Enabling poor rural people
to overcome poverty



Monsieur le Président du FIDA,
Excellence Messieurs les Ministres et Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Excellence Messieurs les Ministres et Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi à la fois un honneur et un grand plaisir de prendre part au présent Conseil des Gouverneurs, en qualité de Représentant de la République Démocratique du Congo. Le thème choisi pour cette session est : « La force des partenariats ; nouer des alliances pour une agriculture paysanne viable ».

Sans préjuger de la qualité de nos échanges, je voudrais affirmer que le thème est bien choisi, car en ce début du troisième millénaire, l’agriculture dont la fonction est de nourrir l’homme, fait face à de nouveaux enjeux ; elle est appelée à contribuer à la réalisation des objectifs variés et attire de plus en plus des nouveaux acteurs et tous affrontent les problématiques liées au changement climatique.

La mise en valeur des potentialités agricoles de nos pays commande la prise en compte des réalités ci-dessus pour obtenir des résultats profitables à tous et de façon durable.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais ici, rappeler brièvement le profil du secteur agricole de la République Démocratique du Congo. Ce pays se situe au septième rang des plus grands pays agricoles de la planète, juste après l’union Européenne. En termes de superficies agricoles disponibles non encore mises en valeur, la République Démocratique du Congo est le deuxième pays après le Brésil.

En dépit de ces potentialités, le secteur agricole ne contribue pas de façon significative au développement socio-économique du Pays.

La production des vivriers est organisée par des ménages agricoles regroupés ou pas dans des organisations paysannes. Les superficies annuellement mises en culture varient entre 0,5 et 1 ha.

Le système de production est du type itinérant sur brûlis ; faible utilisateur des intrants modernes.

La production évolue à un taux de croissance historique de 2% l’an, alors que la population présente un taux de croissance annuel de 3,2%.

Cette catégorie de producteurs met sur le marché 90% de la production nationale et celle-ci ne couvre pas la demande d’une population de plus en plus croissante et de plus en plus urbaine.

Si la tendance actuelle se maintenait, le taux de couverture reculerait donc de 1% chaque année et en 2025 la production nationale ne comblerait plus que 60% des besoins des 116 millions d’habitants que comptera le Pays à cet horizon.

En volume, les importations de 2025 seront le triple de celles de 2O10, soit près de 1.500.000.000USD.
Cette situation profite aux producteurs Brésiliens, Européens et Américains, mais défavorise les producteurs locaux et handicape le développement de l’économie locale.

Il faut donc promouvoir la production locale dont 90% proviennent des petits producteurs; Ils sont plus ou moins 4.000.000.

Mesdames et Messieurs,

Le soutien aux petits producteurs appelés paysans, dans une formule de partenariat pour la République Démocratique du Congo, est donc un passage obligé pour augmenter la production, promouvoir les filières agricoles et animales, amorcer la croissance et lutter contre la pauvreté.

La construction de ce partenariat est dans une certaine mesure une obligation historique. On pourrait invoquer utilement, pour ce point, la thèse de la « paysannerie à capturer » de G.Hyden, des années 1980. L’auteur affirmait que la crise agraire africaine, manifeste depuis les années 1970, n’était pas due à la mauvaise gestion de l’Etat, mais plutôt à son incapacité à « capturer la paysannerie ».

Cette capture passe donc par la conclusion des partenariats avec le monde paysan représenté par leurs organisations.

Le développement de ce partenariat passe par la mise en confiance du paysan, pour l’amener à accepter les propositions qui lui sont présentées dans une démarche participative.

Le partenariat passe aussi par le renforcement des capacités des paysans regroupés en structures à vocation autogestionnaire en vue de garantir la durabilité des appuis qu’on apporte à travers divers investissements : équipements, infrastructures et itinéraires techniques.

Mesdames et Messieurs,

En République Démocratique du Congo, l’Etat s’est désengagé des fonctions de production et de commercialisation pour se recentrer dans ses fonctions régaliennes.

Dans ce contexte il met en place des conditions qui incitent le secteur privé, à savoir : les organisations paysannes, les petites et moyennes entreprises et les grandes entreprises à investir dans l’agriculture.

La loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture contient un certain nombre d’incitations dont l’accès équitable au capital foncier.

En effet, cette loi permet aux petits comme aux grands producteurs de disposer d’un titre de propriété des espaces agricoles sur lesquels ils exercent leurs activités.

Ce titre incite les uns et les autres à consentir avec sécurité, des investissements susceptibles d’améliorer la productivité de leurs activités.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, avant de clore mon propos, saluer ici la pertinence et l’efficacité des interventions du FIDA en République Démocratique du Congo.

En effet, à travers ses outils, à savoir, les différents exposés stratégiques d’intervention (COSOP), le FIDA s’aligne sur les stratégies sectorielles arrêtées par le Pays.

Dans la formulation des opérations, la politique de ciblage de la pauvreté, de la dimension genre et le renforcement des capacités institutionnelles et techniques des structures publiques et du secteur privé occupe une place de choix.

Les dernières réformes opérées par le FIDA, lesquelles sont entrées en vigueur sous le mandat du président Kanayo Nwanze, méritent d’être évoquées.

Il s’agit, entre autres, de la supervision directe et de l’expansion des bureaux pays.

Un des résultats remarquables produits par la supervision directe et les appuis y afférents est la réalisation dans deux projets du COSOP 1, des taux de décaissement de 92 – 95 % ; ces taux sont particulièrement élevés par rapport à l’historique des performances du portefeuille du FIDA en République Démocratique du Congo.

La consolidation de ces réformes, conjuguée aux efforts d’alignement aux différents programmes du Gouvernement, contribuera à l’amélioration de la visibilité et de la qualité du portefeuille du FIDA en R.D.Congo.
C’est par cette voie que nous allons ensemble œuvrer pour sortir les populations rurales de la pauvreté.

J’y crois fermement et je vous remercie.