encore justifiée la volonté des membres des pays en développement de revenir à l’équilibre initial, fondement d’une coopération et d’un partenariat franc et juste entre les différentes listes.
Monsieur le Président,
Honorables Gouverneurs,
Ma Délégation, après un examen approfondi des différents documents soumis à la présente session est heureuse de marquer son avis sur les points inscrits à l'ordre du jour de notre présente session.
Aussi nous approuvons les Etats financiers vérifiés du FIDA au 31 décembre 2005 ainsi que le rapport du commissaire aux comptes y relatif et félicitons le FIDA pour les résultats obtenus et l’exhortons à œuvrer davantage dans le sens de leur consolidation.
Nous approuvons en même temps le budget administratif du FIDA et de son Bureau d’Evaluation pour 2007. De même, nous accueillons favorablement et encourageons la réalisation de l’évaluation conjointe avec la Banque Africaine de Développement des projets et opérations de développement agricole en Afrique.
Concernant la reconstitution des ressources du FIDA, je suis heureux d'annoncer que mon pays, en dépit du contexte économique difficile, a décidé de contribuer à la septième Reconstitution des Ressources du FIDA pour un montant de 100.000 dollars EU, ce qui constitue un accroissement de 900 % par rapport à la 6ème reconstitution, et un fait historique majeur le Mali n’ayant contribué jusqu’ici aux ressources de l’Organisation qu’à concurrence de 10.000 dollars EU.
Notre pays rejoint ainsi les rangs de tous ceux qui ont estimé que l’importance de l’œuvre du FIDA mérite que l’on lui accorde des ressources à hauteur de ses ambitions.
Nous voulons féliciter et souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres et membres suppléants du Conseil d’Administration du FIDA.
Je voudrais avant de terminer mes propos exprimer au Secrétariat du FIDA toute ma satisfaction et nos félicitations de m6eme qu’à l’ensemble du personnel. Tous niveaux confondus nos encouragement pour leur dévouement et leur disponibilité. C’est grâce à eux que le FIDA est une institution qui gagne. Vous me permettrez enfin de remercier les autorités et le peuple italien de Rome pour cette légendaire hospitalité qui contribue tant au succès du FIDA.
Que Dieux vous bénisse.
Je vous remercie de votre aimable attention.
Son Excellence Ibrahim Bocar Daga,
Ambassadeur, Representant Permanent du Mali aupres du FIDA