Enabling poor rural people
to overcome poverty



Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames, Messieurs,

Je prends la parole au nom de la Belgique, des Pays Bas et du Luxembourg, les Etats membres du  BENELUX.

Le BENELUX apprécie tout particulièrement que le FIDA ait proposé, pour cette 35ème réunion du Conseil des Gouverneurs, le thème de la petite agriculture durable : nourrir le monde et protéger la planète. Le BENELUX est convaincu que ce Conseil des Gouverneurs pourra ainsi apporter une  contribution significative à la préparation de la Conférence des NU sur le développement durable, RIO+20, organisée au Brésil en juin de cette année.

La FAO, le FIDA, le PAM et Bioversity, les 4 organisations romaines, dont le mandat vise à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que la protection de la biodiversité, ont  réagi, conjointement, au projet de la déclaration de la Conférence de RIO en mettant clairement en évidence que le document final se devait de reconnaître que la durabilité ne pouvait être atteinte si des millions de pauvres continuaient à être exclus du développement et être parfois contraints, pour survivre, à accroître la pression sur les ressources naturelles. Il est fondamental donc , qu’à la Conférence de RIO+20, la déclaration finale reflète le rôle cruciale que l’agriculture joue en matière de développement durable. Il faut jeter, plus que par le passé, des ponts entre l’environnement et l’agriculture.

Dire que la sécurité alimentaire est devenue une priorité essentielle pour tous les gouvernements de cette planète pourrait relever d’un lieu commun, s’il n’y avait pas urgence à prendre très rapidement toutes les dispositions nécessaires pour atteindre cet objectif qui, rappelons le, est le premier des  objectifs du millénaire qui sont censés être atteint en 2015. Le BENELUX saisit l’occasion qui lui est donnée pour réaffirmer son engagement à contribuer à atteindre les OMD.

Ce qui est particulièrement décisif aux yeux des trois pays du BENELUX, c’est l’importance qu’il faut accorder à la petite agriculture familiale pour relever, ce que d’aucuns considèrent déjà comme un des plus grands défis du 21ème siècle: nourrir durablement une population qui devrait atteindre les 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 alors que le changement climatique, la rareté des ressources naturelles, en particulier la terre, l’eau et l’énergie, rendent la réalisation de cet objectif particulièrement complexe.

L’agriculture familiale fournit plus de 60% de la nourriture produite au niveau mondial et 80% de celle produite dans les PVD. Paradoxalement les petits agriculteurs constituent 75% des pauvres et sont les premières victimes de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition. Ils sont également les premières victimes de la volatilité des prix des denrées alimentaires et des intrants. Ils doivent faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et violentes. Ils sont souvent démunis face à la compétition qui s’est installée pour avoir accès aux ressources naturelles.

La communauté internationale doit donc faire face à des défis majeurs qui impliquent de penser les solutions en dehors des sentiers battus. Heureusement nous disposons déjà de nombreux exemples de réussites, de « success stories » grâce à des gouvernements qui ont adopté des politiques efficaces. Les organisations romaines qui ont accumulé énormément de connaissances peuvent déjà nous indiquer, dans bien des domaines, la voie à suivre pour assurer un développement agricole durable. Une collaboration toujours plus étroite entre ces organisations ne pourra que renforcer leur efficacité .   

Pour assurer le succès de cette entreprise commune, le BENELUX est convaincu que certains facteurs clés doivent être réunis. Je me limiterai à trois points :

  • L’appropriation par les gouvernements des politiques mises en œuvre.  Les gouvernements doivent prendre le leadership pour assurer la sécurité alimentaire au niveau local, en tenant compte des spécificités de leurs pays et, en même temps, ils doivent  pouvoir compter sur la coopération internationale qui ne sera efficace que si elle s’inscrit dans un cadre politique adapté. La récente conférence de BUSAN sur l’efficacité de l’aide et du développement a confirmé des principes en matière d’efficacité déjà approuvés à Paris, Accra et Rome.
  • La sécurisation de l’accès aux ressources naturelles de production, et en particulier la terre et l’eau, constitue également une condition essentielle  à la sécurité alimentaire locale. La pression sur la terre se fait de plus en plus forte, et les droits légitimes des utilisateurs traditionnels de la terre, en particulier les petits producteurs, doivent être respectés afin de créer un climat favorable aux investissements et au développement agricole.
  • Il est aussi de plus en plus évident que les investissements dans l’agriculture doivent se réaliser grâce à des partenariats publics-privés dont un des objectifs doit être d’assurer une part équitable des bénéfices aux petits fermiers, tout au long de la chaîne de production et  en respectant l’environnement. C’est également un facteur clé pour contribuer à  l’innovation.

Le BENELUX souhaite un fois de plus insister sur l’attention qu’il faut accorder, dans toutes les politiques et tous programmes, à l’équité homme- femme. Le rapport 2011 de la FAO sur la Situation Mondiale de l’Alimentation et de l’Agriculture, le SOFA, démontrait, chiffre à l’appui, que si les femmes avaient un accès égal aux ressources, les gains de production en seraient augmentés de manière à réduire de 12 à 17% le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde soit, entre 120 et 170 millions d’individus.

Je suis parfaitement conscient qu’un discours de nos jours ne peut plus se concevoir sans qu’il n’y ait une référence au rôle des femmes. Malheureusement, les évaluations nous démontrent trop souvent que dans la réalité, il y a encore bien souvent une marge importante entre les discours et la pratique. Le BENELUX encourage vivement le FIDA à tout mettre en œuvre pour enregistrer des résultats notoires dans ce domaine, en étroite collaboration avec les gouvernements, les organisations paysannes, les bénéficiaires finaux de ses programmes.

Le BENELUX félicite chaleureusement le FIDA pour les résultats atteints durant la période  de la 8ème reconstitution, qui démontrent que l’organisation est de plus en plus performante et joue un rôle de plus en plus fondamental lorsqu’il s’agit de contribuer au développement de la petite agriculture familiale. Pour preuve le montant des prêts du FIDA a doublé en 5 ans et les cofinancements ont connu une hausse exponentielle. Les rapports de l’évaluation démontrent que le FIDA a enregistré des progrès pour tous les  indicateurs de performance.

Le BENELUX a apprécié le déroulement et les résultats de la consultation sur la 9ème reconstitution des ressources et attend du FIDA qu’il prenne toutes les dispositions nécessaires pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé notamment en ce qui concerne l’amélioration de l’efficience, tant organisationnelle que celle des projets.

Pour atteindre les objectifs ambitieux  que nous lui avons fixés, le FIDA a également  besoin de ressources financières. C’est pourquoi le BENELUX confirme son engagement de contribuer au succès de la 9ème reconstitution. Cette reconstitution   est un engagement collectif et son succès dépendra de la  contribution de chacun des EM.

Je vous remercie de votre attention.

23 février 2012