Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable assistance,
Je voudrais tout d’abord saluer et présenter mes sincères remerciements à monsieur le président Lennart BAGE pour les efforts louables qu’il a consentis tout au long de ses deux mandats à la tête de notre institution.
Monsieur le président,
Comme nous le savons, cette session intervient dans un contexte de crise multiforme sévère, financière, économique et alimentaire.
Elle se tient aussi à un moment où nous réalisons avec regret que les capacités mobilisées par la communauté internationales n’ont pu nous permettre de prendre en charge de manière conséquente la lutte contre la faim dans le monde visée par l’Objectif 1 du Millénaire pour le Développement.
La crise financière mondiale actuelle, avec les conséquences dramatiques qu’elle commence à avoir sur l’économie réelle, aggrave dangereusement une crise alimentaire que les changements climatiques et la production massive des biocarburants ont concouru à générer.
De plus, elle induit de nouvelles contraintes en provoquant un déclin des investissements privés et des dépenses publiques mais également, et surtout, une chute drastique et hautement préjudiciable de l’aide publique au développement agricole et rural.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable assistance,
Afin de relever les défis que nous venons d’évoquer, l’Algérie appelle à un renforcement de la concertation entre les Etats membres pour entreprendre une action multilatérale d’envergure.
Cette action est d’autant plus urgente qu’un risque élevé existe de voir s’amenuiser encore plus sévèrement l’aide publique au développement de l’agriculture.
Ce recul affecterait en premier lieu les petites exploitations de l’agriculture paysanne et les petits opérateurs économiques du monde rural, en particulier ceux dont l’activité est liée à l’agriculture.
C’est pourquoi, je me réjouis du choix du thème central qui sera débattu durant cette session, en l’occurrence, «l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire au 21e siècle ».
Cette initiative louable rejoint celle que la FAO et le gouvernement espagnol ont prise, en janvier 2009, autour du thème de la Sécurité alimentaire pour tous.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable assistance,
Les tables rondes prévues à l’occasion de cette session revêtiront, pour chacun de nous, une signification particulière et seront certainement l’occasion de dégager un consensus sur la manière de mobiliser des ressources nouvelles et additionnelles indispensables à la mise en œuvre de nos programmes d’action.
En raison des avantages comparatifs dont il dispose en matière de lutte contre la pauvreté rurale, le FIDA doit jouer un rôle accru dans la mobilisation et le transfert des ressources financières au bénéfice des pays qui en ont besoin.
Notre institution doit assumer également un rôle de catalyseur en instituant des partenariats stratégiques impliquant les différents intervenants, notamment les institutions basées à Rome. Cette démarche permettra une meilleure coordination entre ces derniers, une mise en synergie plus efficace de leurs efforts et une valorisation plus grande des ressources mobilisées.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable Assistance,
Permettez-moi de saisir cette opportunité pour évoquer brièvement l’expérience que mon pays mène présentement en matière de développement agricole et rural dans la perspective d’une amélioration significative de sa sécurité alimentaire et des conditions de vie de ses populations rurales.
Cette expérience, que nous menons dans le cadre de la Politique de Renouveau de l’économie agricole et rural, est fondée sur les enseignements tirés de la mise en œuvre des programmes de développement de ces dernières années ainsi que sur les défis nouveaux que les bouleversements de l’environnement mondial ont induits.
Elle consiste en un vaste recentrage de notre politique agricole et rurale, tenant à la fois de la vision, des objectifs, du cadre institutionnel et organisationnel et de l’instrumentation.
Ce recentrage traduit la volonté des pouvoirs publics de conférer un statut stratégique au secteur de l’agriculture et du développement rural et de lui allouer, en conséquence, les ressources nécessaires à sa mise à niveau.
En matière de développement agricole, et pour améliorer notre sécurité alimentaire, le Renouveau de l’économie agricole met en place un certain nombre de dispositifs législatifs et réglementaires et recourt au lancement de programmes visant une augmentation significative de la production et des rendements.
