Enabling poor rural people
to overcome poverty



Excellence Mr le Président du Conseil des Gouverneurs du FIDA,
Excellences Mesdames, Messieurs les Ministres, Gouverneurs du FIDA,
Mesdames, Messieurs les délégués,
Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un immense et réel plaisir de prendre part à la 35ème Session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.

Permettez-moi tout d’abord de remercier le gouvernement et le peuple Italien et le FIDA pour l’accueil chaleureux réservé à notre délégation depuis notre arrivée à Rome.

Je voudrais vous brosser rapidement la politique et la stratégie nationale en matière de développement rural.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, permettez-moi de porter à votre connaissance quelques chiffres traduisant l’état de la pauvreté et du chômage dans notre pays. Selon les dernières statistiques nationales publiées en 2010:

  • Le taux de pauvreté extrême s’élève à 42% de la population qui vit avec moins de USD par jour;
  • Le taux de pauvreté relative est 70% de la population qui vit avec moins de 3 USD;
  • Enfin le taux de chômage atteint 55% de la population active.

Par ailleurs, dans un contexte mondial où l’on enregistre une flambée des prix des denrées alimentaires, la République de Djibouti est frappée de plein fouet. En effet, le pays doit importer la quasi-totalité des denrées alimentaires pour subvenir aux besoins alimentaires de la population.

En matière de développement rural, la politique et la stratégie nationale s’articulent autour de trois axes principaux, à savoir:

  • Assurer la Sécurité Alimentaire;
  • Appuyer les petits agriculteurs, génératrices de revenus, de croissance économique et de création d’emplois.

Afin d’atteindre ces objectifs, le gouvernement avec l’appui de ses partenaires au développement et en particulier le FIDA, s’est engagé dans la mise en œuvre de programmes pour promouvoir le secteur primaire.

Parmi ceux-ci, je voudrais mettre en exergue les projets en cours, notamment:

  • Le projet de Développement de la micro-finance et de la micro-entreprise financé par le FIDA; d’un montant de 3 millions USD;
  • Le projet de Mobilisation des Eaux de surface et la Gestion Durable des Terres, financés par le FIDA et les partenaires au développement; à hauteur de 12,5 millions USD;
  • Le projet de Mobilisation des Eaux de surface à usage agricole, financé par la Banque Africaine de Développement d’un montant d’environ 2 millions d’EUROS;
  • Le projet d’appui aux petits agricultures et éleveurs, financé par la FAO à hauteur de 1 millions USD.

Dans le cadre des projets formulés et dont le démarrage est prévu cette année, je citerai en particulier:

  • Le projet de Développement Communautaire et de Mobilisation des Eaux; financé par la Banque Mondiale; et qui s’élève à 5,8 millions USD;
  • Le projet d’appui pour la Lutte contre la sécheresse, financé par la Banque Mondiale pour un montant de 3 millions USD;
  • Le projet de Résilience contre la sécheresse dans le Corne de l’Afrique, financé par la Banque Africaine de Développement; à hauteur de 15,7 millions de USD;
  • Le projet de Mise en valeur des zones arides pastorales, financé par la Banque Islamique de Développement avec l’appui du Earth Institute of Columbia et le Millennium Development Center; d’un montant total de 18 millions USD;
  • Le projet de Développement de l’élevage pastoral transfrontalier, financé par le FIDA, à hauteur de 3 millions USD;
  • Le projet de Développement de la pêche, financé sur les 2 prochains cycles du FIDA (2013-2015, 2016-2018) pour un montant de 6 à 8 millions USD, lequel devrait démarrer l’année prochaine.

Afin de permettre à la population nationale et aux dizaines de milliers de réfugiés d’accéder aux denrées alimentaires de base, le gouvernement de la République de Djibouti a pris les dispositions nécessaires en stabilisant les prix de ces produits alimentaires de première nécessité grâce à des subventions prélevées sur le budget national.

Au niveau régional, depuis l’Independence en 1977, notre pays accueille des dizaines de réfugiés de la Somalie, de l’Erythrée, de l’Ethiopie et du Yémen, alors que la population totale est de 800 000 habitants. Ceci contribue à l’aggravation de la pauvreté et de la pauvreté extrême surtout en milieu rural.

