Madame la présidente de notre Conseil, qu’elle reçoive toutes mes félicitations
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorable assistance,
La sécurité alimentaire est devenue aujourd’hui une constante des agendas politiques mondiaux, régionaux et même locaux. C’est l’expression d’une meilleure prise de conscience collective de l’importance de la question et sur ses impacts sur la paix et la stabilité de plusieurs régions du monde.
De même, il ne se passe pas un jour sans qu’on enregistre des questionnements sur les approches à adopter face à une triple pression – écologique, économique et politique –, et qu’on avance des propositions sous les intitulés aussi divers que ‘‘Révolution doublement verte’’, ‘‘agriculture intelligente’’, ‘‘protection active’’ des ressources naturelles, ‘‘lutte adaptée’’ contre la désertification, etc.
Quel énorme défi à relever au service de l’humanité et de la planète !
C’est dire à une institution comme le FIDA tous les défis qu’elle doit contribuer à relever.
Nous enregistrons les progrès réalisés par le FIDA et l’amélioration de son efficience et nous pensons qu’il devra continuer à être porteur d’une vision dynamique et innovante, proche du terrain et utilisant toute l’expérience qu’il a acquise en matière d’agriculture solidaire et de développement rural depuis près de 35 ans.
C’est mus par cette ambition que nous intervenons aujourd’hui devant cette honorable assistance pour affirmer notre soutien entier au FIDA dont la raison d’être est, faut-il le rappeler, de manifester sa solidarité active à l’égard des populations les plus fragiles et les plus démunis de notre planète.
Et, c’est forte de ces principes que l’Algérie conduit aujourd’hui une politique rénovée dans ce domaine.
Mesdames et Messieurs,
Le recentrage des activités agricoles et de développement rural est à l’œuvre en Algérie depuis l’année 2009 à travers une politique d’envergure que nous appelons le Renouveau rural et agricole.
Elle est fondée sur notre conviction profonde et constante que le développement ne peut être durable que s’il touche l’ensemble des régions, sans marginalisation ni exclusion aucune, et qu’il n’existe pas de territoires sans avenir mais seulement des territoires sans projets.
De même, nous considérons que le rural est synonyme d’avenir et de potentialités à découvrir et à valoriser.
C’est vous dire que nous voulons influer sur les paradigmes habituels et inverser durablement les tendances. C’est complexe mais c’est réalisable. La visibilité s’en est trouvée renforcée à court, moyen et long terme, ce qui est un élément essentiel pour l’engagement et le renforcement des investissements de différentes tailles au niveau des zones rurales.
Plusieurs instruments de proximité ont été développés pour renforcer les synergies, fédérer à la base les moyens et optimiser l’utilisation des ressources publiques et privées ; la formulation, la validation et l’approbation de ces projets procèdent d’une approche ascendante et d’une démarche pragmatique impliquant la population, la société civile, les collectivités territoriales, les différentes administrations et les centres de savoir traditionnel et académique.
L’agriculture familiale et les ménages ruraux se trouvent ainsi au cœur de tous les dispositifs de développement rural mis en place et bénéficient de soutiens divers.
Elle bénéficie également des retombées positives de la politique que nous menons en matière de sécurisation foncière et de facilitation d’accès au foncier agricole dans le cadre d’un programme de création de nouvelles exploitations agricoles et d’élevage.
L’agriculture paysanne, les ménages ruraux et les femmes rurales se trouvent aussi insérés dans le processus de construction et de développement durable des filières agricoles et des terroirs ruraux et s’inscrivent dans la dynamique engagée par les contrats de performance qui fixent aux différentes régions du pays des objectifs de production et de rendement à atteindre.
Il convient enfin de souligner que ces différentes mesures s’appuient sur un programme de renforcement des capacités humaines et d’assistance technique qui constitue le troisième pilier de la politique de Renouveau rural et agricole. Celui-ci porte, entre autres, sur un investissement conséquent dans la recherche, la formation et la vulgarisation agricole dans le but de favoriser l’introduction du progrès technique et son appropriation par les petits agriculteurs et les éleveurs de manière durable.
Enfin, dans le cadre de la 9ème reconstitution, mon pays s’engage à appuyer le FIDA à œuvrer au renforcement de la coopération et de la solidarité mondiales dans la lutte contre la pauvreté, la précarité, la faim et l’exclusion.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
22 février 2012