Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président,
Messieurs les Gouverneurs,
Chers Collègues,
Distingué(e)s Invité(e)s,

Je remercie le Président du FIDA de m’inviter à participer à la 32ème session de son Conseil des gouverneurs.

Je viens prendre part à cette rencontre avec la conviction que le cadre stratégique du Fonds qui est « d’œuvrer pour que les populations rurales se libèrent de la pauvreté » conserve toute sa pertinence sociale et doit avoir, fort heureusement, dicté les thèmes retenus aux tables rondes qui seront organisées dans le cadre des travaux de cette 32ème session.

Leur choix traduit, s’il en était encore besoin, le ferme engagement du FIDA d’accompagner les gouvernements des Petits pays en développement dans leurs recherches inlassables de solutions adaptées au contexte global, imprévisible et dangereux, auquel leurs agricultures son confrontées.

Je suis également heureux de constater que le FIDA continue de privilégier l’approche systémique dans son dialogue avec les gouvernements de ses pays membres.

En effet, dans la conjoncture actuelle, cette approche qui englobe le social, l’économique, l’écologique, le physique, et par-dessus tout, leurs interrelations, est capable  de faire émerger, dans les Petits pays en développement, des agricultures paysannes auto-apprenantes et auto-adaptatives, conditions sine qua non de la libération des populations rurales de leur pauvreté.

Si ces Petits pays font face, grosso modo, aux mêmes catégories de contraintes qui menacent la survie de leurs agricultures, il y a, parmi eux, un pays au cœur de la Caraïbe, particulièrement vulnérable où la pauvreté frappe près de 80% de sa population rurale. Comme pour aggraver la situation, Haïti fut récemment frappé par une série de catastrophes naturelles qui ont produit un choc de près d’un milliard de dollars à son économie, et fauché la vie de femmes et d’enfants  en proie au besoin et à la peur des prochaines intempéries.

Il y a bien longtemps déjà que les agricultures paysannes d’Haïti ne sont plus capables de répondre de manière satisfaisante aux nouvelles attentes de la nation. Les conditions de vie des paysans et de leurs familles n’ont pas cessé de se dégrader au fil des ans, tandis que les emplois agricoles et les revenus agricoles réels se sont continuellement réduits, élargissant de plus en plus le fossé des inégalités sociales. La sécurité alimentaire de la nation n’est pas encore assurée, faute d’une production agricole trop faible (47% en 2007) pour satisfaire les besoins alimentaires de la population. La faible performance de l’agriculture haïtienne limite le développement d’industries agricoles et agro-alimentaires nationales, ainsi que les exportations vers les marchés concurrentiels de la Caraïbe, de l’Amérique du Nord et de l’Europe.

Finalement, la situation de dégradation de l’environnement qui est essentiellement due au niveau élevé de pauvreté en milieu rural risque de s’aggraver les années à venir si l’on n’y trouve pas une solution durable.

Le Ministère haïtien de l’Agriculture, à la lumière de la politique générale énoncée par la Première Ministre, est engagé dans un processus de redynamisation de l’agriculture et de réanimation de la vie rurale, en vue d’offrir de meilleures conditions d’existence aux plus jeunes, aux femmes et aux enfants en particulier. Ainsi, je suis heureux de constater que le FIDA continue d’accorder une attention particulière et de s’aligner de manière plus étroite aux Programmes de développement agricole et rural mis en route par ce Ministère, comme en témoigne la récente mission de programmation conjointe HAITI/FIDA. Le cadre stratégique de coopération  défini à cette occasion entre le Ministère et le Fonds répond aux préoccupations majeures du secteur.

Monsieur le Président,
Messieurs les Gouverneurs,

Les mutations de court terme qui surviennent périodiquement au sein de notre institution doivent renforcer le projet institutionnel de long terme du FIDA. Ce projet est complexe et requerra de la nouvelle Présidence la mise en place de structures de pilotage sans cesse renouvelées dans un environnement de plus en plus incertain et imprévisible. Je forme le vœu que cette 32ème session du Conseil des gouverneurs soit pour le FIDA l’occasion de jeter de nouveaux éclairages pour une pensée et une action axées sur des résultats qui libèrent les populations rurales pauvres de leur pauvreté.

Je vous remercie.