Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un grand honneur de prendre part à la trente deuxième Session du Conseil des Gouverneurs du Fonds International de Développement Agricole qui se tient en un  moment  où cette Organisation s’implique de plus en plus à relever les défis de la faim et de la pauvreté des populations rurales, notamment les petits producteurs et les couches sociales vulnérables.

C’est aussi avec un réel plaisir que je saisis l’occasion, pour signifier la volonté du Président de la République, le Capitaine Moussa Dadis CAMARA et de son Gouvernement, de contribuer au renforcement de la coopération entre la Guinée et le FIDA qui repose sur le double objectif de réduction de la pauvreté et de la sécurité alimentaire.

En effet, cette session se tient  dans un contexte de crises internationales parmi lesquelles, la crise alimentaire qui a aggravé la précarité  des  économies  des pays à faible revenu, fortement dépendantes de l’agriculture.

En dépit des contingences endogènes et exogènes qui affectent considérablement l’atteinte des objectifs de croissance agricole, le Gouvernement guinéen enregistre avec satisfaction les efforts remarquables du FIDA qui, durant plus de trois décennies, contribue à l’amélioration de l’accès des populations rurales aux besoins alimentaires, à l’accroissement de leurs revenus et au développement économique et social.

Aujourd’hui, le portefeuille en cours d’exécution comporte quatre programmes régionaux de développement agricole et un programme national d’appui à la décentralisation et à la gouvernance locale. A cela s’ajoute l’approbation du 2ème Programme d’Options Stratégiques pour la Guinée (2009-2014) qui permettra de mobiliser très prochainement, un appui financier de plus de 44 millions de dollars US à l’actif de deux projets de nouvelle génération axés sur le développement des filières agricoles et le développement participatif communautaire, respectivement, le Programme d’Appui aux Acteurs des Filières Agricoles-PNAAFA et le second Programme d’Appui aux Communautés Villageoises-PACV2.

Au regard de son soutien constant aux efforts du Gouvernement, le FIDA se positionne de plus en plus en Guinée comme l’un des partenaires privilégiés dans la mise en œuvre de notre politique sectorielle de développement agricole pour consolider les acquis de la lutte contre la pauvreté.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Il convient de souligner que, malgré les conditions agro écologiques  favorables au développement de l’agriculture guinéenne, la production agricole nationale est encore insuffisante pour couvrir les besoins alimentaires du pays. Il en résulte que plus d'un ménage sur trois, dont plus de 80 % en milieu rural, ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires.

Cette situation paradoxale s'explique par la prédominance de petites exploitations agricoles de subsistance faiblement productives et insuffisamment compétitives. Ces exploitations sont caractérisées par un faible taux d'utilisation d'intrants et d'équipements, une très faible capacité d'investissements dans la maîtrise de l’eau et dans le désenclavement des zones de production.

Pour pallier ces insuffisances, le plan opérationnel de notre politique sectorielle actualisée en alignement  avec la stratégie nationale de réduction de la pauvreté se focalise sur l’appui aux producteurs et   opérateurs privés pour le développement des principales filières agricoles porteuses de croissance orientées vers le marché.

C’est dans le contexte de cette nouvelle vision de l’agriculture guinéenne que le Gouvernement souhaite renforcer le partenariat avec le FIDA autour des actions prioritaires de sécurité alimentaire, de création de revenus et d’emplois tout en garantissant l’avenir des ruraux pauvres.

Monsieur le Président,  
Mesdames, Messieurs,

Mon Gouvernement apprécie la démarche du FIDA qui consiste à évaluer périodiquement son portefeuille en vue d’aider au choix des axes d’intervention en cohérence avec les politiques et stratégies nationales.

Les projets et programmes sont désormais  recentrés sur le développement des filières agro-sylvo-pastorales par la fourniture des semences, des équipements de production et de transformation, aussi bien que sur les infrastructures d’appui au développement des filières,  par la réalisation des pistes de désenclavement, des magasins de stockage et par l’amélioration des capacités de commercialisation.

Par ailleurs, le Gouvernement guinéen encourage l’initiative en cours du FIDA, qui consiste à examiner les problèmes auxquels sont confrontés les petits producteurs dont la faible productivité de leur système de production, le manque de compétitivité et l’instabilité des marchés.

Ceci est d’autant d’actualité qu’il est nécessaire d’envisager des mesures et des actions urgentes pour relever ces défis tout en minimisant les risques du changement climatique.

Du reste, pour la majorité des pays en voie de développement, l’économie repose sur l’agriculture des exploitations familiales.

La communauté internationale doit y apporter son appui pour parvenir à la sécurité alimentaire. Au demeurant, force est de reconnaître que le FIDA y contribue considérablement à travers ses interventions ciblées visant à réduire la pauvreté en milieu rural qui renferme les couches les plus vulnérables et marginalisées.

Il importe de souligner que l’agriculture mérite une grande attention pour l’Afrique. Par conséquent, les décideurs doivent traduire concrètement leur engagement en  accordant la priorité à ce secteur qui permet la subsistance de 70% des  populations et 80% des pauvres.

Si au cours des 25 dernières années, l’agriculture a été laissée pour compte par les grandes institutions financières internationales, aujourd'hui on considère que le secteur agricole a un rôle central à jouer dans le développement économique et dans la lutte contre la pauvreté et qu'il convient d'inverser la tendance en matière d'allocation des ressources à l'agriculture.

C’est pourquoi, le Gouvernement guinéen soutient la reconstitution substantielle des ressources du FIDA par les Etats membres et exhorte la mobilisation des contributions complémentaires par la communauté internationale, pour permettre d’investir davantage dans la productivité agricole à travers les systèmes de production durable et les innovations technologiques adaptées au changement climatique.

Mesdames, Messieurs,

Cette trente deuxième session du Conseil des Gouverneurs est une tribune idéale pour féliciter et remercier le FIDA pour ses performances organisationnelles et opérationnelles.

L’occasion est opportune pour m’acquitter d’un agréable devoir, celui d’exprimer au nom du Gouvernement guinéen, notre gratitude à l’endroit du Président sortant du FIDA, Monsieur Lennart BÂGE qui, durant ses deux mandats successifs s’est personnellement impliqué dans le fonctionnement efficace et efficient de l’Organisation.

Je voudrais enfin, Mesdames et Messieurs, féliciter le  nouveau Président pour  sa brillante élection et réaffirmer la volonté de mon Gouvernement de renforcer la coopération avec le FIDA pour l’amélioration des performances du secteur agricole permettant de juguler la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition en milieu rural.

Je vous remercie.