Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du FIDA,
Excellences,
Honorables Gouverneurs,
Mesdames, Messieurs,

Je prends la parole au nom de la Belgique, des Pays Bas et du Luxembourg,
c’est –à-dire pour le BENELUX.
En premier lieu, permettez-moi Mr le Président de vous féliciter au nom du BENELUX pour votre réélection.
Ces derniers quatre années vous avez dirigé le FIDA avec grand mérite, et vous avez su avancer le travail du fonds dans l’intérêt des populations rurales les plus démunies.

Monsieur le Président, votre nouveau mandat s’inscrit dans un calendrier très important, il coïncide pratiquement jour par jour avec le début de la 9ème Reconstitution qui vient tout juste de débuter il y a un mois, et couvre à votre mi-mandat le terme des Objectifs du Millénaire.

Monsieur le Président, - avant de regarder vers le future et les défis à relever, permettez-moi de vous féliciter et le FIDA dans son ensemble au nom du BENELUX pour les résultats atteints durant la période de la 8éme Reconstitution, et pour les engagements obtenus pour la 9e Reconstitution, preuve de la confiance continue des Etats-membres.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Cette dernière année était riche en évènements, repoussant un peu plus haut la barre des défis à relever. La réduction de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire doit être une priorité absolue pour tous les gouvernements. Et c’est le cas : il y a quelques mois, les 193 Etats participants à la conférence de Rio+20 ont rappelés que nous : « Sommes déterminés à affranchir d’urgence l’Homme de la faim et de la pauvreté ». La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg ont placé leur politique de coopération clairement au service de l’éradication de la pauvreté et nos actions se conçoivent, dans l’esprit du développement durable compris dans ses aspects sociaux, économiques et environnementaux – avec l’homme, la femme et l’enfant en son centre. Le BENELUX saisit l’occasion qui lui est donnée ici pour réaffirmer son engagement ferme à contribuer à atteindre les OMD et en poursuivant activement la vision commune résultant (« L’avenir que nous voulons ») de Rio+20.

Monsieur le Président,
Maintenant plus que jamais, il faut redoubler les efforts pour que 2015 soit une année couronnée de succès et ceci pour tous les pays.
Ce qui est particulièrement décisif aux yeux des trois pays du BENELUX, c’est l’importance qu’on accorde à la petite agriculture familiale, notamment dans les pays en développement pour relever un des grands défis du 21éme siècle: nourrir durablement une population qui devrait atteindre les 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 alors que la rareté des ressources naturelles, en particulier la terre, l’eau, l’énergie et le changement climatique, rendant la réalisation de cet objectif particulièrement complexe.
Dans ce dernier cadre, nous félicitons le FIDA pour la formulation du programme ASAP à travers lequel le changement climatique sera adressé sur le terrain.

Monsieur le Président,
L’autosuffisance alimentaire sur cette Terre peut seulement être atteint par le respect des objectifs du développement durable, en adaptant l’architecture du développement, tant sur les plans sociaux, environnementaux qu’économiques. C’est en ce sens que les politiques seront menées en faveur de l’agriculture paysanne : en portant une attention particulière aux couches sociales les plus vulnérables, les « pas si pauvres » - car moteurs d’investissement – et aux femmes, qui doivent notamment bénéficier d’une éducation de qualité et d’un égal accès à la terre.
Le BENELUX apprécie ainsi tout particulièrement que le FIDA ait proposé, pour cette 36ème session du Conseil des Gouverneurs, le thème important : « La force des partenariats, nouer des alliances pour une agriculture paysanne viable ».
Je me permets de dire que ce sujet s’impose par son importance même et constitue un précepte indispensable pour toute la coopération au développement recherchant des résultats pérennes. J’ai envie de dire que ce thème ne devra pas se limiter seulement à cette audience prestigieuse ni à ces deux jours de cette 36ème session, mais devrait être maintenu dans le futur comme un fil d’Ariane pour rendre possible nos objectifs communs à nous tous. Car c’est avec les partenariats – et là je parle de vrais partenariats, d’égal à égal - qu’on pourrait trouver des moyens innovants pour élargir le cadre des résultats et éradiquer la pauvreté. Ce sont ces partenariats et les nouvelles dynamiques qui les accompagnent qui facilitent également l’innovation et on connait un nombre d’exemples : le domaine de la micro-finance ou encore l’assistance à la coordination du renvoi des fonds des travailleurs migrants.

