Enabling poor rural people
to overcome poverty



Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président du FIDA,
Messieurs, Mesdames les Gouverneurs,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Si vous le permettez, je voudrais d’abord m’adresser au Président Båge pour le féliciter pour l’œuvre accomplie durant sa présidence et pour le remercier chaleureusement au nom du Ministre de la Coopération en particulier et du Gouvernement belge.

Durant votre présidence, le FIDA a entamé un processus de réformes qui a profondément changé l’organisation.

Vous vous souviendrez que le rapport de l’évaluation externe indépendante de 2005 était relativement critique. Mais quatre ans plus tard, grâce à votre engagement, votre leadership, à l’esprit d’équipe que vous avez su créer, au soutien que vous avez reçu de vos collaborateurs et du Conseil d’Administration, la réforme du FIDA est un franc succès. Or vous savez comme moi que réussir une réforme d’une administration publique n’est pas gagné d’avance.

Cette réforme a amélioré en peu de temps l’efficacité de l’organisation. Les indicateurs des nombreux rapports soumis au Conseil d’Administration sont là pour en témoigner.

Les Etats Membres ont apprécié le chemin parcouru. Le niveau de la 8ème reconstitution en est, je crois, la preuve la plus tangible.

À l’heure actuelle, une augmentation de 67% des ressources est déjà acquise alors que des partenaires importants doivent encore annoncer leur contribution. C’est un résultat remarquable.

L’objectif de 1,2 milliard de dollars pourra vraisemblablement être atteint en juillet ce qui permettra au FIDA de mettre en œuvre un programme triennal de 3 milliards de dollars qui devrait améliorer les conditions de vie de 60 millions de ruraux pauvres.

La Belgique est heureuse de pouvoir participer à cet effort collectif et je peux vous confirmer l’annonce faite en décembre. Notre contribution aux ressources du FIDA augmentera de 80% pour la 8ème reconstitution.

Nous augmenterons de 114% notre contribution au core et l’apport du Fonds Belge de Survie restera au minimum équivalent à celui qu’il a été dans le passé. La loi sur le 3ème Fonds Belge de Survie devrait être votée au printemps 2009. Ceci représentera une contribution de plus de 56 millions de dollars et classera la Belgique dans le groupe des 10 premiers partenaires financiers du FIDA.

À cela s’ajoute également une contribution supplémentaire en 2009 de 3 270 millions d’euros pour compléter les ressources de la 7ème reconstitution. Cet engagement est la traduction de la décision prise par le Ministre de la Coopération en juin 2008. La part de l’agriculture dans l’aide au développement de la Belgique doit atteindre 10% en 2010 et 15% en 2015. Nous sommes sur la bonne voie.

Je constate aussi avec intérêt que l’augmentation substantielle des ressources du FIDA est due aux contributions de toutes les listes. Les pays de la liste C en particulier ont accru leur participation. Des pays emprunteurs deviennent aussi des bailleurs de fonds. Ceci ne peut que favoriser le sentiment d’appropriation de tous les membres.

La Belgique restera attentive au fait que toutes les listes contribuent de manière équilibrée et en particulier la liste B.

Monsieur le Président,

Je veux vous remercier pour la qualité du dialogue que vous avez toujours eu avec le Conseil d’Administration et les États Membres.

Je veux aussi vous remercier pour votre engagement personnel, emprunt d’une grande humanité, pour la cause des ruraux pauvres. Vous n’avez jamais oublié ceux pour qui le FIDA a été crée. Tous ceux et toutes celles qui ont bénéficié de l’intervention du FIDA et que vous avez tant de plaisir à rencontrer, à écouter lors de vos visites de terrain.

Fort de la conviction de la justesse du mandat de votre organisation, vous avez déployé beaucoup d’efforts et d’énergie, parcouru des milliers de kilomètres pour vous faire l’avocat des ruraux pauvres dans tous les forums possibles et imaginables. Votre objectif est atteint.

Le FIDA est à l’heure actuelle un partenaire incontournable de ce partenariat mondial pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition dont il est question depuis le début de la crise alimentaire de 2008. Le FIDA est le troisième partenaire multilatéral dans le domaine de l’agriculture.

Il a accumulé, en ses trente cinq ans d’existence, une expérience qu’il est prêt à partager.

Mesdames, Messieurs,

La chute des prix de certaines denrées alimentaires et des cours du pétrole ne doivent pas nous faire penser que la crise de 2008 est un incident de parcours et que les choses vont reprendre leur cours normal. Toutes les analyses de la situation de l’agriculture mondiale nous confirment que les prix vont recommencer à grimper, les stocks à diminuer. Certaines estimations prévoient que les besoins en nourriture vont doubler d’ici à 2050.

