Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs du FIDA,
Honorables et Distingués Invités,
En ce début d’année 2009, permettez-moi, au nom du Gouvernement de la République Centrafricaine et au mien propre, de présenter à l’endroit de tous les membres du Conseil des Gouverneurs, mes meilleurs vœux de santé et de prospérité, d’une part et d’autre part, les vœux de succès et de longévité aux actions du Fonds International de développement agricole.
Je formule également les vœux que les assises actuelles puissent être couronnées des plus éclatants résultats.
Monsieur le Président,
La République Centrafricaine, mon pays, a bénéficié par le passé de plusieurs appuis déterminants de la part du FIDA pour son développement rural. En effet, depuis la création du FIDA en 1977 et jusqu’en 1994, le FIDA a financé six projets en République Centrafricaine axés essentiellement sur le développement des productions vivrières et pastorales. Cela a représenté une enveloppe globale d’environ 119 millions de dollars américains.
Tous ces projets ont été clôturés et n’ont pas de suite.
Les quatre premiers projets mis en œuvre ont été exécutés dans le délai imparti et ont eu des impacts socioéconomiques significatifs dans le milieu paysan et éleveur. Les résultats encourageants de ces projets ont permis l’identification et la mise en œuvre de deux derniers projets.
Malheureusement, les fréquentes suspensions de financement pour non paiement des arriérés du FIDA et pour non respect de certaines conditionnalités du bailleur de fonds auxquelles se sont ajoutées des difficultés de gestion et de sécurité, sont à la base des résultats chaotiques et mitigés de ces deux projets.
De ce qui précède, il peut être aisé de constater que la coopération entre la République Centrafricaine et le Fonds International de Développement Agricole a été agissante. C’est donc ici le lieu d’exprimer au nom du Gouvernement Centrafricain, du haut de cette tribune, nos sincères remerciements pour les appuis multiformes accordés à la République Centrafricaine par le FIDA.
Ces appuis n’ont pu malheureusement se poursuivre et se pérenniser pour des raisons multiples mais aussi et surtout sécuritaires. En effet, les crises militaro-politiques successives depuis 1996 qui ont secoué le pays, ont contribué à détruire l’ensemble des acquis du processus de développement agropastoral mis en place tant à Bangui que dans l’arrière-pays.
L’insécurité grandissante dans les principales zones de culture et d’élevage, l’une des conséquence de ces crises, a découragé l’ensemble des partenaires extérieurs de la République Centrafricaine, dont le FIDA, à développer leur appui aux producteurs ruraux. Aujourd’hui, avec la tenue dernièrement à Bangui du dialogue politique inclusif ayant regroupé toutes les sensibilités nationales y compris tous les groupes rebelles, la paix et la sécurité sont entrain de se consolider.
Monsieur le Président,
Avant d’aborder « les problèmes auxquels sont confrontés les petits agriculteurs », thème de la session actuelle, permettez-moi de vous présenter brièvement le contexte national de la République Centrafricaine.
La République Centrafricaine a une population de 3,8 millions d’habitants pour une superficie de 623 000 km2. Le milieu rural occupe à lui seul 58% de la population totale mais avec une répartition inégale sur l’étendue du territoire. Le monde rural bénéficie des conditions agro écologiques très favorables aux activités agricoles et pastorales.
Le climat dans tout le pays est favorable à une agriculture pluviale avec des cycles culturaux relativement longs. Le pays dispose d’un important réseau hydrographique et des sols riches mais très fragiles.
Sur environ 15 millions d’hectares de terres arables, seulement 600 000 hectares sont mis en culture annuellement, ce qui représente à peine 1% du territoire national, 4,4% de la superficie arable et moins de 0,5 hectare exploité en moyenne par actif agricole.
Au plan des ressources pastorales, le poids du cheptel est moindre. Sur 16 millions d’hectares de pâturages naturels, seuls 9,3 millions d’hectares sont exploités par un cheptel bovin estimé à 3,2 millions de têtes de bétail essentiellement constitué de zébus transhumants.
L’activité agricole en milieu rural, malgré les conditions agrécologiques favorables dont elle bénéficie, présente des performances très faibles:
La faible performance de l’activité rurale est corrélée avec une baisse considérable du niveau de vie des populations rurales.
Elle est également accentuée par l’exode rural massif des jeunes, entraînant une réduction de la force de travail dans les exploitations agricoles et pastorales et un non renouvellement des actifs agricoles vieillissants.
Sur le plan de pauvreté humaine, les indicateurs se sont gravement dégradés ces dernières années. En milieu rural, l’espérance de vie à la naissance a baissé de 47,1 ans en 1988 à 41,8 ans en 2003 avec des écarts selon les sexes, de 45,7 ans à 39,2 an chez les hommes, et de 48,54 à 45 ans chez les femmes. En 2003, l’indice de mortalité infantile est de 141 pour mille pour l’ensemble du monde rural dont 145 pour mille chez les garçons et 136 pour mille chez les filles.
Voilà brièvement présenté le contexte national actuel de la République Centrafricaine.
Monsieur le Président,
La situation du monde rural en Centrafrique présentée ci haut peut bien être un cadre modèle pour « les problèmes auxquels sont confrontés les petits agriculteurs», thème de notre session, qui constituent des opportunités de développement du monde rural.
La dégradation du niveau des indicateurs sociaux et la baisse constante de la performance des activités rurale sont des facteurs importants qui caractérisent le niveau de la pauvreté de nos petits agriculteurs en République Centrafricaine. Cette situation constitue une préoccupation quotidienne du Gouvernement.
Actuellement, l’ensemble des acteurs étatiques et non étatiques du développement rural centrafricain sont donc confronté à un véritable défi, celui de la mise en place d’un environnement propice au développement des activités individuelles et collectives en milieu rural. Il s’agit maintenant de raisonner dans un cadre spatial et temporel de la reconstruction de l’Etat et de la Nation Centrafricaine.
En réalité, les années des crises n’ont pas permis de tenir des débats concrets sur ces différents thèmes. Aujourd’hui, après les échéances électorales démocratiques présidentielles et législatives réalisées au courant du premier semestre de l’année 2005, le retour à l’ordre constitutionnel, la tenue effective des états généraux du Développement Rural et, dernièrement, la tenue du Dialogue Politique Inclusif, le moment est venu de relancer les débats afin d’aboutir rapidement aux premiers résultats escomptés.
Le Gouvernement centrafricain est déterminé à faire aboutir un processus de réforme débouchant sur la mise en place d’un nouvel environnement institutionnel propice au développement économique. Il s’agit, en effet, de travailler et d’élaborer des stratégies dans les domaines suivants;
Nous reconnaissons que c’est un travail important et difficile à réaliser dans les conditions actuelles de la République Centrafricaine. Mais c’est un défi à relever afin de réhabiliter la politique du développement économique en général et plus particulièrement du secteur rural, car pour relancer de manière durable l’économie rural centrafricaine sortie d’une longue période de crise, il faut construire un nouveau modèle social et politique qui rompe définitivement avec les errements du passé.
Monsieur le Président,
Comme vous venez de suivre, la République Centrafricaine, qui retrouve la voie de la stabilité avec le retour à l’ordre constitutionnel et la tenue du Dialogue Politique Inclusif a grandement besoin du soutien financier de la communauté des Bailleurs de fonds dont le FIDA afin de lui permettre:
Le Gouvernement centrafricain s’emploie à poursuivre les efforts pour la mise en place des conditions d’une reprise rapide des négociations avec le FIDA afin de garantir les possibilités de financement de son programme de développement agricole et pastoral dans cette période post-crise.
Je vous remercie.