Excellence Monsieur le Président,
Tout d’abord, je voudrais joindre ma voix à celles des Personnalités qui m’ont précédé à cette tribune pour vous adresser, au nom de Son Excellence Elhadj ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République du Niger, au nom du Gouvernement et du Peuple nigérien, mes chaleureuses félicitations pour votre brillante réélection à la tête de notre Institution.
Monsieur le Président,
Mon pays a connu trois crises alimentaires majeures au cours des dix dernières années. Ces situations que vous avez suivies, puisque le FIDA a été toujours à nos côtés pendant ces moments difficiles, ont amené le Président de la République, dans son Programme de Renaissance pour le Niger, à engager l’Initiative 3N autrement dit, « les Nigériens Nourrissent les Nigériens ».
À l’occasion de la trente-cinquième session de notre Conseil tenue du 22 au 23 février 2012 ici même à Rome, je vous présentais les grandes lignes de cette Initiative.
À travers elle, le Président de la République veut apporter des réponses appropriées aux situations conjoncturelles, mais surtout mettre en œuvre des réformes profondes qui mobilisent l’ensemble des forces vives de la Nation et toutes les bonnes volontés, pour développer les capacités nationales de productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, ainsi que de résilience face aux crises.
Monsieur le Président,
Un an après son lancement, cette Initiative a suscité une forte mobilisation des producteurs, en particulier les jeunes et les femmes autour des petites exploitations individuelles ou communautaires. Elle a bénéficié de l’adhésion des Partenaires Techniques et Financiers, comme le témoignent les conclusions de la Table ronde tenue à Paris en novembre 2012. Cela nous réconforte à plus d’un titre.
Si des résultats aussi encourageants ont été déjà enregistrés, c’est en particulier grâce au développement d’un partenariat impliquant tous les acteurs du secteur rural.
En effet, le Gouvernement du Niger a adopté une loi-cadre sur le Partenariat Public-Privé (PPP) afin de permettre aux investisseurs intéressés d’accéder à des domaines fonciers pour réaliser des investissements conséquents dans le cadre de la modernisation de notre agriculture.
Une cellule de Partenariat Public Privé a été créée au Cabinet du Premier Ministre pour mobiliser les fonds nécessaires à la mise en œuvre des programmes du Plan de Développement Economique et Social 2012-2015.
D’ores et déjà, des résultats concrets sont enregistrés à travers la signature de plusieurs conventions de partenariat dont l’une des plus récentes est celle relative à l’appui du FIDA dans le domaine de la petite irrigation.
C’est pourquoi je me félicite du choix du thème central de notre conseil à savoir « la force des partenariats : nouer des alliances pour une agriculture paysanne viable ». En effet, comme l’a dit un dirigeant des organisations paysannes panafricaines, je le cite : "Le choix des grands progrès dans l'agriculture, les grands succès des politiques agricoles (…) ont toujours été le fait d'une volonté souveraine et d'un partenariat entre les Etats et les forces économiques en présence, à savoir les producteurs, les transformateurs, les commerçants" (fin de citation).
Je me réjouis à cet égard de constater que les interventions du FIDA en cours au Niger sont conformes à ce thème central, aux lignes directrices de son Programme d’Options Stratégiques (COSOP) pour le Niger pour la période 2013-2018 ainsi qu’aux orientations de l’Initiative 3N. Ces interventions du FIDA reposent sur des synergies et complémentarités fortes non seulement entre les projets qu’il finance (PPILDA, l’IRDAR-RCI/PAC2, PUSADER, PASADEM, RUWANMU), mais aussi avec les projets financés par d’autres bailleurs de fonds.
Des partenariats établis sur la base des expériences passées, on peut citer ceux avec :
• les communes pour la maîtrise d’ouvrage des infrastructures rurales ;
• les organisations paysannes et groupes de service-conseil existants pour les activités de vulgarisation et d’accompagnement ;
• des ONG nationales/internationales pour le renforcement des capacités des acteurs ;
• des institutions spécialisées dans la finance rurale pour renforcer les liens avec les Services Financiers Décentralisés ;
• des Partenaires Techniques et Financiers pour la mobilisation d’expertises techniques spécifiques.
Sur les aspects techniques en particulier, il est heureux de constater que le FIDA est en train de développer une approche fort louable en déléguant la mise en œuvre partielle ou totale de certaines activités ainsi que l’assistance technique à des acteurs bénéficiant d’une expertise dans des domaines où il ne dispose pas d’avantage comparatif, ce qui permet le renforcement des compétences locales.
Aussi, je me réjouis de la participation active du FIDA à différents cadres de concertation nationaux et régionaux visant la coordination des interventions, l’harmonisation des approches et le partage des connaissances entre acteurs notamment sur la mise en œuvre de l’Initiative 3N, la petite irrigation et la mise en œuvre du programme conjoint dans la région de Maradi.
En outre, à travers le développement économique centrés sur les marchés de céréales, de produits maraîchers et de bétail dans nombre de communes de notre pays, le FIDA participe à l’émergence de comptoirs spécialisés, véritables marchés de demi-gros facilement accessibles et gérés de manière autonome par des interprofessions.
Monsieur le Président,
Je voudrais pour terminer, magnifier l’exemplarité de ce partenariat et vous exprimer, au nom du Gouvernement et du peuple nigérien, notre gratitude pour tous les efforts que le FIDA est en train de déployer à nos côtés, afin de libérer les populations rurales du spectre de la famine et de la pauvreté au Niger.
Je souhaite plein succès à nos travaux et vous remercie de votre aimable attention.