Monsieur le Président du Conseil,
Monsieur le Président du FIDA,
Honorables Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Délégués et Observateurs,
Permettez-moi de m'associer à mes prédécesseurs pour souhaiter un plein succès aux travaux de la présente session et surtout une bonne et heureuse année 2011 à tous les participants.
Monsieur le Président,
Honorables Gouverneurs,
Je suis très honoré de me retrouver parmi vous à cette 34ème session du Conseil des Gouverneurs qui se veut, à l’occasion de la journée internationale de la jeunesse, un cadre de réflexion et d’échanges de haut niveau sur le thème « investir dans la jeunesse ».
L’actualité et la pertinence du thème ne souffrent d’aucun doute au regard d’une part, de l’importance numérique de cette jeunesse au plan démographique dans bon nombre de nos pays et d’autre part, par son extrême habilité à porter le développement en présence de politiques volontaristes bien pensées et au contraire à prendre la rue comme champ d’expression en l’absence de réponses appropriées de la part des gouvernants et de la société à ses multiples attentes. Ce qui est fortement de nature à mettre en mal la stabilité du pays à travers le cortège de remous sociaux qui peut en découler.
Ces réalités nous amènent à souscrire à l’importance dédiée à la jeunesse et à l’initiative des débats interactifs envisagés par notre session, comme cadre de dialogue autour des sujets sur « jeunes ruraux d’aujourd’hui, agriculteurs prospères de demain ». Ce d’autant que, c’est dans le milieu rural que la problématique de la jeunesse connait sa plus grave expression.
En effet, c’est en zone rural, que la jeunesse est exposée à une pléiade de défis dont les plus importants sont : l’analphabétisme, la précarité, le chômage, l’exode, l’insécurité foncière et le faible accès au crédit et aux infrastructures socio-économiques de base.
Ces facteurs contribuent à ralentir le développement agricole et à alimenter le milieu urbain par des vagues de migration qui occasionnent la présence de groupes de jeunes déscolarisés ou non scolarisés ou handicapés se livrant faute d’emplois, au meilleurs des cas, à la mendicité et à la délinquance pour survivre.
Au regard du caractère transfrontalier et transversal de la question, aujourd’hui et plus que jamais, il est urgent que s’organise une solidarité internationale autour d’une prise en charge efficace du devenir des jeunes en terme d’intégration dans le processus de développement et d’insertion dans la vie des nations par la formation, la réalisation à long terme du plein emploi et la réduction à court et moyen terme du chômage, de la précarité et de l’exclusion. Ceci dans le souci légitime d’élargir et de sécuriser leurs champs d’action et de déboucher leur avenir.
Nous restons fortement convaincus, que c’est là, l’investissement le plus payant pour que le monde s’assure d’une évolution durablement porteuse de développement et de stabilité.
Monsieur le Président,
Honorables Gouverneurs,
Concernant le Mali, du fait de la croissance démographique très élevée, la jeunesse est devenue quantitativement très importante. Ainsi, les jeunes de 15 à 40 ans représentent 68% des 12 millions d’habitants que comptait le pays au sortir du recensement de 2009. La population vivant en milieu rural représente 70,2 % de la population totale dont 54,5 % ont moins de 15 ans. Ils sont réduits au chômage même au terme de longs parcours scolaires ; actuellement le taux de chômage à l’échelle nationale est de 9 % tandis que celui de la jeunesse est de 12 %.
Dans certaines zones du pays, une grande partie de la force de travail que constitue cette jeunesse a dû émigrer à l’étranger et à l’intérieur du pays, on enregistre un courant migratoire important de la campagne vers les villes.
La plupart de ces jeunes manquent de qualification professionnelle.
Toutes les études actuelles attestent un doublement de la demande d’emplois entre 1990 et 2010 et indiquent, que 100 000 jeunes arrivent chaque année sans grand espoir d’engagement sur le marché de l’emploi.
Monsieur le Président,
Honorables Gouverneurs,
Le Mali partage largement la vision soutenant qu’investir dans la jeunesse c’est :
i) permettre aux jeunes qui n’auraient pas les moyens, de poursuivre leurs études pour lesquelles ils ont des capacités, ii) leur permettre d’être mobiles pour accepter un emploi loin de leur famille, iii) leur permettre de créer leurs activités lorsque les banques refusent de prendre ce risque, iv) leur permettre de s’engager dans une démarche associative ou humanitaire pour participer eux mêmes à la réduction des inégalités, v) donner aujourd’hui aux jeunes, les moyens de prendre leur propre réussite en mains, pour ne pas demeurer en position d’éternels assistés, vi) faciliter leur accès à la prise de décision.
