Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Je suis heureux de participer aujourd’hui à l’écriture d’une nouvelle page de l’histoire du FIDA. La tâche sera grande, pour le nouveau Président du FIDA qui succèdera à un homme dont je salue les qualités de management, la vision, et le dévouement dont il a su faire preuve pendant ces huit dernières années. La France vous remercie, Monsieur Baage, d’avoir su réformer en profondeur cette institution et d’avoir su insuffler dans toute sa structure une culture du changement, de prise de risque mais aussi de responsabilité.

Comme vous l’avez indiqué, Monsieur le Président, le FIDA est plus fort aujourd’hui que quand vous en avez pris la tête il y a huit ans. La consolidation des transformations réalisées par le Plan d’Action sera l’un des plus grands défis du nouveau Président. Deux d’entre elles me semblent particulièrement importantes pour faire du FIDA une institution exemplaire en matière d’efficacité opérationnelle: l’opérationnalisation d’une mesure des résultats précises, globale, et prospective ensuite, afin de doter le FIDA d’outils de pilotage de ses actions et de sa stratégie performants ; la mise en œuvre d’une gestion des ressources humaines qui sache récompenser et inciter à la performance, l’initiative et le travail en équipe, seuls gages d’innovation, d’efficacité et de prise de risques, qui doivent être les maître-mots du FIDA. Une institution comme le FIDA doit être tout le temps en mouvement pour s’adapter aux besoins et aux contextes de ses clients, qui comptent, rappelons-le parmi les populations et les pays dans lesquels il est le plus difficile pour une institution internationale d’intervenir.

Votre plus grande réussite, Monsieur Baage, aura été le très grand succès de la huitième reconstitution achevée en décembre. La France est fière d’avoir pu apporter une contribution de 35M€, l’une des plus forte hausse des contributions des bailleurs. Cette huitième reconstitution laisse aussi au futur président un certain nombre de défis qui constituent une feuille de route bien remplie pour les années à venir. En effet, malgré le de la reconstitution, ses ressources sont limitées, et le FIDA doit savoir faire preuve de flexibilité, d’innovation et de sélectivité dans ses activités. Adopter une approche différenciée est l’une des clés du succès du FIDA.

L’institution doit en particulier faire preuve de flexibilité et d’innovation dans les Etats fragiles et les pays à revenu intermédiaire, dans lesquels les besoins sont bien évidemment différents.

La sélectivité doit permettre au FIDA de se concentrer sur ses avantages comparatifs, et devrait passer par la mise en œuvre d’une politique de graduation, qui seule pourrait permettre de gérer de façon pertinente les ressources limitées du FIDA. Le FIDA doit également poursuivre le renforcement de sa présence sur le terrain.

L’innovation doit aussi passer par l’implication plus grande du FIDA dans le secteur privé. La France est convaincue que le développement du secteur privé et du partenariat public-privé sont des gages d’autonomisation des populations cibles du FIDA. La crise sans précédent que vient de connaître la planète, la hausse des prix des denrées alimentaires ont montré l’importance, mais aussi le potentiel de rentabilité, que comportait le secteur agricole. C’est pourquoi l’Agence Française de Développement, en partenariat, entre autres, avec la Banque Africaine de Développement, le Fonds de développement d’Abu Dhabi et la Fondation Agra, s’apprête à lancer un fonds d’investissement dans l’agriculture africaine, en partenariat avec le FIDA qui apportera sa connaissance du terrain pour l’identification des projets financés par le Fonds. Le FIDA ne peut pas investir dans de tels projets, mais son expertise technique, l’historique de ses relations avec les gouvernements locaux et sa connaissance des acteurs du terrain, en feront un partenaire primordial de ce projet. La France, qui s’est engagée á consacrer un milliard d’euros sur a période 2009-2013 á l’agriculture et au développement rural, se félicite que sa collaboration avec le FIDA, déjà fructueuse, puisse se renforcer grâce à cette initiative.

Le FIDA doit d’ailleurs être, pour la France, une pièce maîtresse du dispositif international de réponse à la crise alimentaire. Dans son discours du 3 juin dernier appelant à la constitution d’un Partenariat Mondial pour l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire, le Président Sarkozy avait explicitement cité le FIDA comme devant être l’une des institutions principales autour de laquelle devait être organisée la réponse coordonnée à la crise.

C’est pourquoi je me félicite aujourd’hui que le FIDA héberge l’équipe spéciale de haut niveau du Secrétaire Général de l’ONU, signe fort de la reconnaissance par la communauté internationale de son rôle singulier dans l’architecture internationale de l’aide.

Harmonisation des pratiques, coordination des actions, dissémination des bonnes pratiques, restent des chantiers importants de l’aide au développement pour accroître son efficacité et surtout son impact. Le renforcement des partenariats commence par le développement des synergies possibles entre les trois institutions romaines, en particulier sur le terrain. Le FIDA, fort de trente années d’expérience sur le terrain, dans les zones les plus difficiles et avec les populations les plus pauvres, doit également capitaliser sur ses avantages comparatifs pour jouer le rôle de catalyseur d’innovations qui permettront aux projets des autres bailleurs de passer à l’échelle.

Monsieur les Président, Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Le FIDA a su ces dernières années se réformer, s’adapter aux réalités toujours plus complexes des pays dans lesquels il intervient et des populations avec lesquelles il travaille, et prouver qu’il était un acteur incontournable dans l’architecture internationale de l’aide dans le domaine de l’agriculture. Parce qu’il cible les zones et les populations les plus difficiles, le FIDA peut être considéré comme un laboratoire pour les autres institutions. C’est cette qualité essentielle qui constitue l’avantage comparatif principal de l’institution, sur lequel le FIDA doit construire sa stratégie et ses relations avec les autres bailleurs.

Monsiuer le Président,

Je peux vous le confier : grâce á vous le FIDA est plus fort aujourd’hui qu’il y a huit ans. Nous espérons que le nouveau Président du FIDA saura conforter le rôle du FIDA au sein de la communauté des institutions internationales, et bâtir sur les résultats des deux mandats de Monsieur Baage pour faire du FIDA une institution efficace et innovante.

Je vous remercie de votre attention.