Monsieur le Président,
Excellences,
Honorables Gouverneurs,
Mesdames, et Messieurs
C’est pour moi un plaisir, et pour mon pays un honneur, d’avoir été invitée à présider cette 35e session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.
167 pays sont aujourd’hui représentés au Conseil, et bientôt deux nouveaux membres se joindront à nous pour aider le FIDA à poursuivre et à développer ses efforts en vue de libérer le monde de la pauvreté et de la faim.
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Depuis notre dernier Conseil il y a un an, nous avons été les témoins de changements significatifs qui sont intervenus dans le monde. Nous avons vu des bouleversements politiques au nord de la Méditerranée et ailleurs, de nouvelles crises humanitaires telle celle qui a touché la Corne de l’Afrique et aujourd’hui à nouveau le Sahel, des catastrophes naturelles ou écologiques, ainsi qu’une grave crise économique et financière dans le monde industrialisé. Dans ce contexte mondial en évolution constante, les populations rurales pauvres se voient confrontées à des défis permanents, qui touchent encore plus durement les plus vulnérables et qui relèguent ces populations dans la pauvreté et la misère.
Le changement climatique et ses répercussions, l’insuffisance et l’insécurité alimentaire, la dépréciation des ressources naturelles, le manque fréquent de ressources humaines adaptées, tous ces défis importants fragilisent au quotidien les acquis du développement, et demandent de notre part des efforts renouvelés et constants.
Il nous reste 3 années pour arriver à 2015, échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement, - objectifsque nous nous sommes fixés en commun il y a12 ans pour réduire la pauvreté de 50%. Ceci doit nous interpeller tous à agir et à accroître nos efforts pour atteindre cette échéance capitale.
En 2011, la population de notre planète atteignait 7 milliards de personnes, et elle atteindra 9 milliards en 2050. D’ores et déjà 1,4 milliard de personnes dans les pays en développement se trouvent dans une situation d’extrême pauvreté, vivant avec moins de 1,25 $US par jour. Le PAM nous interpelle avec ce triste chiffre record en 2011: un milliard de personnes dans le monde sont sous-alimentés.
Et pourtant nous disposons dans les zones rurales des capacités qui pourraient résoudre la plupart des problèmes alimentaires auxquels l’humanité est confrontée, car les quatre cinquièmes des aliments dont a besoin la planète sont produits par des petits exploitants qui vivent dans les pays en développement. Il en résulte que le développement rural est un facteur essentiel pour surmonter la faim et la pauvreté. Un développement agri-écologique adapté au climat contribuerait à atténuer durablement les effets du changement climatique, tout en protégeant l’environnement et la biodiversité.
Il faut redynamiser nos investissements dans une agriculture productrice et durable qui représente la réponse à moyen et à long terme pour améliorer la condition d’un grand nombre de personnes. A travers un soutien concerté à l’agriculture et surtout à la petite agriculture et en œuvrant ensemble à tous les niveaux: - pouvoirs publics, société civile, secteur privé et particuliers - nous arriverons à sortir les populations de la pauvreté en leur offrant des perspectives meilleures et plus durables.
Il est important de souligner qu’une attention particulière devra être portée ici aux femmes, et au rôle important qu’elles jouent dans l’agriculture en tant qu’«agents du changement». Les Gouvernements doivent faire de cette question une priorité, et les partenaires du développement doivent appuyer ces efforts. Pour cela, nous avons besoin d’organisations qui disposent d’une large expertise dans le domaine du développement rural et qui sont capables de gérer les connaissances et de les diffuser. Le FIDA est l’un des principaux acteurs dans ce domaine, qui dispose d’une expérience reconnue mondialement et d’un mandat précis pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, et pour œuvrer à que les populations rurales, femmes et hommes, se libèrent de la pauvreté.
Mais le FIDA ne pourra pas réussir tout seul. Il devra coopérer avec les autres acteurs: je voudrais profiter de cette occasion pour féliciter le FIDA pour l’accord de coopération qu’il vient de signer avec le PAM et la FAO pour répondre ensemble aux défis d’une manière coordonnée.
Le développement agricole et durable est aujourd’hui une nécessité. Il faut chercher en outre le plein respect du droit à l’alimentation, par l’accroissement de la productivité, de la qualité et de la quantité agricoles ainsi que de sa diversification dans le respect de l’environnement c’est-à-dire rechercher une «révolution verte».
C’est avec plaisir que je constate que l’agriculture sera également un des thèmes phare lors de la réunion des Nations Unies sur le développement durable Rio+20, qui aura lieu dans quatre mois.
Il nous faut investir de manière concrète, multifonctionnelle et durable dans l’agriculture en accordant la priorité à la sécurité et à la souveraineté alimentaire, en mettant l’accent sur le développement des capacités de production dans les pays en développement. Depuis de nombreuses années, la politique de coopération menée par le Luxembourg attache une grande importance au développement de la petite agriculture et je me félicite que le FIDA ait choisi ce sujet en tant que thème principal pour cette session.
J’ai plaisir à constater qu’un nombre croissant d’Etats membres du FIDA attachent une grande importance à une action déterminée dans le domaine du développement agricole. La preuve en est le soutien que les Etats membres ont apporté à la 9e Reconstitution du FIDA, qui en dépit d’un environnement économique mondial difficile, a réussi à développer davantage encore son engagement. Cette Reconstitution servira à accroître l’échelle des opérations du Fonds, et à multiplier l’assistance si nécessaire pour apporter au FIDA la capacité d’assister les Etats à atteindre leurs buts fixés par les Objectifs du Millénaire pour le Développent.
Cependant, nos efforts doivent continuer en vue de renforcer l’efficacité du FIDA, et en particulier pour optimiser l’utilisation de ses ressources, de sorte que celui-ci puisse remplir pleinement les engagements pris lors de la Déclaration de Paris, du Programme d’action d’Accra ainsi que ceux qui ont été établis dans le cadre du Partenariat de Busan.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Il est évident que des efforts considérables sont encore nécessaires si l’on veut pouvoir répondre aux besoins du nombre impressionnant de personnes qui souffrent de la faim et de la pauvreté. Le soutien du FIDA est de plus en plus sollicité alors que les besoins potentiels d’aide au développement de l’agriculture au service des ruraux pauvres semblent parfois illimités. Mais en gardant à l’esprit l’origine du FIDA et l’importance de son mandat, le Fonds devra continuer d’intervenir en priorité dans les pays en développement, pour lesquels l'aide demeure un besoin essentiel.
Je suis convaincue que cette 35e session du Conseil des Gouverneurs sera un succès, et nous permettra d’avancer dans notre combat collectif pour réduire la pauvreté et la malnutrition dans le monde.
Je vous remercie de votre attention.
22 février 2012