Merci Monsieur le Président.
C’est un grand plaisir pour moi de prendre la parole, au nom du gouvernement du Canada, devant le Conseil des gouverneurs, à l’occasion de cette trente-cinquième session.
Depuis la dernière rencontre des gouverneurs, il y a de cela un an, nous avons été témoins de trois événements internationaux marquants, qui ont eu des incidences sur l’agriculture et sur la sécurité alimentaire.
Tout d’abord, une crise humanitaire d’une ampleur démesurée a frappé la Corne de l’Afrique, où des millions de personnes ont été affectées par la famine et la privation de nourriture. Une grave sécheresse – la plus importante en soixante ans – et la pénurie de nourriture ont rapidement engendré la famine, la souffrance humaine et des bouleversements.
Ensuite, nous avons vu s’ouvrir une ère exceptionnelle de transformation sociale et politique au Moyen-Orient et dans le Nord de l’Afrique, qui modifiera sans doute le paysage politique mondial dans les années à venir. Cette région du monde, tristement connue pour les faibles pluies qu’elle reçoit, abrite des collectivités rurales vulnérables à l’insécurité alimentaire et aux conflits.
Dans un cas comme dans l’autre, les interventions d’urgence à court terme ne suffisent pas. À long terme, le renforcement de la capacité d’adaptation aux variations des apports alimentaires et nutritionnels, la prévention des catastrophes et la résolution des conflits doivent être des éléments essentiels de l’équation.
Enfin, nous avons tous contribué à la neuvième reconstitution des ressources du FIDA. L’objectif de 1,5 milliard de dollars, soit une augmentation de 25 % par rapport à la reconstitution précédente, reflète un engagement extraordinaire et la volonté politique à l’égard du mandat du FIDA.
Le Canada continue d’appuyer fermement le FIDA et son mandat. Notre promesse de contribution permet de maintenir le financement du Fonds, au niveau de canadien $75 milliard.
La volonté du FIDA de travailler directement avec les petits exploitants agricoles demeure dans le droit fil de la Stratégie de l’ACDI sur la sécurité alimentaire. En effet, nos deux organisations cherchent à apporter des solutions adaptées aux pays. Le Canada croit fermement que les petits exploitants agricoles, dont un grand nombre sont des femmes, doivent faire partie de la solution à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Le Canada a vivement recommandé de maintenir le cap sur les réformes, pour accroître l’efficacité et pour instaurer une culture institutionnelle axée sur les résultats.
À cet égard, nous sommes très satisfaits du travail novateur qu’a réalisé le FIDA pour mieux évaluer le nombre de personnes qui se sont sorties de la pauvreté grâce à l’agriculture. Des travaux similaires dans le domaine de la nutrition doivent suivre.
De même, il importe de promouvoir l’efficience en établissant des objectifs clairs, en intégrant la lutte contre les changements climatiques à toutes les opérations, en élargissant les programmes fructueux et en menant des réformes en matière de ressources humaines.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, si nous voulons faire le pont de manière efficace entre les réalisations d’hier et les possibilités de demain, nous devons admettre que certaines tâches demeurent inachevées et les terminer, tout en cernant les nouveaux défis qui nous attendent en agriculture pour nous y attaquer.
Aucune économie ne s’est développée uniquement grâce à l’agriculture, mais aucune ne l’a fait sans agriculture. Le Canada en est le parfait exemple. De la même façon, dans les pays en développement, nous nous attendons aujourd’hui à ce que l’agriculture serve à bien d’autres fins qu’à la seule production de nourriture et de matières premières pour l’industrie. En effet, elle peut et elle doit apporter des solutions à de nombreux défis liés au développement, dont la nécessité de créer des emplois et d’améliorer les moyens de subsistance.
Pour ce faire, les gouvernements doivent montrer qu’ils ont la volonté politique de créer des environnements favorables, volonté soutenue par des processus et des institutions qui font appel entre autres à une participation significative du secteur privé et de la société civile.
Afin d’enrayer la faim aujourd’hui, de répondre aux besoins alimentaires de demain et de trouver des solutions durables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, il est nécessaire de concerter et de coordonner les efforts.
Toutefois, nous ne devons jamais perdre de vue les véritables bénéficiaires du développement agricole : les pauvres, y compris les agriculteurs eux‑mêmes. La sécurité alimentaire demeure un enjeu d’une importance capitale à l’échelle internationale. Les efforts déployés à cet égard doivent être durables et les ressources engagées doivent être utilisées de manière efficace.
Le FIDA occupe une place de choix pour contribuer aux efforts mondiaux réalisés dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et il doit continuer d’être un acteur de premier plan dans l’avenir.
Merci Monsieur le Président.
23 février 2012
