Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Depuis 35 ans, le FIDA assure une mission unique et délicate en faveur du développement agricole, en prenant le risque d’agir précisément là où la pauvreté absolue reste un défi majeur et contribue ainsi à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, notamment en Afrique. Le FIDA a raison d’assumer ce risque et la France en maintenant sa contribution aux ressources du fonds lors de la 9ème reconstitution, lui a réitéré son soutien, comme l’ont fait d’ailleurs de nombreux pays européens qui au total ont contribué à plus des 2/3 des annonces de financement.

Le FIDA a un mandat unique : il est la seule institution internationale de financement qui soit spécialisée dans la lutte contre la pauvreté rurale et dont les opérations ciblent spécifiquement les populations pauvres en zones rurales. A ce titre, il a vocation à intervenir dans des régions souvent délaissées par les autres institutions, à cause de leur enclavement, de leur écologie fragile ou de fortes contraintes de développement. La France est particulièrement satisfaite de cette orientation qui permet notamment la réalisation de nombreux projets en Afrique.

Le FIDA occupe une place incontournable dans le dispositif international de sécurité alimentaire mis en place suite à la crise alimentaire de 2008 et devenu une priorité de la communauté internationale. La France a fait de la sécurité alimentaire une des priorités de sa présidence du G20 en 2011 et le Mexique a confirmé cette orientation.

Sa spécialisation a permis au FIDA d’accumuler un savoir-faire et de développer des approches innovantes pour la réduction de la pauvreté en milieu rural et la promotion de la petite agriculture, en particulier par le ciblage des communautés et groupes les plus pauvres, leur inclusion dans les dynamiques rurales et le développement de la société civile rurale.

Le FIDA joue également un rôle unique de plaidoyer en faveur de la petite agriculture et d’une croissance rurale équitable dans les enceintes internationales. Il jouit à cet effet d’une légitimité internationale que lui vaut tant son statut d’organisation multilatérale appartenant au système des Nations Unies, que la composition de son Conseil d’administration qui comprend à la fois des pays du Nord et du Sud.

Le FIDA est, pour la France, une pièce maîtresse du dispositif international de prévention et de réponse aux crises alimentaires.

Déjà dans son discours du 3 juin 2008 appelant à la constitution d’un Partenariat Mondial pour l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire, le Président Nicolas Sarkozy avait explicitement cité le FIDA comme devant être l’une des institutions principales autour de laquelle devait être organisée la réponse coordonnée à la crise.

Plus récemment le FIDA a participé à la préparation de la réunion ministérielle du G20 sur l’agriculture de juin 2011, sous présidence française, notamment en contribuant à l’élaboration de recommandations pour atténuer la volatilité des prix des denrées alimentaires et leur impact sur les populations vulnérables, qui ont été adoptées par les chefs d’Etats au sommet de Cannes.

Le FIDA est également partie prenante de la constitution d’une plateforme pour la gestion du risque  (Platform on Risk Management - PARM) avec l’AFD, la Banque Mondiale et la Banque Interaméricaine de Développement. Ce projet, qui met en place un mécanisme de conseil en gestion de risque, permettra d’analyser et de promouvoir les instruments de gestion des risques agricoles.

Les travaux de la 9ème reconstitution ont mis en lumière un certain nombre de défis qui constituent une feuille de route bien remplie pour les années à venir.

En effet, malgré le succès de la reconstitution FIDA9, les ressources demeurent limitées, et le FIDA doit continuer à savoir faire preuve de flexibilité, d’innovation et de sélectivité dans ses activités pour optimiser ses ressources propres.

La France espère notamment que l’examen approfondi des politiques et critères de prêt en 2012 permettra au FIDA d’aborder dans les meilleures conditions la période couverte par la 9ème reconstitution. La France encourage également le FIDA à rechercher des ressources additionnelles pour développer ses projets à l’avenir et à cet égard se réjouit bien sûr de la présence de M. Bill Gates à ce Conseil.

Le FIDA, fort de 35 années d’expérience dans les zones les plus difficiles et avec les populations les plus pauvres, doit également développer ses partenariats et capitaliser sur ses avantages comparatifs pour jouer le rôle de catalyseur d’innovations qui permettront également aux projets des autres bailleurs de réussir.

Monsieur le Président, Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Le FIDA a su ces dernières années se réformer, s’adapter aux réalités toujours plus complexes des pays dans lesquels il intervient, et prouver qu’il était un acteur incontournable dans l’architecture internationale de l’aide dans le domaine agricole. Parce qu’il cible les zones et les populations les plus difficiles, le FIDA peut être considéré comme un laboratoire pour les autres institutions. C’est cette qualité essentielle qui distingue le FIDA et sur laquelle doit reposer sa stratégie et ses relations avec les autres bailleurs.

Je vous remercie de votre attention.

22 février 2012