Enabling poor rural people
to overcome poverty



Madame le Président du Conseil,
Monsieur le Président du FIDA
Mesdames, Messieurs les Gouverneurs et Membres des Délégations
Honorables invités
Madame le Président,

Permettez-moi tout d’abord, au nom de la délégation du Burkina Faso, d’adresser à vous-même, Madame le Président, et aux membres du Bureau, nos sincères félicitations pour votre élection à cette noble responsabilité de la direction des travaux de cette 24ème session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.

Je voudrais ensuite témoigner à Monsieur FAWZI AL SULTAN notre satisfaction pour les actions combien positives qu’il a menées durant son mandat, pour la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde, et singulièrement au Burkina Faso.

Cette 24ème session, loin d’être ordinaire, revêt un caractère particulier en ce qu’elle coïncide avec la fin du mandat de Monsieur Fawzi Al Sultan, Président du Fonds, apprécié de tous.

Notre Délégation voudrait saisir cette opportunité pour lui rendre hommage, ainsi qu’au FIDA, à toutes les institutions et tous les organismes, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour l’amélioration des conditions de vie des populations et la réalisation de la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

Je ne saurais passer sous silence la forte mobilisation des pays membres et de certains donateurs qui a permis des résultats appréciables pour la 4ème reconstitution des ressources du FIDA, preuve de l’intérêt qu’ils portent aux activités du FIDA et de son irremplaçable mission de lutte contre la faim.

Dans ce même élan, le Burkina Faso ose croire que tous les pays membres et tous les donateurs convaincus de la mission du FIDA et de ses objectifs, consentiront plus d’efforts et de sacrifices pour augmenter sinon maintenir les capacités d’action du Fonds, à travers leurs contributions à la 5ème Reconstitution des ressources.

Nous ne devrions pas baisser les bras ou nous essouffler au moment où nous commençons à avoir des résultats visibles, et réduire ainsi les moyens du FIDA de pouvoir répondre aux besoins de ses membres. La baisse du niveau du portefeuille des investissements ne fera honneur ni au FIDA, ni aux pays membres. Prenons donc tous ensemble, l’engagement de maintenir le portefeuille des investissements au niveau arrêté de commun accord, afin de pouvoir réaliser nos programmes et atteindre nos objectifs de l’exercice.

Madame le Président,

L’année 2000 a été l’année de la consolidation des acquis pour renforcer les gains d’efficacité, avec pour vocation essentielle d’éliminer la pauvreté rurale, donc une année difficile pour le Fonds, avec les multiples activités qui doivent renforcer l’efficacité des actions du Fonds.

  • Les orientations stratégiques du FIDA à moyen et long terme,

  • L’examen de la nouvelle stratégie institutionnelle du FIDA;

  • Les séries d’études et d’ateliers pour contribuer à l’élaboration d’un rapport sur la pauvreté rurale qui sera publié en fin d’année;

  • La mise en œuvre des recommandations de la consultation sur l’adéquation des ressources dont dispose le FIDA,

  • La 5ème reconstitution des ressources;

  • Et enfin, les nouveaux défis suivant que le FIDA s’engage à relever dans sa stratégie opérationnelle.

  1. focalisation des activités sur les populations les plus démunies des zones défavorisées,
  2. initiative renforcée pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés (dont du reste mon pays est bénéficiaire),

  3. renforcement des partenariats.

Tout cela ne peut donner l’efficacité au fonds que si des mesures financières d’accompagnement sont prises pour lui donner davantage de ressources adéquates dont il a besoin, en rapport avec sa mission et les objectifs qu’il s’est fixés.

Pour notre part, le Gouvernement du Burkina Faso confirme le niveau annoncé de sa contribution, qui représente un sacrifice au nom de la solidarité internationale et qui sera versé dans les prochains jours. En le faisant, le Burkina est persuadé des résultats encore plus palpables que ces ressources additionnelles permettront d’obtenir. Cette conviction, au Burkina nous la tirons de l’expérience largement positive de notre partenariat de longue date avec le FIDA sur les fronts du développement agro-sylvo pastoral et de la lutte contre la désertification et la pauvreté rurale.

Quant à la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification, le Burkina Faso, durement touché par le fléau de la désertification, a foi au mécanisme mondial si opportunément abrité par le FIDA.

Madame le Président,

La situation alimentaire et la pauvreté demeurent un frein aux actions de développement de nos pays. Ce constat est aussi un défi qui nous interpelle et nous invite à conjuguer nos efforts pour sortir les centaines de millions de femmes, d’hommes et d’enfants de cette situation de souffrance.

Cette année, le Burkina Faso connaît une situation alimentaire difficile, due aux conditions climatiques.

En effet, la campagne agricole 2000/2001 a été marquée par une pluviométrie insuffisante doublée d’une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies. Il s’en est suivi une importante baisse de la production agricole par rapport à la campagne dernière, évaluée à 31% (36% pour le mil, 28% pour le sorgho, 32% pour le maïs et 10% pour le riz), traduisant un déficit céréalier brut de 636.000 tonnes, soit un bilan de 442.000 tonnes dont 65.000 tonnes recherchées pour les plus nécessiteux.

Le déficit ainsi déterminé affecte près de ¾ du pays.

Un programme a été mis en place pour faire face à cette crise alimentaire qui s’annonce très difficile:

  • Appui aux activités susceptibles d’atténuer la pénurie;

  • Aide d’urgence en faveur des groupes les plus vulnérables, nécessitant la mobilisation de 65.280 tonnes pour environ 1.100.000 personnes;

  • Hydraulique villageoise et agro-pastorale d’urgence, pour palier le manque d’eau.

L’exécution de ce programme requiert certes l’intervention de l’État, qui est déjà à pied d’œuvre, mais le concours des partenaires au développement est indispensable et sollicité.

Pour conclure, il me plaît Madame le Président, de renouveler au FIDA la gratitude et les encouragements de Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, pour sa détermination en faveur de la cause de millions de pauvres au Burkina et dans le monde.

De même au Président Fawzi Al Sultan, nos sincères remerciements pour le sacrifice consenti, et toutes nos félicitations pour les résultats atteints par le Fonds durant son mandat.

Je vous remercie.

Déclaration de S.E. Madame Béatrice DAMIBA
Ambassadeur Représentant Permanent
Gouverneur Provisoire
Du BURKINA FASO