En 2012, le FIDA a formalisé une stratégie pour les partenariats et nous avons hâte de voir ce nouveau instrument fructifier sur le terrain.
On parle bien ici de la « force des partenariats » et c’est vrai, il s’agit d’une force. Une force qui nous est (dans la structure de notre monde) indispensable et ceci dans un sens large. Car il ne faut non seulement créer et renforcer les partenariats au niveau économique, notamment à travers des partenariats public-privé, mais également au niveau politique, de la structure de la gouvernance, ce qui est d’une importance majeure dans tous les pays en développement où le FIDA intervient. Et particulièrement dans les pays en développement, le FIDA devra par sa nouvelle structure décentralisée faire d’avantage, dans l’esprit de la conférence de Busan (sur l’Efficacité de l’Aide), pour intégrer complètement les outils de coordination gouvernementale nationaux et de l’action onusienne locale (UNDAF). Cette intégration consoliderait les bases pour dynamiser une réelle appropriation des programmes par les pays, et renforcerait l’écho du « conseil politique » qui, rappelons-le, demeure indispensable pour améliorer l’efficience des activités du fonds dans le pays.

Le BENELUX attache une importance accrue à l’efficience du fonds : en effet, les rapports du Bureau indépendant d’évaluation constatent régulièrement que le FIDA pourrait « mieux faire » mais les résultats semblent stagner. Certes, ceci est peut-être lié au cycle des projets et programmes et le fait qu’on les évalue longtemps après leurs élaboration. Cependant, on peut remarquer que des avancées récentes ont été réalisées par le degré des cofinancement locaux qui ont augmenté récemment d’une manière significative.

La mission du FIDA est d’œuvrer avec les populations les plus pauvres des zones rurales des pays en développement pour éliminer la faim et la pauvreté, renforcer la sécurité alimentaire, augmenter la productivité et les revenus, et améliorer la qualité de vie de ces populations en leur assurant un accès plus large aux ressources productives et aux moyens d’action.

En 2013, deux ans avant l’échéance des OMD, le mandat du FIDA est encore plus d’actualité et c’est à juste titre que ses interventions demandent à être amplifiées (upscaling). Un rapport conjoint de la FAO, du FIDA et du PAM publié l’année passée fait état d’un nombre de 870 millions de personnes qui sont touchées par la
sous-alimentation dans le monde. De ces 870 millions, - 850 millions, c’est-à-dire l’écrasante majorité - vivent dans des pays en développement. L’édition du Rapport sur l’efficacité du FIDA en matière de développement de 2012 nous informe que le FIDA a alloué de 2003 à 2012 près de 49% de son programme aux Pays les moins avancés.

Le BENELUX souhaite que le FIDA consacre plus d’attention et de ressources aux Pays les moins avancés, dans lesquels la pauvreté aggrave particulièrement les problèmes d’alimentation et de nutrition.

La 9ème Reconstitution s’est clairement inscrite dans le cadre d’amplification (upscaling) des opérations du fonds soutenue par nous tous ici. Le volume d’opérations du fonds a doublé depuis 2007 et va encore croître avec cette 9ème Reconstitution. Le BENELUX félicite le FIDA pour son budget administratif rigoureux, démontrant une croissance nominale de zéro maintenant depuis deux ans. Mais le BENELUX attache également une grande importance au respect des engagements et aux objectifs à atteindre, s’interrogeant sur les risques d’être trop ambitieux et d’une saturation des capacités opérationnelles.

Monsieur le Président, je saisi cette occasion pour vous souhaiter au nom du BENELUX bonne chance pour votre prochain mandat.

Je vous remercie pour votre attention.