Ainsi, le foncier, socle fondamental de toute politique agricole, est-il pris en charge à travers la Loi d’Orientation Agricole qui consacre la formule de la concession pour l’accès et l’exploitation des terres agricole relevant du domaine de l’Etat.
Il se focalise aussi sur la relance des spéculations stratégiques à travers une dizaine de programmes d’intensification portant sur les céréales, la pomme de terre, l’huile d’olive, le lait, les viandes rouges et blanches, etc.
Ce dispositif est complété par des programmes spécifiques à caractère horizontal qui visent l’amélioration et la valorisation du matériel biologique végétal et animal, la mobilisation et l’utilisation raisonnée de la ressource hydrique et, enfin, la mise en place de pôles agricoles intégrés.
L’exigence d’un environnement incitatif et sécurisant est également prise en charge à travers l’institution d’un crédit sans intérêt (RFIG), le renforcement du crédit leasing pour la mécanisation agricole, l’exonération de la TVA pour les intrants, la prise en charge des risques liés à la baisse des rendements et aux calamités agricoles, la modernisation des assurances, le renforcement des organisations professionnelles et interprofessionnelles.
Il faut ajouter à l’ensemble de ces dispositifs, la mise en place d’un système de régulation des marchés agricoles, articulé autour de la sécurisation et de la stabilisation des marchés des produits de large consommation (SYPALAC) et la protection des revenus des agriculteurs.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable Assistance,
Le monde rural est, dans mon pays, lui aussi l’objet d’un intérêt soutenu de la part des pouvoirs publics.
C’est à travers la Politique de Renouveau rural que les préoccupations et les attentes des populations rurales sont prises en charge.
Cette politique vise en premier lieu la réhabilitation et la valorisation des ressources naturelles, la diversification des activités économiques en milieu rural, la réhabilitation et la modernisation des villages et des Ksours et, enfin, la protection et la valorisation du patrimoine rural matériel et immatériel.
Cette politique est mise en œuvre à travers le Projet de Proximité de Développement Rural Intégré (PPDRI), outil privilégié d’implication des populations rurales, de mise en synergie des différentes politiques sectorielles et de mutualisation des ressources qu’elles mobilisent.
Le dispositif d’instrumentation du Renouveau rural est renforcé par la mise en place d’un système d’information du Programme de soutien au Renouveau rural (SI-PSRR), d’un programme de renforcement des capacités humaines et d’assistance technique (PRCHAT) et d’un Système National d’Aide à la Décision pour le Développement Durable (rural et local).
Je terminerai ce bref exposé de notre politique en précisant que les volets du Renouveau sont soutenus par des programmes communs et des décisions transversales d’appui. Il s’agit de la modernisation de l’administration agricole, de la dynamisation de l’appareil de recherche-développement, du renforcement des services de contrôle et de protection (phytosanitaire, vétérinaire et incendies de forêts).
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable Assistance,
Je voudrais réitérer le soutien de mon pays à la poursuite et au renforcement du rôle que joue le FIDA dans l’Initiative envers les pays pauvres très endettés (PPTE).
Le soutien de l’Algérie va aussi à l’action du Mécanisme mondial de la convention des Nations unies contre la désertification, phénomène dont l’Algérie a très tôt pris conscience en engageant des programmes de lutte conséquents.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable Assistance,
Ces deux jours de débats intenses permettront, j’en suis sûr, de sortir avec des évaluations et des propositions d’ordre stratégique qui renforceront le rôle du FIDA, en tant que catalyseur et centre d’expertise et de savoir-faire.
Pour terminer,
permettez-moi de vous annoncer que, en considération des défis à relever et de ses engagements moraux, mon pays a décidé de relever fortement sa contribution financière au de la 8e reconstitution des ressources du Fonds, à hauteur de 10 millions USD.
Je vous remercie de votre aimable attention.