En 2008, la communauté internationale a perçu la gravité de la situation et a répondu en augmentant l’aide humanitaire. Les ressources du PAM ont quasiment doublé et on peut s’en féliciter.
Mais a défi structurel, réponse structurelle. Il faut augmenter la productivité de l’agriculture, diversifier les productions, assurer la sécurité alimentaire des villes et des campagnes, veiller à la qualité de la nutrition, dans un contexte de changement climatique et de hausse démographique.

Investir massivement dans l’agriculture est la réponse à moyen et à long terme. Les Gouvernements doivent en faire une priorité, les partenaires du développement doivent appuyer leurs efforts.
Pour cela nous avons besoin d’organisations qui disposent d’une large expertise dans le domaine du développement rural et qui sont capables de gérer les connaissances apprises et de les diffuser. Le FIDA est l’une de ces organisations.

C’est pourquoi nous pensons que le FIDA ne peut se reposer sur ses lauriers. La réforme doit être consolidée et le FIDA devra sans cesse s’adapter pour faire face à des enjeux nouveaux. Le temps du « business as usual » est sans doute révolu.

Le document sur la consultation, fruit du dialogue intense entre le FIDA et ses États Membres, contient tous les engagements que le FIDA entend mettre en œuvre durant la 8ème reconstitution.
Je voudrais vous faire part des sujets auxquels la Belgique attache une importance particulière.

Le FIDA doit accélérer et renforcer sa présence dans les pays pour lui permettre de mettre en œuvre la supervision directe de tout son portefeuille, de dégager le temps nécessaire pour participer au dialogue avec les autorités locales et les partenaires du développement sur des questions pour lesquelles il a une compétence reconnue. Il faut aller au-delà de l’expérience pilote.

Beaucoup de Gouvernements, particulièrement dans les PMA, ne disposent pas de toutes les expertises nécessaires. Le FIDA en partenariat avec d’autres et en particulier avec la FAO, doit jouer le rôle que ces Gouvernements attendent de lui.

La priorité doit être donnée non seulement aux ruraux pauvres, mais aussi aux pays les plus pauvres dont le développement dépend largement de l’agriculture. Beaucoup de ces pays sont situés en Afrique.

Pour les pays à revenu intermédiaire nous devons sans doute chercher des formules de financement innovatrices.

Le FIDA a instauré un dialogue régulier avec les organisations paysannes, la société civile, les organisations de femmes. Ces aspects de l’action du FIDA sont des acquis précieux, valorisés par ces organisations. Ils doivent être consolidés.

Le FIDA a été créé pour innover et pour diffuser auprès des Gouvernements et des communautés rurales les résultats des innovations de manière à ce que les bonnes pratiques soient utilisées et les mauvaises écartées.

Il faudra donc encore intensifier les relations avec les centres de recherches, les universités qui ont développé de la recherche opérationnelle.

Mais aussi avec le secteur privé qui est disposé à faire profiter l’ensemble de la chaîne, c'est-à-dire aussi les producteurs, des bénéfices tirés des gains de productivité. Le lien avec le marché doit être systématiquement recherché afin de produire pour augmenter les revenus monétaires et sortir de l’autosubsistance.

Pour ce qui est de l’organisation, nous suivrons avec intérêt la mise en œuvre de la politique des ressources humaines. Nous pouvons marquer notre accord avec le financement du programme de départ volontaire.

La transparence des processus de sélection et la qualité des ressources humaines, avant toutes autres considérations, nous semblent les conditions essentielles pour améliorer l’efficacité globale de l’organisation.

Vu l’augmentation des ressources financières, la priorité doit être donnée à la direction des opérations.

Mesdames, Messieurs,

Je terminerai par l’élection de notre nouveau Président.

Je voudrais avant tout vous faire part de mon appréciation très positive pour le processus de sélection qui a été adopté. C’est, je crois, une des premières fois, dans le système des Nations Unies, que des candidats sont interviewés en présence de la majorité des États Membres. C’est un grand pas vers plus de transparence et de professionnalisme. Je souhaite que cette expérience soit largement diffusée et soutiens la proposition d’en informer officiellement le Secrétaire Général des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre élection. Nous sommes persuadés que vous mènerez à bien le programme que nous nous sommes fixé lors des consultations sur la 8ème reconstitution.

Vous aurez une lourde responsabilité: gérer une organisation dont les ressources vont augmenter rapidement et de manière substantielle, consolider les acquis de la réforme.

Heureusement, vous héritez d’une organisation dynamique, d’un personnel motivé, d’un Conseil d’Administration qui sera à vos côtés.

Je peux vous assurer du soutien de la Belgique.