Enabling poor rural people
to overcome poverty



Madame le Président,
Monsieur Fawzi Al Sultan, Président du FIDA,
Excellence Mesdames, Messieurs les Gouverneurs,
Mesdames, Messieurs les délégués,

C’est toujours avec un réel plaisir que le Sénégal participe aux travaux du Fonds international de développement agricole et notamment à ceux de son Conseil des Gouverneurs.

Vous comprendrez ainsi tout l’intérêt que le Gouvernement et le peuple du Sénégal accordent au fonctionnement du FIDA dont la noble mission, conduite avec clairvoyance et efficacité par le Président et ses collaborateurs, est de contribuer largement à la lutte contre la pauvreté rurale dans le monde en général et plus particulièrement dans les pays en développement, naturellement ceux du continent africain.

A cet égard, il me plaît de souligner, pour m’en féliciter, le remarquable travail entrepris par le FIDA, depuis 1993, pour apporter des améliorations très significatives dans les processus conceptuels des projets afin de concilier leur correcte mise en exécution avec la précarité des ressources disponibles en baisse.

Grâce à la reconfiguration des processus au FIDA, il a été possible de renforcer l’impact de cette prestigieuse institution dans la lutte contre la pauvreté rurale, ainsi que son rôle de conception et d’encadrement de la réalisation des projets conçus à cet effet.

Aussi convient-il d’appuyer cette initiative visant à mettre le FIDA, instrument exemplaire de solidarité internationale, dans les conditions idoines de manière à lui permettre de relever efficacement les défis avec lesquels il est confronté pour aider à l’élimination de la faim et à l’atténuation sensible de la pauvreté rurale.

Certes, la pauvreté a reculé à un rythme sans précédents dans le monde, au cours des deux dernières décennies ayant suivi la première Conférence mondiale sur l’alimentation de 1974, mais il reste que ces progrès ont été fortement ralentis dans une grande partie du monde en développement et surtout en Afrique.

Dans ce noble combat, le FIDA est, comme nous le savons, déterminé à conjuguer ses efforts avec ceux de la Communauté internationale pour réduire de 50% d’ici à 2015 le pourcentage des personnes vivant dans la pauvreté et l’insécurité alimentaire dans les pays en développement.

Pour attendre cet objectif, au demeurant bien possible, le FIDA a eu, sous l’impulsion de son Président sortant, la sagesse d’envisager, depuis 1995, une profonde restructuration ayant permis, en amont et en aval, la rationalisation du cycle d’élaboration des projets et l’introduction systématique de méthodes participatives de conception et d’exécution.

Cette rationalisation budgétaire a eu surtout l’avantage d’avoir favorisé une progression sensible des activités opérationnelles et un relèvement des décaissements et du nombre de projets.

Qui plus est, le FIDA a le mérite d’avoir su diversifier les opérations pour mieux répondre aux besoins des ruraux pauvres, par le renforcement des capacités à la base, la consolidation des institutions locales et l’accès au microfinancement.

A la lumière de toutes ces considérations, mon Pays, le Sénégal, voudrait réaffirmer son total soutien aux activités du FIDA et aux 17 objectifs qu’il s’est fixé dan sa stratégie institutionnelle et sa fiche de pilotage pour l’année 2001.

L’appui du Sénégal au FIDA n’est pas fortuit, mais repose plutôt sur une longue, fructueuse et dynamique collaboration dont les résultats, perceptibles à l’analyse de la dizaine de projets conclus avec cette institution pour une valeur cumulée supérieure à 100 millions de dollars américains, prouvent, si besoin en était encore, que l’approche adoptée est incontestablement celle de nature à faire reculer les fléaux de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire dans les pays les plus faibles.

De plus, il me plaît de souligner la décision du Conseil d’administration du FIDA, lors de sa session de décembre 2000, d’approuver l’éligibilité du Sénégal pour l’allègement de sa dette au niveau de l’initiative PPTE et de son cadre renforcé.

A cet égard, je tiens à exprimer toute ma reconnaissance au Gouvernement italien d’avoir, une fois de plus, démontré sa solidarité avec les populations des pays en développement, en acceptant la reconversion de ses créances sur ces pays, en vue de l’utilisation des montants équivalents pour le financement de projets de lutte contre la pauvreté initiés par le FIDA.

Pour sa part, le Sénégal qui, depuis le 19 mars 2000, expérimente de profonds changements politiques avec l’avènement d’un nouveau gouvernement d’alternance, a décidé de mettre davantage l’accent sur une politique de développement économique et social donnant une large priorité à l’amélioration des conditions de vie des couches sociales les plus vulnérables.

En effet, les grands axes de cette nouvelle politique font une place de choix à l’augmentation de la production agricole, la revalorisation du statut social de la femme, la meilleure prise en charge des espoirs de la jeunesse, le renforcement de la couverture sanitaire des populations, la juste répartition des revenus, la redynamisation du secteur industriel et l’encouragement des populations, à prendre elles-mêmes leur destin en charge, par une plus grande participation à toutes les activités économiques et productives.

Aussi le Gouvernement du Sénégal, déterminé à poursuivre et à renforcer sa collaboration avec le FIDA, se félicite-t-il vivement que la 5ème reconstitution des ressources du Fonds ait pu finalement être réalisée dans les meilleures conditions.

A ce propos, je voudrais indiquer que le retard observé dans le paiement du reliquat des engagements du Sénégal au titre de la quatrième reconstitution a été simplement dû à des contraintes administratives liées à la mise en place du nouveau gouvernement.

Je puis cependant donner l’assurance que toutes les dispositions ont déjà été prises dans ce sens et que, pour la cinquième reconstitution, le Sénégal fera incessamment parvenir la notification de ses engagements qui seront, sinon supérieurs, du moins équivalents à ceux précédents.

Madame le Président,

Je ne saurais conclure sans au préalable m’acquitter d’un agréable devoir, celui de rendre un vibrant hommage à S.E. M. Fawzi Al Sultan, Président sortant, pour la sagesse, l’engagement et la lucidité avec lesquels il a dirigé notre Institution tout au long de ces huit (8) dernières années.

En quittant ce prestigieux poste, M. le Président Al Sultan et sa dynamique équipe auront donné toute la mesure de leurs talents et de leur sens élevé des responsabilités.

Au nom du Président de la République, Son Excellence Maître Abdoulaye Wade, du Gouvernement et du people du Sénégal, ainsi qu’au mien propre, je voudrais lui adresser nos vives et chaleureuses félicitations assorties de notre profonde reconnaissance pour les éminents services rendus à la communauté des populations rurales.

Je ne doute point que son successeur, que nous allons élire, ne manquera pas de consolider le précieux héritage qu’il lui aura légué en continuant de faire du FIDA une institution encore plus dynamique et plus proche des populations les plus pauvres et vulnérables.

Comme son prédécesseur, il pourra toujours compter sur le soutien du Sénégal décidé à entretenir avec lui les meilleurs rapports possibles de collaboration, afin que la globalisation soit une merveilleuse réalité à la dimension humaine et profitable à toutes les couches sociales du monde.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Déclaration de S.E. M. Pape Diouf
Ministre de l’agriculture et de l’élevage