Madame la Présidente,
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et messieurs les Gouverneurs,
Je tiens tout d’abord à féliciter le président NWANZE pour sa réélection, qui témoigne des succès de sa première présidence et augure, j’en suis certain, d’un dialogue toujours plus étroit et confiant avec les états membres pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés dans le cadre de la 9ème reconstitution.
Depuis sa création le FIDA a changé de dimension comme en atteste le succès des deux dernières reconstitutions, et l’évolution du nombre de projets et de cofinancements. Mais les défis auxquels le Fonds doit faire face sont eux aussi devenus plus importants, suite notamment aux crises alimentaires de ces dernières années, aux incidences déjà visibles et à venir du changement climatique, aux perspectives de tension sur les ressources naturelles, au contexte général de crise économique mondiale, de volatilité excessive des prix, et j’en passe.
Aujourd’hui l’objectif du FIDA apparait donc toujours aussi ambitieux : favoriser la sécurité alimentaire en assurant sa mission unique et délicate en faveur du développement agricole, et sortir d’ici 2015 80 millions de personnes de la pauvreté.
Comme nous le rappelons souvent, le FIDA a en effet un mandat unique : il est la seule institution financière internationale spécialisée dans le développement agricole et la lutte contre la pauvreté rurale. Il intervient dans des régions souvent délaissées par les autres institutions, à cause de leur enclavement, de leur écologie fragile ou de fortes contraintes de développement. Il joue un rôle essentiel pour l’insertion de la petite agriculture dans les marchés locaux et internationaux et globalement dans les chaines de valeur, ainsi que pour le renforcement des organisations paysannes. La France est particulièrement satisfaite de ces orientations qui permettent la réalisation de nombreux projets dans des pays particulièrement déshérités, notamment en Afrique.
L’Agence française de développement et le FIDA ont des approches très convergentes comme en atteste le renouvellement récent du partenariat entre les deux organisations, partenariat appelé à s’approfondir dans les années à venir, tant au niveau stratégique que sur le terrain.
La gestion des risques agricoles encourus par les petits agriculteurs représente notamment un des axes de collaboration privilégiés pour le FIDA et l’AFD, avec la préparation, suite à une demande du G20 reprise par le G8, d’une plate-forme multi-bailleurs (PARM) permettant de faciliter la mise en relation des pays bénéficiaires avec l’expertise internationale disponible dans ce domaine.
Pour assurer son ambitieuse mission, le FIDA se doit d’être efficace et efficient. Nous sommes à ce titre particulièrement satisfaits du programme de changement et de réforme entrepris depuis 2009. Le FIDA s’efforce aujourd’hui de maitriser ses dépenses administratives, comme l’atteste un budget 2013 stable. Nous l’encourageons à poursuivre dans cette voie.
Le FIDA est, pour la France, une pièce maîtresse du dispositif international de prévention et de réponse aux crises alimentaires. Fort de 35 années d’expérience dans les zones les plus difficiles et avec les populations les plus pauvres, il est en mesure de développer les nombreux partenariats nécessaires si nous voulons réussir le changement d’échelle indispensable des investissements dans le développement agricole, sujet qui nous mobilise lors de ce conseil, et de capitaliser sur ses avantages comparatifs pour jouer le rôle de catalyseur d’innovations qui permettront également aux projets des autres bailleurs de réussir.
Le FIDA participe déjà au système de gouvernance globale de la sécurité alimentaire, et nous l’encourageons à prendre une part encore plus active aux travaux du CSA, et, à la suite de son implication remarquable dans l’élaboration et la mise en œuvre des directives volontaires sur la gouvernance des régimes fonciers, à contribuer à la négociation en cours sur les investissements agricoles responsables.
Je finirai en notant que 2014 sera l’année internationale de l’agriculture familiale, cause à laquelle le gouvernement français accorde une importance particulière, et que nous y voyons sans nul doute une occasion pour le FIDA de mettre en avant son expérience et son savoir-faire, et de porter une voix irremplaçable.
Je vous remercie de votre attention.