C’est pour quoi, l’insertion des jeunes dans le circuit productif s’inscrit au cœur de la politique de développement économique et social du pays comme axe stratégique prioritaire. L’importance de la question et l’attachement du Gouvernement du Mali à lui trouver réponse, vaut aujourd’hui la mise en place au plan institutionnelle de plusieurs instances dont :
Le Mali entend animer ces instances avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers.
Aussi dans le but de réduire le taux de chômage des jeunes, l’Office du Niger (vaste projet d’aménagement hydro agricole) à lancé en 2003, un programme d’installation des jeunes ruraux. Les activités menées de 2003 à 2009, ont permis d’installer 232 jeunes (dont 43 femmes) sur 880 hectares dans les casiers rizicoles. Ces jeunes installés sur des parcelles de 3 à 5 hectares par personne, ont tous bénéficié d’équipements et de crédits de campagne et ont produit 5 7 22 tonnes de riz paddy en 2010. Cette politique s’installation des jeunes se poursuit dans les autres régions de Ségou, Mopti, Gao et Tombouctou à travers les PIV, les périmètres maraichers et les aménagements de mares.
C’est l’occasion pour moi, de les remercier pour leur participation de qualité à la Table ronde organisée le 10 février 2011 à Bamako autour de la recherche de financement au Plan Opérationnel de l’Initiative Nationale de Développement de la Jeunesse.
Monsieur le Président,
Honorables Gouverneurs,
La République du Mali, est membre du Conseil d’Administration du FIDA depuis 2006, et suit avec grand intérêt la mise en œuvre du processus de réforme du FIDA à travers le Plan d’Action élaboré pour donner suite aux recommandations de l’Evaluation Externe Indépendante (EEI), reconnue par l’ensemble des partenaires et des Institutions financières et Organisations internationales du Système des Nations Unies comme un modèle unique et novateur de référence.
Nous félicitons la Direction du FIDA et le Conseil d’Administration pour les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de ce plan d’action, notamment l’élaboration de la politique de ciblage du FIDA, l’engagement accru du FIDA dans la supervision directe de ses projets, le nouveau modèle de présentation de rapport du Président pour l’approbation des projets et programmes, le COSOP fondé sur les résultats, la stratégie de gestion des connaissances et le programme pilote de présence de terrain du FIDA.
Notre pays note avec satisfaction, les améliorations apportées aux systèmes d’allocations fondés sur la performance (SAFP).
Nous avons appris avec plaisir, l’approbation par les donateurs du Fonds Fiduciaire de l’Initiative de Réduction de la Dette des pays pauvres très endettés administrés par la Banque Mondiale, la possibilité pour le FIDA de pouvoir accéder à ces fonds.
Nous nous réjouissons de la constance de l’engagement du FIDA à contribuer de manière très rapprochée à la lutte que notre pays mène au quotidien pour faire reculer l’insécurité alimentaire et la précarité notamment en zone rurale.
Le Programme Micro finance Rurale (PMR) et le Programme d’Accroissement de la Productivité Agricole au Mali (PAPAM), en cours d’exécution, témoignent à suffisance de cet engagement.
Monsieur le Président,
Honorables Gouverneurs,
Ma Délégation, après un examen approfondi des différents documents soumis à la présente session, souhaite marquer son avis sur les points inscrits à l'ordre du jour de notre présente session.
Aussi, nous approuvons les Etats financiers vérifiés du FIDA au 31 décembre 2010 ainsi que le rapport du Commissaire aux comptes y relatif et félicitons le FIDA pour les résultats obtenus et l’exhortons à œuvrer davantage dans le sens de leur consolidation.
Nous approuvons en même temps le budget administratif du FIDA et de son Bureau d’Evaluation pour 2010.
Concernant la reconstitution des ressources du FIDA, notamment la 9ème qui démarre en 2011, le Mali demeure dans le rang de ceux qui ont estimé que l’importance de l’œuvre du FIDA mérite que l’on lui accorde des ressources à hauteur de ses ambitions. Il enverra très prochainement une lettre officielle d’annonce.
Nous voulons féliciter et souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres et membres suppléants du Conseil d’Administration du FIDA et nous recommandons au Conseil d’Administration d’approfondir la réflexion sur les voies et moyens permettant à la coalition Internationale et au mécanisme Mondial des Nations Unies sur la lutte contre la désertification de mieux accomplir leurs missions respectives.
Pour terminer, je voudrais exprimer toute ma satisfaction et mes félicitations au Secrétariat du FIDA et à l’ensemble du personnel pour la qualité de l'organisation de la présente session. Ces remerciements s’adressent aussi au Pays hôte, pour tous les efforts consentis à l’endroit du Fonds.
Je vous remercie de votre aimable attention.
19 Février 2011