Par ailleurs, pour assurer la sécurité alimentaire au niveau régional, la République de Djibouti abrite, depuis peu, la plate-forme Régionale du Programme Alimentaire Mondial. Les infrastructures en place permettent de stocker d’importantes quantités de denrées alimentaires nécessaires pour faire face à la famine et à la malnutrition chronique suite aux sécheresses récurrentes au niveau de toute la région de l’Afrique de l’Est. Et ce, en utilisant les infrastructures portuaires modernes du Port de Djibouti et l’axe routier principal reliant Djibouti à Addis-Abeba.

Mesdames, Messieurs,

Au niveau International, comme vous le savez, au cours de ces dernières années les actes pirateries se sont multipliés dans la région de l’Océan Indien et plus particulièrement dans le Corne de l’Afrique, voie maritime essentielle pour l’acheminement du pétrole et d’autres marchandises destinées au commerce international. Et ce malgré d’importantes forces internationales patrouillant pour dissuader les pirates dans cette région.

Cela a entrainé inévitablement l’explosion des prix des tarifs des assurances notamment pour la marine marchande et par voie de conséquence la hausse des prix des marchandises destinées à la consommation. Là encore, ce sont les populations les plus vulnérables qui sont les plus affectées par ce fléau qui aggrave les conséquences des conflits et des catastrophes naturelles dans la sous-région. La communauté internationale assure plus de 7 milliards de dollars par an pour la lutte contre la piraterie.

À l’initiative du Président de la République, S.E. Mr ISMAIL OMAR GUELLEH et afin de juguler le fléau de la piraterie à l’échelle régionale et internationale, la République de Djibouti, joue un rôle prépondérant en offrant toutes les facilités portuaires et aéroportuaires aux forces armées internationales luttant contre la piraterie et le terrorisme. C’est ainsi que notre pays abrite depuis peu, le Centre Régional de lutte contre la piraterie et le terrorisme en mer.

Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Mesdames, Messieurs les Gouverneurs,

Compte tenu de ce qui précède, nous constatons que la République de Djibouti est en mesure de remplir les critères pour une présence du FIDA dans le pays en prenant en compte les éléments suivants:

  • Notre pays se situe dans un contexte de pauvreté, et d’extrême pauvreté en particulier en milieu rural; du fait notamment de la flambée des prix, tel que mentionné plus haut.
  • La République de Djibouti évolue dans un environnement suffisamment favorable au niveau du gouvernement et des autres partenaires du développement avec le besoin avéré de renforcer l’environnement politique et institutionnel en faveur des groupes cibles;
  • Comme présenté plus haut, nous enregistrons une nette augmentation du portefeuille de la République de Djibouti au niveau du FIDA et des autres partenaires au développement rural.

L’ouverture d’un Bureau du FIDA à Djibouti, siège de l’IGAD, permettra, sans conteste:

  • Une réduction des charges financières supportées par le FIDA et le gouvernement dans le cadre des projets exécutés dans le pays du fait de la diminution du nombre de missions d’experts à partir du siège du FIDA;
  • Une meilleure contribution à la négociation avec le gouvernement et les partenaires au développement;
  • Un renforcement pour l’établissement de partenariats;
  • Un renforcement des capacités et un suivi rapproché des projets lors, de l’identification, de la formulation, de l’exécution et de l’évaluation.

Bref, une amélioration des résultats dans tout le cycle des programmes de développement rural dans le pays.

C’est pourquoi, nous avons engagé depuis la 34ème Session du Conseil des Gouverneurs, des discussions avec le FIDA et nous avons travaillons en étroite collaboration avec la Présidence du FIDA afin d’avoir une présence du FIDA à Djibouti au cours de cette année 2012 en respectant tous les critères nécessaires pour l’ouverture de ce bureau.

Mesdames, Messieurs,

Avant de conclure permettez-moi d’exprimer ma gratitude au FIDA pour l’appui constant aux programmes de développement rural et en particulier aux groupes cibles les plus vulnérables, notamment en milieu rural.             

22 février 2012