Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Représentant de la République Italienne,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames Messieurs les Gouverneurs du FIDA,
Son Altesse Royale la Princesse haya Al Hussein,
Honorables Invités,
Mesdames, Messieurs

Je me réjouis de prendre la parole aujourd’hui à la tribune de la 34ème session du Conseil des Gouverneurs du FIDA, dont le thème retenu pour cette année est « Investir dans la Jeunesse ».

Vous me permettez de féliciter les Responsables du FIDA pour les constants engagements à promouvoir la solidarité entre les peuples et à stimuler la coopération multilatérale au profit des populations rurales démunies.

Mesdames Messieurs,

La misère grandissante qui affecte les pays en développement nous interpelle sur la nécessité d’entreprendre plus d’initiatives aux fins d’assurer le succès de la lutte contre la pauvreté rurale dans le monde.

En Haïti, le secteur agricole contribue à hauteur de 25% à la formation du Produit Intérieur Brut et emploie un peu plus de 50% de la population active du pays.

C’est conscient de ces réalités, que le Ministère de l’Agriculture a, depuis quelque temps,  intensifié les efforts pour redynamiser le secteur agricole et  améliorer la sécurité alimentaire dans le pays. Dans cette perspective, outre les actions conduites en réponse à des problèmes conjoncturels et celles à caractère structurant, un Plan National d’Investissement Agricole a été élaboré. Ce plan qui traduit les grandes orientations du secteur agricole définies dans le document de politique agricole tourne autour de 3 grands axes principaux: 1) le développement des infrastructures rurales ; 2) la promotion et le développement des filières vivrières et d’exportation) ; et 3) le développement des services agricoles et l’appui institutionnel.

A ce jour, des avancées notables ont été enregistrées grâce aux efforts du Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, grâce aussi au courage et à l’ardeur au travail des populations rurales. Toutefois, malgré ces progrès, les bases de l’économie restent fragiles. Ces trois dernières années ont été très éprouvantes, étant douloureusement marquées  par des catastrophes majeures qui se sont succédé rapidement pendant cette période : la flambée des prix des denrées alimentaires, les cyclones, le tremblement de terre du 12 janvier 2010, la tornade, le choléra. Ces turbulences successives  ont fragilisé l’économie agricole et conséquemment aggravé le phénomène de la pauvreté dans le pays.

Il faut dire que l’année 2010 n’a pas uniquement amené des catastrophes sur Haïti, il y a eu des moments heureux, notamment avec la visite réconfortante de représentants de pays amis et de partenaires potentiels, et je profite de l’occasion pour  remercier ici le président Kwanze qui est venu, au début du mois d’août exprimer son soutien et la solidarité du FIDA au peuple et au gouvernement haïtiens.

Mesdames Messieurs,

Cette tribune m’offre l’opportunité de réitérer, au nom du Peuple et du Gouvernement haïtiens, au nom du Président de la République, Son Excellence Mr René PREVAL et au nom du Premier Ministre, Mr Jean Max BELLERIVE, mes sincères remerciements à tous les partenaires au développement pour leurs soutiens constants aux efforts de développement de mon pays et particulièrement le FIDA qui n’a jamais marchandé son concours depuis 1978. Les interventions du FIDA en Haïti concernent plusieurs domaines d’activités : l’irrigation, le renforcement des organisations paysannes, l’accès aux nouvelles technologies, le financement rural, etc.

Après le séisme du 12 janvier 2010, le FIDA, tout en négociant avec Haïti un nouveau financement de 20 millions de dollars américains pour l’extension des interventions en cours,  a rapidement mobilisé des fonds pour la mise en œuvre d’un programme d’appui à la réhabilitation des infrastructures de production, à la création d’emplois et à la sécurité alimentaire dans les régions goavienne, des Nippes et dans le Bas Plateau Central. Ces deux programmes d’urgence, en plus des autres programmes de développement en cours, contribuent  considérablement aux efforts de dynamisation du secteur agricole. A quoi s’ajoute la décision d’annuler la  dette d’Haïti envers le FIDA.

Mesdames Messieurs,
Je saisis l’occasion qui m’est offerte pour saluer l’approche prônée par le FIDA pour intégrer les jeunes, tant au niveau de son Programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP) que dans les programmes de développement qu’il soutient. En témoignent les appuis fournis dans la formation des jeunes ruraux intégrant la politique de responsabilisation des associations d’irrigants et dans le renforcement des organisations paysannes de base en termes de financement rural, de gestion organisationnelle, de gestion des groupes d’intérêt économique, d’élaboration de plans de développement des sections communales avec le Programme d’Intensification Agricole (PICV-II), le Programme d’Appui aux Initiatives Productives en milieu rural (PAIP) et le Projet de développement de la Petite Irrigation (PPI-2).

Cette approche est en parfaite adéquation avec celle du Ministère de l’Agriculture qui  fait la promotion des jeunes vivant du secteur agricole. En effet, l’un des principes de base qui anime la démarche du Ministère de l’Agriculture est l’inclusion des jeunes par des stratégies de développement de l’entreprenariat et de l’emploi afin d’assurer une relève dynamique et créatrice de richesse.

En Haïti, les jeunes qui représentent plus de la moitié de la population sont des acteurs incontournables de l’économie. Je reste persuadé qu’il ne peut y avoir un développement durable sans la participation pleine et entière des jeunes, et surtout des jeunes ruraux.

En ce sens, toute une politique incitative devra être considérée tant au niveau des bailleurs de fonds comme le FIDA qu’au niveau de l’Etat Haïtien pour déboucher sur des résultats visibles en 2016 et permettre au pays d’atteindre l’objectif sous continental d’une Amérique Latine et d’une Caraïbe sans faim en 2025 et devenir « un pays émergeant et moderne » à l’horizon 2030.

Investissons dans la jeunesse aujourd’hui pour garantir demain la survie de notre planète !

Je vous remercie de votre attention.

19 Février 2011