Monsieur le président
Excellences,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
2007 restera marquée par la fin des réformes engagées dans le Plan d’Action…et avec quel succès!
Partout, l’exemplarité du processus a été saluée, et dans de nombreuses institutions déjà l’expérience du FIDA est étudiée.
Je vous félicite, Monsieur le Président, ainsi que toute votre équipe, pour avoir su transformer une organisation en perte de vitesse en une institution innovante, équilibrée, recentrée.
Mais la route n’est pas finie. De grands chantiers restent devant nous: accroître la présence du FIDA sur le terrain, mieux intégrer les nouveaux enjeux mondiaux, tels que le changement climatique, dans les actions du FIDA − et nous avons pu prendre grâce aux tables rondes ce matin toute la mesure des défis qui nous attendent, assurer la durabilité des projets. Ce dernier enjeu est fondamental et les analyses du portefeuille de projet le montrent: beaucoup de progrès restent encore à faire dans ce domaine.
Une transformation radicale de l’institution s’est opérée ces dernières années.
Mais la clé du succès du Plan d’Action réside dans les hommes et les femmes qui font la force du FIDA. Sans leur adhésion totale aux changements impulsés sous votre égide, Monsieur le Président, il sera impossible de pérenniser ce succès. La culture du résultat que le Plan d’Action visait un insuffler dans vos rangs, et que nous saluons tous, n e peut être que vaine si l’ensemble du personnel n’y voit pas une condition sine qua non de l’efficacité, de la pertinence, et de l’avenir du FIDA.
2007 aura été une année de changements profonds de l’organisation elle-même, mais aussi de son mode de fonctionnement.
L’adoption du cadre de soutenabilité de la dette, la participation du FIDA à l’initiative PPTE, la mise en place du système d’allocation basé sur la performance, la supervision directe d’un nombre croissant de projets sont autant de transformations qui font du FIDA une institution moderne.
À cet égard, nous tenons à féliciter le FIDA pour avoir su recentrer son action sur l’objet qui est le sien − aider la population rurale la plus pauvre, celle qui est délaissée par d’autres institutions. Cela s’est notamment reflété dans la prise en compte du concept de population rurale dans la formule de calcul de l’allocation par la performance.
Nulle formule n’est parfaite, et elle mérite peut être quelques ajustements.
Mais ce fut une décision courageuse que le Conseil a prise en avril 2006 et que nous souhaitons voir appliquer dès 2008, comme prévu. Nous nous félicitons par ailleurs que l’application de la formule en 2007 a permis, conformément aux engagements pris dans le cadre de la 7ieme reconstitution, «d’affecter à l’Afrique subsaharienne un pourcentage de ressources au moins égal à celui que la région [recevait en 2006]». Et nous avons noté avec satisfaction que la performance individuelle de chacun des pays a permis globalement à l’Afrique subsaharienne d’augmenter en 2007 sa part dans les prêts du FIDA.
Voilà un signe fort d’afro-optimisme: l’Afrique a les capacités de se développer et présente aujourd’hui encore plus qu’hier des opportunités pour y parvenir. La France encourage donc fortement le FIDA à poursuivre dans cette voie et à accompagner la croissance de la production agricole en Afrique.
La réforme du mode de fonctionnement du FIDA, cela passe aussi par des partenariats accrus. À l’heure où d’autres bailleurs redonnent à l’agriculture une place centrale dans la lutte contre la pauvreté, le FIDA a un rôle clef à jouer parce qu’il a une longue expérience des ruraux pauvres et parce qu’il sait être innovant.
Mais, seul, le FIDA ne peut répondre au défi de la réduction de la pauvreté rurale ni des besoins alimentaires croissants. Le FIDA a besoin des grands bailleurs pour maximiser l’effet de levier de ses actions; réciproquement, les grands bailleurs ont besoin des compétences du FIDA pour se réengager dans ce domaine. C’est pourquoi il est indispensable que le FIDA renforce ses partenariats avec les autres bailleurs, et d’abord la Banque Africaine de développement à partir notamment de l’évaluation conjointe en cours.
La légitimité du FIDA sera d’autant plus forte qu’il saura aussi renforcer ses liens avec les nouveaux acteurs de l’aide au développement, que ce soit le secteur privé ou les bailleurs émergents, au titre de la coopération Sud-Sud.
Cette question des partenariats m’amène à un sujet auquel la France attache une importance particulière: le processus de rapprochement des trois institutions romaines. Dans la perspective de rendre l’aide toujours plus efficace, plus cohérente, plus pertinente, l’initiative «One UN» nous paraît aller dans le bon sens. Nous sommes convaincus que le PAM, la FAO et le FIDA partagent un même objectif stratégique de sécurité alimentaire, et peuvent mutualiser des ressources, humaines notamment, pour être plus efficientes. Le Conseil de décembre 2007 a demandé sur notre proposition, que soient menées « des consultations avec les autres institutions des Nations Unies ayant leur siège à Rome en vue de l’élaboration d’un document conjoint sur les orientations que pourraient prendre les futurs partenariats opérationnels aux niveaux mondial, régional et national». Monsieur le Président, La France prendra connaissance avec le plus grand intérêt de la vision stratégique que vous nous proposerez bientôt j’espère.
Nous sommes convaincus que cette démarche, et le résultat auquel elle aboutira, constitueront une des pierres angulaires de la nouvelle architecture internationale pour le développement agricole et rural, capable de répondre aux enjeux de la sécurité alimentaire de 9 milliards d’êtres humains à l’horizon 2050.
Enfin, je souhaite profiter de ce moment pour exprimer notre satisfaction quant à la coopération croissante qui se dessine entre la France et le FIDA.
L’accord de coopération signé avec l’AFD et celui qui se profile avec le CIRAD, et qui je l’espère seront renforcés dans les mois à venir, sont des exemples importants des complémentarités qui peuvent exister entre les domaines d’action du FIDA et les domaines d’excellence de la France. La coopération entre la France et le FIDA ne s’arrête pas au cofinancement de projets: c’est aussi une coopération intellectuelle, de recherche, sur des sujets de préoccupation particulièrement importants à nos yeux, comme à ceux du FIDA. Le changement climatique en fait partie, et nous vous félicitons pour l’avoir mis au cœur des tables rondes. Les transferts des migrants en est un autre, et nous sommes ravis de voir que le FIDA est un pionnier dans ce domaine.
Je ne peux bien sûr pas conclure ce discours sans évoquer la reconstitution du FIDA qui s’ouvrira demain. Ces réunions seront, j’en suis sûr, l’occasion de poursuivre les discussions passionnantes sur l’avenir du FIDA et son rôle dans l’architecture mondiale de l’aide, sa place toute particulière au sein des organisations internationales, son rôle de moteur d’innovations.
2008 s’annonce donc aussi riche en discussions stratégiques que l’a été 2007. Elles serviront, nous l’espérons, à faire du FIDA une institution toujours plus visible, efficace, réactive.
Je vous remercie pour votre attention.