Enabling poor rural people
to overcome poverty



Madame la Présidente du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Excellences Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Honorables invités,

C’est un plaisir de m’adresser aux membres de cette auguste assemblée pour traiter des sujets cruciaux de la promotion du monde rural. Permettez-moi, tout d’abord, au nom de son Excellence, Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal, de vous transmettre les salutations du peuple Sénégalais et ses félicitations pour la régularité mais surtout la qualité des projets et programme dont le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) assure le financement au Sénégal.

Lors de sa dernière visite officielle au Sénégal, le Président du FIDA, Monsieur Kanayo Nwanze a signé avec le Gouvernement du Sénégal un nouveau prêt de 32,33 millions d'USD et un prêt du Fonds fiduciaire du mécanisme de cofinancement espagnol pour la sécurité alimentaire de 10,1 millions d’USD pour le financement d’un important programme d’appui au développement agricole et rural.

Ce nouveau programme constitue la quinzième opération financée au Sénégal par le FIDA, portant le total des investissements du Fonds consentis depuis 1979 à 180,84 millions d’USD ayant bénéficié à plus de 430 943 ménages ruraux. Actuellement, la seizième opération correspondant au COSOP en vigueur est en cours de formulation par les experts de nos deux institutions.

Je vous en remercie vivement.

Excellences Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Le phénomène de la pauvreté rurale, syndrome multiforme, exige une lutte intégrée dans des espaces socio-économiques conjuguant innovation et volontarisme, car ses principaux déterminants ne sont pas encore totalement maîtrisés et les approches concordantes ou divergentes, quoique louables des « Experts », n'ont pas encore produit l’effet synergique tant attendu.

Malgré les investissements consentis, les approches de plus en plus innovantes mises en œuvre et le ciblage plus affiné, il convient, aujourd’hui, de reconnaitre que le phénomène de la pauvreté rurale est très complexe et aucune entité prise isolement ne peut plus prétendre détenir le remède de ce syndrome. Seule une synergie des interventions adossée à un partenariat diversifié et bien structuré pourrait nous apporter des réponses positives.

Excellences Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Le thème qui nous interpelle, « La force des partenariats, nouer des alliances pour une agriculture paysanne viable » est d’une réelle pertinence et augure d’un réajustement des approches à la lumière des nouveaux paradigmes qui restructurent l’environnement des flux financiers, le commerce international, l’élargissement des espaces de compétition, et le tissage de réseaux de plus en plus interconnectés. Paradoxalement, l’environnement du monde rural ne profite pas pleinement de cette restructuration.

Aussi, faudrait-il adopter une attitude analytique et volontariste pour apporter des solutions durables aux interrogations permanentes de l'insécurité alimentaire et de la pauvreté rurale dans un cadre normatif conjuguant harmonieusement intensification, gestion des savoirs, pratiques innovantes, mise à l’échelle des résultats porteurs de croissance et arrimage au secteur privé.

En effet, la lutte contre la pauvreté rurale ne peut être gagnée que par des approches synthétiques et systémiques axées sur ces différents paramètres car il est également établi que les pauvres détiennent les clés de leur promotion
socio-économique. La participation, qui secrète le socle primaire du partenariat entre les différents acteurs de la lutte contre la pauvreté rurale doit être privilégiée comme élément de démarche.

Au Sénégal, depuis près d’une décennie, la concertation des différents acteurs du développement rural a abouti à la mise en place la Loi d’Orientation agro-sylvo-Pastorale (LOASP). Celle-ci a permis de formaliser le dialogue politique. C’est dire l’importance de créer des cadres stimulants de dialogue et d’alliance favorisant le partenariat en mettant en exergue l’esprit d’ouverture, la transparence, la communauté des résultats et le partage des risques.
À ce niveau, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de partager un exemple sur le partenariat et de proposer quelque suggestion. En effet, le Gouvernement du Sénégal avec l’appui du FIDA a entrepris depuis deux ans une expérience de partenariat entre les organisations des producteurs et les opérateurs du secteur privé (agro-industriel, artisan-transformateur, commerçant, exportateur, réceptif hôtelier, etc.) qui a permis d’améliorer les conditions de vie de près de 10 000 ménages vulnérables à l’insécurité alimentaire dans le bassin arachidier. Ce dispositif de partenariat est organisé autour de la contractualisation.

Dans le cadre de ce contrat, les petits exploitants membres d’Organisations des Producteurs et les Opérateurs de Marché s’engagent mutuellement aux respects des critères de délais, de qualité, de quantité et de prix spécifiés dans le cahier des charges. Ce type de partenariat a permis aux exploitations familiales l’accès à un marché et compense la prise de risque que représente l’adoption de nouvelles pratiques agricoles, par l’assurance d’un débouché et d’un prix rémunérateur. Pour l’opérateur, l’avantage réside dans la sécurisation de son approvisionnement en quantité et en qualité pour répondre à la demande du marché.

Excellences Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Le partenariat, comme élément de méthode, doit être à mon sens flexible et est un vecteur conducteur de connaissances, du know how du secteur privé, des ressources financières qui manquent au secteur rural, d’augmentation de la productivité agricole et d’accès aux marchés.

Au regard du cadre de résultats encadrant le partenariat, il est important que les avantages attendus soient clairement définis, les différents moments organisationnels mis en exergue, la stratégie de mise en œuvre étudiée, la dimension tempo-spatiale de toutes les interventions bien mesurée, mais surtout que le suivi et l’évaluation des produits soient réalisés.

Si le rôle du gouvernement est de créer, un cadre normatif propice au dialogue politique, à l’intervention harmonieuse des différents acteurs, il est important de préciser l’attitude et le rôle des autres acteurs étant entendu que l’approche partenariale doit être certainement ascendante et non descendante.

Aussi serait–il nécessaire, dans l’élaboration de stratégies partenariales de mettre au point, des directives et programmes explicites, de préciser les ressources à allouer, les objectifs à réaliser aux différentes échelles, ainsi que le cadre d’évaluation permettant d’en apprécier la pertinence, l’efficience et la durabilité.
Je voudrais avant de terminer mon propos vous inviter au 4ème Forum International sur Planète et Terroirs qui se déroulera à Dakar les 6, 7 et 8 mars prochain dans le cadre d’un partenariat entre les Organisations de Producteurs sénégalais et ouest-africains représentées par le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), le Réseau des Organisations des Producteurs et Paysans de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), l’Association de droit français Planète et Cultures, le Sénégal avec les soutiens multiformes de l’UNESCO, l’Agence Française de Développement (AFD), e FIDA ainsi que les gouvernements français, marocain.

Je vous remercie de votre aimable attention.